Dubaï world : 1ers décryptages et aide à la compréhension d’un gouffre pourtant annoncé (mais pas par les Agences de Notation)

Dubai World, le moteur financier de l’émirat, a prié mercredi ses créditeurs de lui laisser au moins jusqu’au mois de mai pour rembourser ses 60 milliards de dollars (G$) de dettes (40 milliards d’euros). Le gros de cette somme a été emprunté par sa branche immobilière Nakheel, qui développe des projets tels que l’île en forme de palmier dans le Golfe.

En tout, Dubai Inc, qui regroupe les réseaux soutenus par la cité-Etat, sont dans le rouge à hauteur de 80 G$ (53 milliards d’euros). Au total La dette totale de Dubaï était estimée à 80 milliards de dollars américains en 2008, dont 70 milliards à la charge des compagnies publiques. Dubaï World accaparait, à lui seul, 59 milliards de ce montant.

Dubaï est l’émirat qui a le plus souffert de la crise mondiale. Ses soucis remontent à plusieurs mois, même si son dirigeant, le cheikh Mohammed bin Rachid Al-Maktoum, a longtemps balayé d’un revers de la main toutes les questions sur les réserves de liquidités….

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Interrogé il y a deux mois sur la dette, il assurait encore: "tout va bien" et "nous ne sommes pas inquiets". Puis, ce mois-ci, il a dit aux sceptiques de "se taire".

Le gouvernement de Dubaï, après des mois de déni, a levé 10 G$ (7 milliards d’euros) en février en vendant des obligations à la banque centrale des Emirats arabes unis. Et mercredi, le département des Finances a annoncé qu’il allait lever 5 G$  supplémentaires (3 milliards d’euros), en vendant des obligations à deux banques d’Abou Dhabi.

Mais, Qui est Dubaï World?

C’est le groupe qui contrôle Nakheel, célèbre pour son île artificielle destinée à être occupée exclusivement par des millionnaires. Il croule maintenant sous les dettes, le marché immobilier local ayant vu sa valeur s’effondrer de 50% depuis que sévit la récession mondiale. Nakheel se doit de régler en décembre quelque 3,5 milliards de dollars américains de dettes, sous forme d’obligations islamiques.

«Dubai World s’apprête à demander à ses créanciers de repousser au 30 mai 2010 au moins le règlement des dettes arrivées à maturité», a indiqué par voie de communiqué le Fonds de soutien financier de Dubaï, organisme chargé de gérer les retombées de la crise sur l’économie de l’émirat.

1er élément très important à prendre en compte car il y a un gros hic en comme avec l’affaire Lehman des partenariats et intérets croisés

Le hic, c’est que Dubaï World détient des intérêts un peu partout dans le monde. Cela va de parts dans des casinos de Las Vegas, à d’autres dans des banques en Europe (Standard Chartered, à Londres, etc.), ou encore dans des boutiques de luxe (Barneys, à New York, etc.). Une faillite de sa part mettrait en difficulté nombre d’entreprises d’importance, et ce à un point encore imprévisible.

Comme d’habitude et fidèle à leur « mauvaise » réputation les agences de Notations ( toujours en conflit d’intérêt parce que financées par leurs clients)  réagissent après (comme avec le subprime) au lieu de prévenir avant…Moody’s et S&P rétrogradent donc après coup six compagnies majeures

Moody’s a notamment passé DP World, relevant de Dubai World, de «A3» à «Baa2», et le géant immobilier Emaar Properties, de «Baa1» à «Ba2».

«Un rééchelonnement de la dette indiquerait que le gouvernement se prépare à permettre à une firme qui lui est liée de ne pas honorer ses obligations», a expliqué l’agence.

Idem, Standard & Poor’s a rétrogradé la notation de cinq compagnies de Dubaï, dont DP World et Emaar Properties, en raison de «l’échec du gouvernement de Dubaï à apporter un soutien financier opportun à une compagnie de premier plan».

