Cycle Economique et Financier

Le «modèle turc» est à la mode… mais correspond-il à la réalité?

Le «modèle turc» est à la mode… mais correspond-il à la réalité?

La Turquie est très à la mode. Pas seulement en raison de ses plages dans le sud, ni de la beauté d’Istanbul, ni de ses inestimables vestiges antiques, mais parce qu’on la considère désormais comme un exemple politique et économique pour le Moyen-Orient. Mais la Turquie est-elle vraiment ce modèle qu’invoque Tarik Ramadan («L’exemple turc doit être une source d’inspiration pour nous») et de nombreux commentateurs occidentaux, tant ils espèrent que l’islam puisse rimer avec démocratie? Loin s’en faut.

L’écart entre son PIB au 15e rang international et son Indice de développement humain (IDH) au 75e rang, ou sa liberté de la presse au 138e rang, parle de lui-même. Plus de soixante journalistes sont actuellement en prison sous prétexte de complot contre l’Etat. Les milieux intellectuels sont inquiétés dès qu’ils s’avèrent gênants pour le régime. Sans oublier la question kurde, encore et toujours en panne de règlement politique.

PLUS DISLAMISME EN SUIVANT :

Sur le plan social, l’islamisation va bon train: le voile est de rigueur et l’invite faite aux femmes de fournir au minimum trois enfants contredit une modernité de façade. La communauté islamique de Fethullah Gülen, ce nostalgique de la grandeur ottomane, infiltre toutes les institutions du pays, l’école en particulier mais aussi les services secrets et la police.

 Quant au premier ministre, Recep Erdogan, il ne faut pas oublier qu’il a été élevé dans la plus pure tradition coranique, et de nombreux observateurs turcs se demandent si l’homme a vraiment changé. Lui qui fut emprisonné pour avoir déclamé ce poème affirmant «Les mosquées sont nos casernes, les dômes nos casques, les minarets nos baïonnettes et le croyant nos soldats» et qui, à peine un an plus tard, se faisait le chantre d’une Turquie plus démocratique et pluraliste.

Quant à l’adhésion à l’Union européenne, de nombreux Turcs n’en voient plus vraiment l’opportunité. Forts de leur croissance économique de près de 10% en 2011, et d’un taux de chômage de 8% environ, inférieur à celui de l’Espagne, du Portugal mais aussi de la France ou de l’Italie, ils se voient mal en bailleur de fonds communautaires, en particulier s’il s’agit de sauver leur ennemi héréditaire, la Grèce! Outre cela, aller s’empêtrer dans une UE peu accueillante pour se sentir un corps étranger aux marches d’une Europe qui n’est pas au mieux de sa forme ne paraît pas un destin à la hauteur des nouvelles ambitions du pays. Cela explique pourquoi 2011 a vu le dossier de l’adhésion au point mort, 2012 risquant bien d’être encore plus stérile puisque la présidence tournante du Conseil de l’UE revient à Chypre, pays que le gouvernement turc… ne reconnaît pas!

Dans le contexte pour le moins agité qui prévaut au Moyen-Orient, il est donc nécessaire d’observer avec attention ce qui se passe en Turquie, d’autant plus si le pays renonce à son aspiration occidentale. Et si son modèle de démocratie islamique modérée doit essaimer, autant vérifier qu’il en soit vraiment un.

Par Marie-Hélène Miauton/Le Temps mars12

1 reply »

  1. C’est drôle hein, je me sens comme le petit chaperon rouge :

    VOUS AVEZ DE GRANDES DENTS Grand Maman ?

    Ouais, ben c’est ça qu’ça m’fait ! C’est comme qu’si que j’les croyais pas dites donc ?

    Étonnant non ?

    J'aime

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