A Chaud!!!!!

Politique Friction du Vendredi 19 Octobre 2012: Le sommet européen, l’interview de Hollande par Bruno Bertez

Politique Friction du Vendredi 19 Octobre 2012: Le sommet européen, l’interview de Hollande par Bruno Bertez

François Hollande a décidé de donner une interview à la presse étrangère. Il s’agit de sa première interview importante depuis son élection en mai. Le texte est publié dans le Guardian, la Stampa, El Pais, la Süddeutsche Zeitung.

L’actualité de cette interview est fournie par le sommet européen.

    Nous ferons d’abord remarquer que la pratique par les leaders européens de donner des interviews dans les journaux étrangers se généralise. On ne se contente plus de manipuler sa propre opinion publique, on essaie de manipuler celle de ses voisins. La diplomatie ne consiste plus seulement à transmettre des messages par les canaux habituels, elle consiste également à transmettre ses messages par les médias publics. Dans une certaine mesure, il s’agit de peser sur les peuples afin qu’indirectement ceux-ci fassent pression sur leurs propres gouvernements. Une sorte de supranationalité, par conséquent, s’ébauche. Sans le dire, on change de système.  Nous aurons certainement l’occasion d’y revenir.

François Hollande, dans cette interview, trace les grandes lignes, l’articulation de son action. Il tente, en quelque sorte, de résumer et de concilier les points importants, voire contradictoires.

Ainsi, il considère que le retour à la croissance implique que l’on mobilise des fonds au niveau européen. Il nous dit que c’était l’objet du pacte de croissance adopté au sommet en juin dernier.

Nous nous arrêtons d’ores et déjà sur cette affirmation car c’est un choix fondamental que d’oser dire que le retour à la croissance implique de mobiliser des fonds. Pourquoi pas mobiliser des prières et des invocations? Nous sommes dans une faiblesse d’esprit congénitale qui consiste à croire que ce sont les signes, bref, l’argent, qui produisent la croissance. Croyance typique de personne qui n’a jamais eu d’activité productrice et qui marche sur la tête. Ce sont les hommes qui créent la croissance par leur travail, par leur innovation, par leur ambition. Et ils le font par le biais de l’incitation; le mot clé de la croissance, c’est l’incitation. L’argent est une incantation magique. Nous rappelons en passant une très vieille phrase du regretté Marcel Dassault que tout gouvernement devrait méditer, tout syndicat, toute organisation patronale, bref que tous les participants du monde de la magie devraient apprendre par cœur. Marcel Dassault disait: « ce sont les produits qui créent l’argent, jamais l’argent qui crée les produits ». Et les produits, ce sont les hommes qui les font.

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Donc, François Hollande reste dans son cadre de pensée, celui du keynésiannisme et du financiarisme. Il ne lui vient pas à l’idée de tourner ses yeux du côté de la Chine qui est partie de rien et qui est maintenant le compétiteur mondial, leader dans presque tous les domaines et qui, à la faveur d’une population industrieuse, nombreuse, efficace et éduquée, à la faveur d’un système fondé sur l’incitation, a accumulé des réserves financières et des capitaux qui en font en réalité le maître du monde. La Chine donne l’exemple et la preuve que ce sont les hommes qui produisent les richesses et non pas les capitaux. A fortiori, les capitaux tombés du ciel, les capitaux bancaires, les subventions, bref, les capitaux non gagnés. Le capital gagné dans le cadre de l’association entre l’activité humaine, l’épargne, le goût du risque, l’innovation, est efficace. Le reste n’est que gaspillage.

Deuxième point, François Hollande reconnaît qu’il faut améliorer la compétitivité. Discours creux comme on en entend aussi  bien venant de droite ou de gauche, ou du milieu ou des côtés. La compétitivité est un mot creux qui sert à masquer une volonté de baisser les pouvoirs d’achat, baisser les salaires, baisser les retraites et les protections sociales. Hélas, ou plus exactement heureusement, la compétitivité n’est pas cela. Là aussi, François Hollande ferait bien de regarder du côté de la Suisse, pays le plus compétitif du monde avec des salaires élevés, un taux de chômage très bas et une protection sociale efficace. La compétitivité, cela vient d’en bas, pas d’en haut. Cela vient de l’efficacité à produire des richesses, cela vient du souci d’économie, cela vient de l’innovation et cela vient de l’investissement. Qu’est-ce que l’investissement, c’est l’accumulation des capitaux et leur utilisation à des fins productives. Nous sommes loin de la compétitivité vue par Hollande et son gouvernement, conçue comme austérité, transferts et finalement régression.

