Analyse d'un secteur économique particulier

Humeurs de Loup et temps de Coyotes : Maurice Levy, cible des partageux Par Bruno Bertez

Humeurs de Loup et temps de Coyotes : Maurice Levy, cible des partageux Par Bruno Bertez

Ainsi donc, Madame Valérie Pécresse trouve  « disproportionnée » la rémunération de Maurice Levy, patron de Publicis. Nous serions heureux de connaitre la suite du commentaire car si une chose est disproportionnée, c’est en regard d’une chose avec laquelle on la met en balance. Valérie Pécresse connait-elle les réalisations de Maurice Levy? Le parler politique est ainsi fait que ceux qui le pratiquent s’exonèrent non seulement de simple justice, mais encore du respect et de la correction.
Ces gens s’exonèrent de la justice dans la mesure où, à partir du moment où ils se permettent de juger de proportions et de peser les mérites, il convient, non seulement de les connaitre, mais aussi, dans une parole destinée au public, de les rappeler.

Valérie Pécresse @ Limoges

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Le porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a jugé “disproportionnée au regard de ce principe de modération salariale” la rémunération exceptionnelle de 16 millions d’euros que s’apprêterait à toucher,  le patron de Publicis, Maurice Lévy. “Mais cela relève des entreprises elles-mêmes et c’est pour ça qu’il faut moraliser avant tout le fonctionnement de ces entreprises et leur processus de fixation des rémunérations”, a-t-elle ajouté.

La ministre du budget a également rappelé que le candidat Nicolas Sarkozy avait proposé des mesures “pour moraliser encore davantage et rendre plus transparente la fixation des salaires des grands patrons”, citant notamment “la présence des salariés dans les comités de rémunération ou le vote des rémunérations des patrons en assemblée générale des actionnaires”.

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« Il y a quand même des inégalités qui ne sont pas supportables dans notre pays, qu’on ne peut pas accepter et ce ne sont pas ces patrons-là qui vont nous faire la leçon sur la compétitivité de l’économie française »

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   La rémunération de Maurice Levy n’est pas tombée du ciel, pas prélevée sur la communauté comme celle des politiques et des fonctionnaires, ce n’est pas une répartition, mais un partage de richesse; de richesse créée en grande partie par Maurice Levy.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Nous avons connu Publicis et Maurice Levy quand la société était petite société française de publicité qui vivait en grande partie des budgets alloués préférentiellement, en dehors de toute véritable concurrence, avec des clients que l’on pourrait presque qualifier de captifs. Ce n’est pas réduire les mérites de Marcel Bleustein Blanchet que de le rappeler.

Maurice Levy, personne d’autre, en a fait le troisième groupe de publicité mondial. Le groupe réalise près de 50% de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord, 32% en Europe et 12% en Asie Pacifique. Il est en passe d’être véritablement un groupe global. Publicis est considéré comme un véritable fleuron français, non seulement sur le plan de la qualité de ses prestations, mais aussi sur le plan de sa gestion.

C’est un groupe en passe de devenir global, innovant, présent sur les segments les plus dynamiques du marché; et il est, fait rare, français, avec son siège en France.

Si Publicis vaut en Bourse près de 8 mds, ce n’est ni grâce aux subsides de l’Etat, ni grâce aux politiciens, mais simplement grâce à la matière grise que la société est capable de déployer; de déployer dans les services qu’elle fournit, dans les conseils qu’elle prodigue, dans la justesse de sa stratégie.

Peu de sociétés en France ont été capables de réussir leur ascension, leur internationalisation, de produire prospérité pour leurs clients, leurs salariés, leur pays d’accueil. On ne compte plus les échecs dans pareilles stratégies; Michelin, AXA, font partie des rares exemples à citer. Et ce ne sont pas les malheureux investissements keynésiens du FSI, de la Caisse des Dépôts, d’AREVA, de l’ex-Crédit Lyonnais etc. qui vont faire de l’ombre à ces réussites.

