Le Temps

Banques : moins d’aléa moral pour les structures de petite taille

L’exemple du licenciement des patrons de petites banques

Qui discipline les directeurs de banques?

Une étude du FMI évalue la capacité du marché à changer le patron d’un institut de petite taille. Cette catégorie permet d’écarter l’éventualité d’un sauvetage par l’Etat

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La littérature économique s’est surtout penchée sur l’impact des stakeholders, tels que les actionnaires, sur le risque et la performance d’une banque. Mais une étude du FMI (1) aborde un autre thème, la relation entre le risque d’une banque et le licenciement des principaux managers, ainsi que l’impact d’une telle décision sur le résultat et le profil de risque de l’institut.

Les chercheurs évitent le dilemme du sauvetage éventuel par l’Etat en se limitant aux banques moyennes et petites aux Etats-Unis. A cet effet, ils utilisent 18 années de statistiques bancaires et analysent l’influence des actionnaires, des détenteurs d’obligations, des épargnants et des autorités de surveillance. Ils ne s’en tiennent donc pas au contrôle des stakehorders, mais aussi à leur capacité, en cas de déception, à changer le directeur général, le président et le directeur financier. Durant ces 18 années, ils comptent 65 licenciements de managers.

Les résultats sont significatifs.

Les managers courent davantage le risque d’être licenciés si leur institut est financièrement faible (mesuré par le Z-score, un indicateur de solvabilité), s’ils réduisent le dividende et si leur dette subordonnée est élevée.

Les chercheurs constatent que l’année précédant le licenciement, le Z-Score diminue de 7% en moyenne, le rendement des fonds propres de 62% et le bénéfice de 27%.

Mais les économistes du FMI n’apportent aucune preuve selon laquelle les autorités de surveillance parviennent à discipliner les managers. Ces observations confirment l’existence d’une réelle discipline du marché sur les directeurs de banques.

Les licenciements ne conduisent pas les banques à réduire leur profil de risque durant les trois années suivantes. La menace de licenciement est une incitation de poids, elle ne suffit pas. Soit parce que le départ du patron survient tardivement, soit parce que le nouveau venu a besoin de nombreuses années pour réduire les risques.

Les recherches permettent aux économistes du FMI de créer un modèle susceptible de prévoir le licenciement d’un patron. Celui-ci fonctionne dans 61% des cas.

Après le licenciement, le résultat de la banque s’améliore. Durant les trois années succédant au licenciement, les pertes sont réduites et l’évolution du rendement des fonds propres s’améliore nettement par rapport à la concurrence.

Pour les auteurs, l’étude renforce l’idée selon laquelle la menace de licenciement est une forte motivation pour un manager pour qu’il maximise la valeur actionnariale. La performance s’améliore en vertu de la discipline du marché, mais pas le profil de risque.

(1) Who Disciplines Bank Managers? Martin Cihak, Andrea Maechler, Klaus Schaeck, Stéphanie Stolz, IMF Working Paper 09/272, décembre 2009

Par Emmanuel Garessus le temps jan10

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