Agences de Notation

Les Autorités US mène une véritable guerre contre Egan-Jones, une des rares agences de notation indépendantes

Les Autorités  US mène une  guerre contre Egan-Jones, une des rares agences de notation indépendantes

.Souvent quand on pense à Wall Street, nous pensons aux grandes firmes de notation qui attribuent à divers produits une cote de crédit. Aux États-Unis, les trois grands sont Standard & Poors, Moody’s et Fitch. Pendant très longtemps, celles-ci avaient la confiance du public et personne ne questionnait leur sagesse. Durant la dernière crise, par contre, ils se sont fait prendre à attribuer des cotes AAA sur des produits combinés d’hypothèques à caractère très douteux, et dont le résultat a été catastrophique pour beaucoup d’investisseurs qui se croyaient en possession d’un bien sans risque. Un des problèmes de ces firmes, c’est que c’est l’émetteur du titre qui paie la note. Possibilité de conflit d’intérêt serait la façon polie de s’exprimer sur la chose..

Fondée en 1995, l’agence de notation Egan-Jones est devenue très célèbre dans le monde de la finance en juillet dernier pour avoir abaissé la note souveraine des Etats-Unis de « AAA » à « AA + ».

 Selon l’avocat Alan Furetas: “Il n’y a pas une seule notation par Egan-Jones que la SEC n’a jamais donné ou suggéré comme n’étant pas de la plus haute qualité, précision ou intégrité”. 

La firme Egan-Jones a récemment été le sujet d’une polémique dans le Wall Street Journal qui nous dit que la firme a reçu l’approbation de la SEC pour évaluer les obligations et autres titres “malgré de graves inquiétudes au sujet des procédures internes et le nombre d’employés de la firme”.  Selon la SEC, Egan-Jones n’a que 5 analystes et superviseurs. Les grandes firmes en ont chacune plus de 1,000. C’est l’horreur.. sauf si on prend compte du fait qu’Egan-Jones publie beaucoup moins de notations. En fait, elle publie 209 notations par analyste, tandis que S&P en sort 885 par analyste. Qui s’attarde le plus au détail, selon vous, en toute probabilité? 

Mais l’histoire ne se termine pas avec cette étrange coincidence… 

La firme a récemment reçu une notice de la SEC. Supposément que celle-ci a fait des “fausses déclarations matérielles” (“material misstatements”) quand elle a demandé la permission de la SEC pour évaluer la dette souveraine, municipale et des titres garantis par actifs (asset-backed securities).  “Dans ce qui serait une action sans précédent, la SEC pourrait chercher à punir la firme en lui enlevant son abilité d’émettre des notations officiellement reconnues sur des titres reliés à la dette gouvernementale et les ABS”, selon le WSJ. 

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Si l’affaire va jusqu’à son terme, Egan-Jones qui est à ce jour l’une des 9 agences de notation agréés par la SEC, pourrait perdre le droit de noter 13 emprunts obligataires de type ‘asset-backed securities’ et 9 emprunts d’état. Sans compter l’amende qui pourrait lui être infligée. Dans tous les cas, elle pourrait poursuivre, à la grande satisfaction de ses clients, la notation des compagnies d’assurance, des institutions financières privées et des emprunts lancés par les entreprises.

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Selon Barry Ritholtz (NDLR : star du Blog The Big Picture) : “Here, we have an allegation of a specific error, made in good faith by Egan-Jones, over the course of doing business. At the same time, we have a broad set of systemic errors made by the two much-larger competitors, Moody’s and Standard & Poor’s. These two firms, by design, gave AAA rating to piles of junk paper. They did so because that was what they were paid to do by the underwriters. These were not good faith errors. They were instead a reflection of a wholly corrupted industry, designed to mislead investors and legitimize junk paper. Somehow, these two whales of corruption get a pass. I don’t get it. “ 

Un autre example de comment simplement plus de réglementation n’aide en rien quand les bureaucrates utilisent leur pouvoir pour aider le pouvoir établi contre la compétition.

Publié par Pierre-Yves St-Onge/Mai 12

 SOURCE ET REMERCIEMENTS : LA VITRE CASSEE

http://lavitrecassee.com/2012/05/08/la-guerre-contre-egan-jones/

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«On ne nous fera pas taire» 

Prenant les devants, Egan-Jones Ratings a publié le 19 avril 2012 sur son site Internet, un communiqué laissant clairement entendre qu’elle n’était pas résignée à jouer les utilités : 

« …EJR est la seule entreprise NRSRO (« nationally recognized statistical ratings organization ») indépendante. C’est une petite entreprise de moins de 20 salariés. Elle est payée par ses souscripteurs, pas par les émetteurs. De nombreuses études académiques, y compris celles publiées cette année, démontre que EJR produit les scores les plus exacts et prédictifs de la profession…. 

Les dommages causés par les grandes entreprises payées par les émetteurs, qui détiennent un monopole sur le marché, sont incalculables. Le Congrès a découvert que les grandes entreprises payées par les émetteurs, sont responsables des scores Triple A qui ont alimenté le marché des ABS et des CDO, lequel, lorsqu’il s’est effondré en 2008, a généré un trillion de dollars de pertes et la crise financière la plus grave depuis la Grande Dépression. 