L’erreur, et c’est presque une erreur de communication, est de croire que nous sommes dans les cas comme celui de Maurice Levy en présence de salaires. Non ce ne sont pas des salaires, aucun salaire ne vaut des millions d’euros. Il s’agit dans la réalité, fonctionnellement, de prélèvements sur l’enrichissement de la société, de partage, qui se situe au niveau capitalistique. Personne ne semble s’étonner que le créateur de Google, de Microsoft, d’Apple et de bien d’autres encore fassent des fortunes considérables, on trouve à peu près normal que leur génie, appelons cela ainsi,  produise un capital colossal. Pourquoi un entrepreneur qui joue le même rôle, produit les mêmes richesses ne pourrait-il pas lui aussi capitaliser, avoir des ressources dignes des plus grands.

Le prélèvement que les grands, les vrais, pas les gestionnaires bidons seulement capables de dégraisser, font sur leur entreprise ne sont pas de même nature que les salaires. Et donc, Madame Pécresse, il n’y a pas lieu de faire de fausses proportions car les proportions mélangent les carottes et les navets. Il n’y a aucun rapport entre ce qui revient à Maurice Levy en raison de son accomplissement à la tête de la société depuis 2003 et le salaire d’un smicard, celui d’un ministre, celui d’un président de la République, ou celui d’un candidat à la présidentielle. Lequel a créé le plus de prospérité ? la question est ouverte.

La société française préfère le suicide, le déclin, la décadence en groupe, tous ensemble, plutôt que d’accepter d’avoir des leaders, des têtes qui conduisent, s’élèvent au-dessus de la mêlée et tirent tout le pays vers le haut.

L’ennui est qu’il y a un temps pour tout, il y a des cycles. Quand la prospérité est facile, quand tout est abondant, il est évident qu’il faut songer à la répartition, il faut songer à faire bénéficier les trainards, les « left behind »; mais quand les temps sont durs, il faut au contraire accepter les inégalités, les encourager. Il faut que ceux qui conduisent la marche en avant puissent jouir de leurs réussites.

Nous sommes désolés, ce ne sont pas ceux qui reçoivent les prestations sociales, chômage, etc. qui vont sortir la France de l’ornière, ce sont les entrepreneurs, les vrais, ceux qui prennent des risques, ceux qui savent se faire mal, ceux qui voient juste.

Dans nos sociétés idiotes, les théoriciens en arrivent à marcher sur la tête, on s’enrichirait et on enrichirait le pays non pas en produisant, en innovant, en offrant, mais en consommant, en demandant, en trépignant pour avoir un peu de la manne tombée du ciel étatique. Ce pays a été jusqu’à inventer le concept pseudo économique de coût de création de la demande!

Le gouvernement de Sarkozy a été élu sur un certain nombre de principes qui allaient précisément dans le bon sens, celui de privilégier la production de richesse, le savoir, l’effort, le goût du risque. Le problème de ce gouvernement est qu’il a confondu l’élite et l’argent, la production et le clinquant, le capital façon Bolloré et le capital façon Bébéar. Rapprochement amusant soit dit en passant. A partir de cette confusion, l’image s’est brouillée, le projet s’est discrédité de lui-même. Est-ce une raison pour faire volte-face et rejoindre le groupe des envieux, des partageux, des « ôte toi de là  que je m’y mette »?

Un effort d’analyse, mesdames, messieurs, ne confondez pas l’enrichissement d’un véritable entrepreneur, excellent stratège, bon opérationnel avec les kleptocrates que vous rencontrez lors des entretiens confidentiels que vous avez avec eux pour les sauver sur le dos des citoyens.

BRUNO BERTEZ Le 28 mars 2012

26 replies »

  1. Maurice Levy est un grand patron et sa rémunération n’est pas choquante. Il n’en est pas moins vrai que les stocks-options ne devraient être réservées qu’aux start-up car elles sont alors contrepartie d’un risque. Quand on est un grand patron d’une grande entreprise on n’est pas un entrepreneur au sens strict mais simplement un dirigeant… Que les patrons aient de gros salaires et de grosses primes d’intéressement c’est très bien mais qu’ils aient plusieurs années de salaires en SO me pose un problème même si Maurice Levy n’est pas le meilleur exemple. Quand je vois un Tchuruk plomber Alcatel puis se resservir des SO à 2 euros j’ai envie d’hurler.
    Alors oui des patrons bien payés mais pas par n’importe quel biais. Stop aux retraites chapeau, parachutes dorés et autres dévoiements.

