Commentaire de Marché

Bob Doll et Lakshman Achuthan voient l’avenir en noir

Bob Doll et Lakshman Achuthan voient l’avenir en noir

 «Ces 10 prochaines années, les récessions surviendront plus fréquemment que lors de la décennie passée.» Qui fait une telle prophétie ? Nul autre que Bob Doll, le «gourou des marchés» et stratège en chef du fonds d’investissement américain BlackRock.

Bob Doll /Blackrock: prédictions pour la prochaine décennie (cliquez sur le lien)

PLUS DE DOLL ET DE LACHUTHAN :

Pas de doute, après avoir connu la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis et les pays développés vont souffrir pendant encore de longues années, selon lui. «Les consommateurs américains croulent encore sous les dettes, le système bancaire des pays développés demeure fragile et le monde entier est globalement en butte à des problèmes de désendettement», a-t-il écrit dans une récente tribune sur MarketWatch.

Bob Doll n’est pas le seul à être inquiet pour l’avenir. L’économiste Lakshman Achuthan, directeur de l’Economic Cycle Research Institute, tremble en constatant l’effondrement de l’immobilier aux Etats-Unis ainsi que d’autres indicateurs économiques qui ont récemment viré au rouge chez nos voisins du Sud. Résultat : lui aussi estime que, durant les dix prochaines années, «nous sommes quasiment certains que les récessions surviendront plus souvent».

A measure of future U.S.economic growth rose to a two-week high in the latest week, but held at a level that suggests the recovery will remain sluggish, a research group said on Friday.

The Economic Cycle Research Institute, a New York-based independent forecasting group, said its Weekly Leading Index rose to 120.9 in the week ending August 20 from a revised 120.7 the previous week.

That was the highest level since August 6, 2010, when it was 122.0.  The previous week’s index was originally reported at 120.80. The index’s annualized growth rate rose to minus 9.9 from a revised minus 10.1 percent a week earlier.  The growth rate was originally reported at minus 10.0 percent.

ECRI3 ECRI LEADING INDEX LITTLE CHANGE ON THE WEEK

«Quand vous volez en rase-mottes, vous avez plus de chances de vous écraser que si vous volez en altitude», illustre Lakshman Achuthan. Ainsi, plus le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) d’un pays est faible, plus le risque de retomber en récession est grand. Quand l’activité progresse de 1% par an, il suffit d’un rien pour revenir dans le rouge, à -0,5%, par exemple. Il faut en revanche un grand choc pour qu’une économie progressant à un rythme de 3% rechute.

«Beaucoup de chemin à parcourir»

Les deux éminents économistes américains se rejoignent sur plusieurs plans : la reprise actuelle est laborieuse, tant aux Etats-Unis que dans nombre de pays développés ; le chômage est partout élevé, en particulier aux Etats-Unis ; etc. En conséquence, «les économies occidentales vont mettre de nombreuses années à se redresser», selon M. Doll.

Du côté canadien, de plus en plus d’économistes redoublent de prudence quant aux évolutions futures des économies des Etats-Unis et du Canada. Ceux qui claironnaient, il y a de cela quelques mois, que l’Amérique du Nord était bel et bien sortie de la récession en 2009 se font maintenant plus discrets…

«Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir», dit Craig Wright, économiste en chef, services économiques et recherche, de RBC, en indiquant, entre autres, que les importantes pertes d’emploi durant la récession ont ouvert la voie à une longue période de taux de chômage élevé pour l’économie américaine.

«La baisse de la dette des ménages a aussi réduit les fonds accessibles pour la consommation; les dépenses de consommation seront donc plus faibles que durant les dernières périodes de reprise», précise d’ailleurs un récent bulletin prévisionnel du service de recherche de la RBC.

On August 27, the Bureau of Economic Analysis (“BEA”) of the U.S. Department of Commerce revised downward their previously reported measurement of the U.S. Economy’s growth for the 2nd quarter of 2010. The newly reported annualized growth rate is 1.6%, down from a 2.4% rate published just 28 days earlier — a 33% downward revision of the growth rate in four weeks. The BEA now reports that the past three quarters of annualized GDP growth have been (in sequence from Q4-2009) 5.0%, 3.7% and 1.6% — with the rate dropping 2.1% from Q1-2010 to Q2-2010, the sharpest decline in the annualized growth rate since the summer of 2008

Plus tôt dans l’année, la firme Towers Watson avait compilé les projections d’une cinquantaine d’économistes, de stratèges et de gestionnaires de portefeuille de premier plan. Il en résultait qu’aucun d’entre eux ne prévoyait un nouveau creux en 2010 pour l’économie canadienne, mais «une croissance modérée des années durant», au moins «jusqu’en 2014», et certainement pas «un rebondissement en V».

Ces experts soulignaient que l’évolution à long terme de l’économie canadienne dépendait surtout de deux facteurs : l’économie américaine et la vigueur du dollar canadien face à la devise américaine. Du coup, ils misaient sur une progression médiane annuelle du PIB canadien de 2,5%, semblable à celle que le pays a connu au début des années 1980, après le choc pétrolier. Une progression «inférieure de peu à celle des Etats-Unis»…

Olivier Schmouker, Les Affaires.com aout10

EN COMPLEMENT : ENQUÊTE USA-Les économistes abaissent leurs prévisions sur le T3

- Une série de statistiques macroéconomiques décevantes ont conduit les économistes à revoir en baisse leurs prévisions sur la croissance américaine et la probabilité d’un retour de la récession est désormais jugée plus élevée, montre une enquête réalisée par Reuters.

Les économistes ont notamment évoqué le niveau élevé du chômage, le nouvel accès de faiblesse sur le marché immobilier et le ralentissement dans l’industrie pour expliquer ces nouvelles projections.

Les 50 économistes, qui ont été interrogés vendredi, tablent désormais en moyenne sur une croissance de 1,7% du produit intérieur brut (PIB) en rythme annualisé au troisième trimestre alors qu’ils anticipaient une hausse de 2,4% dans la précédente enquête réalisée il y a un peu plus de deux semaines.

"Sans une demande durable, la reprise est soumise à une probabilité élevée et inconfortable de stagnation", commente Steven Ricchiuto, économiste en chef à Mizuho Securities.

"L’économie devrait croître à un rythme de 5 à 6%, surtout après l’injection l’an dernier de plus de 2.000 milliards de dollars dans l’économie par les pouvoirs publics", ajoute-t-il dans une note.

Le sondage a été conduit vendredi après l’annonce d’une forte révision à la baisse de la croissance du PIB au deuxième trimestre, à 1,6% contre 2,4% initialement estimé

Certains analystes envisagent d’abaisser leurs prévisions de croissance encore plus fortement.

"Il est relativement probable que nous l’abaissions à environ 1,0%", déclare Bernd Weidensteiner, analyste à Commerzbank.

"La probabilité (d’un retour de la récession) a augmenté ces deux derniers mois et même si nous estimons toujours qu’elle reste inférieure à 50%, elle est dangereusement proche de 50%", ajoute-t-il.

Source reuters aout10

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