Troisième point. Le Président français affirme qu’il faut qu’en Europe, les politiques économiques soient coordonnées. On sait ce que cela veut dire: les pays qui ont un surplus doivent faire du keynésiannisme, augmenter les dépenses, afin de stimuler leur demande interne. Ils doivent le faire par le biais de hausses de salaires et par des baisses d’impôts. Monsieur Hollande appelle cela de la solidarité. Nous nous appelons cela « se tirer une balle dans le pied». Les forts doivent devenir laxistes, les forts bien musclés doivent devenir mous, gras et bedonnants. Il faut, bien sûr, augmenter le nombre de fonctionnaires et d’improductifs. Bref, ce que Hollande conseille à l’Europe, c’est d’émousser, de rogner son fer de lance allemand, néerlandais, finlandais, de perdre sa compétitivité internationale au nom de la solidarité. Dans la conception de Hollande, ce ne sont pas les faibles qui doivent devenir forts, mais les forts qui doivent devenir faibles. C’est une attitude d’esprit que l’on retrouve sans arrêt chez les socialistes. Au lieu d’accepter que la société marche en avant sous la conduite des plus forts, on considère qu’elle doit stagner, voire régresser, pour que les trainards ne soient pas lâchés. On voit ce que cela donne en matière d’éducation et d’école. La France tue ses élites au profit des analphabètes.

Voilà ce que nous considérons comme essentiel dans l’interview de Hollande. Pour nous, le reste n’est que circonstanciel. Le Président français développe une vision politique, sociale, économique, parfaitement identifiée: c’est une position qui, derrière des vocables généreux, mais dévoyés,  comme ceux de solidarité, masque une politique de renoncement et de régression. Cette fois, non plus seulement de régression pour la France car celle-ci est déjà acquise, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe et surtout pour ses fers de lance qui croient encore à l’excellence. Notons au passage l’eurocentrisme. Notons au passage à quel point la vision est courte. L’horizon du dirigeant français, c’est l’Europe, il n’a pas encore accédé à la vision mondiale, à la vision d’un monde globalisé. C’est le combat de 1982 alors que nous sommes en 2012. La solidarité qu’appelle de ses vœux François Hollande implique quasi automatiquement un abaissement des capacités économiques de l’Europe  à relever le défi de la compétition globale.

Bien entendu, dans ce cadre, on n’abandonne pas les instruments du laxisme. On continue de plaider pour les euro-bonds, forme d’impôt sur les productifs au profit des improductifs, on n’abandonne pas le recours à la planche à billets et aux facilités monétaires. On notera un petit hommage du vice à la vertu dans la mesure où on accepte de considérer que celui qui paie doit avoir le contrôle de l’usage des fonds dont il accepte de se dessaisir. Celui qui paie doit avoir le droit de surveiller de contrôler et de sanctionner. Sur ce point, Hollande fait une concession aux Allemands, mais elle est totalement vide puisque la France refuse pratiquement concrètement tout ce qui donnerait les   moyens de surveiller, de contrôler et de sanctionner. La pirouette étant rendue possible bien évidemment par le fameux recours à la mutualisation de la dette, c’est à dire les euro-bonds.

Nous assistons également dans cette interview à la naissance d’un nouveau mouton à cinq pattes. Les socialistes français en avaient déjà produit un en la forme de l’austérité dans la croissance. C’est le fameux pacte budgétaire que l’on signe en échange d’une petite poignée de lentilles pour faire semblant de privilégier la croissance. C’est le mythe de la correction budgétaire dynamique, celle qui permet d’appuyer sur le frein et l’accélérateur en même temps.

Le nouveau mouton à cinq pattes, c’est l’intégration dans la solidarité, l’intégration solidaire: « chaque fois que nous faisons un pas vers une plus grande solidarité, l’union conçue comme respect des règles communes, doit progresser également ». Il faudrait un magazine complet pour décortiquer cette idée et en montrer la vacuité. Il y a des domaines où les choses sont blanches ou noires; on retrouve un vice de pensée de la pensée socialiste, un peu de ceci, un peu de cela, cela permet de ne pas trancher et de continuer les délires laxistes. L’ordre de l’énoncé de Hollande est important et n’est pas choisi au hasard. C’est d’abord un pas vers la solidarité et ensuite seulement la mise en place de règles communes et de leur respect.

