L’Edito du Dimanche 14 Octobre 2012 : Au voleur, au voleur! Quand le pillage est organisé Par Bruno Bertez

L’Edito du Dimanche 14 Octobre 2012 : Au voleur, au voleur! Quand le pillage est organisé Par Bruno Bertez

Comme le dit Aznavour, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre.

Un temps où la morale existait encore, où le cynisme ne régnait pas en maître et où ceux qui dérogeaient étaient punis.

Un temps où la kleptocratie n’imposait pas ses lois et où les manquements à l’éthique étaient sanctionnés, à tous les niveaux.

   En ce temps-là, il était de pratique courante que les émetteurs  obligataires rachètent leurs  titres obligataires avant l’échéance,  ils avaient un programme de rachat, lequel était avantageux pour la société en raison des décotes observées, dans certaines conditions, sur les titres concernés.

Comme il y avait une décote, il y avait un écart, un bénéfice. Il y avait du gras, un petit gras; mais un petit gras prélevé sur des dizaines ou des centaines de milliers de titres, cela fait du beurre dans les épinards ou de la graisse dans le cassoulet. D’autant que certains émetteurs avaient des dettes colossales et multiples.

La pratique était que le donneur d’ordre, le représentant de l’institution émettrice qui souhaitait racheter ses titres, se mette en cheville, en compte à demi avec  l’intermédiaire boursier chargé de l’opération pratique du ramassage. L’intermédiaire pour son compte et celui de son associé, achetait en avance sur le marché, front-runnait l’ordre réel, final, se mettait donc au milieu et empochait un écart. Ecart qu’il rétrocédait en partie à la personne qui lui avait confié l’ordre de ramassage.

C’était en quelque sorte une opération d’initié sur le dos de l’institution finale qui rachetait les titres. Pas seulement d’initié, mais aussi contraire à l’éthique, puisque le client final n’était pas vraiment bien servi, il était traité comme un pigeon. Son prix de revient n’était pas aussi bon qu’il aurait pu être.

Les bonnes choses ont une fin et les autorités boursières ont mis leur nez dans cette pratique, elle a été stigmatisée et punie.

On a beau avoir de la sympathie comme nous, pour les marchés à l’ancienne, on ne peut qu’approuver et encourager la sanction de ces pratiques. Elles sont, vues avec les yeux de maintenant, infâmes.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Il fut un temps aussi où les Banques Centrales avaient une morale. Elles n’annonçaient pas, pour le bénéfice de quelques happy few, les futures décisions, les futures politiques monétaires. Il n’y avait pas, en ce temps-là, de pre-commiment. C’était la pratique normale, morale, on ne révélait par avance, en langage codé ou non, à la classe des kleptos et des banquiers ce que l’on allait faire. La Bundesbank, dont la politique monétaire était sérieuse et rigoureuse allait plus loin, elle s’efforçait de prendre les marchés à contrepied, de les surprendre. Cela décuplait l’efficacité de ses interventions et de ses changements de politique. Pour parler comme en Bourse, il n’était pas facile de lui jouer sur le poil, de la front runner. 

Trichet s’est tenu à cette politique et il doit en être remercié. Il y avait encore quelque chose de la Buba chez cet homme, malgré quelques entorses.

La Fed, détenue, dirigée par les kleptos et leur clique, mène une politique radicalement opposée. Non seulement, elle annonce en langage codé ses precommitments, elle fait des precommitments, mais elle fait des réunions secrètes privées avec la classe klepto, banquiers et hedge funds, pour passer les sous titres et recueillir leurs réactions.

On comprend que les  « desk » de Morgan, Goldman, ou encore Citi aient du mal à enregistrer un jour de pertes dans leurs spéculations. Pour perdre quand on a toutes les cartes en mains, y compris le jeu des adversaires, il faut vraiment être nul. Mais cela arrive, c’est vrai.

