Behaviorisme et Finance Comportementale

Zone Euro : Allemagne(+Suisse)/172 professeurs d’économie s’opposent à l’union bancaire

Zone Euro : Allemagne(+Suisse)/172 professeurs d’économie s’opposent à l’union bancaire

172 professeurs d’économie s’opposent à l’union bancaire 13 Suisses figurent sur la liste des économistes qui craignent que les risques des banques en difficulté soient supportés par le contribuable

Quelque 172 professeurs d’économie germanophones, dont Hans-Werner Sinn, le directeur de l’institut IFO de Munich, ont publié vendredi dans la Frankfurter Allgemeine une lettre ouverte adressée à leurs «concitoyens». Ils y dénoncent les décisions prises lors du dernier sommet européen et notamment l’accès par les banques en difficulté au mécanisme de stabilité et l’idée de «mutualisation de la dette bancaire» par laquelle ce serait «au contribuable de porter la responsabilité d’engagements financiers de créanciers privés».

Source Zero Hedge (cliquez sur le graphique pour l’aggrandir) 

Leur "grande préoccupation" porte en particulier sur le projet d’union bancaire lancé lors du dernier sommet européen, qu’ils craignent de voir déboucher sur "une garantie commune pour les créances des banques de la zone euro", profitant aux grandes places financières mondiales au détriment du contribuable allemand.

"Les banques doivent pouvoir faire faillite", estiment ces économistes.

Au sein des 172 économistes, on trouve 13 Suisses parmi lesquels figurent Peter Bernholz (Bâle), Charles Blankart (Lucerne), Volker Grossmann (Fribourg), Gebhard Kirchgässner (Saint-Gall) et Martin Wallmeier (Fribourg). Il s’agit le plus souvent d’experts proches des milieux libéraux, spécialistes de la politique monétaire et du fédéralisme constitutionnel.

Les 172 économistes observent que «les dettes des banques sont trois fois plus élevées que celles des Etats et se chiffrent à plusieurs milliers de milliards d’euros dans les cinq pays en crise». Pour eux, la création par les politiciens d’une surveillance bancaire européenne ne parviendra pas à empêcher les abus «aussi longtemps que les pays structurellement déficitaires détiennent la majorité».

Le mécanisme créé lors du dernier sommet «ne sauvera ni l’euro, ni l’esprit européen», à leur avis. Des conflits avec les pays voisins sont préprogrammés. Pour les économistes, l’union bancaire ne sauve que Wall Street, la City de Londres et une série de banques en difficulté.

PLUS DE HANS WERNER SINN EN SUIVANT :

Angela Merkel relativise

De son côté, la chancelière Angela Merkel a réagi à la lettre des économistes en affirmant que les décisions prises au sommet européen ne créaient pas de nouveaux engagements. Quant au ministre de l’Economie, Philipp Rösler, il juge ces craintes trop anticipées: «Les économistes critiquent une union bancaire qui n’existe pas encore.» C’est révoltant. Cela ne correspond pas à la responsabilité du milieu scientifique", s’est emporté vendredi le ministre allemand des Finances et européen convaincu Wolfgang Schäuble, dans une interview à la radio berlinoise RBB Inforadio, estimant que ces universitaires avaient outrepassé leur rôle.

Toutefois, si la Grèce faisait faillite, un grand établissement comme Deutsche Bank pourrait se retrouver en grande difficulté. Faudrait-il la sauver? «Non, répond Charles Blankart, professeur d’économie à l’Université de Lucerne. Deutsche Bank pourrait, comme Credit Suisse, émettre des CoCos pour se refinancer. Si cela est insuffisant, les actionnaires devront passer à la caisse, car ils ont des intérêts importants dans Deutsche Bank. Les détenteurs d’obligations pourraient en faire de même.»

Par Emmanuel Garessus Zurich /Le Temps Juil12 +agences

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« L’électeur n’a aucune idée de ce qui l’attend »

Walter Krämer est statisticien-économiste et directeur de l’Institut de statistique économique et sociale de l’Université Technique de Dortmund. Dans un appel co-signé avec Hans-Werner Sinn, directeur de l’Institut de recherches en économie IFO, il dénonce les dernières décisions de l’Union Européenne. Il s’en explique pour ARTE Journal.

-Anja Waltereit pour ARTE Journal : Votre appel à la mobilisation a fait beaucoup de vagues dans les médias. Comment vous est venue l’idée d’un tel appel ?

Walter Krämer : Le terme « appel à la mobilisation » a été employé par le magazine « Spiegel ». Notre contribution était plutôt conçue comme un complément d’information, sur les risques pour le public que comportent les derniers accords de Bruxelles. Car pour l’heure, les gens ne sont pas informés de ces risques. Les électeurs n’ont aucune idée du montant du fonds de garantie qu’ils devront financer. 

-Et c’est plus clair, à présent ?