Un dernier mot enfin sous forme d’apothéose. Une apothéose qui consiste à dire à la fois une chose et son contraire, à faire une chose et son contraire, en jouant sur l’ambiguïté des mots et sur le facteur temps: « l’union politique, c’est pour plus tard, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale… elle donnera un cadre démocratique à tout ce qui aura été fait dans le cadre de « l’intégration dans la solidarité » ». Bref, quand il n’y aura plus rien à faire, quand tout aura été mis en place, quand les élites non-élues, quand les fonctionnaires auront décidé, et bien sûr que tout sera irréversible, alors, seulement alors, on songera à consulter les électeurs et à donner un cadre démocratique (sic) à ce cadre que l’on aura déjà rempli.

Si Madame Merkel avait un temps soit peu de fierté nationale, si elle était consciente des intérêts de son peuple, si elle avait une vision historique au lieu d’avoir une vision politicienne, il est évident qu’elle rejetterait sans discussion un tel cadre, un tel programme. Les principes sur lesquels ils sont établis sont incompatibles avec tout ce qui fait la spécificité allemande.

Le point clé, à  notre avis, à surveiller est celui du couple antagonique: contrôle/solidarité. L’Allemagne, pour rester l’Allemagne,  ne peut déroger. Il faut qu’elle obtienne que la surveillance, le contrôle et les sanctions des gestions des nations européennes précèdent la mise en place des solidarités. Faute d’une mise en place préalable, Merkel et l’Allemagne se feront tirer par les pieds vers le bas, tirer vers le gouffre sans fond des dépenses, des déficits et des dettes.  Déjà, il est bien tard, les marges de manœuvre de l’Allemagne sont faibles, contrairement à ce que l’on pense. L’Allemagne est prisonnière de la situation de son système bancaire, prisonnière des créances de la Bundesbank sur le système Target II.

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Allemagne: aide aux banques prolongée

Le gouvernement allemand prévoit une nouvelle prolongation de son dispositif d’aide aux banques du pays, le SoFFin, qui arrive à échéance en fin d’année, a annoncé Steffen Kampeter, secrétaire d’Etat aux Finances. Un projet de loi en ce sens sera présenté mercredi en conseil des ministres, a-t-il ajouté lors d’un point presse, sans pouvoir donner plus de détails pour le moment. Le SoFFin avait été créé en octobre 2008 pour stabiliser les banques allemandes après l’effondrement de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers. Il avait été doté d’une capacité de 480 milliards d’euros, dont 400 milliards de garanties et 80 milliards de crédit. En début d’année, la durée de vie du dispositif avait déjà été prolongée une première fois, jusqu’à fin 2012. A fin septembre, quatre banques allemandes, dont Commerzbank et Hypo Real Estate, disposaient toujours de 18,8 milliards d’euros de capitaux prêtés par SoFFin et trois banques utilisaient encore 5,2 milliards d’euros de ses garanties..

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Les partenaires de l’Allemagne le savent et ils en jouent. Il suffit de voir et de décoder les insinuations de l’Italie et de l’Espagne. Insinuations quasi terroristes qui se résument à: nous détenons la bombe atomique, nous pouvons tout faire sauter.

Dans son interview, François Hollande ne va pas aussi loin que les Italiens et les Espagnols mais il montre le bout de l’oreille, et pour qui sait lire entre les lignes, il n’est pas très loin d’agiter lui aussi la menace du chantage. Un chantage assez particulier, il est vrai. On peut interpréter ce qui suit de différentes manières: « Merkel et moi, nous ne sommes pas dans la même échelle de temps, j’ai été élu il y a cinq mois, et la Chancelière a des élections dans dix mois ». Nous interprétons cette phrase de la façon suivante, moi, je suis élu,mon élection est derrière moi et j’ai les mains libres. Vous, votre élection est devant vous, vous êtes en position de faiblesse, vous savez besoin de tergiverser, de gagner du temps. La suite, chacun la complète à sa manière.

Il y a un élément qui est bien souvent négligé par les commentateurs et les analystes politiques, c’est l’existence d’une internationale socialiste qui a des objectifs communs, un programme commun. cette internationale socialiste constitue un cheval de troie dans les systèmes nationaux, elle trace des solidarités qui dépassent les frontières. d’une certaine façon, le lien entre les socialistes allemands et les socialistes français, alors que les élections allemandes se profilent à l’horizon, est important. est-ce que c’est cela que hollande, indirectement, cherche à rappeler à merkel?