Dans le cadre de cette connivence, qu’en d’autres temps on aurait appelé « association de malfaiteurs », les banquiers anticipent les achats ou ventes du public, en fonction à la fois de la stratégie de la Fed de New York, en fonction  de leur stratégie propre, en fonction de leur manipulation de l’information, soit par les médias, soit par leurs notes privées. Nous vous conseillons de revoir le film, La Banquière, avec Romy Schneider, on n’a pas fait mieux sur les pratiques boursières. Tout est encore valable, aujourd’hui.

 

Les Banques Centrales honnêtes savent que la communauté spéculative mondiale dispose de moyens considérables, qu’elle a les cerveaux les plus affutés, sinon les moins scrupuleux, et donc annoncer par avance ses futures opérations sur les marchés,  c’est s’exposer à l’inefficacité, aux détournements, aux prélèvements malhonnêtes.

Il est évident qu’une commission d’enquête compétente, faite par un type comme Spitzer, par exemple, ferait ressortir que chez les Banques Centrales,  il y a des comptes à demi avec les banquiers, exactement comme cela se faisait dans les temps anciens entre les émetteurs qui rachetaient leurs obligations et les intermédiaires chargés d’y procéder.

L’argument de la Fed, fallacieux, pour annoncer ses intentions, faire du précommitment, c’est que c’est avantageux!

La question est de savoir pour qui? Pressée dans ses retranchements, elle avoue, cela évite à la place financière d’être surprise, prise à contrepied, de perdre de l’argent, ainsi elle transmet mieux la politique que nous voulons suivre. Diantre ! De là à ne pas perdre de l’argent et à en gagner sur le dos du public et des Trésors Publics, il n’y a qu’un pas qui a été vite franchi.

Notre Draghi n’est pas intelligent, mais il est rusé. Il a été VP chez Goldman Sachs, il connait toutes les ficelles. Il maitrise les arcanes de la spéculation, ses méthodes. Il est lui-même un membre de ce que nous appelons la communauté spéculative mondiale. Il est membre, fournisseur, associé etc.

Dans la grande révolution des principes de la BCE que nous avons épinglé dans nos articles, « Draghi prend le pouvoir » et « Le crime de Draghi », il y a un fil conducteur, c’est l’alignement sur les pratiques de la Fed.

L’alignement consiste à  se mettre cyniquement au service des kleptos et à leur faire gagner de l’argent. Donc Draghi a choisi d’annoncer par avance ce qu’il va faire, de pratiquer le précommitment. Il a annoncé qu’il allait acheter sans limite sur le marché les obligations décotées, comme nos compères ci-dessus, soutenir les prix, faire chuter les taux. Bref, il va faire comme nos complices de l’ancien temps, il va racheter sans limites les émissions en cours. Mais attention, il va faire pire qu’eux, il ne va pas chercher à optimiser l’usage des fonds ; au contraire, il va chercher à en gaspiller le plus possible. Il va chercher non pas à avoir le meilleur prix de revient de ses achats mais le pire, le plus mauvais. Il va chercher à obtenir le prix le plus élevé et le rendement le plus bas! Ah le fameux tiers payant!

Bill Gross, chef klepto de génie, bon joueur de poker formé à Las Vegas déclare : « Nous sommes en train d’acheter ce que la Fed et la BCE vont acheter ». Notre ami Bill, c’est la bagatelle de 1,7  trillions sans compter les leverages directs, les leverages par le biais des dérivés. Quand il bouge, c’est en masse par dizaines et quelquefois centaines de milliards comme il l’a fait récemment sur les MBS en  front-runnant le QE3. Nous vous laissons le soin de calculer le prélèvement ainsi opéré sur la richesse mondiale. Gross achète la dette espagnole et italienne, cela est confirmé par les gens proches des marchés.

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La nouvelle a été annoncée sur Twitter. Pimco, le plus gros gestionnaire obligataire au monde, est de retour sur le marché des emprunts d’Etat espagnols et italiens. Aux mois d’août et septembre, il est passé d’une position «sous-pondérer» à une pondération «neutre» sur les titres de maturités courtes émis par les deux pays.

