Agences de Notation

Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 28 Juin 2012 : L’Inde, l’Or , quelques souvenirs personnels par Bruno Bertez

Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 28 Juin :  L’Inde, l’Or , quelques souvenirs personnels par Bruno Bertez

 L’Inde a été pendant quelques années l’un des phares de l’économie émergente. 

Certains grands investisseurs ont d’ailleurs préféré l’Inde à la Chine  pour des raisons de démographie, considérant que le potentiel de croissance de ce vaste pays était supérieur a celui de la Chine . 

   Nous n’avons pas partagé ce point de vue pour une raison essentielle, l’Inde avait une croissance très déséquilibrée qui nécessitait pour être financée des flux considérables de hot money, des flux considérables de capitaux courts. Très rétro, nous n’aimons pas les déficits. 

Notre analyse de fond étant que le Monde est hiérarchisé , que le Centre est les Etats Unis et que la prospérité des Emergents ne durerait que tant que durerait la croissance américaine, nous ne croyions pas au découplage.

  

 Les Emergents, comme toute la périphérie ne pouvaient selon nous ,faire cavalier seul, le retrait US  devait entrainer le retrait des Émergents. La prospérité des Emergents est et reste selon nous. totalement liée à la situation américaine. 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

 Les choses se passent selon, ou se passaient ,selon le processus suivant : 

Politique laxiste de la FED, excès de crédit aux Etats Unis, déficit du commerce extérieur du commerce US, ceci   produit trois conséquences : 

-1 Développement du commerce international

-2 Excédents du commerce extérieur des Emergents 

-3 Excès d’épargne , gonflement des réserves des Emergents, crédit trop facile chez eux

 Quand le déversement américain cesse, la fausse prospérité des Emergents se révèle, c’est qui se donne a voir maintenant en Chine, Brésil, Inde.. 

L’Inde est particulièrement vulnérable car  comme nous l’avons dit elle est importatrice de hot money: Coincés dans un régulation délicate entre surchauffe inflationniste et besoin politique de croissance, les fondamentaux du pays se détériorent, les capitaux fuient. 

Les capitaux fuient, le change chute. Il commence à chuter en Aout 2011, après une pause , la baisse a repris de plus belle. On doit en être a 30 ou 35% de baisse de la roupie  contre le dollar depuis l’été 2011. Ceci est à vérifier, nous écrivons de tète.

 

 source Financial Times 

Que se passe t il ? Vous vous en doutez, il se passe ce qui doit toujours se passer quand les politiciens ont mal géré et accumulé les c……s, ils mettent en place une politique de répression financière. Ils cherchent à faire payer aux citoyens leurs imbécilités. 

Parmi les mesures, il y en a une qui vient d’être évoquée, c’est celle de l’interdiction des importations de gold bullions coins, c’est a dire de pièces d’or comme le krugerrand ou la 50 pesos  mexicaine. Ces pièces font une faible prime sur le lingot, elles sont accessibles, on les vend facilement. elles sont un instrument idéal pour protéger son épargne de l’inflation , des prédations.

 Le gouvernement prétend que la masse considérable d’importation d’or par les Indiens creuse le déficit extérieur, affaiblit la roupie: Il ne lui vient pas à l’idée qu’il confond le symptôme et la cause et que les importations d’or ne sont que le thermomètre qui mesure son incompétence et sa mauvaise gestion. 

L’inde est un pays que nous connaissons, notre premier job en sortant de l’Ecole était en Inde, à la French Bank à Bombay, c’était le nom de la BNP là bas. Notre second était toujours en Inde chez un courtier en or, Merwangjee Dalal, peut être existe t’il encore. Nous étions dans le saint des saints, l’Inde accumule , est fascinée par l’or depuis plus de 5000 ans. Les pauvres l’accumulent sous forme de bijoux.

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les paysans indiens attendent que les pluies bénéfiques aux semis soient plus généreuses et donc annonciatrices de bonnes récoltes pour eux-mêmes acheter de l’or, avant la saison des mariages et des festivals, qui débute cet été. Les paysans représentent encore 50% des achats d’or du pays.

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 Les Indiens sont très spiritualistes et dans leur spiritualité, le métal jaune, brillant ,occupe une place qui remonte aux premiers temps. Sans interruption et encore et toujours plus, Monsieur Bernanke. 

L’or est la seule forme d’épargne , de protection sociale, d’assurance vie à laquelle les Indiens croient. C’est leur protection individuelle face à un pouvoir violent, peu légitime, corrompu. Quand nous étions là bas , pour être vacciné au moment des épidémies de cholera , il fallait donner une chaine de bakchichs considérable. Et nos amis nous disent que cela continue.

 L’Inde est incroyablement riche, vous n’imaginez pas! Les grandes familles, souvent très pro francaises, les Tata, les Lala , les Godrej ont des coffres remplis de barres d’or et des coffres de pierre précieuses , émeraudes en particulier. Ils savent que dans un pays comme le leur, c’est la seule vraie richesse familiale. Cela ne les empêche pas de faire leur devoir de citoyens et de chefs d’entreprises colossales, ils investissent à mort, surtout des investissements lourds, et financent écoles , universités, dispensaires. C’est un système encore très paternaliste.

 

 Nous pensons que l’Inde détient prés de 20 000 t d’or. Le Gold Council donne 18 000 t ce qui n’est pas loin. Au cours actuel cela fait plus de 1 trillions de dollars. Un trillion de dollars que nous n’en doutons pas, l’état aimerait bien sinon récupérer, du moins faire entrer dans le système bancaire. Cela permettrait de belles magouilles pour augmenter la solvabilité apparente du pays. 

