A Chaud!!!!!

Les Clés pour comprendre : L’illusion de la stabilité produit l’instabilité par Bruno Bertez

Les Clés pour comprendre : L’illusion de la stabilité produit l’instabilité par Bruno Bertez

    Nous avons analysé dans nos dernières publications deux phénomènes apparemment distincts, mais complémentaires. Deux phénomènes indissociables qui, à la limite, sont la manifestation de la même réalité, les deux faces d’une même pièce. 

Les phénomènes dont nous avons discuté sont:

-1) la bulle des fonds d’Etat, des obligations souveraines

-2) l’instabilité du système épinglée par le constat titre:  »Un équilibre de plus en plus précaire ».

Il nous faut revenir sur ces thèmes et les approfondir.

S’agissant du premier, notre argument est le suivant:

la crise de 2008 est une crise du Crédit, de l’excès de Crédit. Pour les spécialistes, ce que l’on appelle un moment Minsky.

 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

On a connu trois étapes conduisant à l’excès, à l’émission de trop de Crédit, une étape fondée sur la croyance au crédit garanti par des assurances diverses, une étape fondée sur la dissémination chère au cynique Greenspan, c’est à dire étape de sécuritisation et vente de créances au marché, une étape fondée sur le Ponzi pur et simple, la cavalerie.

Quand la crise, la révulsion sont arrivées, on a introduit le dernier recours du système, le couple Banque Centrale/Gouvernement.

Ils ont joué le rôle des prêteurs et assureurs de dernier recours.

Les outils, les instruments de l’intervention du couple BC/Govies ont été, la création de liquidités, la fourniture d’assurances, la dissimulation de la situation réelle, la mise à zéro des taux d’intérêt, le creusement des déficits publics, l’émission de dettes gouvernementales pour financer les déficits et réintroduire un peu de crédit dans le système, la mise en place d’un entonnoir pour faciliter le placement de la dette publique,  la monétisation de la dette souveraine par les banques centrales, finalement, dernière initiative, la promesse de liquidités pléthoriques au moins pendant trois ans.

Quelle est la stratégie réelle des gouvernants, on l’ignore. Ils n’ont aucune idée d’où l’on vient, c’est à dire aucun diagnostic crédible; ils n’ont aucune idée où l’on est, c’est à dire de  l’état réel de la situation; ils n’ont aucune  idée de l’endroit où ils vont, ils gagnent du temps, kick the can.

Peut-être espèrent ils un miracle, une croissance tombée du ciel; peut-être comptent-ils sur le voisin, personne  n’a la moindre idée. Chaque jour, on improvise sans s’interroger sur la faiblesse des analyses antérieures, sur l’efficacité des remèdes, sur les dégâts causés par les unintended conséquences.

La seule logique, le seul axe des BC et govies semble être, face à une crise d’excès de crédit qui gèle le crédit: il faut  le dégeler, forcer au crédit, essayer d’en faire plus, par tous les moyens. Le seul résultat, il est là, au lieu de se réduire, la masse de crédit dans le système progresse, enfle, alors que la progression de richesses réelles marque le pas.

La dernière idiotie en date est celle de Bernanke qui nous a annoncé une sorte d’objectif d’inflation de 2%, sortie d’on ne sait quel chapeau. Au mépris des enseignements de l’histoire, au mépris de tout réflexion théorique, la seule logique étant celle de l’association d’idées dans le cadre de la communication.

source Financial Times

Une autre stupidité est en train d’être testée à titre de ballon d’essai, celle d’une politique de taux d’intérêt négatifs, on passerait de la ZIRP à la NIRP. On y voit l’influence des banquiers et leur absence de scrupules…

Le lien, la liaison entre nos deux thèmes énoncés ci-dessus sont clairs, évidents, face à une crise de surendettement, une crise du crédit, on réagit en la niant et en forçant l’âne qui ne peut plus boire à boire, par le biais de l’injection de liquidités et leur transformation en dettes gouvernementales.

Un moment Minsky est traité non par la résorption salutaire qui permet de repartir sur de bonnes bases mais par le mensonge, la dissimulation et l’émission de plus crédit. Émission de plus de crédit par les émetteurs de derniers recours, c’est à dire les émetteurs de premier rang, les Banques Centrales et les Gouvernements.

On remplace le leverage privé par le leverage public. On n’analyse pas ce mouvement pour plusieurs raisons; d’abord, on croit qu’il est temporaire; ensuite, on considère qu’il est exceptionnel; enfin, on le croit réversible. Tout ceci au mépris de la logique, de l’enseignement des trois dernières années, et au mépris de l’histoire.

L’opération a déjà été tentée, en effet, et on se garde bien de le rappeler. Dans les années 90, puis début des années 2000, on a fait ce que l’on fait maintenant.

Face aux crises successives que nous avons déjà rappelé par ailleurs, on a dégrippé le système, reliquefié, resolvabilisé en se servant des Governement Sponsored Enterprises, les GSE, Fannie, Freddie et consorts. On s’est servi des GSE pour éviter la révulsion du Crédit après les crises et singulièrement l’effondrement Telco, Nasdaq.

Fanny Mae and Freddie Mac

Les GSE ont été en première ligne pour reflater, accumulant les créances et dettes toxiques, les portefeuilles pourris soi-disant hedgés etc. On a vu ce que cela a donné, le crédit des GSE a inflaté les prix du housing, créé un marché de l’hypothécaire Portemkine. La débâcle a suivi. Bien entendu sans analyse des erreurs et des responsabilités. Fannie et Freddie sont maintenant nationalisées comme  80% du crédit hypothécaire US, on l’a déjà oublié.

Vous remplacez l’hypothécaire par les fonds d’Etat, les GSE par le couple Banque Centrale/Gouvernement et vous avez tout en place pour la prochaine catastrophe. Les dettes, le papier des GSE  ont fait bulle à cause de la garantie implicite, depuis quasi explicite de l’Etat. Le papier du gouvernement américain fait bulle, il peut en émettre tant qu’il veut à cause de la Printing Press, en quelque sorte garantie de l’émetteur de monnaie mondiale, la FED. La fameuse idée: les USA ne peuvent faire faillite, ils peuvent toujours imprimer des dollars. La garantie de l’inflation et de la fausse monnaie est perçue par l’esprit pervers contemporain comme une garantie de solvabilité!