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 19 Octobre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :

EN COMPLEMENT : Interview de François Hollande mercredi 17 octobre 2012

A la veille du Conseil européen des 18 et 19 octobre à Bruxelles, le président François Hollande a répondu, à l’Elysée, aux questions des six journaux, dont «Le Monde», qui réalisent conjointement le supplément «Europa»

Le Monde: L’Union européenne a été récompensée par le Prix Nobel de la paix à la veille d’un nouveau conseil européen, auquel vous participez, destiné une fois de plus à tenter de sauver l’euro. Ce choix vous confère à tous une responsabilité supplémentaire. Comment allez-vous sauver l’Europe?

François Hollande: L’attribution du Prix Nobel à l’Union européenne est à la fois un hommage pour le passé et un appel pour l’avenir. L’hommage, il est adressé aux pères fondateurs de l’Europe, capables d’avoir réussi la paix au lendemain d’un carnage. L’appel, il est lancé aux gouvernants de l’Europe d’aujourd’hui, pour qu’ils soient conscients qu’un sursaut est impérieux.

Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. Parce que nous avons pris les bonnes décisions au sommet des 28 et 29 juin et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement. D’abord, en réglant définitivement la situation de la Grèce, qui a fait tant d’efforts et qui doit être assurée de rester dans la zone euro. Ensuite, en répondant aux demandes des pays qui ont fait les réformes attendues et qui doivent pouvoir se financer à des taux raisonnables. Enfin, en mettant en place l’union bancaire.

Je veux que toutes ces questions soient réglées d’ici la fin de l’année. Nous pourrons alors engager le changement de nos modes de décision, et l’approfondissement de notre union. Ce sera le grand chantier au début de l’année 2013.

– Ces pays qui ont fait des efforts, précisément, avec des sacrifices lourds pour la population, ne voient pas d’amélioration. Combien de temps pensez-vous qu’ils pourront tenir sans changement de stratégie pour relancer la croissance?

– J’ai voulu, depuis mon élection, que l’Europe se donne comme priorité la croissance sans remettre en question le sérieux budgétaire, rendu indispensable par la crise des dettes souveraines. Si nous ne donnons pas un nouveau souffle à l’économie européenne, les mesures de discipline ne pourront trouver de traduction effective.

Le retour de la croissance suppose de mobiliser des financements à l’échelle de l’Europe, c’est le pacte que nous avons adopté en juin, mais aussi d’améliorer notre compétitivité, et enfin de coordonner nos politiques économiques. Les pays qui sont en excédent doivent stimuler leur demande intérieure par une augmentation des salaires et une baisse des prélèvements, c’est la meilleure expression de leur solidarité. On ne peut pas infliger une peine à perpétuité à des nations qui ont déjà fait des sacrifices considérables, si les peuples ne constatent pas, à un moment, les résultats de leurs efforts. Aujourd’hui, ce qui nous menace, c’est autant la récession que les déficits!

– Comment comptez-vous surmonter le clivage qui subsiste entre les partisans de l’austérité et ceux de la croissance?

– Il appartient à la France, parce que c’est un grand pays de l’Union européenne, de porter ce compromis entre le désendettement et la croissance afin de changer la perspective.

– Comment ramener la croissance?

– Il y a deux leviers. Le premier, c’est la confiance. Plus tôt nous sortirons de la crise de la zone euro, c’est-à-dire plus rapidement nous réglerons le cas grec, et plus vite nous parviendrons à financer à des taux raisonnables les dettes des pays bien gérés, plus vite les investisseurs reviendront vers la zone euro. Nous avons tous les moyens pour agir – Mécanisme européen de stabilité (MES), règles d’intervention de la Banque centrale européenne (BCE). Alors, utilisons-les.

Le second levier, c’est de mettre en cohérence la politique économique européenne. Nous avons défini un pacte de croissance. Mettons-le en œuvre. Cent vingt milliards d’euros, certains diront: c’est trop peu. Mais ce qui compte, c’est que ces sommes soient dépensées vite et bien. Le budget européen est aussi un élément de stimulation de l’économie, notamment à travers les fonds structurels. Nous pouvons aller plus loin, en mobilisant des ressources supplémentaires. La taxe sur les transactions financières va faire l’objet d’une coopération renforcée. Onze pays ont donné leur accord. Son produit pourrait être pour une part affecté à des projets d’investissement et pour une autre à un fonds de formation pour les jeunes. C’est le rôle de la France que de dire inlassablement à nos partenaires que l’austérité n’est pas une fatalité.