La grande majorité de ces scores triple A, sont aujourd’hui au niveau des actifs pourris. EJR a sonné l’alarme contre plusieurs de ces risques. 

La SEC n’a même pas suggéré qu’elle puisse prendre des mesures contre ces firmes pour avoir produit des scores contradictoires et erronés qui, comme l’a découvert le Congrès, ont largement contribué à la crise économique américaine…

On ne nous fera pas taire. Nous sommes parfaitement à l’aise pour affirmer que cela (l’action de la SEC) n’a aucun rapport avec la qualité des scores produits par la firme ».

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 EN COMPLEMENT : Etats-Unis: l’agence de notation Egan-Jones accusée de fausses déclarations

PLUS DEGAN JONES EN SUIVANT :

L’autorité américaine des marchés financiers, la SEC, a annoncé en Avril qu’elle portait plainte contre la petite agence de notation financière Egan-Jones (EJR) et son propriétaire Sean Egan, qu’elle accuse d’avoir fourni de fausses informations en 2008.

Un avocat d’Egan-Jones a indiqué en soirée que la firme niait toutes les accusations et entendait se défendre "vigoureusement".

"La SEC affirme que dans son dossier (de demande d’homologation en tant qu’agence de notation nationalement reconnue) de 2008, EJR a faussement affirmé (…) qu’elle fournissait des notes dans les catégories de titres ABS (ndlr:titres adossés à des créances) et de dette souveraine de façon continue depuis 1995", indique l’organisme de régulation dans un communiqué.

"En fait, au moment de ce dossier en juillet 2008, EJR n’avait publié, ni sur internet ni sur aucun moyen de diffusion facilement accessible, aucune note sur des ABS ou des dettes souveraines, et donc ne répondait pas aux critères d’homologation", selon la SEC.

"EJR a continué à faire de fausses déclarations concernant son expérience" lors de ses démarches annuelles ultérieures auprès de la SEC, a ajouté celle-ci.

"EJR et M. Egan sont aussi accusés d’avoir fait de fausses déclarations dans d’autres communications avec la SEC, et d’avoir enfreint les règles sur la préservation de documents et les conflits d’intérêt s’appliquant aux agences de notation", a ajouté la SEC.

Egan-Jones s’est fait connaître notamment en retirant dès juillet dernier aux Etats-Unis leur note maximale "AAA", un mois avant Standard and Poor’s. En avril elle l’a encore abaissée d’un cran à "AA". La France et l’Allemagne ont également vu leurs notes respectives abaissées par cet organisme, dont le patron Sean Egan est un fréquent invité des plateaux de télévision.

L’agence de notation américaine Egan-Jones a dégradé aussi la note souveraine de l’Espagne d’un cran à « BB + ». Il s’agit de la deuxième baisse de la note de crédit du pays par l’agence au cours des deux dernières semaines. Selon Egan-Jones, les obligations espagnoles se trouvent à une demi-étape de la catégorie des junk bonds, des obligations à haut risque de spéculation, ce qui prive le pays du statut d’investissement.  Dans le commentaire à leur décision sur la dégradation de l’Espagne, les spécialistes de l’agence soulignent que « le recul du PIB de l’Espagne sur le fond de la croissance de sa dette a créé une situation, dans laquelle la dette nationale augmente chaque année de 100 milliards d’euros avec le chômage qui atteint 23 % de la population active ». 

En soirée, un avocat d’Egan-Jones, Alan Futerfas, a indiqué que la firme entendait se "défendre vigoureusement". "Nous nions les accusations", a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP, et "nous pensons que cette action montre que la SEC est contre les agences de notation indépendantes". Il a expliqué que les déclarations mises en causes étaient inscrites dans "un nouveau formulaire", que "aucune instruction n’avait été fournie" sur la façon de le remplir, et que l’agence avait fait toutes ses déclarations "de bonne foi".

"En 2006 et dans la loi Dodd-Franck (de réforme de la régulation financière passée en 2010), le Congrès a enjoint à la SEC d’encourager l’existence d’agences (de notation) plus indépendantes et d’encourager la concurrence" dans ce secteur, a ajouté M. Futurfas, "et nous pensons que la SEC a agi totalement à l’opposé".

"Je suis ahuri que la SEC s’en prenne à la seule firme qui n’ait rien fait à personne", a-t-il conclu, alors que, a-t-il regretté, "la SEC n’a rien fait aux (autres) agences, qui ont eu un rôle dans le processus qui a provoqué l’effondrement de 2008".

Le secteur des agences de notation est essentiellement dominé par Standard and Poor’s, filiale de l’éditeur McGraw Hill, Moody’s et Fitch, qui appartient à Fimalac.

source afp mai12

4 replies »

  1. Un tel comportement de la part de la SEC acheverait de prouver, s’il en était besoin, que les autorités américaines de supervision sont les complices d’un système fondé sur la fraude. Ca m’incite à vendre mes derniers dollars…

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  2. oui le systeme financier est totalement gangrene au detriment du peuple
    mais comme ils ont le pouvoir et financent les politiques difficile de les deloger
    comme en Europe…

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  3. A con, con et demi.Ils pourraient émetre des article disant par ex :
    si nous pouvions noter les USA, nous lui meterions la note bbb.
    Et comme cette agence n’est pas payée pour noter les bons d’état, elle ne perd pas un cent …

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