La différence entre maintenant et les années 90/2000 tient simplement au fait que la crise a fait un tour de plus, elle a fait le tour du cercle de ce que l’on pouvait interposer avant d’atteindre le Centre.

On est assiégé. Les barbares entourent le Centre. La dernière ligne de défense est… en première ligne. Pour l’instant, les barbares sont l’arme au pied, mais l’instinct des wolf packs ne fait que sommeiller.

La thèse de Minsky est vérifiée par l’histoire et les évènements récents:

 » LA STABILITE FINANCIERE PRODUIT DE L’INSTABILITE » .

L’illusion de la stabilité financière enhardit les émetteurs de dettes et les acheteurs de dettes, on émet trop, beaucoup trop, jusqu’à ce que l’accident arrive qui révèle l’étendue des déséquilibres  et dévoile  l’insolvabilité généralisée.

C’est ce que l’on a vu avec les GSE et leur gage illusoire de l’immobilier, c’est ce que l’on verra avec les dettes du couple BC/Govies, avec le gage illusoire du retour de la croissance ou de la planche à billets.

La bulle des emprunts des GSE a pour équivalent la bulle des dettes, des emprunts gouvernementaux. La sécurité de l’immobilier, qui monte toujours, a pour pendant la sécurité du risk-off des emprunts US et des satellites. A la faveur du paradigme imbécile du risk-off, on peut émettre tant que l’on veut. A la faveur du gadget de l’inflation à 2%, on peut monétiser autant que l’on veut etc.

La mécanique à fabriquer de l’instabilité s’alimente comme le disait Minsky, et le bon sens, de l’illusion de la stabilité. Sans frein, sans limites grâce à cet autre couple maudit que l’on a implanté, la bi-polarite du risk-on/risk-off. Cette invention de la bi-polarité est la preuve de l’ingéniosité extraordinaire du système, les hommes ne sont pas intelligents, mais le système lui, l’est. Il sait ce qu’il faut faire et promouvoir et implanter comme évidence pour durer, pour se prolonger.

La réalité de la situation est qu’il n’y a plus de position d’équilibre, nous sommes en équilibre précaire, avons-nous écrit récemment. Le paquebot tangue d’un côté à l’autre, les capitaines font courir les passagers d’un côté à l’autre pour éviter de chavirer et contrebalancer, faire contrepoids. Ils lestent de plus en plus le bateau avec l’emission de monnaie, quasi monnaie, dettes, dérivés, hedges, assurance, promesses, sans se rendre compte qu’ils aggravent l’instabilité Ils donnent de plus en plus de munitions aux barbares, aux armées de spéculateurs.

Ils détruisent les ancres, les points d’ancrage, avec leurs politiques de taux zéro, avec leurs ponctions fiscales et l’instabilité fiscale et règlementaire. Sans compter maintenant l’instabilité sociale et politique.

 

Un excellent article de Bill Gross dans le Financial Times du 6 Février  démontre, par l’incontestable roi de l’obligataire mondial,  le caractère déstabilisant de l’action des soi-disant responsables. L’article, pour qui sait lire entre les lignes du, encore politiquement correct, Bill Gross, l’article fait frémir.  Les rendements faibles, la ZIRP démontre-t-il sont des facteurs aggravants de la crise, des facteurs d’instabilité. Vous y lirez à mots couverts, à enchainements suggérés, le schéma d’une possible prochaine future révulsion. Pourquoi placer de l’argent, prendre le risque de maturité, le risque d’insolvabilité, le risque de taux, si la rémunération offerte est ridicule en regard de ce qui peut se passer si on touche les limites de la politique actuelle? Par cette formulation, nous avons conscience de pratiquer l’understatement.

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February 6, 2012 11:57 am

Zero-based money risks trapping recovery By Bill Gross

Isaac Newton may have conceptualised the effects of gravity when that mythical apple fell on his head, but could he have imagined Neil Armstrong’s hop-skip-and-jumping on the moon, or the trapping of light inside a black hole? Probably not. Likewise, the deceased economic maestro of the 21st century – Hyman Minsky – probably couldn’t have conceived how his monetary theories could be altered by zero-based money.

Minsky, originator of the commonsensical “stability leads to instability” thesis; the economist with naming rights for 2008’s “Minsky Moment”; the exposer of the financial fragility of modern capitalism; probably couldn’t imagine the liquidity trap qualities of zero-based money, because who could have conceived 30 or 40 years ago that interest rates could ever approach zero for an extended period of time? Probably no one.

Nor, more importantly I suppose, can Ben Bernanke, Mario Draghi or Mervyn King. In their historical models, credit is as credit does, expanding perpetually after brief periods of recessionary contraction, showering economic activity with liquid fertiliser for productive investment and inevitable growth.

If they were to adopt Minsky’s framework, they would visualise a credit system expanding from “hedge” to “securitised” to “Ponzi” finance, pulling back after 2008 to the stability of the less levered “securitised” segment, but then expanding again as government credit substituted for private deleveraging, providing a foundation for future growth of the finance-based economy.

Well, maybe not. In modern central bank theory, liquidity traps are a function of fear and unwillingness to extend credit based upon the increasing probabilities of default. This world is the second half of Will Rogers’ famous maxim uttered in the Depression: “I’m not so much concerned about the return on my money, but the return of my money.”

But what if the return on Will’s money could come into play as well? What if liquidity could be trapped by zero-based policy rates and the absence of yield across much of the triple-A yield curve? What if money could be stashed in a figurative mattress because it didn’t earn anything? What if there was a liquidity trap duality of too much risk and too little return? That would be quite different to our “Minsky Moment” of three years ago.

The modern capitalistic model depends on risk-taking in several forms. Loss of principal – as in default – necessitates the cautious extension of credit to those that presumably can use it most efficiently. But our finance-based Minsky system is dependent as well on maturity extension. No home, commercial building or utility plant could be created if the credit liability matured or was callable overnight. Because this is so, lenders require and are incentivised by a yield premium for longer-term loans, historically expressed as a positively sloping yield curve.