Il est évident que aussi bien la mesure d’interdiction des achats de pièces d’or que les éventuelles tentatives de mettre la main sur l’or des citoyens sera voué à l’échec. Mais c’est un exemple qui doit faire réfléchir.

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 28 Juin 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN LIEN : Humeurs de Loups du 26 Juin 2012 : Chut ! On parle de l’or par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

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L’Inde dans la ligne de mire des Agences de Notation 

L’agence de notation pourrait dégrader la note de « première qualité » du pays.

Le ralentissement de croissance du PIB et les obstacles politiques à l’élaboration des politiques économiques sont deux des principales raisons pour lesquelles l’Inde risque de perdre sa notation de première qualité, selon un nouveau rapport de Standard and Poor’s et rapporté par le Financial Post.

S&P a revu les perspectives passant de stables en avril à négatives. L’Inde ayant la note de BBB-/A-3.

« Les reculs ou les revirements dans le cheminement de l’Inde vers une économie plus libérale pourraient nuire à ses perspectives de croissance à long terme et, par conséquent, à sa qualité de crédit », déclare Joydeep Mukerji analyste crédit Standard and Poor’s.

La solvabilité actuelle du pays pourrait être remise en question dans la mesure où les autorités du pays risquent de ne pas être en mesure de réagir rapidement et de manière décisive à des chocs économiques.
L’Inde vient de connaitre son pire premier trimestre de croissance en presque dix ans. Le produit intérieur brut a augmenté de 5,3 % au cours du trimestre de janvier à mars, manquant les attentes des analystes qui se situaient à 6,1 %, relate The Wall Street Journal.

« En juin, les investisseurs étrangers ont délaissé les vendeurs d’actions, et ce dernier avertissement de la part de Standard and Poor’s les pousse à attendre que le gouvernement aille de l’avant avec des réformes et des solutions pour promouvoir la croissance économique », explique Harish Vasudevan, un stratège de la firme de courtage SVS Securities.

Déjà en mai, The Economist rapportait que l’Inde devenait de moins en moins accueillante pour les investisseurs étrangers. Dans un autre article, The Economist avance que l’échec des dirigeants de l’Inde pour promouvoir la réforme face à ses citoyens est l’une des raisons pour lesquelles aujourd’hui il existe un consensus en défaveur du gouvernement au sein même de la population.

Si la population indienne fait preuve de défiance, comment pourrait-il en être autrement pour les investisseurs étrangers?

Fitch abaisse les perspectives de l’Inde à "négatives"

L’agence de notation Fitch a abaissé lundi les perspectives de l’Inde de "stables" à "négatives", citant les risques sur la croissance à moyen-long terme et les progrès limités du pays en matière de réduction du déficit, mais elle maintient pour le moment sa notation à "BBB-".

"La perspective négative reflète les progrès limités de l’Inde en matière de consolidation budgétaire et, en particulier, sur la réduction de la dette du gouvernement central en dépit d’une amélioration de la santé financière de gouvernements locaux", a souligné Fitch dans un communiqué.

L’agence de notation appelle par ailleurs la troisième puissance économique d’Asie à lancer des mesures pour créer un environnement davantage favorable aux investissements privés. Cette annonce intervient peu après celle de Standard and Poor’s, qui a dégradé en avril les perspectives sur la dette à long terme de l’Inde au motif de l’affaiblissement de l’économie et d’un large déficit public.

L’Inde est en proie à une inflation tenace (+7,55% en mai sur un an), au déficit public le plus important des économies émergentes, à une situation budgétaire fragile et à un net ralentissement de sa croissance.

Standard and Poor’s a en outre prévenu la semaine dernière que l’Inde pourrait être le premier pays des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) à voir sa note dégradée, à moins que le géant asiatique ne s’engage sur la voie des réformes.

Mais les réformes promises par le gouvernement de Manmohan Singh, jugées indispensables pour ouvrir l’économie indienne aux investissements étrangers, sont gelées depuis plusieurs mois, combattues par l’opposition sur fond d’affaires de corruption.

L’annonce de Fitch intervient le jour où la Banque centrale indienne a décidé de laisser ses principaux taux d’intérêt inchangés alors que les analystes s’attendaient à un abaissement pour stimuler l’économie et l’investissement. AFP

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3 replies »

  1. très bel article ,merci infiniment. peut etre ne faut il plus attribuer trop d’importance aux dires de fitch ou s&p:concentrons nous sur egan jones!juste une demande monsieur bertez:auriez vous des infos sur l’obamacare?il semble d’après zero hedge que les américains vendent leurs actions et leur or pour se préparer a payer la supertaxe de l’obamacare qui semble un rackett total institué par les labos et le lobby des cliniques et des médecins

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    • Merci de votre intéret

      Les agences que j’appelle publiques comme Moody’s etc gèrent la crise comme les banques centrales, les gouvernements et en meme temps elles gèrent leurs crédibiliés respectives donc leurs avis ne valent pas grand chose.

      Les vrais utilisateurs utilisent les services d’agences privés qui ne sont pas soumises aux meme contraintes et surtout qui ne sont pas payées par les émetteurs.

      J’ai fait un article il y quelque temps dans lequel j’ai explique que dans la finance on pouvait faire du chiffre et des profits en épuisant son fonds de commerce, en usant comme d’un filon minier sa reputation.

      Le plus bel exemple est Goldman Sachs, mais cela s’applique aux agences.

      Sur Obamacare je vous en parlerai quand je serai aux Etats Unis, je m’y rends sous peu.

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