– Pour remotiver les citoyens européens, pour «réenchanter l’Europe», quelle idée de l’Europe voulez-vous soutenir? Une Europe fédérale? Une Europe des nations?

– Le débat ne se pose plus comme au début des années 1960, autour du débat entre l’Europe des patries ou l’Europe fédérale… Il y avait six pays à cette époque, puis huit, puis douze, aujourd’hui nous sommes vingt-sept, bientôt vingt-huit avec la Croatie. En changeant de dimension, l’Europe a changé de modèle.

Ma démarche, c’est une Europe qui avance à plusieurs vitesses, avec des cercles différents. On peut les appeler «avant-garde», «Etats précurseurs», «noyau dur», peu importent les appellations, c’est l’idée qui compte. Nous avons une zone euro, elle a un patrimoine, c’est la monnaie unique. Elle appelle une nouvelle gouvernance. Cette zone euro doit prendre une dimension politique. Je suis favorable à ce que l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances, soit renforcé et que le président de l’Eurogroupe ait un mandat clair et suffisamment long.

Je suis également partisan d’une réunion mensuelle des chefs d’Etat et de gouvernement de cette zone. Finissons-en avec ces sommets soi-disant de la dernière chance, ces réunions historiques, ces rendez-vous exceptionnels… et qui n’ont débouché que sur des succès éphémères. Les marchés, c’est tous les jours, les arbitrages des entreprises, c’est dans l’instant! L’Europe ne peut plus être en retard.

Le Conseil de la zone euro permettra de mieux coordonner la politique économique et de prendre, pays par pays, les décisions appropriées. Il ne s’agit pas d’exclure les autres pays: ceux qui veulent rejoindre la zone euro seront associés à nos débats. Certains pays ne le veulent pas – c’est leur choix. Mais pourquoi faudrait-il qu’ils viennent nous dire comment doit être dirigée la zone euro? C’est une prétention que j’entends, mais qui ne me paraît pas répondre à l’obligation de cohérence.

Alors, ensuite, il y a cette Europe des Vingt-Sept/Vingt-Huit bientôt et demain davantage. C’est un espace politique de solidarité, un grand marché, une volonté de convergence économique, sociale, culturelle. Je voudrais lui donner une nouvelle dimension pour la jeunesse, l’université, la recherche, l’énergie. Mais cette Union large ne doit pas empêcher des coopérations renforcées, celles que des Etats voudraient engager à quelques-uns et qui dégageraient des moyens au-delà du budget européen. Ce sera le cas avec la taxe sur les transactions financières.

– Certains voudraient créer un embryon de Parlement séparé de la zone euro. L’Union européenne ne risque-t-elle pas de se réduire aux pays de la zone euro, une Europe à deux vitesses?

– Que l’Europe ait plusieurs vitesses, c’est déjà le cas. Mais le Parlement européen a vocation à représenter toute l’Europe, et si la zone euro se structure davantage, il est parfaitement capable de définir en son sein des procédures démocratiques dédiées à la zone euro.

– Pour une Europe plus intégrée avec l’union politique, ne faut-il pas un nouveau traité constitutionnel, soumis à référendum?

– Je crois me souvenir qu’en 2005 nous avons essayé cette formule et qu’elle n’a pas donné les résultats escomptés! Parce qu’avant de se lancer dans une mécanique institutionnelle, les Européens doivent savoir ce qu’ils veulent faire ensemble. C’est le contenu qui doit l’emporter sur le cadre. L’enjeu institutionnel est souvent évoqué pour ne pas faire de choix. Les plus empressés à parler de l’union politique sont parfois les plus réticents à prendre les décisions urgentes qui la rendraient pourtant incontournable, ça ne m’a pas échappé…

– Les Allemands?

– Non, je ne vise personne en particulier. Plusieurs fois, dans le passé, les Allemands ont fait sincèrement des propositions sur l’union politique. Elles n’ont pas été saisies. Aujourd’hui, nous sommes en phase. La France défend l’«intégration solidaire»: chaque fois que nous franchissons un pas vers la solidarité, l’union, c’est-à-dire le respect des règles communes autour d’une gouvernance, doit progresser.

