Art de la guerre monétaire et économique

Sortie de crise à la chinoise…

« Celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu’elles ne surgissent. – Celui qui excelle à vaincre ses ennemis triomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent »

«  Dites aux gens ordinaires ce qu’ils veulent entendre. » (ndlr : principe clef du behaviourisme en matière de communication financière….Greenspan était passé maitre !!!!)

Sun Tzu : L’art de la guerre

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Il y a des signes qui laissent penser que le stimulus excessif de la Chine est en train de devenir insoutenable et que la croissance du crédit s’est envolée au cours du premier semestre 2009, les nouveaux prêts en RMB ayant augmenté de 7.300Mds RMB depuis le début de l’année, excédant la croissance des dépôts de 35% pour s’établir à 29% en variation annuelle…

L’échec de l’enchère obligataire la semaine dernière, où la Banque de la Chine Populaire (PBoC) n’a vendu que pour 25Mds RMB de bons au lieu des 35Mds RMB souhaités, suggère qu’il y a désormais de la concurrence dans la recherche de financements au sein de l’économie. Cela suggère également que la banque centrale cherche à drainer les fonds des banques afin de ralentir l’expansion du crédit. Actuellement, les taux d’intérêt sur le marché monétaire ont peu bougé, le taux interbancaire à trois mois ne s’étant apprécié que de 20pb au cours des deux derniers mois pour s’établir désormais à 1,38%. Ces données sont consistantes avec une économie qui a fait l’objet d’un rééquilibrage massif en faveur de la croissance domestique, et qui a été soutenue en ce sens par un plan de relance budgétaire de 4.000Md RMB et un boom du crédit parfaitement déployé. Ce rééquilibrage a également été confirmé la semaine dernière par les statistiques de la balance commerciale du mois de juin qui ont montré une contraction de l’excédent commercial chinois à 8,25Md$, le chiffre le plus faible des deux dernières années. La balance commerciale a atteint son plus haut niveau sur 12 mois en janvier et a régulièrement diminué par la suite. Les exportations se sont contractées de 21% sur un an et les importations de 13%, cette dernière variation constituant la plus petite contraction des deux dernières années.

Si une stratégie de sortie est poursuivie, tout resserrement monétaire est susceptible de prendre la forme d’un retrait de liquidités et ne devrait pas se traduire par une appréciation de la devise. En effet, une certaine ironie se cache derrière la gestion du taux de change de la Chine. Etant donné les inquiétudes de la Chine relatives à la viabilité du dollar en tant que réserve de change, il est notable que la PBoC ait été heureuse de maintenir la parité du RMB ferme contre le dollar depuis juillet 2008. Cela a permis une dépréciation du taux de change réel chinois de 5,1% depuis mars 2009, le RMB ayant baissé en ligne avec le dollar affaibli – tant et si bien que la devise est désormais presque au même niveau en termes réels qu’il y a un an. C’est un changement majeur depuis l’appréciation réelle annuelle de 15% par an qui s’était produite en 2007-2008, laquelle a contribué à décimer le secteur exportateur en 2008-2009. Ce retournement de la devise pourrait être l’une des raisons du redressement manufacturier signalé par les statistiques du PMI. La stratégie de sortie chinoise, si elle est à l’oeuvre, consistera à empêcher que le boom du crédit ne donne lieu à un dérapage inflationniste hors de contrôle, sans pour autant pénaliser le secteur exportateur….

EN COMPLEMENT :

Chine: les réserves de change dépassent 2.000 milliards de dollars

PEKIN, 15 juil 2009 (AFP)

Les réserves de changes de la Chine ont atteint un record de 2.131,6 milliards de dollars fin juin, en hausse de 17,84% sur un an, a annoncé mercredi la Banque centrale.

Fin mars, ces réserves, les premières au monde, avaient atteint 1.953,7 milliards de dollars, après avoir dépassé 1.900 milliards fin septembre, puis enregistré une baisse au cours des deux premiers mois de l’année.

"Au cours du premier semestre, les réserves de change ont augmenté de 185,6 milliards de dollars, soit 95 milliards de moins que la même période de l’an dernier", a indiqué la Banque centrale.

Mais "en juin, les réserves de change ont progressé de 42,1 milliards de dollars, 30,2 milliards de dollars de plus que la même période de l’an dernier", a ajouté l’institution.

Les réserves de devises chinoises, les plus importantes au monde depuis début 2006, sont générées par l’excédent commercial de la Chine et les investissements directs étrangers mais sont aussi gonflées par les mouvements de capitaux spéculatifs.

L’excédent commercial a totalisé 96,4 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année, en baisse de 1,3% en glissement annuel.

Sur les cinq premiers mois de l’année, les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 34,05 milliards de dollars, 20,4% de moins que sur la période précédente de 2008.

Une grande partie de la cagnotte en devises chinoises est investi dans des avoirs en dollars, comme les bons du Trésor américain, dont elle possédait pour 763,5 milliards de dollars fin avril, après être devenue en septembre le premier créancier des Etats-Unis.

La progression de ces réserves a ralenti pour la première fois en dix ans l’année dernière (+27,3%, contre +43,3% en 2007), selon des chiffres de la Banque centrale précédemment publiés par la presse officielle.

En début d’année, la Chine avait même enregistré une baisse de ses réserves de changes, tombées à quelque 1.912 milliards de dollars fin février, avant qu’elles ne repartent à la hausse en mars.

Des analystes ont estimé que le pays avaient perdu des dizaines de milliards de dollars entre août et février en raison de la chute des marchés boursiers et des fluctuations des taux de change. D’autres n’ont pas écarté pas des sorties massives de capitaux….

————————————–

Qu’on se le dise, l’économie de la Chine a bel et bien redémarré, et plus vite que tout le reste de la planète. La croissance chinoise a atteint 7,9% au second trimestre, après 6,1% au premier, niveau qui constituait la performance la plus faible de Pékin ces dix dernières années. Cela ne constitue cependant pas une surprise car le consensus des économistes (Source Bloomberg) ressortait à 7,8%.

Le gouvernement chinois semble donc en passe de gagner son pari, grâce à des plans de soutien à l’économie colossaux. Le Bureau National des Statistiques a estimé que l’économie s’était "stabilisée" et bénéficiait désormais de "davantage de changements positifs". Peu après cette annonce, les économistes Asie de la banque britannique RBS  ont relevé de 7 à 8% leur prévision de croissance pour le pays cette année. 8%, c’est justement le niveau ciblé par Pékin cette année, après 9% l’année dernière et 13% en 2007. Mais des économistes pensent déjà que le pays pourrait accélérer en fin d’année, en évoquant des niveaux de 9 à 10% pour les deux derniers trimestres

source : boursier.com 16/7/09

ET TOUJOURS D’ACTUALITE : ISM Chinois indicateur avancé de reprise économique mondiale (cliquez sur le lien)

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