Analyse d'un secteur économique particulier

Le Graphique du Jour : Secteur Automobile européen , quelques chiffres clés

Le Graphique du Jour : Secteur Automobile européen, quelques chiffres clés 

 

   

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  1. Dimanche 15 Juillet Automobile, attention danger!

    Nous ne voudrions pas tomber dans le travers que nous allons dénoncer, l’interventionnisme, et nous mêler de ce qui ne nous regarde pas. Aussi, nous bornerons-nous à tirer la sonnette d’alarme économique et sociale au plan des principes.

    Quelques remarques liminaires:

    – personne ne conteste la réalité des surcapacités dans le secteur automobile et l’existence d’un marché mondial concurrentiel,

    – personne ne conteste les causes fondamentales, hausse considérable du prix de l’énergie, taxes, règlementations tatillonnes qui aggrave les coûts, climat de pénalisation du simple usage de la voiture, dégradation de son attrait social. Politique générale défavorable à l’auto en tant que moyen de déplacement et à l’auto en tant qu’affirmation narcissique,

    – personne ne peut nier que les volumes de productions des dernières années étaient artificiels, dopés, faussés par des subventions, primes à la casse, etc. C’est une industrie lourde, mure, très mure, tout à fait représentative de ce que l’on appelle la mauvaise allocation du capital provoquée par les politiques de crédit trop facile,

    – personne ne nie le caractère cyclique de cette industrie, son caractère très capitalistique, son poids stratégique et son importance en terme d’emplois directs et indirects,

    – personne ne semble considérer que la famille Peugeot ait démérité. Ils ont fait appel, quand il le fallait, à de grands managers extérieurs, ils ont toujours investi, refusé le malthusianisme, même quand, en terme d’optimisation de la fortune familiale, il leur a fallu réduire la voilure; Peugeot, c’est plutôt un capitalisme français modèle, un capitalisme productif, non parasite. La famille pratique plutôt la sous-consommation ostentatoire comme celle de Michelin, que le Bling Bling.

    Le fait que la famille soit propriétaire significatif d’une part du capital est un avantage considérable, elle est responsable. En tant que telle, elle garantit contre les dérives habituelles en France où les grands groupes, faute de responsables, faute de propriétaires, gaspillent les ressources au nom de soi-disant intérêts mal définis, mais toujours particuliers. Grâce à la propriété de PSA, on évite les colossales gabegies de type Veolia, Areva, Caisse des Dépôts, pour ne citer que les plus scandaleuses. La propriété est le moyen par lequel la contrainte économique de bonne gestion et d’efficacité se fait respecter. Le système familial Peugeot est un système stable qui garantit et favorise la prise en compte générationnelle du long terme.

    Le monde post-1970 est un monde où la contrainte de profit, de compétitivité, d’efficacité, s’est considérablement renforcée.

    Les frontières se sont ouvertes en terme de demande, en terme de mouvements de capitaux, en terme d’arbitrage international du travail. Le capital, dans ce monde, suit la ligne de plus grande pente du profit, il va investir et produire là où il est le plus productif, rentable, profitable.

    Le système actuel est plus capitaliste que celui d’avant 1970, la contrainte de profit s’est renforcée. Le profit est central dans le système, c’est par le taux de profit que se fait la sélection économique au sens Darwinien du terme. Celui qui ne fait pas le taux de profit moyen global dans les secteurs murs, est sûr de disparaitre à terme. Il disparaît, soit par asphyxie des ressources et des investissements, soit par rachat extérieur, du type de ce qui est arrivé à Sacilor.

    Tout ceci pour dire que, dans le système des années 70, on ne peut échapper à la contrainte de profit dans une perspective de long terme, bien sûr.

    Faute de profit, non pas minimum, mais faute d’accéder au taux de profit moyen requis dans le secteur, on disparaît. Le fait que PSA soit contrôlé par une famille est un avantage considérable, car ainsi, on est sûr que cette contrainte de profit est sinon respectée, du moins l’objectif premier. Si vous n’aimez pas le mot profit, remplacez-le par le mot efficacité, par l’expression bonne gestion des ressources, compétitivité, etc. Tout cela signifie la même chose, à savoir qu’il faut être aussi efficace que les autres, aussi innovant; nous arrêtons car vous avez compris.

    On ne choisit pas son taux de profit, c’est la concurrence qui le produit, pour tout le monde. C’est une donnée qui s’impose, une résultante. C’est la concurrence pour le profit qui règle les lois d’évolution de l’économie capitaliste.

    L’emploi, c’est la même chose. Le volume d’emploi dans un secteur est une donnée, une résultante, ce n’est pas un objectif autour duquel la gestion s’organise, c’est, il faut oser le dire, un résidu. Le résidu dépend d’une multitude de choses, le marché total, la part de marché, la composition géographique des ventes, la gamme, le taux d’investissement, la politique de financement choisie, le leverage, le coût du travail, la productivité, l’absentéisme, les impôts, le taux de change, et ceci n’est que la moitié de l’énumération qu’il faudrait faire pour écorner le sujet.