Le résultat de ces dégradations de notation ne se pas fait attendre :

Les banques créancières de Dubai se voient  pénalisées par une envolée du coût de l’assurance-crédit pour l’ensemble de leurs prêts dans les Emirats arabes unis.

En trois jours, ce coût a doublé: assurer 10 millions de dollars de prêt à Dubaï coûte désormais 674.000 dollars, deux fois plus qu’en début de semaine, selon le cabinet financier CMA, cité par  Newswires. Pour les prêts à Abou Dhabi aussi le coût de l’assurance-crédit a bondi.

Conclusion provisoire :  On ne doit pas tant s’inquiéter pour les finances de Dubaï, qui pourra toujours se refinancer auprès son "grand frère" Abou Dhabi, mais plutôt pour ses banques créancières, pénalisées par une envolée du coût de l’assurance-crédit et pour les entreprises européennes et américaines ou une partie de l’actionnariat est détenu par les Emirats Arabes

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Toujours sur les bons coups les Banques Européennes : Subprime US , Europe de l’Est et maintenant Dubai…. (cliquez sur le lien)

DERNIERE MINUTE :

Dubaï pourrait vendre certains de ses actifs

Par Ram Etwareea
Grâce aux pétrodollars, l’émirat a fait de nombreuses acquisitions ces dernières années

Dubaï s’apprête-t-il à vendre les biens acquis ces dernières années pour pouvoir rembourser sa dette? Grâce aux pétrodollars, l’émirat a fait de nombreux investissements par le biais d’Istithmar, Infinity Development Corp et de Nakheel, institutions nationales spécialisées dans les acquisitions à l’étranger. Selon le Financial Times de vendredi, des agents immobiliers internationaux se disent prêts à réaliser les transactions. A terme, Dubaï a besoin de 80 milliards de dollars pour honorer ses créances.

Le rachat de la société P & O Ports a été le plus spectaculaire de la ville-Etat. En février 2006, Dubai Ports World (DPW) a déboursé 8,9 milliards de francs pour acquérir l’opérateur britannique de gestion portuaire. Grâce à cette transaction, DPW est devenu le 3e acteur mondial dans ce domaine avec 29 terminaux dans une vingtaine de pays. Quelques semaines plus tôt, ce dernier avait finalisé le rachat d’Inchape Shipping Services (GB), l’un des plus importants agents maritimes.

Toujours dans le domaine du transport, Dubaï a investi 15 milliards de dollars dans des activités de location et de réparation ­d’avions et de gestion d’aéroports.

Les pétrodollars ont aussi financé l’acquisition de plusieurs biens touristiques. Infinity Development Corp détient 9,5% des actions de MGM Mirage, un complexe hôtelier à Las Vegas. Pour sa part, Nakheel a investi 50 millions de dollars pour acquérir un paquebot qui servira d’hôtel flottant au large de l’Etat-ville.

Industrie des loisirs

Les stratèges financiers de l’émirat ont aussi misé sur l’industrie des loisirs. Ils ont acheté 20% des actions du groupe canadien Cirque du Soleil. Celui aménage à présent un théâtre en plein air à ­Dubaï. Trois autres acquisitions: un prestigieux terrain de golfe en Ecosse, un autre en Afrique du Sud ainsi qu’une station de ski dans les Rocheuses aux Etats-Unis.

Le développement immobilier a également mobilisé les capitaux de Dubaï, notamment dans un quartier historique à Cape Town en Afrique du Sud. En 2007, il a acheté le commerce de luxe Barneys à New York pour 835 millions de dollars.

Les investisseurs de Dubaï ont par ailleurs acquis un certain nombre d’immeubles prestigieux dans les grandes villes. Notamment les hôtels Mandarin Oriental à New York et à Genève.

source le temps 28nov



Catégories:Normes Comptables et Règles Prudentielles, Pays Emergents, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, S&P

6 réponses

  1. Encore un cheikh en blanc…

  2. to big to fail est toujours valable.vu que le credit ne peut etre infini.
    cordialement

Rétroliens

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