A flat yield curve, by contrast, is a disincentive for lenders to extend intermediate or long-term credit unless there is sufficient downside room for yields to fall and bond prices to rise, resulting in capital gain opportunities.

Historically, because nominal and real yields have been high and substantially positive, even in flat curves credit markets have continued to function, helping spur economic and asset price expansion. A liquidity trap caused by “zero-bound yields” has always been averted because, in the past, yields have had further to fall, meaning investors were comforted by the prospects of capital gains.

When all yields approach the zero-bound, however, as in Japan for the past decade and in many developed economies today, then the dynamics may change.

What incentive does a US bank have to extend maturity to a two- or three-year term when Treasury rates at that level of the curve are below the 25 basis points available to them overnight from the Fed? What incentive does Pimco or banks have to buy five-year Treasuries at 75bp when the maximum upside capital gain is 2 per cent of par and the downside substantially more?

Maturity extension for Treasuries, and then for corporate and private credit alike, becomes riskier. The Minsky assumption of rejuvenation once the public sector stabilises the credit system then becomes problematic. Instability may slouch back towards stability, but that stability may resemble more closely the zero-bound world of Japan over the past 10 years than the dynamic developed economy model of the past half century.

The global economy’s quest for a modern-day Keynes or Minsky may be frustrated by zero-based money that rations credit just as fiercely as it does risk. Minsky’s economic theory is now at the zero-bound.

Bill Gross is founder and co-chief investment officer of Pimco/Financial Times

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 Le mal est connu…………… les faux remèdes ont déjà été utilisés……….. le mal est maintenant au coeur et à la tête du système

 La thèse centrale de l’article a savoir que la crise est une crise de revulsion du crédit de type Minsky est celle que nous développons depuis près de 10 ans, elle n’est pas nouvelle donc. Mais ce qui est nouveau dans notre article c’est la demonstration que ce qui est fait maintenant, depuis 2008 a déjà été fait.

 Face à la crise de revulsion du crédit qui menace le système de déflation, le couple infernal banques centrales/gouvernements tente de fabriquer de la reflation. C’est-à-direa dire qu’il tente de s’opposer à la tendance à la réduction du crédit et cherche par tous les moyens à maintenir sa masse globale dans le système , voire à forcer à sa progression. Pourquoi as ton besoin du crédit ? Parce qu’il y a une corrélation étroite entre la croissance économique et la croissance de la masse crédit fabriquée dans le système et parce qu’il y a une corrélation étroite entre la croissance et l’emploi. 

Pour obtenir cette reflation, il faut des agents, des intermédiaires reflationnistes ou reflationnisant, c’est dire qu’il faut qu’il y ait des institutions qui créent du crédit coûte que coûte et l’injecte dans le système.

 Quand la crise Telco/crise du Nasdap, profondément déflationniste et revulsive a éclaté, Greenspan a utilisé les GSE, Fannie, Freddie et consorts agents reflationnistes, ce sont les GSE qui ont maintenu , puis fait recroître la masse de crédits dans le système. Greenspan a reconnu lui même en 2009 la réalité du processus et admis sa finalité. Donc les GSE ont joué le rôle de pompe a créer du crédit, de la dette dans l’économie américaine. Les véhicules ont été les crédits hypothécaires. le sous jacent l’immobilier, Le tout justifié par les paradigmes idiots. la propriété de son logement , c’est bien ; le prix du housing ne peut que monter. 

On a vu ce que cela a donné avec l’implosion de la dette subprime, chute du prix du logement, mise en panne de l’outil bancaire à fabriquer du crédit, et surtout effondrement des GSE, qu’il a fallu nationaliser. et aussi du credit hypothécaire qu’il a fallu nationaliser a hauteur de 80 a 90%. 

En 2008 , face a la nouvelle revulsion, face a la nouvelle menace deflationniste, la mécanique utilisée en 2000 n’était plus en état de marche, cassée, sous perfusion de l’état, la garantie implicite des engagements des GSE  été rendue explicite

Pour créer du crédit, maintenir le volume de crédit dans le système il ne restait disponible que l’Etat, le souverain et son avatar la Banque Centrale. Au lieu que ce soient les GSE qui empruntent pour injecter dans l’économie sous forme de crédit hypo, c’est l’Etat qui emprunte pour injecter dans économie sous forme de dépenses keynésiennes, sous formes de rabais d’impôts , de subventions à l’automobile, sous forme de subventions et garanties des credit cards, sous formes de subventions et garanties au credit etudiant etc etc.

 En 2000 on a pu faire jouer le quasi Etat , les GSE, en 2008 , les GSE étant hors d’usage, il a fallu se résoudre et ce n’était pas de gaîté de coeur, à faire jouer l’Etat.  Il a fallu faire jouer le couple infernal de dernier recours, le couple FED/Trésor. le coeur de l’Etat. Quand nous disons ce n’était pas de gaîté de coeur, c’est pour marquer le fait que ce n’est sans crainte que l’on utilise des remèdes non conventionnels, non testés, sauf dans des conditions catastrophiques par l’Histoire et sous des autres noms, le Système Law. 

Depuis 2008 pour réussir à stabiliser la masse de crédit dans tous les pays touchés par la crise on creuse les déficits de l’Etat, on émet du crédit , autre nom de la dette, pour financer ce déficit et ce crédit remplacer celui qui est défaillant, insuffisant dans le systeme. privé. 

Mutatis mutandis on fait la même chose que ce que l’on a fait avec les GSE, mais avec une différence énorme. au lieu que ce soient des agences gouvernementales que l’on met en péril, c’est l’Etat , sa solvabilité, la Banque Centrale, sa crédibilité, la monnaie , sa solidité  que l’on met en jeu.  