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  2. Il faut quand même en revenir aux basiques de temps en temps. La rémunération d’un dirigeant c’est le problème des propriétaires de l’entreprise et de personne d’autre, puique ce sont les seuls à qui ça coûte quelque chose. Je conseillerais donc à Miss Pecresse de s’intéresser aux rémunérations et aux performances des dirigeants des entreprises d’état, elle serait tout à fait à fait légitime

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    • Cela serait vrai s’il s’agissait de la répartition des bénéfices APRES impôts. Or là, c’est intégré dans les charges de l’entreprise… Donc des salaires exorbitants concernent tout le monde… Seul un salaire normalement élevé devrait pouvoir être accepté en charges. Si les actionnaires veulent donner plus et de façon exorbitante ou en différé pour une optimisation fiscale tous azimuts, qu’ils le fassent sur le bénéfice après impôts et dans l’arbitrage de la répartition du surplus !!!!

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  3. D’autant que M. Lévy a déclaré qu’il paierait volontiers plus d’impôts. Donc finalement Mme Pécresse, ministre du Budget, prend le parti des actionnaires contre celui de l’Etat… Sa conscience de classe l’emporte sur sa fonction politique…

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    • On peut toujours tout déclarer quand on optimise un max par ailleurs, en cumulant ses primes pour qu’elles soient considérées comme exceptionnelles et liées au passage à la retraite…

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  4. J’ai travaillé dans le groupe Publicis pendant 7 ans en tant que directeur artistique dans 2 agences différentes. En 2001 Maurice Levy à décidé de fusionner deux entités distinctes du groupe ( Global event system et Publicis Dialog) pour des raisons stratégiques (je suppose). Résultats 32 personnes licenciées (moi y compris).
    2 ans après, la fusion n’ayant pas fonctionnée, les 2 entités reprénaient leurs places distinctes.
    Moralité, Maurice Levy peut se tromper comme tout le monde malgré son « génie », et est aussi très efficace comme « gestionnaire bidon seulement capable de dégraisser ».
    « ce sont les entrepreneurs, les vrais, ceux qui prennent des risques(pas vraiment les leurs), ceux qui savent se faire mal (surtout aux autres), ceux qui voient juste,(pas toujours) »
    A bon entendeur, salut.

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    • @hedjo13

      J’apprécie votre témoignage et je souhaiterais qu’il y ait plus de témoignages pratiques comme le votre , les opinions, cela est bien , mais le témoignage est généralement plus enrichissant; Vous soulignez que les grands sont faillibles et il est très sain de la faire dans un monde ou chacun prétend détenir la vérité et l’imposer aux autres; Nous sommes tous faillibles, notre connaissance est relative, nos décisions sont sujettes à critique et à révision comme vous le soulignez.

      De Gaulle , grand parmi les grands, Mendes France, Barre, grands parmi les grands se sont trompés , mais ce que l’on retient c’est le solde positif ou négatif; il y a des idiots qui se trompent sans arrêt, suivez mon regard du cote de l’ establishment européen et il y a des gens qui se trompent plus ou moins; Le fait est qu’un chef prend des décisions dans un avenir incertain et quelquefois ces décisions se révèlent être le mauvais choix;

      Tout cela pose :

      Des questions philosophiques: le système du maitre qui prétend tout savoir est une escroquerie

      Des questions sociales, qui supporte le poids des mauvaises décisions ?

      Des questions personnelles , faut il remettre son destin dans les mains de tiers ?

      etc

      Merci de votre intérêt

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  5. Hop au gramme, le nivellement par le bas Qui dit moins ?
    Une fois, deux fois, trois fois, AD.JU;GÉ. Le plus cheap a gagné ! Yééééééééééé !!!

