Commentaire de Marché

Commentaire du Wolf : la grande menace…

Commentaire du Wolf : la grande menace

Plusieurs économistes ont abaissé leurs prévisions de croissance du PIB réel au second trimestre à 2,0 %-2,2 % en rythme annuel, soit bien en-deçà du consensus Bloomberg de 3,3 %. Les minutes de la réunion de politique monétaire du FOMC ont d’ailleurs pris acte de ce ralentissement économique puisqu’elles ont révélé une révision à la baisse à 3 %-3,5 % des prévisions de croissance du PIB réel de la Fed en 2010. Tout ceci  conduit au désagréable sentiment que l’économie mondiale se dirige tout droit vers la…. déflation.

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Les prix à la consommation outre-Atlantique ont modestement reculé de 0,1 % en mois glissant (m/m) en juin mais, pour la première fois depuis mars 1956, les prix s’établissent désormais en baisse en termes annualisés sur deux ans. De plus, la croissance de la base monétaire américaine est au point mort, tout comme l’agrégat M1. Il s’agit là désormais d’un phénomène mondial : la croissance monétaire a fortement ralenti, l’agrégat de masse monétaire M3 enregistrant même une contraction aux Etats-Unis et dans la zone euro par rapport à l’an passé. Dans le même temps, L’ECRI  un indicateur hebdo synthétique reflet pertinent de l’activité US s’est révélé clairement recessioniste depuis plusieurs semaines, l’indice Harpex censé mesuré l’activité du commerce internationale reste désesperement à des niveaux très bas très en dessous de ses records de 2005 , tandis que le rendement de l’emprunt d’Etat américain à deux ans a touché le niveau le plus bas de son histoire à 0,59 %. Tout cela est d’ailleurs confirmé par nombre de mesures d’alerte de la déflation  lequel est composé de trois variables : les anticipations inflationnistes suggérées par les points morts d’inflation à 5 ans aux Etats-Unis (la différence de rendement entre obligations nominales et réelles indexéessur cette échéance) ; la corrélation entre les performances des actions/obligations mondiales ; et une mesure de l’ampleur des mouvements des prix des matièrespremières. Cet indicateur laisse suggérer que le balancier tend à nouveau à pencher en faveur de la déflation, peutêtre un important signe avant-coureur d’un possible  nouvel assouplissement monétaire par les Banques centrales au travers de nouvelles mesures de quantitating easing…

Ralph Waldo Emerson ,philosophe américain  a fait observer que « une cohérence stupide est le croquemitaine des petits esprits, adorée par les petits hommes d’Etat, les philosophes et les théologiens ». Mais la cohérence de la déflation est également en train de devenir le croquemitaine d’investisseurs anxieux qui craignent pour la croissance de l’économie et des bénéfices des entreprises en 2011.

A l’aube de cette dernière partie de l’année, quelques questions importantes se posent donc auquelles je ne saurais apporté d’entières réponses, c’est en effet le but de l’analyse économique que de s’inscrire dans une dialectique mouvante et dynamique :

Les craintes déflationnistes vont-elles porter un coup d’arrêt aux matières premières ?

Cela  soulève  la question de savoir si oui ou non un ralentissement potentiel aux Etats-Unis/en Chine est susceptible de faire baisser les prix desmatières premières et, peut-être, d’affecter les marchés émergents. Tout accès de faiblesse de la demande commerciale de minéraux qui pourrait en résulter ferait courir le risque d’une surréaction compte tenu du niveau élevé de la demande boursière de métaux, comme en témoigne les encours de nombreux ETF sur les matières premières.

L’assouplissement quantitatif peut-il faire son retour ?

 Il est clair qu’une stabilité/hausse des prix des actifs (reflation) demeure une composante essentielle de la reprise économique. Aussi, toute nouvelle entrave à la création de richesses sous la forme d’une baisse de la valeur des biens immobiliers et/ou d’une chute généralisée des prix des actifs financiers pourrait conduire à de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif, tout comme d’ailleurs pourraient le faire des signes de plus en plus prononcés de la déflation. Mais la question clé est de savoir si les entreprises « passent le relais » aux ménages aux Etats-Unis et recyclent leurs excédents sous la forme d’une augmentation des dépenses d’équipements et des embauches. Les entreprises américaines disposent en effet  d’excédents de trésorerie record, une situation totalement à l’opposé de celle des années 30 (et du Japon dans les années 90) caractérisée par d’importants déficits des entreprises. Ce faisant, les moyens pour contribuer à soutenir une seconde phase de la reprise existent indéniablement, mais à condition pour autant que l’entrain ne soit pas bridé. Pour l’heure et à l’observation rien n’indique un retour à l’investissement pour les entreprises…

 
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