Il faut bien voir, nous l’avons déjà dit que c’est une mystification de faire croire que les Etats et les banques Centrales sont de nature divine , ce sont des agents économiques laïcs comme les autres , mais plus gros, qui disposent de la force, de la propagande, du droit de renier les contrats, du droit d’utiliser le terrorisme fiscal et réglementaire, bref ce sont des agents soumis a la loi de la rareté, de la comptabilité et de la gravité du réel.

 Le sous-jacent des Etats, c’est le pouvoir de taxer, donc c’est la croissance. Le sous-jacent des banques centrales c’est la confiance dans la monnaie, la demande de monnaie qui permettent d’en fabriquer de plus en plus sans en subir les conséquences puisque les gens la stocke au lieu de s’en servir, ce que l’on appelle la vitesse de rotation de la monnaie diminue. 

On voit que le pouvoir de taxer, de nier les lois de la gravité est déjà bien affaibli, témoins la situation sociale en Grèce, Espagne, Portugal ; témoin le fait que les gouvernements démocratiques sont balayés dans les élections et qu’il faut des gouvernements non démocratiques, nommés, imposés de l’extérieur pour faire le sale boulot de l’austérité. Témoin le chômage des jeunes qui explose avec les risques que cela comporte, le pillage silencieux des retraites etc . Le pouvoir de taxer est à sa limite de rupture.

Countries With Biggest Pension Assets As a Percentage of GDP

 Donc on fait prendre en charge par le partenaire, l’autre partenaire du couple maudit. Celui-ci ne fait rien d’autre, derrière les termes techniques abscons, avec la complicité des politiques, des syndicats, des medias, celui-ci ne fait rien d’autre que créer de la fausse monnaie.  Fausse monnaie mais vraie richesse qui va sauver les banques, les obligataires des banques, les agences étatiques. Cette création de fausse monnaie est acceptée précisément car en période de crise, il y a une demande de monnaie, de cash pour lui même et non pas pour s’en servir. Les Banques déposent a la BCE, stérilisent, les particuliers thesaurisent , les entreprises font des matelas de précaution. Donc tout le monde est d’accord, complice puisque l’on rase gratis, on émet de la monnaie, on dilue les richesses existantes et cela ne se voit pas car cette monnaie ne circule pas. L’inflation officielle n’accélère pas et l’officieuse , la réelle n’est dénoncée par personne. 

L’ennui, c’est que, certes on est dans un période ou l’on a le bon cote des choses, la possibilité de créer de la monnaie sans sanction , mais que cela ne va pas durer  éternellement, il va y avoir un jour ou l’es économies vont repartir, l’inflation va remonter, la monnaie va sortir de dessous les matelas , la vitesse de circulation va exploser et  et  et   bien comment fera t on pour faire face? C’est une situation que l’on n’a jamais connue. Comment sortira t-on  de tout cela ? Aucune théorie , aucune expérience ne permettent de le savoir, de le deviner. On verra, ce soir on improvise. On a essayé en 2010 de tenter une sortie, ce fut l’échec. On a été obligé de faire machine arrière, NO EXIT. On promet, on tentera en 2014. 

Il n’y a pas de sortie possible des politiques actuelles sauf par la restructuration générale, couplée à des ponctions fiscales gigantesques, elles même couplées à des accélérations de l’inflation spoliatrices. Le public confusément, dans sa grande intuition dit  »tout cela finira mal » il vise soit des explosions sociales, soit des bouleversements politiques, Les membres de l’extrême droite du gouvernement grec  viennent de sortir de la coalition. On défile contre l’envahisseur nazi etc les foules se mettent en branle. Dans le  » tout cela finira le public, sans le dire vise aussi les guerres, mais on n’ose pas trop en parler sans se rendre compte que le système de bouc émissaire dans lequel on s’enfonce  a été de sinistre mémoire. 

Ce que nous avons voulu montrer dans cet article c’est que le mal est connu que les faux remèdes ont déjà été utilisés que le mal est maintenant au coeur et a la tête du système. Et que, à ce stade, les remparts ayant été franchis, les protections abattues, la question qui se pose est : Qui sauvera les sauveurs ?

 BRUNO BERTEZ Le 11 Février 2012

EN LIENS : Les Clefs pour Comprendre : De “Vive les crises au Manège Enchanté” Par Bruno Bertez

Les Clés pour Comprendre : Un équilibre de plus en plus précaire par Bruno Bertez

 EN BANDE SON :

12 replies »

  1. je pense que le probleme fondamental est l’accumulation de tricheries fraudes,bilans truqués et produits sulfureux apparus au cours des 40 dernières années.cette accumulation est telle que les problèmes ne sont plus solvables.d’ou l’acharnement des govies a prolonger le système autant que possible

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    • La thèse centrale de l’article a savoir que la crise est une crise de revulsion du crédit de type Minsky est celle que nous développons depuis près de 10 ans, elle n’est pas nouvelle donc. Mais ce qui est nouveau dans notre article c’est la demonstration que ce qui est fait maintenant, depuis 2008 a déjà été fait.

      Face à la crise de revulsion du crédit qui menace le système de déflation, le couple infernal banques centrales/gouvernements tente de fabriquer de la reflation. C’est-à-direa dire qu’il tente de s’opposer à la tendance à la réduction du crédit et cherche par tous les moyens à maintenir sa masse globale dans le système , voire à forcer à sa progression. Pourquoi as ton besoin du crédit ? Parce qu’il y a une corrélation étroite entre la croissance économique et la croissance de la masse crédit fabriquée dans le système et parce qu’il y a une corrélation étroite entre la croissance et l’emploi.

      Pour obtenir cette reflation, il faut des agents, des intermédiaires reflationnistes ou reflationnisant, c’est dire qu’il faut qu’il y ait des institutions qui créent du crédit coûte que coûte et l’injecte dans le système.

      Quand la crise Telco/crise du Nasdap, profondément déflationniste et revulsive a éclaté, Greenspan a utilisé les GSE, Fannie, Freddie et consorts agents reflationnistes, ce sont les GSE qui ont maintenu , puis fait recroître la masse de crédits dans le système. Greenspan a reconnu lui même en 2009 la réalité du processus et admis sa finalité. Donc les GSE ont joué le rôle de pompe a créer du crédit, de la dette dans l’économie américaine. Les véhicules ont été les crédits hypothécaires. le sous jacent l’immobilier, Le tout justifié par les paradigmes idiots. la propriété de son logement , c’est bien ; le prix du housing ne peut que monter.