Comment expliquer ce revirement ? « En annonçant son programme d’achats de dette d’Etat appelé ‘OMT’, la Banque centrale européenne (BCE) a confirmé son rôle de prêteur en dernier ressort. Pour nous et pour beaucoup d’investisseurs, cette annonce change la donne», explique Matthieu Louanges, directeur exécutif chez Pimco, pour qui le risque de dislocation désordonnée de la zone euro a significativement diminué. «Cela permet de faire revenir des investisseurs privés sur les dettes de l’Espagne et de l’Italie. Pimco a pour sa part choisi de se mettre dans le sillage de la BCE en achetant particulièrement les titres qui seront ciblés par l’OMT -c’est à dire les dettes de 1 à 3 ans -qui comportent désormais un risque de crédit minime.»

Dette française plus chère

Si la décision de la banque centrale a servi de déclencheur, d’autres facteurs expliquent le changement de stratégie du célèbre gestionnaire basé à Newport Beach en Californie. «En raison de la ‘fuite vers la qualité’, les dettes des pays du noyau dur de la zone euro, les dettes supranationales ou celles des agences bien notées offrent très peu de rendement, voire des rendements négatifs sur les maturités courtes», rappelle Matthieu Louanges. «La réglementation européenne accentue aussi le phénomène de taux très bas sur les emprunts d’Etat, car elle incite les banques à détenir ces titres, qui n’exigent aucune charge de capital en face. Conséquence : la dette allemande est devenue trop chère et la dette française, qui fait partie du deuxième cercle après l’Allemagne, s’est aussi fortement renchérie [donc ses taux ont baissé, NDLR]». Pimco juge dès lors qu’il est intéressant de reprendre position sur les dettes de pays dont les taux sont plus élevés. «Nous sous-pondérons tous les emprunts d’Etat et titres qui offrent une prime de risque faible qui ne sont pas visés par le programme de la BCE.»

Les dettes des pays fragiles de la zone euro ne sont toutefois pas la seule alternative. «Mais il ne faut pas oublier que le marché obligataire de la zone euro est le plus performant de tous les marchés cette année : il rapporte entre 8% et 10%, alors que le marché américain ne rapporte que 5% et le marché japonais 1,5%», fait valoir le gérant. «Dans la zone euro, tous les écarts de taux se sont resserrés, sauf pour la dette espagnole. Cela signifie que les investisseurs qui avaient par exemple acheté de la dette irlandaise ont engrangé des profits.» Matthieu Louanges insiste aussi sur l’amélioration du climat dans la zone euro.La visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Grèce est à cet égard un signal encourageant.

Danger pour l’Espagne

Un danger se profile néanmoins : celui d’un déclassement de la note espagnole en catégorie spéculative. Standard & Poor’s vient d’abaisser sa note et Moody’s doit prochainement rendre son verdict sur l’Espagne. « La notation continue de jouer un rôle très important : beaucoup d’investisseurs, comme les OPCVM, les fonds de pension ou les compagnies d’assurance sont obligés de détenir des titres ayant une certaine note de crédit, » reconnaît Matthieu Louanges, tout en rappelant que la réglementation pousse les banques à détenir des emprunts d’Etat même mal notés. La réglementation des assureurs les rend aussi moins sensibles au critère de la notation en ce qui concerne les dettes des Etats. «On a vu par exemple que beaucoup d’assureurs ont acheté de la dette française en novembre dernier, malgré les tensions dans les marchés. C’est pareil aujourd’hui pour la dette espagnole : les banques ibériques continuent de la considérer comme l’actif de référence.» ISABELLE COUET/Les Echos

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Bloomberg annonce le 3 octobre:  « Pimco et Blackrock sont parmi les investisseurs-sic et resic- qui achètent les dettes des pays les plus endettés en Europe ».

Pimco c’est 1,7 trillons, mais Blackrock c’est… 3,9 trillions.