Ainsi, l’union bancaire qui conduit à une supervision, dont la Banque centrale européenne sera l’organe, et qui permettra une résolution des crises, avec une recapitalisation des banques, c’est une compétence très importante. Cette solidarité ne pourra aller sans contrôle démocratique: l’union bancaire qui vise à maîtriser la finance sera une étape importante de l’intégration européenne.

– Quelle est la capacité réelle de la France de convaincre l’Allemagne et les pays réticents d’avancer sur cette voie?

– Nous avons pris des décisions ensemble au conseil européen de juin. Elles ont eu incontestablement des conséquences favorables: le calme est revenu sur les marchés. La BCE y a contribué en clarifiant ses modes d’intervention. Donc, ma position est simple: tout le conseil européen du 28 juin, rien que le Conseil européen du 28 juin, mais appliqué le plus vite possible. L’objectif, c’est de tout régler d’ici à la fin de l’année. Plus personne aujourd’hui ne pense que l’euro va disparaître ou que la zone va éclater. Mais la perspective de son intégrité ne suffit pas. Maintenant, nous devons sortir de la crise économique.

– Donc l’union politique, ce n’est pas pour maintenant?

– L’union politique, c’est après, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale. Elle viendra donner un cadre démocratique à ce que nous aurons réussi de l’intégration solidaire.

– A quelle échéance la voyez-vous, cette union politique?

– Après les élections européennes de 2014. L’enjeu de cette consultation, ce sera l’avenir de l’Union. C’est la condition pour mobiliser les peuples et augmenter les taux de participation autour d’un vrai débat. J’espère que des partis européens présenteront leurs propositions aussi bien en termes de contenu, de cadre institutionnel que de personnalités, pour les porter notamment à la présidence de la Commission européenne.

Beaucoup de voix s’élèvent contre l’objectif du déficit ramené à 3% du produit intérieur brut (PIB). Claude Bartolone, président (PS) de l’Assemblée nationale, le qualifie même d’«absurde». Un accord européen est-il possible pour le repousser d’un an?

Tous les pays ne sont pas dans la même situation. Et beaucoup dépendra de nos choix en matière de respect des disciplines budgétaires et de croissance. Cette discussion aura lieu en 2013. Mais pour ce qui concerne la France, j’ai fixé l’objectif de réduction de déficit à 3% pour 2013 et de rétablissement de l’équilibre des comptes publics en 2017. Pour une raison simple et qui ne se résume pas à un engagement européen: de 2007 à 2012, la dette publique est passée en France de 62% du PIB à 90%. Prolonger cette tendance ne serait pas soutenable.

L’objectif, il est aussi, à l’échelle de l’Europe, d’harmoniser les taux d’intérêt dans la zone euro. Politique monétaire et politique budgétaire doivent se conjuguer. Et il ne peut être admis, dans un même espace monétaire que des pays se financent à 1% à dix ans et d’autres à 7%! Il faut éviter un effet de rente.

– Votre élection a créé des attentes énormes. Que diriez-vous à un Grec au chômage, sans argent pour se soigner?

– Que je ferai tout pour que la Grèce demeure dans la zone euro et dispose des ressources indispensables d’ici à la fin de l’année, sans qu’il soit nécessaire d’infliger de nouvelles conditions autres que celles qui ont été admises par le gouvernement Samaras.

Mais je m’adresse aussi aux Espagnols et aux Portugais qui payent cher les dérèglements commis par d’autres: le temps est venu d’offrir une perspective au-delà de l’austérité. L’Espagne doit pouvoir connaître les conditions précises pour accéder aux financements prévus par le conseil européen du 28 juin. Et il n’y a pas lieu d’alourdir la barque.

La France est le trait d’union entre l’Europe du Nord et celle du Sud. Je refuse la division. Si l’Europe s’est réunifiée, ce n’est pas pour tomber ensuite dans l’égoïsme ou le chacun pour soi. Notre devoir, c’est de poser des règles communes autour des principes de responsabilité et de solidarité. Comme Français, ma responsabilité, c’est de faire en sorte que les Européens soient conscients d’appartenir au même ensemble.

– C’est ce que vous dites à la chancelière allemande, Angela Merkel, aussi?