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  6. Vous êtes toujours aussi logique de votre point de vue…J’apprécie vos analyses et votre logique mais je ne peux les accepter…
    En ce qui concerne ce cas précis, je ne comprend pas la polémique.
    Aujourd’hui, nous sommes dans un système capitaliste de type néo-libéral ayant pour moteur et finalité la structure financière.(excusez moi pour les termes mais je ne suis pas un expert, ni même un spécialiste…j’espère néanmoins que vous comprendrez mon propos…)
    Quel est le but des activités de ce système? le Profit. Rien d’autre. Vous le savez pertinemment, c’est le but ultime de ce système.
    Cette rémunération de 16 millions € est ridicule. En effet, M.Lévy, et comme tant d’autres dans ce système, ne regarde pas en bas mais en haut. il me semble que les plus importantes rémunérations au monde dépassent le milliard de $ (les 10 premiers étant dans la finance à wall street)…alors M.Lévy…
    Nous sommes dans ce système. Nous naissons, travaillons et allons mourir dans ce système. Nous sommes éduqués et former pour accepter et servir ce système.
    Rien n’empêche une personne de vouloir gagner autant d’argent que M.Lévy, ni même 1 milliard de $…
    Ce système n’a pas de limite (physique et temporelle) et c’est une de ses caractéristique principale…demain, disons dans 50 ans, si un seul homme possède la moitié des richesses produites sur terre, cela devrait-il nous choquer? Et dans 100 ans, une seule personne possédant la totalité des richesses de l’humanité?…Impossible?…Comprenez que ce système n’a et n’aura jamais aucune limite.

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    • @auré

      Je ne souhaite pas soulever une polémique car je comprends que vous ne situez pas votre remarque sur le plan formel, vous voulez soulignez que le système est ainsi et que nous y sommes tous insérés; on n’y échappe pas.

      Néanmoins le système de l’accumulation du capital a une limite, une limite logique incontournable.
      Pour avoir le statut de capital , l’actif d’une personne doit avoir une contrepartie. Le capital n’est pas suspendu dans les airs, il doit avoir une contrepartie qui se trouve dans sa valorisation, sa mise en valeur.
      Une usine n’a le statut de capital que si elle tourne, produit du chiffre d’affaires, un cash flow, des profits. Si l’usine ne tourne pas au lieu d’être un actif, elle coute elle devient un passif;

      La théorie financière pour simplifier dit que la valeur d’un capital est la somme actualisée a l’infini des cash flows que produit ce capital;

      Au niveau du système global c’est la même chose, le capital n’a statut de capital que si il est mis en valeur, si il trouve ses contreparties , chiffres d’affaires, cash flow, profits. Si le pouvoir d’achat global devient insuffisant alors le capital est mis au rencart, perd sont statut de capital , sa capacité a prélever son profit ou son remboursement; il n’est plus, comme on dit, mis en valeur.

      Tout ceci pour dire qu’il y a une limite à l’extension de l’accumulation et qu’il y a des proportions à respecter entre le pouvoir d’achat des clients du capital et la masse de capital accumulé. quand, comme c’est le cas maintenant, le pouvoir d’achat est insuffisant pour acheter les productions du capital , alors on met au rebut les capacités de productions, hommes et machines;

      le système a des limites internes , endogènes, que l’on peut repousser temporairement par le crédit, ce que l’on a fait, mais le crédit lui même bute sur ses limites, le surendettement;

      Disons pour simplifier que l’accumulation du capital a en quelque sorte des limites, elle ne peut être infinie, mais que ces limites sont dynamiques;

      C’est le fameux paradoxe du grain de blé que l’on met sur un échiquier et que l’on double chaque fois que l’on passe à la case suivante….

      je vous remercie

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      • « Lequel a créé le plus de prospérité ? » Probablement pas le smicard…
        Je me demande quand-même si la majorité des français se réjouissent de la prospérité créée par M. Levy & co.
        Car je n’ai toujours pas compris qu’est-ce qu’ils apportent à la société : de la PUBLICITÉ ?

        Ah d’accord, maintenant je suis rassuré, Publicis me conseille tous les trois minutes sur ce que je dois acheter !
        Quelle bonheur, quelle prospérité !!!

        Mais il se peut que maintenant que « le crédit lui même bute sur ses limites » les gens vont (finalement) s’enficher de la réclame. Il se pourrait même qu’ils iront voir ceux qui prospèrent pour réclamer leur part !

        Quant aux limites du capital, Marx en a parlé dans « Grundrisse ».

        Et mon ami David Harvey a écrit un bouquin en 1982, jamais traduit en français : « The Limits to Capital ».