La semaine dernière, la dette espagnole a fait une belle performance, le rendement du 10 ans a chuté de 22 pbs à 5,65%. On vient de 7,5% au plus haut avant le coup d’état de Draghi.

Calculez, c’est colossal, le prélèvement sur la richesse mondiale est effarant. L’enrichissement des kleptos…

WEZW_Yields

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La prise de risque paie. Les audacieux qui ont acheté des emprunts d’Etat italiens en début d’année et qui voudraient les revendre aujourd’hui ont gagné environ 15 %. Tant mieux pour les banques locales qui ont massivement investi il y a plusieurs mois, dans un mouvement général de renationalisation des dettes publiques en Europe. Depuis que la BCE a promis cet été de « tout faire » pour sauver l’euro, les efforts du gouvernement Monti pour réformer la troisième puissance de la région sont appréciés à une plus juste valeur. Des investisseurs étrangers tentent un prudent retour et le rendement élevé de la dette italienne comparé à celui qu’offrent les OAT françaises ou le Bund allemand fait la différence. La demande est là et le taux des BTP à 10 ans est retombé d’une cime hivernale de 7,13 % début janvier à 5,03 % hier, générant une plus-value potentielle inédite sur les autres dettes européennes.

Les gérants de fonds qui ont massivement souscrit aux emprunts émis par les groupes du Sud de l’Europe, et ceux qui achètent aujourd’hui la dette des banques italiennes et espagnoles, font aussi le pari d’un retour en grâce de ces titres décotés. Pimco a jeté son dévolu sur les emprunts de Banco Santander et Intesa Sanpaolo ; AllianceBernstein a accru sa position en obligations BBVA tandis que Blackrock prise plutôt Santander, énumère l’agence Bloomberg. Comme leurs Etats, auxquels leur sort reste financièrement très lié, les valeurs bancaires respirent mieux depuis quelques semaines et les primes de risque diminuent. La poursuite de la détente dépend encore du sud, le Premier ministre espagnol en a la clef. Sa demande d’aide à l’Europe permettra de tester la promesse de la BCE d’assurer le financement des pays en difficulté. C’est la condition indispensable pour entretenir la confiance des étrangers dans l’avenir de la zone euro et de ses marchés. Par Muriel Motte /Les Echos

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Nous ferons trois observations.

Jamais le système n’avait fait preuve d’une immoralité aussi cynique, aussi publique, aussi effrontée.

La BCE est prisonnière, elle est obligée de concrétiser, de délivrer, de tenir ses promesses.

Sinon, c’est la catastrophe, la spéculation s’est placée du même côté du bateau, si on ne lui paie pas son dû, elle fait chavirer le bateau. Draghi le sait, il va payer, avec nos, avec vos sous, ceux que les socialistes qui soutiennent cette politique vous prélèvent. En cas de non délivrance des promesses ou d’accident de parcours, ils vont se ruer sur la porte et faire s’effondrer les marchés.

D’ores et déjà, le succès de l’opération de rachats de titres obligataires des pestiférés sur les marchés est compromis, entaché. La masse spéculative est telle que les capitaux  à engager vont devenir hors de proportions.

Les non-autorités européennes, les non-responsables sont entièrement dans les mains de Blackrock et Pimco et autres, si ces derniers froncent les sourcils, ils sont obligés d’obtempérer. Si tu n’obéis pas, nous cassons le marché, c’est le message, même pas implicite.

Draghi a voulu jouer au plus fin, nous l’avons dit, il a vendu son âme au diable et celle des citoyens européens avec.  Mais, pour manger avec le diable, Monsieur Draghi, il faut une longue, très longue cuiller.

Axel Weber s’y connait aussi bien en central banking qu’en diables et en Méphistophélès.  Voici  ce qu’il dit: « Beaucoup espèrent que l’action forte de la BCE va apporter la stabilité sur les marchés financiers, le risque est que ce schéma de rally de court terme et d’incertitude long terme soit avec nous pour longtemps. »  Citation extraite de Bloomberg le 2 octobre.