– Oui, mais elle le sait parfaitement. La preuve, c’est qu’elle est allée à Athènes.

– Etes-vous inquiet de la résistance croissante, en Allemagne, à la solidarité avec les pays du Sud?

– Mais nous participons tous à la solidarité, pas seulement les Allemands! Les Français, les Allemands comme tous les Européens dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité [MES].

Cessons de penser qu’il n’y aurait qu’un seul pays qui paierait pour tous les autres. C’est faux! En revanche, je sais la sensibilité de nos amis allemands au problème de la surveillance. Qui paie doit contrôler, qui paie doit sanctionner. Je suis d’accord. Mais l’union budgétaire doit être parachevée par une mutualisation partielle des dettes: à travers les eurobonds.

Je sais aussi combien pèsent les souvenirs de l’hyperinflation, transmis de génération en génération en Allemagne. Les modalités d’intervention de la BCE évitent tout risque de cette nature, puisque la Banque centrale vient en appui des décisions prises au sein du MES. Or, qu’est-ce que le MES, si ce n’est un ensemble d’Etats? Donc, la BCE ne créera pas de monnaie lorsqu’elle viendra en soutien des pays débiteurs. Elle rendra plus efficace la politique monétaire.

J’ai également considéré les arguments démocratiques avancés outre-Rhin. J’admets parfaitement que les parlements doivent pouvoir autoriser les engagements demandés aux Etats, aussi bien dans le cadre de l’union budgétaire que de l’union bancaire. Mais il n’y a pas de temps à perdre. La France y est prête.

– Dans cette Europe à plusieurs vitesses, quelle place occupera l’axe Paris-Berlin? Est-ce le premier cercle?

– C’est le couple qui permet l’accélération. Et qui, donc, peut aussi être un frein s’il n’est pas en phase. D’où la nécessité de la cohérence franco-allemande. Nous avons un devoir d’union; il exige un sens élevé de l’intérêt européen et, donc, du compromis.

Est-ce que ce doit être une relation exclusive? Non! L’Europe ne se décide pas à deux. L’amitié franco-allemande doit agréger, associer, assembler. Je prends garde de ne pas opposer grands et petits pays, pays fondateurs et pays nouvellement adhérents. L’Europe a besoin de tous, elle ne se résume pas à de l’intergouvernemental. Les institutions communautaires: Commission et Parlement doivent jouer pleinement leur rôle.

Elle appelle également une ambition. C’est la vision qui est confiée historiquement à la France et à l’Allemagne. Si nous avons été capables de nous unir, nous, c’est que nous pouvons réussir à le faire tous! C’est ce que nous rappellerons lors des cérémonies pour le 50e anniversaire du traité de l’Elysée.

– Dans votre relation personnelle avec Mme Merkel, qu’est-ce que vous avez appris d’elle?

– Elle est claire, elle dit les choses… Cela fait gagner du temps. Et j’ai la même démarche. Alors, ensuite, de nos points de départ, nous cherchons à trouver le meilleur point d’arrivée. C’est plus facile avec des points de départ explicites qu’avec des points de départ ambigus. Et on ne peut pas reprocher à Angela Merkel d’être ambiguë! Certes, nous ne sommes pas dans la même échelle de temps: je suis élu depuis cinq mois, et la chancelière a ses élections dans dix mois, mais ça ne nous conduit pas à différer les choix.

– Et vous, que lui apportez-vous?

– Posez-lui la question! Je pense qu’elle est consciente que l’alternance en France a créé une nouvelle donne. Elle est très sensible aux questions de politique intérieure et aux exigences de son Parlement. Je le comprends: nous le sommes tous. Nous avons tous notre opinion publique, nos débats démocratiques. Mais notre responsabilité commune, c’est de faire prévaloir l’intérêt de l’Europe.

– On vous présume européen…

– Vous faites bien!…

… mais pendant la campagne, vous n’avez parlé que du «rêve français», jamais du «rêve européen». Quel est votre attachement personnel à l’Europe?

– L’idéal européen, il est dans le rêve français. Les révolutionnaires de 1789 avaient imaginé une nation ouverte à tous les Européens. Victor Hugo fut le premier à parler des Etats-Unis d’Europe. Après la boucherie de 14-18, Aristide Briand plaidait déjà pour l’Europe au nom de la paix. A la Libération, pour Jean Monnet comme pour Charles de Gaulle, construire l’Europe, c’était reconstruire la France. François Mitterrand a conçu sa présidence au nom de l’Europe.

