Radeau de la Méduse Européen : Les principaux points du « sauvetage grec »
Radeau de la Méduse Européen : Les principaux points du « sauvetage grec »
Pétrole financier contre nourriture terrestre /Annulation et rééchelonnement de la dette contre programme d’austérité
Dette publique
- Le deuxième plan d’aide prévoit un prêt de 130 milliards d’euros, somme nécessaire pour permettre à la Grèce d’honorer ses engagements jusqu’en 2014 auprès des Etats ou des institutions publiques, qui s’ajoute aux 110 milliards décidés en mai 2010 dans le cadre du premier plan qui s’est avéré insuffisant. Il en reste un solde de 34 milliards, dont 18,5 milliards qui serviront à rembourser des créances arrivant à échéance le 20 mars prochain.
- L’essentiel des 130 milliards viendra des obligations qui seront émises par le Fonds européen de stabilité financière, garanties par les pays de la zone euro.
- Le Fonds monétaire international (FMI) avait versé 30 milliards dans le premier plan. Sa contribution au second plan se décidera à Washington dans deux semaines.
- L’argent sera versé dans un compte spécial qui sera géré par la troïka, histoire de garantir qu’il sert bien à rembourser les créanciers et qu’il n’est pas affecté aux dépenses gouvernementales grecques.
- La BCE et les banques centrales des 17 pays membres de la zone euro participeront aussi à l’effort sous forme de redistribution de profits à la Grèce réalisés sur l’achat sur les marchés de titres de dette du pays dévalorisés. D’une part, les taux d’intérêts des prêts déjà consentis à Athènes seront diminués, ce qui représentera un montant de 1,4 milliard de dollars au total, et d’autre part l’équivalent des plus-values réalisées sur les créances grecques sera reversé à Athènes, ce qui devrait diminuer les besoins de financement de la Grèce de 1,8 milliard d’euros au total.
Dette privée
- Réunis sous l’enseigne de l’Institut de la finance internationale (IFF), les banques, assurances et autres créanciers privés ont accepté une décote de 53,5% sur une ardoise totale de 200 milliards d’euros, soit une remise de 107 milliards de dollars. De nouveaux titres pour le reste des 93 milliards seront émis et arriveront à maturité entre 2023 et 2042. Ils rapporteront un taux d’intérêt évolutif de 2% pour les trois premières années, de 3% pour les cinq années suivantes et de 4,3% jusqu’à 30 ans, soit une moyenne de 3,65%. Le secteur privé a donc accepté un hair cut de 53.5%, qui n’est finalement pas si élevé que ça, en comparaison avec ce que les détenteurs d’obligations argentines avaient dû subir il y a une petite dizaine d’années
- Il s’agit bien d’un défaut de paiement suivi d’une restructuration de la dette privée. Charles Dallara, président de l’IFF, espère que tous les créanciers privés adhèrent volontairement à ce plan de restructuration. Du côté d’Athènes, le gouvernement s’apprête à passer une loi pour imposer, s’il le faut, l’annulation et le rééchelonnement de la dette privée.
- Premier dommage collateral : Bank of Cyprus, la première banque de Chypre, a annoncé hier une perte d’un milliard d’euros pour 2011, en raison d’une dévaluation de son portefeuille d’obligations souveraines grecques. L’établissement bancaire a indiqué que, après une dévaluation de 60% de son portefeuille d’obligations souveraines grecques, ses pertes s’élevaient, après impôts, à 1,01 milliard d’euros pour 2011, contre un bénéfice de 306 millions pour l’année précédente. Mais la banque souligne que, si on soustrait la dévaluation de portefeuille d’obligations souveraines grecques, elle affiche un bénéfice net en hausse de de 2% à 312 millions d’euros. En novembre, le Fonds monétaire international (FMI) avait souligné que la République chypriote, membre de l’Union européenne et de la zone euro, était confrontée à «d’énormes défis» économiques notamment en raison de son exposition à la crise grecque.
Contrepartie
La Grèce n’a pas fini de payer le prix. Le premier plan a été négocié en échange d’un sévère programme d’austérité (baisse de salaires, de pensions et de rentes, licenciements, augmentation des taxes et renforcement de la capacité de collecte des impôts auprès des ménages et des entreprises). La semaine dernière, le parlement grec a approuvé un nouveau plan d’économie, condition sine qua non pour négocier le deuxième plan. Pas plus tard que ce lundi, il a dû encore sabrer 325 millions d’euros sur les salaires et des pensions. Quelques 150.000 emplois devront encore passer à la trappe dans le secteur public, avec des premiers licenciements qui arriveront dès le mois de juin. Les réformes ne se passent pas sans crise sociale. Semaine après semaine, des milliers de Grecs descendent dans la rue et contestent les mesures d’austérité.
Epilogue ?
Le cas grec n’est pas pour autant réglé. Des compromis ont dû être arrachés aux pays les plus réticents à avaliser ce second plan d’aide comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Finlande, effrayés par une étude montrant l’insoutenabilité, à long terme, de la dette publique hellénique. Un rapport présenté par la troïka (Commission, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) estime que l’objectif de ramener la dette grecque à 120,5% du produit intérieur brut en 2020 reste hypothétique. La perspective d’une faillite du pays d’ici là n’est, en clair, pas écartée.