Draghi n’a nullement restauré la confiance; il a lancé la meute des prédateurs sur les marchés; il en est maintenant l’otage, voire l’obligé.

La seule solution, il faut déclencher une enquête. Il faut annoncer que la BCE ne fera pas la contrepartie des prédateurs et qu’elle n’achètera que les vrais titres du vrai marché secondaire et que les positions des prédateurs seront, au besoin, gelées. La BCE doit faire avec les gros, ce que l’on fait régulièrement avec les petits, les priver du produit de leurs malversations.

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 14 Octobre 2012

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EDITO PRECEDENT : L’Edito du Samedi 6 Octobre 2012 : Traité Budgétaire Européen par Bruno Bertez

EN BANDE SON :



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9 réponses

  1. Dimanche 14 octobre 2012 :

    Le FMI vient de réviser ses propres calculs concernant la zone euro : la situation est encore pire que prévu.

    Selon les calculs du FMI, la dette publique de la Grèce sera de 181,8 % du PIB en 2013.
    La dette publique de l’Italie sera de 127,8 % du PIB en 2013.
    La dette publique du Portugal sera de 123,7 % du PIB.
    La dette publique de l’Irlande sera de 119,3 % du PIB.
    La dette publique de l’Espagne sera de 96,9 % du PIB.
    La dette publique de la France sera de 92,1 % du PIB.

    http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/981/files/2012/10/Dette-Brute.gif

  2. Bonne idée. Et comment faire pour qu’ils annoncent que la BCE ne fera pas la contrepartie des prédateurs et qu’elle n’achètera que les vrais titres du vrai marché secondaire et que les positions des prédateurs seront, au besoin, gelées ?

    • @Alain VD

      Il s’agit d’employer exactement les mèmes méthodes que celles qui sont employées pour détecter et sanctionner les opérations d’initiés, les méthodes existent, les programmes également: relevés de transactions, enquètes sur les plus grosses et plus suspectes. Quant aux textes ils sont surabondants.

      Il suffit de changer les mentalités et de perdre cette connivence qui fait que les banques de la spéculation globale sont considérées comme service public alors qu’elle ne sont qu’au service des intérets privés, les leurs et ceux des politiciens complices.

      La révolution est culturelle, il s’agit d’opérer un changement d’optique.Tous les agents économiques sont égaux et sur le mème pied.

      Dans le cas des opérations d’initiés, la confiscation du gain est la règle par le biais d’un dépot de caution qui représente souvent le montant du gain augmenté d’une amende provisionnelle.

      En fait l’application systématique des lois existantes telles qu’on le fait pour les particuliers et les firmes non systèmiques, suffirait largement à combler ce qui est non pas une lacune, mais une tolérance coupable.

      Trouvez vous normale la dissymétrie actuelle ? On vous tond au nom de la soi disant justice, exemple l’idiotie de la taxation/redevance télé dans les résidences secondaires ce est qui d’un cynisme absolu. On veut maintenir la fiction d’une redevance d’usage , mais on imagine pour taxer, que les usagers peuvent avoir le don d’ubiquité et ètre en deux endroits à la fois. Un impot injuste et percu comme tel est légitimement fraudé.

      A force d’ètre considérés comme des sujets les citoyens n’arrivent mème plus à imaginer ce que doit ètre une société de liberté et d’authentique égalité face à la loi.

      Je soutiens que mème l’Etat n’est pas au dessus des lois et que le soi disant alibi de l’intéret general a bon dos.

      Nos démocrates et pseudo républicains se réclament du siécle des Lumières, des PhIlosophes, de la Révolution, ils feraient bien de lire, je n’ose dire relire , les grands textes sur le fondement des démocraties, du contrat social et de l’esprit des lois.

      Je ne suis pas sur que ces gens aient entendu parler des imperatifs de la loi, des différences entre l’arbitraire et le nécessaire, le général et l’universel etc. .