    Le monde issu des mutations des années 70 est un monde de concurrence exacerbée pour le profit, mais aussi par le profit. Notons au passage que le système chinois et asiatique en général réussit à truquer, fausser le jeu de la concurrence par et pour le profit en recourant à la socialisation du coût du capital. On exploite les peuples et leur épargne pour offrir, par le biais des banques, des fonds à coûts très bas, sous le coût de marché, aux firmes que l’on considère comme stratégiques. Mais rien ne se perd, rien ne se crée, les pays qui pratiquent cela en paieront le prix sous une autre forme. C’est une autre histoire.

    Le monde des années 70 est dominé par la contrainte de profit mais, en outre, il est hautement complexe. C’est un monde interconnecté, imbriqué, tout est relié à tout, à la fois dans les chaînes de la production réelle et logistique, mais aussi dans la chaîne financière. Cette complexité est hautement, définitivement autonome, ce qui veut dire que le mouvement de complexification n’est pas voulu, il a sa logique, sa nécessité et il nous entraine et il nous dépasse. Deux autres caractéristiques du monde moderne doivent être rappelées, outre la complexité. La première est l’accélération de l’Histoire et la seconde est l’amplification des forces que l’on déchaine. Tout s’accélère, tout sur-réagit.

    A ceux qui en doutent, nous donnons l’exemple de ce qui se passe en matière financière, la complexité se donne à voir chaque jour, en même temps qu’elle révèle l’impuissance des soi-disant responsables de la conduite des affaires à la maîtriser. Dans un monde complexe, les dégâts par les interventions des dirigistes, constructivistes, socialistes, sont considérables, même quand ils sont bien intentionnés. Pourquoi? Parce que, face à l’hyper-complexité, l’intelligence est dépassée, les outils sont insuffisants et l’intervention de l’homme, fut-il le génie qu’il prétend être, est incapable d’embrasser tous les paramètres. Le mode de gestion classique des problèmes par les esprits positifs, type ENA, le mode de résolution des conflits et antagonismes par les fameux optimum de Pareto et/ou la théorie des jeux est une fumisterie qui se manifeste chaque jour depuis 2008. Nous ne sommes pas éloignés de dire que ce mode de gestion, borné, mécanique, non dialectique, est l’une des causes fondamentales de la crise.

    Nous terminerons sur un dernier point: il est toujours possible d’échapper temporairement aux nécessités du réel, aux lois de l’économie, de la rareté et de la comptabilité en partie double, les souverains en ont donné l’exemple pendant 30 ans, l’URSS avait constitué un cas d’école qui n’a pas été étudié et encore moins retenu. On a vu ce qu’il est advenu de l’URSS, on voit ce qu’il advient des souverains en ce moment lorsqu’ils croient que l’on peut s’exonérer des lois naturelles de la gravitation économique.

    PSA, attention danger, disons-nous. Car cette affaire dépassera le cas de PSA, elle va servir d’exemple, de référence, elle va créer des antériorités, presque des droits acquis.

    L’objectif essentiel de ceux qui se mêlent d’intervenir devrait être, comme on dit aux Etats-Unis: please, no harm. C’est à dire, le plus important est de ne pas faire de dégâts, de ne pas obérer l’avenir, de ne pas choisir de voies qui conduiraient à des catastrophes plus grandes encore. L’humilité s’impose, elle conduirait, si elle était pratiquée, à tenter de préserver des principes fondamentaux sains et porteurs d’avenir plutôt que des emplois condamnés par avance.

    Les problèmes posés par la nécessaire restructuration de PSA sont exemplaires. Ils devraient être l’occasion pour François Hollande de clarifier, d’oser mettre à jour ses positions et ses principes. C’est au pied du mur qu’on voit le maçon, dit-on et, il y est, notre constructiviste.

    Est-ce que les solutions au douloureux problème de l’ajustement de l’outil de production d’un acteur clé, emblématique de l’économie française, sont des solutions de type gestionnaire, qui préservent la liberté d’entreprendre et les responsabilités qui en découlent, ou bien, est-ce que ce sont des solutions politiques. Nous disons bien politiques et non pas politiciennes. Politiques au sens où elles engagent l’avenir et au sens que lui donnent l’ultra-gauche, le Front de Gauche et la CGT. C’est à dire des solutions politiques qui font sortir du système actuel et l’engagent dans une voie socialiste, la voie d’un changement de système. Est-ce que le dossier PSA va constituer une de ses fameuses avancées réclamées par l’ultra gauche et la gauche du PS, voilà l’enjeu.

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