      On a vu ce que cela a donné avec l’implosion de la dette subprime, chute du prix du logement, mise en panne de l’outil bancaire à fabriquer du crédit, et surtout effondrement des GSE, qu’il a fallu nationaliser. et aussi du credit hypothécaire qu’il a fallu nationaliser a hauteur de 80 a 90%.

      En 2008 , face a la nouvelle revulsion, face a la nouvelle menace deflationniste, la mécanique utilisée en 2000 n’était plus en état de marche, cassée, sous perfusion de l’état, la garantie implicite des engagements des GSE été rendue explicite.

      Pour créer du crédit, maintenir le volume de crédit dans le système il ne restait disponible que l’Etat, le souverain et son avatar la Banque Centrale. Au lieu que ce soient les GSE qui empruntent pour injecter dans l’économie sous forme de crédit hypo, c’est l’Etat qui emprunte pour injecter dans économie sous forme de dépenses keynésiennes, sous formes de rabais d’impôts , de subventions à l’automobile, sous forme de subventions et garanties des credit cards, sous formes de subventions et garanties au credit etudiant etc etc.

      En 2000 on a pu faire jouer le quasi Etat , les GSE, en 2008 , les GSE étant hors d’usage, il a fallu se résoudre et ce n’était pas de gaîté de coeur, à faire jouer l’Etat. Il a fallu faire jouer le couple infernal de dernier recours, le couple FED/Trésor. le coeur de l’Etat. Quand nous disons ce n’était pas de gaîté de coeur, c’est pour marquer le fait que ce n’est sans crainte que l’on utilise des remèdes non conventionnels, non testés, sauf dans des conditions catastrophiques par l’Histoire et sous des autres noms, le Système Law.

      Depuis 2008 pour réussir à stabiliser la masse de crédit dans tous les pays touchés par la crise on creuse les déficits de l’Etat, on émet du crédit , autre nom de la dette, pour financer ce déficit et ce crédit remplacer celui qui est défaillant, insuffisant dans le systeme. privé.

      Mutatis mutandis on fait la même chose que ce que l’on a fait avec les GSE, mais avec une différence énorme. au lieu que ce soient des agences gouvernementales que l’on met en péril, c’est l’Etat , sa solvabilité, la Banque Centrale, sa crédibilité, la monnaie , sa solidité que l’on met en jeu.

      Il faut bien voir, nous l’avons déjà dit que c’est une mystification de faire croire que les Etats et les banques Centrales sont de nature divine , ce sont des agents économiques laïcs comme les autres , mais plus gros, qui disposent de la force, de la propagande, du droit de renier les contrats, du droit d’utiliser le terrorisme fiscal et réglementaire, bref ce sont des agents soumis a la loi de la rareté, de la comptabilité et de la gravité du réel.

      Le sous-jacent des Etats, c’est le pouvoir de taxer, donc c’est la croissance. Le sous-jacent des banques centrales c’est la confiance dans la monnaie, la demande de monnaie qui permettent d’en fabriquer de plus en plus sans en subir les conséquences puisque les gens la stocke au lieu de s’en servir, ce que l’on appelle la vitesse de rotation de la monnaie diminue.

      On voit que le pouvoir de taxer, de nier les lois de la gravité est déjà bien affaibli, témoins la situation sociale en Grèce, Espagne, Portugal ; témoin le fait que les gouvernements démocratiques sont balayés dans les élections et qu’il faut des gouvernements non démocratiques, nommés, imposés de l’extérieur pour faire le sale boulot de l’austérité. Témoin le chômage des jeunes qui explose avec les risques que cela comporte, le pillage silencieux des retraites etc . Le pouvoir de taxer est à sa limite de rupture.

      Donc on fait prendre en charge par le partenaire, l’autre partenaire du couple maudit. Celui-ci ne fait rien d’autre, derrière les termes techniques abscons, avec la complicité des politiques, des syndicats, des medias, celui-ci ne fait rien d’autre que créer de la fausse monnaie. Fausse monnaie mais vraie richesse qui va sauver les banques, les obligataires des banques, les agences étatiques. Cette création de fausse monnaie est acceptée précisément car en période de crise, il y a une demande de monnaie, de cash pour lui même et non pas pour s’en servir. Les Banques déposent a la BCE, stérilisent, les particuliers thesaurisent , les entreprises font des matelas de précaution. Donc tout le monde est d’accord, complice puisque l’on rase gratis, on émet de la monnaie, on dilue les richesses existantes et cela ne se voit pas car cette monnaie ne circule pas. L’inflation officielle n’accélère pas et l’officieuse , la réelle n’est dénoncée par personne.

      L’ennui, c’est que, certes on est dans un période ou l’on a le bon cote des choses, la possibilité de créer de la monnaie sans sanction , mais que cela ne va pas durer éternellement, il va y avoir un jour ou l’es économies vont repartir, l’inflation va remonter, la monnaie va sortir de dessous les matelas , la vitesse de circulation va exploser et et et bien comment fera t on pour faire face? C’est une situation que l’on n’a jamais connue. Comment sortira t-on de tout cela ? Aucune théorie , aucune expérience ne permettent de le savoir, de le deviner. On verra, ce soir on improvise. On a essayé en 2010 de tenter une sortie, ce fut l’échec. On a été obligé de faire machine arrière, NO EXIT. On promet, on tentera en 2014.

      Il n’y a pas de sortie possible des politiques actuelles sauf par la restructuration générale, couplée à des ponctions fiscales gigantesques, elles même couplées à des accélérations de l’inflation spoliatrices. Le public confusément, dans sa grande intuition dit  »tout cela finira mal » il vise soit des explosions sociales, soit des bouleversements politiques, Les membres de l’extrême droite du gouvernement grec viennent de sortir de la coalition. On défile contre l’envahisseur nazi etc les foules se mettent en branle. Dans le  » tout cela finira le public, sans le dire vise aussi les guerres, mais on n’ose pas trop en parler sans se rendre compte que le système de bouc émissaire dans lequel on s’enfonce a été de sinistre mémoire.