      Nous sommes gouvernés par des gens qui se réclament du passé, de l’Histoire, des grandes idées, mais qui en réalité, sont d’une totale inculture et en revanche du plus absolu cynisme. Nous ne sommes plus dans des Etats de droit, nous sommes en plein dans le Leviathan.

  3. Mardi 16 octobre 2012 :

    Un risque d’insurrection pan-européenne.

    Les grandes manoeuvres de la Suisse.

    Face à cette montée des tensions sociales et à l’inquiétant accroissement des inégalités dans l’Europe Club Med qui, on l’oublie un peu vite, a été précédée de brusques poussées de fièvre ponctuelles en Angleterre et de ce côté-ci de la Manche, le tout accompagné d’une résurgence du risque terroriste, et craignant sans doute leur extension à l’ensemble du continent, les Suisses qu’on ne prend jamais au dépourvu, s’organisent tranquillement.

    Forte de son armée de 200 000 hommes, elle a organisé du 6 au 21 septembre 2012, un exercice militaire désigné sous la charmante appellation de « Stabilo Due » destiné à vérifier « sa disponibilité opérationnelle ».

    Y ont participé comme l’indiquait le 11 septembre Daniel Reist, le responsable de la communication de la Défense : « …le chef de l’armée et son état-major militaro-stratégique, l’Etat-major de conduite de l’armée (échelon opératif), les commandants et les états-majors de la région territoriale 4, la brigade d’infanterie 5, la brigade blindée 11 ainsi qu’une formation d’engagement ad-hoc des Forces Aériennes et le commandement des Forces Spéciales (échelon tactique)… »

    Stabilo Due, l’entraînement à la contre-insurrection helvète.

    Au ministère, désigné chez nos amis helvètes comme le « Département Fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports » on ne faisait nul mystère que « …le concept d’exercice STABILO DUE repose sur un scénario supposant l’instabilité d’une partie de l’Europe spécialement délimitée pour l’occasion. La Suisse connaît également des troubles, des attentats et des actes de violence. Ce scénario de situation extraordinaire vise notamment à vérifier l’appui fourni aux cantons dans le domaines des engagements subsidiaires ainsi que la conduite et l’engagement de la réserve opérative de l’armée, en l’occurrence de la brigade blindée 11 ».

    Vu de l’autre rive de l’Atlantique par John R. Schindler, qui enseigne les affaires de sécurité nationale à l’Ecole Navale de Guerre US, le jeu de rôle helvétique était récemment expliqué en ces termes :

    « Les exercices militaires suisses de septembre désignés sous le nom de Stabilo Due reposent sur l’hypothèse que l’instabilité de l’Union Européenne devienne incontrôlable. Les suisses sont restés hors de l’Union Européenne – une chose de plus dont ils se félicitent ces temps-ci – et la dernière chose qu’ils souhaitent c’est que les problèmes de l’Union débordent dans leur petit pays pacifique »

    Entrant dans le vif du sujet il ajoute : « Il est communément admis par les spécialistes européens de la sécurité que si le prochain Anders Brievik s’attaquait à des musulmans, les choses prendraient une très sale tournure dans des proportions inimaginables. Il est difficile d’imaginer que les modestes armées européennes puissent faire face à des troubles civils massifs… »

    Le savoir faire français.

    Comme en écho aux propos de Schindler, la communauté des experts en sécurité intérieure US manifeste un regain d’intérêt pour l’ouvrage du Colonel Philippe Coste, publié en avril 2010 sous le titre « Doctrine de Contre-Rébellion » par le Centre de Doctrine d’Emploi des Forces de l’Armée de Terre.

    Un petit ouvrage dont l’idée a du notamment prendre racine dans l’expérience des troupes françaises en Afghanistan, engagées comme chacun sait dans une guerre sans nom aux côtés d’un état fantoche qui devrait se voir attribuer le Nobel toutes catégories de la Corruption, contre un adversaire sans visage qualifié « d’insurgé » par les services de propagande des armées présentes sur place.

