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Trappe à Dettes : Des économistes lancent un cri d’alarme sur la dette américaine

Trappe à Dettes : Des économistes lancent un cri d’alarme sur la dette américaine

La situation est pire qu’en Grèce selon Laurence Kotlikoff et des chercheurs à l’université de Fribourg (Allemagne). Par contre la situation des finances publiques suisses est saine, même si onprend en compte les promesses financières faites aux générations futures…

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«Chaque dollar que le gouvernement (américain) dépense ou reçoit peut être référencé de tellement de façons que l’on peut presque présenter le niveau d’endettement officiel que l’on aimerait», écrit dans le Financial Times Laurence Kotlikoff, professeur à l’université de Boston: «C’est pourquoi l’emploi de la dette publique pour juger du caractère durable des finances d’un pays, comme l’a fait le G20, correspond à conduire une voiture à Los Angeles avec la carte de New York.»

Il importe donc d’aller au-delà des chiffres de dette publique déclarée (explicite) et d’y ajouter les promesses et engagements pris par les gouvernements mais non comptabilisés (dette implicite).

Une dette publique peut en cacher une autre par Henri Schwamm (cliquez sur le lien)

Laurence Kotlikoff et trois académiciens de l’université de Fribourg (Allemagne) ont ainsi évalué le véritable trou financier et estimé la valeur actuelle de tous les engagements financiers futurs et de toutes les recettes futures.

Pour la Grèce, ce déficit fiscal est de 11,5% du PIB en prenant en compte les dernières mesures d’austérité. Pour les Etats-Unis, il est encore pire et atteint 12,2% du PIB. Cela signifie que pour remettre à flot le ménage américain, il faut serrer la ceinture de 12,2% chaque année. L’effort requis est herculéen car il intègre les efforts déjà inscrits dans les plans financiers des prochaines années. Or, le bureau du parlement américain (CBO) a déjà pris pour hypothèse de travail la mise en œuvre de mesures d’austérité portant sur 7,2% du PIB par an jusqu’en 2020. Kotlikoff et ses partenaires demandent donc que l’effort de 12,2% s’ajoute aux 7,2% déjà prévus.

La Suisse, le meilleur élève

Les mêmes chercheurs de l’université de Fribourg, mais sans Kotlikoff, ont, l’année dernière, publié une autre étude sur les écarts de dettes totales (explicites et implicites) entre les pays, en prenant pour base l’année 2004 et en faisant un réel «bilan générationnel» (y compris les promesses aux générations futures). Il en ressort que la Suisse n’a pas seulement les finances publiques les plus saines, mais aussi qu’elle dispose d’une fortune nette équivalant à 99,8% du PIB, grâce à des actifs implicites positifs à hauteur de 155% du PIB. Par contre, les Etats-Unis étaient les plus mal classés, avec une dette totale de 624,5% du PIB, dont une dette implicite de 567%.

La Suisse pourrait baisser sa quote-part fiscale pour rester à l’équilibre. Par contre, celle des Etats-Unis devrait être relevée de 5,3% et celle de l’Allemagne de 5,8%. Selon les auteurs, le caractère durable des finances publiques dépasse les seuls chiffres démographiques et la quote-part de l’Etat. La réforme des assurances sociales (santé et prévoyance) est prioritaire pour obtenir un bilan équi­libré.

Par Emmanuel Garessus, Zurich le temps juil10

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