      Ce que nous avons voulu montrer dans cet article c’est que le mal est connu que les faux remèdes ont déjà été utilisés que le mal est maintenant au coeur et a la tête du système. Et que, à ce stade, les remparts ayant été franchis, les protections abattues, la question qui se pose est
      Qui sauvera les sauveurs ?

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  2. Bonjour,
    En lisant cet article tres convaincant de Bill gross, j ai l impression qu il arrive à des conclusions opposées aux votres: Le taux zero tue le credit donc on s’installe dans l’hiver figé du deleverage deflationniste à la japonaise et toutes les opérations de reflation des BC et de relance fiscale( hypothèse Minsky) ne fonctionnent plus et ne font que renforcer cette attrition du credit.
    Vous vous attendez de votre côté à une reflation par la dépense d’état et une destruction de la devise papier.
    Pouvez vous m expliquer où se situe votre point de désaccord, s’il y en a?
    Cdlt,

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  3. @CharlesM

    Je précise bien que Bill Gross est politiquement correct
    Il ne saute pas le pas que je saute c’est a dire il se borne a tirer les conclusions de son analyse de l’étape en cours et il le fait bien
    Je ne suis pas politiquement correct c’est t à dire que je saute le pas que Gross ne saute pas , lui reste dans l’impasse moi , non je saute le mur et je regarder derrière .
    Car ma conviction fondamentale est que dans les régimes politiques actuels dépourvus de toute légitimité , régimes qui ne gouvernent et ne sont élus que par défaut , le choix ne sera autre que celui que je pressent. Donc je saute le pas que Gross ne peut sauter, il est milliardaire, gère 280 Milliards de bonds , spécule avec levier en ce moment sur les bonds hypothécaires: Il est persuadé que le prochain QE portera sur les bonds hypo et il accumule . Gross est intelligent , lucide c’était un célèbre joueur de poker , il fait ses débuts à Vegas, mais il n’est pas suicidaire il ne peut aller contre l’establishment dont il fait partie. Et puis Gross ne peut dans la situation actuelle se permettre d’évoquer les failles et dérives de la démocratie représentative actuelle…

    A la lecture de Gross on se dit, oui et après?
    Moi je dis oui et après on n’en restera pas là , car c’est insupportable.
    Donc il y aura un après et c’est bien dans cette perspective que je me place.
    Il y a une ébauche dans le commentaire de complément que j’ai livré ci dessus

    Est ce plus clair ?

    merci de votre fidélité.

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  4. Je pense qu’il faut cesser de chercher des solutions honnêtes ou même simplement logique à un tel patacaisse.
    La solution ne peut venir que d’un hold up. De quel ordre ? De quelle sorte ? Et qui va le perpétrer … je veux dire à part les USA bien sur !
    C’est cette réflexion que nous pourrions peut-être envisager et TOUTES je dis bien TOUTES les forfaitures sont à examiner,
    Nous ne pouvons/devons faire l’impasse D’AUCUNE !

    Ah ! une suggestion, mettons les masques à gaz avant de plonger, parce ça va schlinguer en maudit ! Pfiouuuuuuuu !!!

    P.S. Et ENCORE MERCI à monsieur Bertez …. PREMIER DE CORDÉE ! lol

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  5. C est + clair merci. Vous n’êtes pas dans la même échelle temps. Il a des objectifs de perf mensuelles , ce qu’il dit peut être utile pour éclairer
    les prochains mois et se préparer à un risk-off salé.

    Il dit par ailleurs:
    « We are witnessing the death of abundance and the borning of austerity, for what may be a long, long time », ce qui veut tout et rien dire.

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  6. Samedi 11 février.

    Nous saisissons la balle au bond de la citation de Gross faites par CharlesM ci-dessus pour un commentaire dans une autre direction : Étant marchand de valeurs à revenus fixes , Bill Gross ne peut que parier et prier pour sa paroisse. Les détenteurs d’obligations aiment la déflation, ils sont enclins à prévoir donc des mondes déflationnistes. C’est la même chose pour Rosenberg , ne conseillant que les obligations et les valeurs à haut rendement il a tendance à voir partout les stigmates de la déflation. En passant, chez lui, cela n’est certainement pas lui qui fait les courses et paie les factures.

    Gross a essayé de se lancer sur les actions, avec les conseils du maestro Greenspan qui y a cru un moment, cela ne lui a pas vraiment réussi. Donc il revient à ses premiers amours et prêche pour elles.

    il faut toujours se poser la question de savoir pourquoi les gens parlent, àquel titre, quels intérêts ils défendent, qu’est ce qui les fait vivre etc. Cela aide à décoder.

    Churchill disait et l’étayait par de multiples références historiques que les Etats Unis finissaient toujours par faire ce qu’il fallait après qu’ils aient épuisé toutes les autres alternatives. C’est une nation contradictoire, avec de grandes idées de grandes convictions, mais dans les circonstances sérieuses, ils sont pragmatiques, réalistes et ils se déterminent cyniquement en fonction de leur seul intérêt. La morale, les valeurs, c’est bon pour les autres, en régime de croisière, par temps calme.

    Contrairement à l’Europe et contrairement aux apparences, la gestion américaine est stratégique, dominée qu’elle est en souterrain par les Instituts comme la Brookings, la Rand, les Think Tanks de la Ivy League , les fondations ,vieilles familles etc. Obama vibrionne c’est d’accord, mais dans d’étroites limites et dans un cadre bien balisé et délimité. Selon toute vraisemblance, il repassera car, comme par hasard, on n’a aligné face à lui que des personnages falots, contestables et contestés. Sans envergure sauf RON PAUL, mais ce dernier, non establishment est boycotté par les médias.

    Obama, les professeurs de la Ivy League le pensent est le meilleur, non pas pour gouverner, mais pour traverser et faire traverser ce passage difficile. Il est l’homme qu’il faut pour préserver les intérêts à long terme des américains et des classes gouvernantes.