    Sa remarquable traduction (« Doctrine for Counterinsurgency at the tactical level ») réalisée par le colonel Antoine Treuille assisté des lieutenants-colonel Patrick du Tertre, Christian Millet et Stanislas Magnien de Magnienville), en fait un produit « vintage » que s’arrache peut être l’entourage de Janet Ann Napolitano entrée en croisade sécuritaire le 20 janvier 2009 comme Secrétaire à la Sécurité Intérieure de l’administration Obama.

    Un rapport du parlement européen sur le contrôle des foules.

    Est-t-il même utile de rappeler dans un tel contexte, que le Parlement Européen ( !) avait déjà envisagé en juin 2000 que les peuples rassemblés sous la tutelle bienveillante de l’Union puissent un jour se rebeller faute de pouvoir exprimer démocratiquement leur ras le bol.

    C’est en tout cas ce qu’il n’est pas déraisonnable de conclure à la lecture du passionnant rapport titré « Crowd Control Technologies : an appraisal of technologies for political control » qu’on traduira pour les lecteurs de Bakchich toujours fâchés avec la langue de Shakespeare par : "les technologies de contrôle des foules : passage en revue des technologies destinées au contrôle politique" …. !

    Sans commentaire…

    http://www.bakchich.info/international/2012/10/14/un-risque-dinsurrection-pan-europeenne-61812

  4. Felicitations pour cet article et quelques autres . Je n’hesite pas à dire que de tout ce que je connais sur le Web ce sont ceux que j’estime les plus clairs et les plus documentés , qui plus est accompagnés de style .

  5. Lisez cet article, paru sur le site du ministère de la Défense suisse : l’exercice STABILO DUE a regroupé l’armée de terre et l’armée de l’air.

    "L’exercice-cadre d’état-major STABILO DUE a débuté le 6 septembre et se terminera le 21 septembre 2012. La disponibilité opérationnelle de la conduite militaro-stratégique, de la conduite opérative et de la conduite tactique est vérifiée sur les sites de Berne, Lucerne, Kriens et Monte Ceneri ainsi qu’à Dübendorf, à Emmen, à Payerne et dans la vallée de la Reuss.

    L’objectif principal de l’exercice-cadre d’état-major STABILO DUE consiste à vérifier la disponibilité opérationnelle de la conduite de l’armée aux échelons militaro-stratégique, opératif et tactique dans les domaines de la planification de l’action et de la conduite de l’engagement. Cette vérification se déroule en parallèle et à plusieurs échelons simultanément.

    Concrètement, STABILO DUE permet d’exercer le chef de l’Armée et son Etat-major militaro-stratégique, l’Etat-major de conduite de l’armée (échelon opératif), les commandants et les états-majors de la région territoriale 4, de la brigade d’infanterie 5, de la brigade blindée 11 ainsi qu’une formation d’engagement ad hoc des Forces aériennes et le commandement des forces spéciales (échelon tactique). Au total, quelque 2000 militaires prennent part à STABILO DUE.

    Le concept d’exercice STABILO DUE repose sur un scénario supposant l’instabilité d’une partie de l’Europe spécialement délimitée géographiquement pour l’occasion."

    Cet article est ahurissant.

    En France, une seule chaine de télévision a parlé de cet exercice de l’armée suisse : la vidéo dure 8 minutes 16 :

  6. Mercredi 17 octobre 2012 :

    Les banques genevoises ont reçu de l’argent venant d’Espagne.

    "Les banques et gérants de fortune genevois ont reçu depuis le début de l’année de l’argent venant d’Espagne, transféré par des clients inquiets de l’état du système bancaire espagnol", a indiqué mercredi le président de la Fondation Genève Place financière, Bernard Droux, au cours d’une conférence de presse.

    "C’est de l’argent fiscalisé, ces clients ont choisi délibérément de placer leur argent en Suisse car ils n’ont plus confiance dans les banques espagnoles", a indiqué M. Droux, en ajoutant que les banques anglo-saxonnes observent le même phénomène d’arrivée de capitaux espagnols.

