La leçon des footballeurs en faillite par Beat Kappeler

 La leçon des footballeurs en faillite par Beat Kappeler

Bon nombre de stars du Super Bowl américain font faillite après s’être lancées dans des investissements. Leur cas constitue une vraie leçon aux investisseurs

Le championnat de football américain Super Bowl s’est déroulé dimanche passé dans une orgie de publicité, de primes pour les joueurs, de revenus pour les médias qui transmettaient l’événement.

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Mais, malgré leur statut presque divin, au moins 80% des joueurs risquent de finir à la case prison ou banqueroute. Quant aux autres, ils s’en sortiront honorablement pendant leur vie ultérieure. Cette petite statistique, relatée par le site d’information CNBC cette semaine, nous instruit sur ce milieu social typiquement américain. Mais elle est aussi riche en enseignements sur les stratégies de placement.

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This is the first 10% of a huge Superbowl chartporn, via Daily Infographic:

(cliquez sur le graphic pour agrandir et accéder à l’infographie)

Parmi les douze cas étudiés par CNBC, cinq joueurs ont eu maille à partir avec la justice, pour des affaires de drogue, de viol de mineures, de truquages financiers. Un autre était devenu père de 11 enfants avec 10 mères différentes et devait payer 180 000 dollars de pension par an. Le destin de ces joueurs traduit le milieu rude de leur origine plutôt qu’une attitude loufoque acquise par la richesse ultérieure. 

Mais leurs revenus, de plusieurs millions par an, et la richesse soudaine expliquent le reste des cas. Aux Etats-Unis, il y a même un terme spécial pour cela: le «Sudden Wealth Syndrome». Des ins­tituts aident ces pauvres gens devenus riches soudainement.

 

 Quels enseignements pour nous, alors?

En premier lieu, ces joueurs investissaient dans des domaines qu’ils croyaient connaître: l’immobilier, des supermarchés, des restaurants, une chaîne de bowling, des films religieux, des cosmétiques. Mais le rôle du client est bien différent de celui du propriétaire. De toute évidence, ces joueurs ne connaissaient pas les rouages commerciaux puisqu’ils ont tous fait faillite.

Autre explication: des entreprises de cette sorte, souvent de taille moyenne, nécessitent la présence, l’engagement personnel et quotidien des investisseurs. On ne peut pas rester un investisseur passif, comme dans une des firmes de la bourse de New York. Mais pas besoin d’aller jusqu’aux Etats-Unis pour constater l’échec de tels investissements passifs dans des entreprises locales et de taille moyenne. En Suisse aussi, à ma connaissance, beaucoup de gens méconnaissent le caractère personnalisé de ce type d’entreprises, le rapport particulier au personnel et envers les clients. On ne peut y mettre un gestionnaire et penser qu’il fera tourner la boîte jour et nuit. 

Près de la moitié des joueurs de football en faillite accordaient des garanties tous azimuts. C’est surtout par ce biais que des fortunes de 50 millions et plus se sont volatilisées. Dans la comptabilité d’une société anonyme, une garantie accordée doit être marquée comme une dette en puissance. Un privé, par contre, a tendance à la refouler comme une chose irréelle et non avenue. En plus, dans un milieu de copains, on garantit trop vite, souvent un peu sous pression, et l’étude en question remarque que l’ADN trop agressif de ces mâles les poussait vers un rôle de patronage inconsidéré. 

Cet enseignement nous renvoie à la psychologie de l’investisseur. Celui-ci doit changer d’âme constamment. Il faut prendre des risques quand les autres ont peur, il faut devenir lâche et vendre quand tout va – encore – bien. Si l’on reconnaît une tendance lourde qui peut durer, il faut se muer en mouton qui marche avec les autres, et il ne faut surtout pas jouer le héros qui sait mieux quand les moutons paniquent… Alors, un fonceur jeune, comme ces footballeurs, ne se prête pas trop à cette tactique du caméléon. Ainsi ils paient le prix fort, l’argent change de mains comme le ballon dans le stade.

 

Par les temps qui courent, l’investisseur doit user de la politologie en plus de la psychologie. Car, pour l’instant, l’économie en elle-même est prometteuse, mais les coups tordus des politiciens dans les crises de l’euro changent la donne tous les trois mois, tout comme la lutte pour ou contre le déficit béant américain.

source FT via Investment Banker Paris.com

A ce propos, la fin avril sera une date fatidique: il faudra choisir entre augmenter le plafond de cette dette ou sévir par des économies très fortes. Là, ce ne sera plus du jeu.

EN BANDE SON :

 

 



Catégories:Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, Behaviorisme et Finance Comportementale, Financial Times, Formation a la gestion de portefeuille, Le Temps, Les Vices du Capitalisme, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires

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