Douce France

Charles Gave : le couloir d’avalanche….

Charles Gave est l’un des plus brillants économistes et analystes au monde….Il est français mais exilé aux US depuis maintenant  plusieurs années car il souffre de défauts  jugées rédhibitoires  en matière économique dans notre beau pays : il n’est pas marxiste, il n’est pas keynésien, il n’est pas antiaméricain et il n’est pas libertarien tendance école autrichienne…En bref c’est  un monétariste tendance Milton Friedman et un business économiste de tout premier plan…En France il contribue de manière très régulière au Journal des Finances et demeure un  grand pourfendeur devant l’éternel du système Euro  et  un adversaire acharné de l’ « IGNORAMUS TRICHET »….. Voici le 15ème volet d’une série de billets qui lui sont consacrés….

« Les grands problèmes économiques sont toujours créés par des erreurs, au nombre de 5 : une guerre ; une hausse des impôts (qui amène une aggravation du déficit budgétaire) ; une poussée protectionniste ; une augmentation des règlementations ; une erreur de politique monétaire. »

EN SAVOIR DAVANTAGE :

 PAR CHARLES GAVE* | JDF HEBDO | 01.08.2009 | Mise à jour : 20H27

Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital dans notre beau pays est à la mode et a donné lieu à de fort belles envolées démagogiques dont Marx aurait pu être fier. Comme d’habitude, cependant, cette question qui passionne les hommes politiques, les médias et ceux que M. Barre appelait la « classe jacassière » n’a aucun intérêt. La vraie question dont dépend l’avenir de notre pays est la suivante : deux économies coexistent côte à côte en France ; la première, nous l’appellerons l’économie communiste (administration générale, santé, sécurité sociale, éducation, transports), où jamais les prix de marché ne déterminent l’allocation de capital, tandis que nous appellerons la seconde l’économie de marché (tout le reste). Nos statistiques proviennent de l’Insee.
Depuis 1981 (tiens, pourquoi 1981 ?), l’économie communiste a connu un taux de croissance de 2,8 % par an, tandis que notre économie libre a connu un taux de croissance moyen annuel de… 0,8 %. Qui plus est, si nous définissons une récession comme une baisse d’une année sur l’autre de la valeur ajoutée en termes réels, notre économie communiste n’a connu (depuis 1981) aucune récession. Imperturbablement, depuis cette date, elle croît plus vite que le PNB général, la somme de nos deux économies. La pauvre économie de marché a connu, quant à elle, SIX récessions depuis 1981.
Ces taux de croissance différents ont fait que l’économie communiste, qui représentait environ 27 % de l’économie privée, en représente maintenant plus de 37 %, que la dérive s’est, bien sûr, fortement accélérée depuis deux ans et que ce ratio va continuer à grimper allégrement aussi loin que l’oeil regarde. En fait, depuis 1981, il n’a pour ainsi dire jamais baissé durablement.
De ce fait, de bonnes âmes nous disent que c’est là la preuve que l’économie administrée chère à M. Guaino a de bien meilleurs résultats sur le long terme que cette pauvre économie capitaliste et que, donc, il convient de la favoriser.
Un point de détail rend cependant ce raisonnement quelque peu suspect. L’économie communiste est sans arrêt en cash-flow négatif, communément appelé déficit budgétaire. La somme des déficits budgétaires accumulés pour entretenir sur le pied qu’ils méritent nos fonctionnaires s’appelle la dette de l’Etat, et cette dette est en train d’exploser au point que le service de cette dette va forcer à une contraction gigantesque des autres dépenses et donc de notre économie communiste. La France est en train de rentrer dans une trappe à dette, avec un déficit primaire gigantesque et qui va aller en se creusant.
Pour nous résumer : le modèle français est simple. Il consiste en trois transferts :
1. L’Etat taxe massivement le secteur privé, ce qui tue toute croissance.
2. Avec cet argent, il subventionne le secteur communiste et sa croissance.
3. S’il n’y a pas assez d’argent pour financer toutes ces subventions, l’Etat l’emprunte, donnant en échange son crédit et mettant en danger les générations futures, pour « acheter » la paix sociale.
Remarquons au passage que si l’on soustrait du PNB français tel qu’il est publié par l’Insee la dette de l’Etat français, ce PNB net de dette BAISSE depuis plus de dix ans, année après année, ce qui n’est guère encourageant. La France est donc comme une machine censée produire de l’énergie et qui en consomme plus qu’elle n’en produit… D’après nos calculs, avant cinq ans, ce modèle va imploser et l’Etat français sera soit en faillite, soit sous le contrôle du FMI (M. Sarkozy sous le contrôle de M. Strauss-Kahn…)
Dans ces conditions, nous réitérons ce que nous ne cessons de dire depuis des mois : l’actif le plus dangereux est sans aucun doute représenté par les obligations de l’Etat français. Nul doute que si M. Madoff avait émis des obligations, il eût trouvé des gogos pour souscrire. La France, aujourd’hui, est en train de rentrer dans une situation Madoffienne. Souscrire ses obligations, c’est bâtir sa maison dans un couloir d’avalanche.
* charlesgave@gmail.com
 
BILLET PRECEDENT : Charles Gave : Et si on parlait des profits ? (cliquez sur le lien)

Charles Gave – né en 1941, il est économiste spécialiste des marchés financiers. Il a reçu un PhD en économie de l’Université de Chicago où il fut l’élève de Milton Friedman. Après avoir commencé sa carrière comme analyste financier dans une banque d’affaires française, il crée en 1974 une entreprise de recherche économique indépendante, Cecogest. En 1986, il diversifie son activité vers la gestion de portefeuille et devient le cofondateur de Cursitor-Eaton Asset Management, qui est ensuite vendu en 1995 à Alliance Capital. C’est en 1995 que Charles Gave crée Gavekal Research, Gavekal Capital et Gavekal Securities, trois entreprises dont le siège est aujourd’hui à Hong Kong.

ET EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : La Maison France bientôt en surendettement… (cliquez sur le lien)

 

3 replies »

  1. Je ne suis absolument pas d’accord avec cette analyse.
    Heureusement (je ne sais pas, mais dans certains pays Anglo saxon on parle carrément de nationalisation) que le « secteur de l’économie communiste » renfloue le secteur Privé. Je ne fais pas de politique (pour moi le premier pas à était franchi en 1986 par la « loi de déréglementation » de Pierre Bérégovoy)
    Alors les dettes sont du coté du privé.
    Pour le Privé c’est Privatisation des gains et Socialisation des pertes. Voila ce que vous défendez sous le couvert de l’augmentation de la dette.
    Nul ne peut nier que la loi TEPA creuse les déficits au profits de certaines catégories économiques (bouclier fiscal, droit de succession ( 80% des français n’en payant pas….), La baisse de la TVA ( encore au profit du secteur privé….) et le pompon c’est évidement l’aide aux banques, mais aussi à l’automobile et à encore bien d’autres . Le Public renfloue le Privé.
    Alors est-ce bien ? Est –ce trop ? On peut en discuter.
    Mais ayons la décence de ne pas dire n’importe quoi. Ne me parlez pas non plus de mérite et lisez plutôt Fréderic Lordon « la crise de trop »
    Mais surtout faut pas parler des choses qui fâchent : le partage de la valeur ajoutée, c’est vilain.
    Je vais demander a jean Montaldo pourquoi il vous cite pas et qu’il vous envoie sa « lettre ouverte aux bandits de la finance ».
    Mais avec ce genre d’article je comprend que le JDF se vendent moins.
    Trop c’est trop.

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