La principale caractéristique de ce sauvetage grec est de combiner, d’une part, une réduction drastique de 107 milliards d’euros de la dette détenue par les créanciers privés et, d’autre part, de mettre à la disposition des autorités helléniques 130 milliards à taux réduits jusqu’à la fin de 2014. Ce second volet devrait être financé à 70% par le Fonds européen de stabilité financière, dont la capacité d’emprunt se trouvera dès lors largement entamée. «On adosse la Grèce à un mur de liquidités», résume un expert de la Commission.
La crédibilité de ce plan très compliqué tient surtout au caractère contraignant des mesures réaffirmées par l’Eurogroupe. La «task force» de la Commission présente sur place sera renforcée et surveillera de près son exécution. Les intérêts des prêts consentis à Athènes seront bloqués, puis réinvestis dans le pays sous contrôle communautaire. Trente milliards d’euros, sur les 130 octroyés, seront alloués aux créanciers privés pour «lisser» leurs pertes: 24,4 milliards seront injectés pour recapitaliser les banques grecques.
Une suggestion, faite tout en douceur la semaine dernière par l’Allemagne, est passée inaperçue. L’idée était de renvoyer les élections générales grecques anticipées, qui sont prévues pour fin avril. Le scénario d’un basculement au sein du parlement grec fait grand peur. L’érosion du centre et une nouvelle majorité qui remettrait en question l’accord avec la zone euro feraient désordre, non seulement dans le pays, mais dans l’ensemble de la zone euro. C’est un risque politique à prendre très au sérieux.
Selon Dennis Gartman, un gestionnaire très réputé d’un gros hedge fund, tout ce que les dirigeants européens ont réussi à obtenir est le retard de la faillite du pays. Il pense donc que le défaut de paiement de la Grèce n’aura pas lieu immédiatement, mais dans quelques mois.
« Vous en avez peut-être assez d’entendre parler de la crise grecque, et les dirigeants de l’Europe en ont vraiment marre aussi. », écrit le journaliste grec sur le blog « A Europa desalinhada ».
« Vous pensez sans aucun doute que les problèmes de la Grèce sont de nature financière : le manque de compétitivité, des dettes énormes et des déficits gigantesques, un secteur public qui travaille de façon contre-productive… Et pourtant, vous n’y êtes pas encore, parce que ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le cœur du problème, c’est le système judiciaire peu efficace et anarchique. Ensuite, il y a un système de clientélisme basé sur des faveurs politiques, l’échange de petits services de bon aloi, la corruption et une bureaucratie monstrueuse. Elle sert ses propres intérêts, rabote tout esprit entrepreneurial, et écrase le peuple (…). En Grèce, le contrat social a été basé pendant 35 ans sur le principe suivant : le citoyen vote pour un certain parti, et en retour les petits poissons obtiennent un emploi dans la fonction publique, tandis que les plus gros signent de gros contrats avec le gouvernement ».
source le temps/Express.be +agences fev12
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“le contrat social a été basé pendant 35 ans sur le principe suivant : le citoyen vote pour un certain parti, et en retour les petits poissons obtiennent un emploi dans la fonction publique, tandis que les plus gros signent de gros contrats avec le gouvernement “.
C’est drôle, ça me rappelle quelque chose…
Mercredi 22 février 2012 :
La Grèce table sur un déficit 2012 plus élevé que prévu à cause de la récession.
Le gouvernement grec table sur un déficit public de 6,7 % du PIB en 2012, contre 5,4 % prévu initialement, pour cause de récession plus importante que prévue en 2011, selon des chiffres officiels publiés mercredi.
“En raison de la récession plus importante, des écarts sont intervenus avec les prévisions initiales et les résultats de 2011, c’est pourquoi il faut réviser les chiffres de 2012 selon les objectifs posés dans le cadre de la loi sur l’assainissement des finances publiques”, indique un projet de loi publié mercredi et qui décline les mesures de rigueur imposées à la Grèce par le nouveau plan d’aide européen.
http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___La_Grece_table_sur_un_deficit_2012_plus_eleve_a_cause_de_la_recession220220121202.asp
Et à la fin de l’envoi ? ON TOUCHE PAS ! Parce que ce plan est une aberration et que les grecs
vont faire une révolution et envoyer bouler tous ces accords assassins !
Quant au “clientélisme” et aux magouilles grecques, c’est pas depuis 35 ans que ça dure …
MAIS DEPUIS PLUS DE DEUX MILLE ANS !
Alors COMMENT ET QUI À LAISSÉ ENTRER CE CHEVAL DE TROIE DANS l’euro ?
Je l’ai dit il y a plus de deux ans et je le maintiens : LES GRECS NE PAIERONT PAS ! Et … ILS AURONT RAISON !
Est-ce que Madoff à remboursé ? Non n’est-ce pas ? Alors les grecs en prison ? Bien, on va leur couper le kiki qq temps,
puis on trouvera qu’ils se sont bien redressés et … on effacera tout ça ! Tiens, mais oui, COMME L’EMPRUNT RUSSE !
Business as usual.
Ah ! pardon, un détail :
NOUS, ON VA PAYER L’ARDOISE. Dame, le dernier qui reste assis; c’est bien à lui qu’on refile la note non ?
A la bonne votre !
le cas grec est tellement absurde qu’on se demande quel type de paravent il représente.est ce pour protéger l’espagne?