        Sinon, prenez dix minutes et regardez-ça, il n’y a pas besoins d’économètres pour comprendre l’essentiel :

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  7. @Bruno Berthez. Il y a quand même quelque chose qui me gêne dans votre analyse même si j’en partage l’essentiel. C’est la notion de risque. Confondre Maurice Levy et des fondateurs de société comme Microsoft, Yahoo… c’est quand même gros. Car ces gens là sont par définition actionnaires d’origines de leur société. C’est cette prise de risque qui légitime principalement leur fortune au moins autant que leur talent à bien la gérer. Nous sommes dans un système capitaliste dans lequel seul le risque justifie selon moi de devenir riche. Je dirais pour simplifier que le travail additionne et que le risque multiplie… On ne devrait pas devenir riche en travaillant mais simplement bien vivre…

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    • Vous dites: « On ne devrait pas devenir riche en travaillant mais simplement bien vivre »
      Pourquoi? Non mais POUR-QUOI????

      Prendre des risques. Entreprendre. Bosser. Suer sang et eau. Les insomnies, les anti-acides, le surpoids, le temps de loisir réduit… Tout ça pour espérer générer de la richesse, des services, servir nos frères les autres.

      Je vous garanti que le moment où vous tentez de créer votre capital n’est pas un moment de douceur ou de balade dans les prés. Et que parfois les sirènes de redevenir employé deviennent fort tentantes. Ça fait 10 ans que je n’ai pas pris de vacances à 100%, sans POUVOIR décrocher. 10 ans. Et vous allez me donner des leçons de morales sur le résultat de mes efforts? MAIS DE QUEL DROIT!!!!

      Et l’état spoliateur voudrait m’en pomper les 2/3 avec l’assentiment général et la bénédiction populaire? Avant de me consentir le privilège de payer 20% de TVA sur ce que j’achète par la suite???

      JE bosse, JE prend des risques et JE n’aurais donc pas le droit d’en retirer les bénéfices? Non mais ça va pas la tête??????

      Laisser faire le marché. Mettre en place de saines régulations pour limiter les dérives. Prélever la JUSTE part pour la collectivité. Mais laissez les gens prendre des risques, gagner de l’argent, s’enrichir, l’état se mêlant de ses affaires, avec frugalité, dépensant de manière responsable.

      Bordel, c’est ce qu’on a fait jusqu’en 1975, et regardez la richesse que la France a crée comme ça. Là vous avez les clés du plein emploi, de la gestion saine de l’état, la limitation « naturelle » des programmes sociaux, des déficits.

      En ce moment on est en plein délire. Et les nouveaux curés de la moralité qui viennent nous asséner leurs (vos) bons sentiments, mesurant à l’aune de leurs ignorance et de leur confort la rémunération des autres et paralysant tout.

      Foutez donc la paix à ceux qui créent de la richesse. Et si vous pensez ne pas avoir pas assez de pognon, imitez-les, au lieu de les critiquer et de les spolier. Bordel!

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  8. « La signification de la crise dépend cependant largement de l’endroit où l’on se situe dans le monde. Alors que l’Occident est frappé directement, la Chine ne connait aucune cure d’austérité et le taux de croissance demeure toujours à un niveau très élevé, supérieur à 10 %. La situation actuelle permet même aux autorités chinoises de poursuivre leur programme keynésien d’équipement national, incitant les banques à prêter les fonds nécessaires de façon à engager d’énormes investissements en matière d’infrastructures. Il n’y pas non plus de crise en Australie où le taux de croissance est soutenu par les exportations de matières premières vers la Chine. En Amérique latine, après une courte crise, l’économie est repartie grâce à l’essor du secteur agricole, de plus en plus orienté vers les plantations de soja. L’Inde connaît également une croissance forte. A travers cette dualisation du système capitaliste, caractérisé par une politique d’austérité en Occident et par un effort d’expansion keynésienne ailleurs, on assiste une réorganisation globale du pouvoir géoéconomique, c’est-à-dire à un « glissement de l’hégémonie » (« hegemonical shift » d’après l’expression de Giovanni Arrighi) dans un contexte où la compétition géopolitique entre les États-Unis, l’Europe et la Chine s’accentue. En témoigne ainsi le fait que l’Allemagne est parvenue à s’imposer comme le premier exportateur vers la Chine, tandis que, de leur côté, les Chinois sont en train d’acheter le port d’Athènes pour faciliter la distribution de leurs produits en Europe.

