Douce France

WSJ : Les prévisions économiques du gouvernement français peu crédibles

WSJ : Les prévisions économiques du gouvernement français peu crédibles 

Alors que les gouvernements font leur rentrée, après la trêve estivale, le moment est venu de mettre à l’épreuve de la réalité les prévisions économiques de la France.

La ministre de l’Economie Christine Lagarde prévoit que l’économie française engrangera une croissance de 2% l’an prochain, et réduira son déficit budgétaire à 6% du produit intérieur brut. Les raisons d’un tel optimisme sont pour le moins obscures.

PLUS DECLAIRCISSEMENT EN SUIVANT :

 La volonté de la France de sauvegarder sa notation triple A en ramenant son déficit à 6% en 2011 puis à 3% d’ici à 2013 implique des mesures d’austérité qui, si elles sont effectivement appliquées, amputeront de 1,4 point la croissance de l’année prochaine. Ce facteur, combiné à l’impact négatif sur les exportations françaises du ralentissement de la croissance en Chine et aux Etats-Unis, ont conduit Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis, à ne prévoir que 1% de croissance pour la France en 2011. 

Ajoutons le fait qu’au cours des 12 dernières années la France n’a pas passé la barre des 2% de croissance une année sur deux, ainsi que l’avis de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique, ou OCDE, qui souligne que la France a un mauvais bilan en termes de respect des objectifs de déficit du pacte de stabilité, et on est en droit de s’interroger sur la crédibilité des prévisions du gouvernement

Plus incongrue encore que l’optimisme de C.Lagarde, est la conviction du président de la République Nicolas Sarkozy que son modèle d’interventionnisme étatique constitue le substitut parfait au néolibéralisme à l’anglo-saxonne. 

N.Sarkozy continue à soutenir les champions nationaux et les fusions franco-françaises, afin d’empêcher l’acquisition par des étrangers de sociétés nationales. Il a par ailleurs annoncé que lorsqu’il prendrait la présidence du G20, en novembre, il oeuvrerait en faveur d’une réduction du rôle du dollar dans les réserves de change et d’une plus grande intervention sur les marchés de devises. 

Laissons parler les chiffres.

Au cours des douze dernières années, le taux de chômage en France s’est établi en moyenne à 9,15%, et n’est jamais tombé en dessous de 7,8%. Au cours de la même période, les Etats-Unis ont connu un taux moyen de 5,35%, et pas une seule année le chômage n’a atteint les niveaux observés en France. 

Au cours des dix dernières années, le déficit budgétaire moyen de la France a été de 3,25% du produit intérieur brut. Aux Etats-Unis, cette moyenne est de seulement 2,05%, et elle inclut le niveau record de 9,9% atteint en 2009. 

Au final, le PIB par habitant est supérieur d’environ 40% aux Etats-Unis, et la performance économique relative de la France s’est détériorée par rapport à de nombreux autres pays au cours des dernières années, selon le cabinet d’études Economist Intelligence Unit. Force est donc de se demander pourquoi N.Sarkozy veut exporter son modèle. 

Dans le même temps, le faible nombre d’heures travaillées et le vieillissement de la population menacent le système d’Etat providence français. 

Or les perpectives peu reluisantes de l’économie française ont d’importantes implications pour toutes la zone euro. Elles incitent le gouvernement français à mener une politique encore plus protectionniste, comme le montrent ses efforts consacrés à diminuer la compétitivité de ses partenaires commerciaux plutôt qu’à améliorer la sienne

La décision britannique de relever la TVA et l’impôt sur les revenus a été largement applaudie en France, tandis que l’avantage compétitif de l’Allemagne est mis sur le compte d’un caractère excessivement économe et d’un système de collaboration entre dirigeants et syndicats qui neutralise ces derniers. 

Les 16 autres membres de la zone euro ayant une contribution totale quasi nulle à la croissance de la région, la charge de tirer l’économie de la zone revient à la France et à l’Allemagne, qui pèsent à elles deux près de la moitié du PIB de la zone euro.

Or, sans surprise, l’Allemagne croît plus vite que la France. C.Lagarde aura fort à faire pour atteindre ses prévisions. Si elle échoue, la zone euro dans son intégralité en sortira perdante, et N.Sarkozy aura plus de mal à prôner son modèle miracle. 

-Irwin Stelzer, The Wall Street Journal aout 10

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