    On ne peut pas échapper au keynésianisme qui est une sorte d’aumône aux pauvres pour qu’ils ne fassent pas la révolution, on ne peut pas échapper à la dette, mais on a le cynisme de croire que l’on n’aura jamais besoin de la rembourser: Le monde et surtout pas les chinois et les producteurs féodaux du pétrole ne sont en position d’exiger le remboursement ou même de faire la moindre pression. Ils ont bien trop à faire à maintenir  »l’ordre » chez eux et à rester en place.

    Pour l’élite américaine, c’est un mauvais moment à passer, les autres ne sont pas en position de contester le droit américain de prélever le maximum sur la richesse mondiale. La crise et c’est essentiel, n’est pas, pour les Américains,  »un game changer »

    Leur conviction est que  »The WORLD AMERICA MADE » est le meilleur des mondes possibles et que cela leur donne sinon tous les droits, du moins toutes les justifications.

    Voir le livre que vient de publier le stratège Robert Kegan.

    Donc ils ne vont pas changer, ils vont forcer le monde à avaler les couleuvres, à accepter de payer le prix pour que l’ordre américain, la Pax American dure et même se renforce ou se restaure.

    La grande erreur des Européens est de croire que la crise est game changer, que dorénavant ce ne sera plus comme avant, de croire que les américains sont sur le déclin! Ils ne voient pas que les Etats Unis et leur clone Anglais ne changent qu’à la marge , qu’ils ne font que raboter ce qui est le plus saillant à la fois pour des raisons de politique intérieure et pour l’image extérieure. Sur le fond les Anglo saxons y croient et veulent que cela continue comme avant. Que le système monétaire et financier reste la pièce centrale du dispositif global , à leur profit.

    Le britannique Osborne disait il y a quelques jours qu’il ne laisserait pas les Européens détruire l’industrie britannique, l’industrie pour lui, c’est la City. Les américains bien entendu ne suivent pas les européens dans leur délire contre les banques. Mais cela ne leur déplait pas que Sarkozy fasse le forcing dans ce sens et porte un coup fatal , si cela se fait et si cela se généralise en Europe, aux concurrents des banques américaines et britanniques. La morale c’est bon pour les autres, surtout quand cela les affaiblit !

    L’argent, les capitaux, les flux c’est le nerf de la guerre, c’est ce qui permet, passez la transposition,  »les drones et le caviar », dans le vieux temps on parlait du beurre et des canons, les temps ont changé.

    Sarkozy ne l’a pas compris car, en fait il veut des choses contradictoires faute à la fois de bons conseils et de bonne réflexion. Il veut rester dans le monde global avec ses alliés anglo saxons, mais en même temps, il veut préserver , voire revenir aux spécificités européennes radicales socialistes.

    Comme nous disait un jour Georges Marchais a l’occasion d’une émission de radio a propos de la malheureuse participation au gouvernement du PC,  »Il ne faut pas faire le grand écart, cela fait mal aux c…lles »

    L’Europe, sous la conduite de Merkel et Sarkozy parie sur le fait que le système est au bout du rouleau, au lieu de s’adapter, de faire le gros dos, d’utiliser les subterfuges comme les font les anglo saxons, ils prennent des mesures qui n’ont de chance de réussir que si le système change. Ils ont la naïveté de croire qu’ils vont faire exemple, que l’on va les suivre. Ils taxent leurs fers de lance, leurs citoyens, reréglementent , attachent des boulets aux pieds etc

    Dans un monde qui, selon toute vraisemblance continuera d’être dominé par les anglo saxons, au lieu de se préparer, l’Europe reconstruit des lignes Maginot. Ou bien on développe un modèle autonome , on s’isole et cela a un sens de jouer la carte du spécifique , ou bien on fait le pari de la poursuite de la globalisation sous le règne anglo saxons et on fait le maximum pour en tirer parti.

    Le maximum pour en tirer parti, c’est tout en ensemble de priorités radicalement opposées, à 180 degrés de ce que l’on fait. Ce n’est pas l’austérité, l’aggravation fiscale et réglementaire, ce n’est pas la distribution, la répartition c’est l’investissement, la reconnaissance des bienfaits du leadership, de l’éducation, du travail productif, la récompense de l’effort, le refus de la victimisation .

    Ce n’est pas l’idiotie qui consiste à ruiner les pays pour sauver les banques et en même temps à les affaiblir, à les émasculer face à la concurrence.

    Bref le maximum pour en tirer parti , c’est le contraire du Gribouille dans lequel l’Europe et surtout la France s’enfoncent.

    Tout et son contraire n’ont jamais fait une bonne politique. Seule la cohérence paie. Tout le reste n’est que gaspillage. La politique incohérente des européens les met en première ligne pour payer le prix que les américains vont faire payer au reste du monde pour se sortir, vainqueurs, de la crise.

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    •  » Ce n’est pas l’austérité, l’aggravation fiscale et réglementaire, ce n’est pas la distribution, la répartition c’est l’investissement, la reconnaissance des bienfaits du leadership, de l’éducation, du travail productif, la récompense de l’effort, le refus de la victimisation . »j’aime beaucoup cette phrase.pour notre pays c’est le fond du problème
      sinon je ne suis pas sur que la grande bretagne et les us vont s’en tirer comme cela.le taux de chomage est la pour rappeler les réalités.cela veut dire que l’enomie réelle non financière est dans le trou.faire rouler la dette c’est une chose,la cohésion d’une société par le travail en est une autre

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  7. En Europe, quels sont les Etats qui ont été en défaut de paiement ?

    Réponse :

    1- L’Espagne a été 13 fois en défaut de paiement.

    2- L’Allemagne a été 8 fois en défaut de paiement.

    3- La France a été 8 fois en défaut de paiement. Rappel : le dernier défaut de paiement de la France remonte au 30 septembre 1797 (les historiens l’appellent « la banqueroute des Deux Tiers »).

    4- L’Autriche a été 7 fois en défaut de paiement.

    5- La Hongrie a été 7 fois en défaut de paiement.

    6- Le Portugal a été 6 fois en défaut de paiement.