    David Harvey précise alors que le cadre d’interprétation qu’il s’efforce d’élaborer offre l’avantage de pouvoir suivre l’évolution de la crise qui menace en permanence le capitalisme. A chacune de ses occurrences, il devient possible de répondre aux questions suivantes : où est la crise en ce moment ? Dans quelle partie du système le blocage est-il localisé ? La géographie permet alors de rendre compte du fait que la crise ne survient pas partout en même temps. Elle se déplace. Dans les années 1970, elle était perçue par le complexe finances-Etat en Occident comme le résultat combiné de la politique de « répression financière » et de la contrainte exercée par l’existence d’une main-d’œuvre organisée et syndiquée. Aujourd’hui, c’est le pouvoir de la finance qui paraît démesuré, contribuant à fragiliser la demande effective au point de la rendre incapable d’absorber la production. Face cette contradiction, le capitalisme ne semble pas être en mesure d’offrir d’autre alternative à l’austérité que le modèle chinois. »

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  9. @ Lautre, vous n’avez rien compris à ce que je disais mais c’est pas grave. Du pognon j’en ai assez et je l’ai gagné en prenant des risque ET en bossant donc merci. Si le travail seul suffit…continuez à suer sang et eau.

    Le risque est au CENTRE de la crise que nous vivons. Des banksters ont fait prendre des risques à des gens insolvables en espérant récupérer des biens immo et les revendre. Quand ça n’a plus marché, ils ont titrisé pour refiler le risque à d’autres… Que risque le PDG d’un grand groupe sinon se faire virer et partir avec son parachute doré ?

    Oui j’ai a priori plus de respect pour un spéculateur qui joue son argent que pour un polytechnicien débarquée à la tête d’une multinationale.

    Le risque c’est sacré est il est absent de la plupart des analyses

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    • Oui, pas assez de sommeil. Je me suis rendu compte du contre-sens en cliquant « envoyer », c’était trop tard! Et comme j’entend beaucoup trop de conneries par les temps qui courent, mon sang n’a fait qu’un tour à votre dernière phrase.

      C’est que je fatigue un peu des spoliateurs velléitaires qui, du haut de leurs 35 heures et de leur 6 semaines de congés, donnent des leçons de morales. Désolé d’avoir été un peu « virulent » à votre égard. Effectivement.

      Quant à moi, je suis resté 4 ans à vivre avec un revenu misérable (70% du smic) pendant que je créais mon produit (qui marche maintenant bien merci, mais c’était pas gagné d’avance), et j’ai l’épiderme un peu sensible quand j’entends des mecs dire qu’ils faut prendre le pognon des « riches ».

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  10. Vendredi 30 mars 2012 :

    Le Premier ministre grec n’exclut pas une nouvelle aide.

    Le Premier ministre grec Lucas Papadémos a déclaré que le pays faisait tous les efforts nécessaires pour éviter de devoir recourir à un troisième plan d’aide internationale, tout en ajoutant que l’on ne pouvait exclure une telle éventualité.

    « Une forme d’assistance financière pourrait être nécessaire, mais nous devons travailler sans relâche pour éviter une telle éventualité », dit-il dans un entretien publié vendredi par le quotidien Il Sole 24 Ore.

    Lucas Papadémos ajoute que la Grèce pourrait se retrouver dans l’incapacité de retrouver un accès aux marchés des capitaux, même si toutes les mesures convenues dans le cadre du deuxième plan d’aide sont mises en places.

    « Il est difficile de prévoir les conditions de marché et les attentes en 2015″ , ajoute-t-il.

    Le Premier ministre grec répète une nouvelle fois qu’une sortie de la zone euro de la Grèce aurait des conséquences désastreuses.

    « Le retour de la drachme susciterait une inflation élevée, une instabilité des échanges et une chute de la valeur réelle des dépôts bancaires », poursuit-il.

    Le 14 mars dernier, les pays de la zone euro ont officiellement approuvé un deuxième plan d’aide, de 130 milliards d’euros, qui permettra à la Grèce de se financer jusqu’en 2014.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00435619-le-premier-ministre-grec-n-exclut-pas-une-nouvelle-aide-307799.php

    … donc ça signifie que le troisième plan de sauvetage de la Grèce aura lieu en janvier 2015.

