Art de la guerre monétaire et économique

Matières premières : L’Inde envisage un fonds souverain pour sécuriser ses ressources

Seul pays émergent à ne pas disposer d’un fonds souverain, l’Inde semble vouloir se tourner vers cette solution pour contrôler davantage ses approvisionnements en matières premières.

PLUS DE STRATEGIE ECONOMIQUE EN SUIVANT :

Le lobbying des groupes indiens de l’énergie semble porter ses fruits. Le ministre de l’Energie à New Delhi vient de demander à son homologue des Finances d’étudier la création d’un fonds souverain, qui donnerait une assise financière plus solide aux compétiteurs indiens pour l’acquisition de gisements pétroliers et miniers à travers la planète

Pratiquement tous les pays émergents, forts de leurs grandes réserves de change, se sont dotés de tels fonds. On connaît bien sûr le puissant China Investment Corp. chinois ou les fonds souverains des pays du Golfe, et le Brésil vient aussi d’en créer l’an dernier. Si l’Inde a tardé, c’est probablement que, malgré ses réserves de change importantes (278 milliards de dollars), le pays souffre d’un fort endettement public, et que la Banque centrale n’était pas très favorable à ce mécanisme, pas toujours transparent. 

Mais plus le temps passe, plus New Delhi est dépendant des approvisionnements extérieurs en hydrocarbures. L’Inde produit bien 700 000 barils de pétrole par jour, mais c’est un quart seulement de ses besoins aujourd’hui. Et la croissance indienne, après deux années de moindre forme, reprend aujourd’hui de plus belle ; la demande de pétrole pourrait doubler dans les vingt ans qui viennent, d’après l’Agence internationale de l’énergie. 

D’où l’importance de sécuriser l’accès aux ressources étrangères. Or, difficile pour les groupes indiens ONGC, Oil India ou Indian Oil de concurrencer les groupes chinois, comme CNOOC, qui, rien que l’an dernier, ont bénéficié de 32 milliards de dollars de la part du principal fonds souverain chinois. En regard, deux petits milliards de dollars d’investissements ont été réalisés par le groupe pétrolier indien ONGC, principalement en Russie, notamment pour l’acquisition d’une part dans le gisement d’hydrocarbures de Sakhaline1. 

Mais sans la signature de l’Etat indien, difficile de monter en puissance, plaident les groupes pétroliers du pays. En 2006, la stratégie de New Delhi était de privilégier la co-acquisition de ressources naturelles avec la Chine. Aujourd’hui, il semblerait que le fonds souverain soit la nouvelle voie envisagée par Delhi, pour offrir une garantie aux nouveaux investissements que les groupes indiens projettent en Russie, en Angola, au Soudan, et au Nigeria, où ils ont déjà pris pied. Même si, évidemment la puissance de la Chine et ses 2 400 milliards de dollars de devises, reste incomparable

source rfi mars10

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Rapport Preqin : Les fonds souverains tournent la page de la crise et investissent massivement (cliquez sur le lien)

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