    7- La Turquie a été 6 fois en défaut de paiement.

    8- La Grèce a été 5 fois en défaut de paiement.

    9- La Russie a été 5 fois en défaut de paiement.

    10- La Pologne a été 3 fois en défaut de paiement.

    11- La Roumanie a été 3 fois en défaut de paiement.

    12- L’Italie a été 1 fois en défaut de paiement.

    13- Les Pays-Bas ont été 1 fois en défaut de paiement.

    (Carmen Reinhart, Kenneth Rogoff, « Cette fois, c’est différent », édition Pearson, page 120)

    Dans les années qui viennent, les Etats se déclareront en défaut de paiement.

    En Europe et ailleurs.

    Les Etats feront défaut, ce sera le bordel, et après tout repartira comme en 14.

    Tout repartira comme en 1914.

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    • « Dans les années qui viennent, les Etats se déclareront en défaut de paiement ».

      « Il n’y a pas de sortie possible des politiques actuelles sauf par la restructuration générale ».

      Les principes du développement durable sont une bonne base pour restructurer, mais ils sont régulièrement bafoués, comme le montrent les refus de grandes économies (USA, Chine, Russie et autres) à signer des accords internationaux concernant l’environnement ou encore les attaques aux acquis sociaux.
      On préfère le recours à la force pour s’accaparer les ressources nécessaires à faire tourner la machine (pétrole et autres matières premières aujourd’hui en hausse).
      Le prix du baril est passé de 5 dollars au baril en 1973 à plus de 100 dollars aujourd’hui et les prix des denrées agricoles ne cessent d’augmenter. Dans les années à venir soit ils stagneront (récession) soit ils augmenteront (croissance dans les émergents).
      La crise n’est pas seulement éco-nomique, elle est aussi éco-logique.
      Il ne s’agit pas seulement de comptabiliser nos ressources, mais de leur donner un sens.

      L’Europe aurait une chance à jouer dans ce sens, mais hélas, nous en sommes loin, très loin.

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  8. Anne-Laure Delatte, professeur d’économie à Rouen Business School, estime que la Grèce n’a plus vraiment le choix : elle doit se préparer au retour de sa monnaie nationale.

    Challenges : La Grèce peut-elle rester dans la zone euro ?

    Anne-Laure Delatte : Les Grecs ne vont pas avoir le choix. Pour le moment, la situation est absurde. Soit la Grèce reste sous perfusion de l’Europe et le chômage continue d’augmenter, soit l’Union européenne la contraint à faire défaut dès le 20 mars prochain en refusant le versement des 130 milliards, du coup les investisseurs ne lui prêteront plus et c’est donc la sortie forcée de l’euro. Les mesures actuelles sont très coûteuses socialement : réduire le SMIC de 22 % à 500 euros ne pourra pas être supporté longtemps. Si la réduction de 22 % du SMIC grec était appliquée à la France, notre SMIC passerait de 1.100 euros net à 880 euros. C’est intenable. Depuis 2009, le ralentissement de l’économie grecque atteint – 12 %, et on s’attend à une récession de – 6 % en 2013. Aujourd’hui en Grèce, un jeune sur deux est au chômage. Le peuple ne peut pas supporter l’austérité pendant dix ans.

    Une sortie de l’euro peut-elle être salutaire pour la Grèce ?

    Conserver coûte que coûte l’euro entraînera nécessairement une augmentation du chômage. Or, il existe une solution moins coûteuse sur le plan social, celle de la dévaluation. Mais pour dévaluer il faut avoir sa propre monnaie, ce qui achèverait d’exclure la Grèce des marchés financiers d’une part et qui risquerait aussi de faire sombrer le pays dans l’hyperinflation. Pourtant, même le Fonds monétaire international a montré que l’austérité ne porte ses fruits que lorsqu’elle est accompagnée d’une dévaluation. C’est ce qui s’est passé en Finlande en 1992.

    Le retour de la drachme n’appauvrirait-il pas les Grecs ?

    A l’automne dernier, la banque japonaise Nomura a tenté d’évaluer ce que vaudrait la drachme aujourd’hui. Ce serait 60 % de ce qu’elle valait au moment de l’entrée dans la zone euro. Ce qui compte, si la Grèce récupère son ancienne monnaie, c’est d’éviter l’hyperinflation et cela dépendra du gouvernement. Une solution pourrait consister à opérer une « drachmisation » de l’économie c’est-à-dire à convertir l’ensemble des actifs en drachmes. Ensuite, il faut empêcher une sortie massive de l’argent du pays. Or, beaucoup de Grecs ont déjà anticipé la sortie de l’euro. Depuis l’automne, ce ne sont pas moins de 40 milliards d’euros de capitaux qui sont sortis du pays pour être placés ailleurs, soit 17 % du PIB. Ces retraits ont bien entendu été effectués pour mettre à l’abri cet argent de tout risque de dévaluation.

    http://www.challenges.fr/monde/20120216.CHA3338/beaucoup-de-grecs-ont-deja-anticipe-la-sortie-de-l-euro.html?google_editors_picks=true

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  9. Des centaines de personnes commençaient à se rassembler dimanche 19 février dans le centre d’Athènes à l’appel des syndicats, contre les mesures d’austérité prises par la Grèce pour sécuriser un deuxième plan d’aide de la zone euro destiné à lui empêcher de faire faillite dans un mois.

    Mesure phare du programme adopté, un abaissement de 22 % du salaire minimum.

    Devant le parlement, les banderoles critiquaient ces mesures adoptées par le gouvernement de coalition. « Le consensus national est une combine, la pauvreté et la faim n’ont pas de nationalité » indiquait une banderole sous-titrée en anglais : « all of us we are Greeks, Merkel and Sarkozy are freaks ».

    En bas de la place, une banderole de la gauche radicale, qui organise une deuxième manifestation plus tard dans l’après-midi, appelle à la « grève sine dié et au soulèvement » tandis qu’une autre invite les députés à « quitter le pays ».

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120219.OBS1765/la-rue-grecque-manifeste-contre-les-exigences-inacceptables.html

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