    Ou alors fin décembre 2014.

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  11. J’ai cotoyé – comme client – le groupe Publici pendant plusieurs années et peut témoigner de ce que M.Levy est quelqu’un d’hors norme. Entre mille anecdotes, capable d’appeler tous ses patrons de branches (et ils sont nombreux) un par un le lundi après avoir épluché leurs reporting pendant le WE, afin de leur faire mille commentaires. C’est quelqu’un qui vit et respire pour sa boite, et l’a transformé d’un acteur Français d’envergure en champion mondial.
    Avant de parler de salaire inégal, il faut rappeler que la contribution des salariés à la réussite et au développement d’une société est hautement inégale.
    Une majorité ne font que ce qui leur est demandé, avec aucune ou peu d’initiative ni prise de risque, et dans une certaine routine, payé à l’heure en somme.
    Une minorité anime, propose, fédère, entrainent les projets.
    Et tout en haut, il y a parfois – pas toujours loin de là ! – un patron qui ne compte plus ses heures, ses jours d’éloignement d’avec ses proches, prend 15 décisions par heure, est sur la brèche en permanence, et dont la vision peut faire TOUTE la différence.
    Ceux-là, ils ne sont pas légion, ont une valeur inestimable.
    Mr Mélenchon disait que si les n°1 de grandes sociétés ne se satisfaisaient pas de leurs conditoins (« réaménagées »), on trouverait bien des n°2 ou n°3 pour les remplacer.
    Une immense majorité d’employés ou de cadres (dont je suis) sont facilement remplaçables.
    Remplacez Mr Levy pendant quelques années, je doute que l’entreprise poursuive son développement de manière aussi spectaculaire.
    Au final, le montant de 16M€ impressionne, mais c’est assez maigre par rapport à la valeur crée par Levy

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  12. @ Lautre. Sans rancune mais ça me rassure. Je ne comprenais pas la cohérence de vos propos. On est sur un sujet sensible manifestement…

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  13. Eh bien, je veux faire une parenthèse tout ceci est bien mignon, mais il s’agit de publicité et de communication donc à la base de mensonge pour vendre jeter et encore vendre et tant pis pour la planète. donc des réussites comme ça quand on les regarde autrement sont aussi de beaux gâchis.
    Ensuite ok, il a fait de publicis un monstre planétaire mais la contrepartie c’est le monopole publicitaire et communication de publicis qu’il est difficile de renverser maintenant car le monstre a des moyens que le petit n’aura jamais.
    J’ajoute que le principal talent de monsieur Levy c’est aussi d’être né au bon moment à une époque où des monstres comme publicis n’existait pas et que tout était à faire.
    Aujourd’hui le jeune maurice Levy aurait il le même avenir radieux ???
    Too big ce n’est pas un slogan valable à mon sens que pour les banques, mais un slogan mondial si on veut vraiment créativité et concurrence et non uniquement monopoles et communication du contraire.

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    • Effectivement, je voie qu’il est génial ce Maurice Levy ; il a compris que le marketing est la religion des temps modernes. Et ses disciples en adoptent les principes.
      Il sait vendre et il se vend lui-même, avec sa boite ; il fait UN avec Publicis. Maurice Levy EST Publicis, certains ont d’ailleurs remarqué que sans Levy, Publicis ne serait pas.
      Il me fait penser aussi à Steve Jobs, objet d’adoration à sa mort, veau d’or de notre ère consumériste.

      Une question pour Maurice Levy : sera-t-il capable de distribuer son bonus et de mourir pour sa boite ?
      Che Guevara et Jésus Christ l’ont fait avec un énorme succès commercial (car le premier permet encore aujourd’hui la vente de t-shirts et drapeaux, alors que le deuxième est probablement le plus grand succès commercial de l’histoire et restera toujours imbattable en termes de création de valeur). Mais quid des inégalités…

      Et puis, peu importe les inégalités, les commandements modernes sont : je suis l’Argent ton maitre et tu n’aura point d’autres dieux, tu prendra des risques, tu vendra ton prochain comme toi même, tu maximisera ton profit.

      Maintenant allons au centre commercial et rendons grâce à Publicis.
      Amen.

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