    (©AFP / 17 octobre 2012 13h49)

    Mardi 9 octobre 2012 :

    La crise de la zone euro, commencée il y a près de trois ans avec la Grèce, s’analyse comme une vaste fuite de capitaux privés auxquels les institutions européennes, BCE en tête, ont dû se substituer, souligne le FMI. Les banques privées ont ainsi diminué de moitié leurs engagements sur les cinq pays de la périphérie, les ramenant à environ 750 milliards.

    Les mouvements sont devenus gigantesques. Entre juin 2011 et juin 2012, l’Italie et l’Espagne ont enregistré des sorties atteignant 235 milliards et 296 milliards d’euros respectivement (soit 15% et 27% de leur PIB). Ces chiffres recouvrent à la fois les désengagements des investisseurs non résidents, qui ont vendu leurs titres d’État, mais également des sorties de capitaux de la part des épargnants.

    En revanche, les établissements du «cœur de la zone euro», autrement dit l’Autriche, la Finlande, l’Allemagne et les Pays-Bas, selon le classement du FMI, ont vu leurs dépôts s’envoler, de l’ordre de 350 milliards d’euros depuis l’été 2011. Ces mouvements de ­capitaux qui divisent la zone euro ­expriment les craintes d’une «redénomination de la monnaie» (sic), en clair un retour aux devises nationales. «La fuite des capitaux et la fragmen­tation du marché (interbancaire) qui en ont résulté ont fragilisé les ­fon­dements mêmes de l’Union, à savoir des marchés intégrés et une politique monétaire commune effective», avertissent les experts de Washington.

    http://plus.lefigaro.fr/article/le-sauvetage-de-leuro-a-deja-coute-1100milliards-20121009-1277579/commentaires/12508769

  7. Un coup d’Etat se prépare.

    Un coup d’Etat anti-démocratique se prépare.

    Lisez cet article :

    Angela Merkel affiche sa fermeté. Alors que doit s’ouvrir ce jeudi 18 octobre un nouveau sommet européen à Bruxelles, la chancelière allemande fait savoir qu’elle souhaite que l’Union Européenne puisse rejeter le budget d’un pays membre.

    "Nous pensons, et je le dis au nom de l’ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l’Europe un véritable droit d’ingérence sur les budgets nationaux", a-t-elle déclaré. Angela Merkel appuie l’idée de confier un droit de veto dans ce domaine au commissaire européen aux Affaires économiques.

    (Dépêche AFP)

    Vous avez bien lu : ce ne seront plus les députés et les sénateurs français qui décideront du budget de la France.

    Ce sera le commissaire européen aux Affaires économiques.

    Ce sera un technocrate non-élu, sans aucune légitimité démocratique, qui décidera finalement quel doit être le budget de la France.

    En clair : ce sera Olli Ilmari Rehn qui décidera finalement quel doit être le budget de la France.

    Olli Ilmari Rehn, né le 31 mars 1962 à Mikkeli en Finlande, est un homme politique finlandais et européen membre du Parti du Centre (Kesk).

    Après avoir été brièvement commissaire européen pour les Entreprises et la Société de l’information en 2004, il a occupé pendant cinq ans le poste de commissaire européen pour l’Élargissement. Depuis 2010, il est titulaire du portefeuille des Affaires économiques et monétaires.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Olli_Rehn

    • Ouais ben c’est peut-être pas si grave que cela, quand on voit comment le budget a été géré par nos chers politiques "democratiquement" elus (quel blague), je pense qu’ils ne peuvent pas faire pire… puis de toute façon vu l’incapcité mentale des français a faire des additions ou des divisions (y a qu’à voir comment ils se sont debrouillés avec l’euro, comment ils se le sont fait mettre), je pense qu’on ne peut pas voir pire en terme de "gestion", si tant est qu’on peut lui attribuer ce terme…

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