Je crois que les gens commencent à comprendre les risques auxquels ces mesures les exposent. Je souhaite qu’ils se décident en connaissance de cause. Il est tout à fait possible que, au nom d’une Europe unie, ils acceptent d’assumer ces risques. Mais je trouve qu’ils devraient les assumer les yeux ouverts, et non pas les yeux fermés.

-Le danger le plus important, dites-vous, vient de la création d’une union bancaire. Or, ce terme n’apparaît pas dans les derniers accords passés à Bruxelles. Qu’entendez-vous exactement par « union bancaire » ? Est-ce un projet d’union fiscale à long terme, pour lequel les Etats membres devront céder une part de leur souveraineté au profit de Bruxelles ?

Non, c’est un plan qui comporte beaucoup d’aspects positifs. Cela peut être un pas dans la bonne direction. Mais ce plan inclut également une responsabilité collective de tous les pays pour les banques, notamment celles des Etats « non sérieux ». Et là, on va trop loin.

-Où, dans les accords de Bruxelles, est-il écrit qu’on va effectivement dans cette direction ?

Les intentions réelles ne sont jamais exprimées littéralement. Mais en lisant entre les lignes, on se rend parfaitement compte que la responsabilité collective pour les banques des Etats membres va effectivement être introduite, parallèlement à une surveillance des banques au niveau européen qui, elle, représenterait un progrès considérable. Et j’ai peur que, comme souvent, cela donne lieu à un tas de réglementations très louables en soi, mais qui ne seront pas respectées.

Je voudrais revenir sur la surveillance des banques : les accords de Bruxelles stipulent que les banques pourront bénéficier directement de l’aide du MES, le fonds de secours européen, à condition qu’une surveillance commune des banques soit mise en place. Dans votre appel, vous écrivez que les responsables politiques se trompent et que cette surveillance commune des banques n’empêchera pas les opérations douteuses. N’êtes-vous pas trop pessimiste ?

Cela fait 20 ans que j’observe les aboutissements des différents accords de l’Union européenne. Vous les avez sans doute observés comme moi et que vous savez ce qu’il faut en penser. Je le redis : la surveillance des banques est une très bonne chose, qui permettrait d’éviter beaucoup de problèmes. Mais j’ai vu très souvent les faits se détourner des objectifs fixés, des restrictions prévues qui finalement n’étaient pas appliquées, sans que des sanctions ne soient prises. Donc, je pense qu’il s’agit d’un excellent projet, mais il ne sera certainement pas appliqué. Et c’est pourquoi je considère qu’il est dangereux.

-Vous dites, et c’est votre grief principal, qu’au bout du compte l’aide aux banques sera financée par les contribuables des pays en bonne santé, alors que ces banques pourraient, dites-vous, payer ces aides elles-mêmes. Avec Lehman Brothers, nous avons déjà fait l’expérience d’une faillite de banque et nous en avons mesuré les conséquences. Il n’est donc pas exact de dire que les banques sont toujours en mesure de se tirer d’affaire elles-mêmes.

Certaines banques, comme d’autres entreprises, ont le couteau sous la gorge du fait de leur propre mauvaise gestion. Pour ne pas les laisser faire faillite ? En Allemagne, la banque Herstatt a fait faillite dans les années 70. Les faillites se produisent, notamment en Amérique, et ce sont les propriétaires et les créanciers de cette banque qui perdent leur argent. Pourquoi ne pas l’accepter en Europe ? Dans ce cas, les créanciers et les actionnaires payeraient les pots cassés et non pas des gens qui n’ont rien à voir avec cela.

 -Pensez-vous que la faillite des banques finira par arriver ?

Je suis de nature optimiste. J’espère toujours que le pire n’arrivera pas. Et je prie Dieu pour que le pire nous soit épargné. Mais on sait bien que souvent les prières ne servent à rien.

-Vous en appelez aux citoyens, pour qu’ils interpellent le député de leur circonscription à ce sujet. Croyez-vous que c’est un moyen de pression efficace ?

Oui, parce que les députés ont besoin de se faire élire. C’est tout l’avantage du système démocratique. Si un député se rend compte que la majorité de ses électeurs en a assez de continuer à injecter ses économies dans des plans de sauvetage, alors il devra changer son fusil d’épaule ou accepter le risque de ne pas être réélu. Donc oui, cela peut être efficace.

Edité le : 05-07-12/Arte Journal

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Le problème de la consanguinité croissante entre les banques et les Etats par Bruno Colmant

"Pour bien comprendre cette problématique, il faut réaliser que jour après jour, les dettes publiques re-migrent vers leur pays d’origine. L’euro avait permis aux Etats européens d’accéder à des sources de financement auparavant inaccessibles, puisque le risque de change avait disparu dans l’euro et que les taux d’intérêt européens s’étaient alignés sur le rating de l’Allemagne.

