Indicateur des Marchés

Indicateur de Marché : Consensus ISAG février 2010

Le consensus de l’Association des Stratégistes d’Investissement de Genève, une association de stratèges d’investissement de banques genevoises. Il porte sur l’allocation d’actifs dans un portefeuille à risque moyen, ainsi que les perspectives économiques et d’évolution d’une série de valeurs, cours de change, taux d’intérêts et indices actions.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

 Activité économique, taux de change, pétrole ou répartition de l’argent confié… On peut maintenant se faire une idée de ce que la finance genevoise «pense» sur chacun de ces sujets. Ce sondage sera réalisé auprès de leurs homologues afin de donner un aperçu de leurs prévisions économiques et financières et de permettre au reste des investisseurs de se situer par rapport à ces indicateurs. Ce type de baromètre est légion sur les grandes places, où les établissements sont sondés aussi bien sur l’économie que sur les bénéfices des entreprises. Mais moins sur les stratégies de placement qu’éclairera ce consensus genevois.

 Consensus ISAG février 2010  

Genève maintient son optimisme face aux événements grecs, mais reste prudente dans sa gestion.  

Les stratégistes ne dramatisent pas la crise grecque et ne changent pas leur attente d’une reprise économique soutenue sans inflation pour 2010  

La crise amorcerait éventuellement la dégradation généralisée de la qualité des dettes publiques, un affaiblissement durable de l’euro, et de faibles taux en Suisse.  

En majorité, ils sont optimistes sur l’année pour les marchés actions et les matières premières, leur gestion reste très diversifiée sans pari consensuel marqué, avec une part actions modeste et une solide présence des obligations privées.  

Côté tactique de court terme, les tendances haussières du dollar seraient amenées à se poursuivre, accompagnées par un rebond des actions.  

Le scénario économique du consensus ne varie pas par rapport à janvier et fait montre d’une cohésion entre les répondants. 3% de croissance aux Etats‐Unis et 1.5% en Suisse sont attendus en 2010, ce qui ne s’est pas vu depuis 2004. Les attentes d’inflation, qui restent très modérées à 2.2% et 0.8% respectivement, présagent toujours que les autorités monétaires auront la possibilité de maintenir les taux bas aussi longtemps que la croissance sera jugée fragile.

La crise grecque est considérée par tous comme un fait marquant. Rares sont ceux qui prévoient un défaut et changent leurs prévisions et allocations pour cette année. Par contre, la grande majorité voit dans ces événements l’éventuelle amorce de changements structurels majeurs:

                La problématique globale de la dégradation de la qualité des dettes publiques. Depuis la crise, l’endettement massif n’est pas une exclusivité hellénique, ou méditerranéenne. Par conséquent, il est probable que les primes de risque par pays reviennent sur le devant de la scène, sur les obligations mais aussi sur les actions. Cela expliquerait entre autres que les obligations américaines n’aient pas réagi comme actif de repli traditionnel lors de la récente baisse des marchés.

                Les limites de la monnaie unique pour des pays en retard de compétitivité ou sans spécialisation industrielle. La force actuelle de la monnaie unique n’adoucit pas la cure d’austérité dans laquelle la Grèce s’engage, au contraire. Les pays méditerranéens de l’UE ont dégradé leur compétitivité depuis 1999 vis‐à‐vis de l’Allemagne –référence centrale des exportations de la zone euro‐, ils se retrouvent donc sans le levier des exportations pour la relance. La baisse de l’Euro serait leur porte de sortie idéale pour éviter la dépression  

déflationniste. Certains y verraient même une opportunité pour investir en actions en zone euro en particulier en Allemagne, d’autres au contraire s’interrogent sur un scénario à la japonaise. 

iii) Pour la Suisse, la baisse de l’euro ‐ et l’appréciation du franc ‐ ne sont pas les bienvenues, ce qui a poussé la BNS à intervenir directement. Il est probable que la conséquence pour la BNS serait un statu quo plus prolongé que prévu sur les taux. En effet, toute hausse des taux de la BNS avant la BCE renforcerait davantage le franc. 

Les perspectives financières restent en cohérence avec une reprise économique. «En majorité» les attentes sur les marchés actions sont de l’ordre de +10‐15% sur l’année; et de même pour l’or attendu à 1250. Le dollar devrait se renforcer face aux monnaies européennes, grâce à une croissance plus forte et des rendements obligataires plus attractifs. En effet, le consensus prédit des tensions sur les taux longs à 10 ans qui passeraient à 4.50% (3.70% en janvier), probablement en perspective de hausses de taux plus marquées en 2011. Le CHF est vu plus faible autour des 1.50; ce qui est plus en ligne avec sa parité historique et probablement avec les souhaits de la BNS.

Dans les gestions, les amplitudes entre les répondants restent importantes. Cela reflète principalement la diversité des styles de gestion et l’absence d’une référence commune précise. Néanmoins, des positionnements semblent communs au sein des portefeuilles à risque moyen :

 i) la diversification et l’équilibre des classes d’actifs reste la priorité au détriment peut‐être de paris marqués sur certains actifs,

 ii) l’exposition en actions est significative à 35% mais reste en retrait par rapport à l’optimiste affiché, probablement au bénéfice des matières premières et des placements alternatifs,

 iii) la dette privée est largement préférée aux dettes publiques,

iv) l’exposition sur les pays émergents est incontournable avec 6% soit près d’un cinquième de l’allocation en actions et enfin

v) le Japon reste le mal‐aimé ou l’incompris, car non seulement la deuxième économie du monde est la moins représentée, mais près de la majorité des gestions couvrent leurs expositions en Yen.

A court terme, le dollar garderait sa tendance positive et les actions elles aussi renoueraient avec la hausse. Les taux longs augmenteraient, alors que les politiques monétaires resteraient inchangées. En revanche, aucun consensus n’émerge sur les matières premières.

Enfin, les paris extrêmes ne se révèlent pas tant sur l’économie que sur les perspectives financières. En effet, parmi les prévisions non consensuelles, on dénombre des attentes très négatives sur le dollar (1.76!) ou sur le marché actions (950 sur le S&P 500), ou très positives avec le retour quasiment à 100 pour le pétrole et avec des records pour l’or (1500).

La politique monétaire chinoise semble être une préoccupation partagée. La tendance majoritairement attendue est un durcissement précoce. Par ailleurs, certains participants ont également exprimé leur crainte de bulle spéculative sur les marchés émergents

EN LIEN INDISPENSABLE : ISAG_tableaux février 2010 (cliquez sur le lien)

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Nouvel indicateur de marché : Création d’un baromètre de la finance genevoise (cliquez sur le lien)

 

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