La crise souveraine a mis un terme à ces années heureuses. Elle a aussi révélé que le mélange des dettes publiques aggravait le risque systémique, c’est-à-dire le risque d’implosion monétaire, un peu comme lorsque le dévissage du premier de cordée d’alpinistes entraîne tous les autres dans sa chute. Pour cette raison, la BCE a prêté de l’argent aux banques des pays faibles afin que ces banques rachètent la dette de leur propre pays. C’est ainsi que les banques espagnoles et italiennes ont racheté la dette de leur propre Etat, auparavant détenue par des investisseurs étrangers.

Quel est l’effet principal de cette renationalisation des dettes publiques, observable aussi en Belgique? Elle place les banques dans une situation proche de l’étatisation, puisque les Etats sont désormais les garants, les actionnaires et les emprunteurs des banques. Il s’agit d’une situation de répression financière destinée à canaliser l’épargne des particuliers vers le financement de la dette publique au travers des banques. Mais ce n’est pas tout: comme certains Etats doivent être financés par la BCE, cette dernière exercera désormais un rôle de superviseur bancaire. Le contrôle bancaire passe du domaine prudentiel et national au niveau monétaire et international."

Source Lecho juil12

EN COMPLEMENTS : La Finlande refuse de payer les dettes des autres pays de la zone euro

La Finlande refuse de payer les dettes des autres pays de la zone euro et s’oppose à la responsabilité collective face aux difficultés rencontrées par certains Etats, affirme la ministre des Finances Jutta Urpilainen vendredi dans le quotidien financier Kauppalehti.

"La responsabilité collective pour les dettes (…) et les risques d’autres pays n’est pas ce à quoi nous devons nous préparer", affirme Mme Urpilainen.

Selon Kauppalehti, cette déclaration de la ministre pourrait signifier que la Finlande, un des derniers pays de la zone euro a bénéficier d’une note de crédit triple A, "ne s’accrochera pas à l’euro à n’importe quel prix et est prête à tous les scénarios", y compris à abandonner la monnaie unique européenne.

Un porte-parole de la ministre, Matti Hirvola, a cependant démenti cette analyse du quotidien en déclarant à l’AFP que "toute affirmation selon laquelle la Finlande allait quitter l’euro est simplement fausse". Dans son interview de vendredi, Mme Urpilainen souligne d’ailleurs que "la Finlande s’est engagée à être un membre de la zone euro" et que "l’euro est bénéfique pour la Finlande".

Dans le quotidien Helsingin Sanomat de jeudi, Mme Urpilainen avait toutefois reconnu que la Finlande "représentait une ligne dure" à l’égard des plans d’aides financières. "Nous sommes constructifs et nous voulons régler la crise, mais pas à n’importe quelles conditions", affirmait-elle.

Helsinki a fait part de sa réticence à permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) d’acheter des obligations sur le marché secondaire dans le cadre de l’accord intervenu la semaine dernière lors d’un sommet à Bruxelles où ont été annoncées des mesures fortes destinées à soutenir les pays actuellement chahutés par les investisseurs (Espagne et Italie).

L’an dernier, Helsinki avait exigé et obtenu, lors du deuxième plan d’aide à la Grèce, de conclure un accord bilatéral avec Athènes lui garantissant de récupérer les sommes avancées.

Jeudi, la Finlande a annoncé l’ouverture prochaine de négociations bilatérales avec l’Espagne pour l’obtention du même type de garanties en échange de sa participation au plan de sauvetage des banques ibériques

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 "Vouloir tondre l’ensemble du pays afin d’assurer la survie d’un modèle social obsolète est un projet condamné d’avance, mais réalisable au moins pendant quelques mois. Mais vouloir tondre également nos amis allemands est une ambition dangereuse et inconsidérée. Pourquoi accepteraient-ils de contribuer au financement de la retraite à 60 ans en France, alors qu’elle vient d’être portée à 67 ans outre-Rhin ? Certes, l’Allemagne aurait beaucoup à perdre de l’implosion de l’euro. Mais il est politiquement indéfendable d’exiger d’elle un soutien sur des avantages sociaux qu’elle se refuse à elle-même et irréaliste d’attendre qu’elle puisse à elle seule porter le fardeau d’une Europe par trop dispendieuse.

Consolider la viabilité de l’essentiel de nos avancées sociales en adoptant un courageux programme de réformes ou les compromettre en appauvrissant le pays, tout en mettant en danger la construction européenne ? Tel est votre redoutable dilemme. De grâce, ne vous trompez pas."

Edouard Carmignac, président de la société de gestion française Carmignac Gestion, dans une lettre ouverte au président français François Hollande.

2 replies »

    • Dans l’enfance spirituelle, il ne faut pas confondre
      NE DOUTER DE RIEN …
      ET NE SE DOUTER DE RIEN !

      C’est de Symeon le "nouveau théologien" et ça date de l’an … mille !

      Il me semble que c’est toujours de rigueur (sic) ?

      J'aime

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