Je m’inscris dans cette perspective. Ce que je veux pour mon pays, c’est qu’il retrouve la fierté et la force de renouveler la promesse républicaine à la jeunesse. Pourquoi suis-je Européen? Parce que l’Europe nous permet d’y parvenir. Et s’il se produit une fracture entre l’Europe et la patrie, alors le risque est de perdre à la fois la cohésion nationale et l’idéal européen.

– C’est ce qui s’est passé en 2005, avec le non au référendum sur le traité constitutionnel?

– C’était un avertissement sérieux. Il n’a pas été entendu. L’enjeu, aujourd’hui, c’est de retrouver la confiance en nous-même et en l’Europe. Ce qui nous menace, ce n’est pas la nation, c’est le nationalisme. Ce n’est pas l’Europe, c’est son absence.

– Prendriez-vous le risque de voir la Grande-Bretagne quitter l’Europe?

– Je souhaite un Royaume-Uni pleinement engagé en Europe, mais je ne peux pas décider à la place des Britanniques. J’ai observé que, pour le moment, ils souhaitaient être plutôt en retrait. Les Britanniques sont liés par des accords auxquels ils ont souscrit. Ils ne peuvent s’en détacher. Maintenant, ils ont au moins le mérite de la clarté. La zone euro, l’union budgétaire: ils n’y sont pas. Je n’entends pas les forcer.

– Quelle est la plus grande menace qui pèse sur l’Europe?

– C’est de ne plus être aimée. De n’être regardée au mieux que comme un guichet austère, où les uns viendraient chercher des fonds structurels, d’autres une politique agricole, un troisième un chèque, au pire comme une maison de redressement. A elle de donner du sens à son projet, mais aussi de l’efficacité à ses décisions. Et pourtant, l’Europe reste la plus belle aventure pour notre continent. Elle est la première puissance économique du monde, un espace politique de référence, un modèle social et culturel. Elle mérite un sursaut pour renouer avec l’espérance.

– Le pire est passé?

– Le pire – c’est-à-dire la crainte d’un éclatement de la zone euro –, oui, il est passé. Mais le meilleur n’est pas encore là. A nous de le construire.

Propos recueillis par Sylvie Kauffmann (Le Monde), Angelique Chrisafis (The Guardian), Berna Gonzalez Harbour (El Pais), Jaroslaw Kurski (Gazeta Wyborcza), Alberto Mattioli (La Stampa) et Stefan Ulrich (Süddeutsche Zeitung)

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  1. Le 17 juillet 2012, Patrick Artus et la recherche Natixis publient leurs calculs. Le titre de leur étude est le suivant :

    « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de la zone euro : RESTER COMPETITIVE AU NIVEAU MONDIAL ? La réponse est oui. »

    Dans cette étude sur une politique de l’Allemagne en faveur des 4 pays européens en difficulté, ils arrivent au chiffre suivant :

    « Compte tenu des niveaux de coûts salariaux, des profits, du poids des salaires, et de la structure du PIB, cette politique coûterait à l’Allemagne 12,7 % de PIB en transferts aux 4 pays en difficulté »

    Et ils écrivent en conclusion :

    « Une hausse de 12,7 % de PIB de la pression fiscale en Allemagne, nécessaire pour financer l’aide aux créations d’emplois dans les pays en difficulté, conduirait évidemment à une destruction de la compétitivité de l’Allemagne, et n’est donc pas envisageable. »

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=65118

    Certains croient que Angela Merkel va accepter de faire payer aux contribuables allemands 12,7 % du PIB allemand en impôts supplémentaires pour aider les 4 pays en difficulté.

    Certains croient au père Noël.

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  2. Vendredi 19 octobre 2012 :

    Sortie nette de capitaux en août dans la zone euro.

    La zone euro a connu une sortie nette de capitaux de 3,4 milliards d’euros en août, après une entrée nette de 18,2 milliards en juillet, suivant les chiffres publiés vendredi par la Banque centrale européenne.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00471729-sortie-nette-de-capitaux-en-aout-dans-la-zone-euro-502195.php

    C’est logique.

    C’est normal.

    Quand le navire coule, les rats quittent le navire.

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  3. Merci pour cette analyse impitoyable mais juste (et brillante).

    Si on met bout à bout certaines phrases de l’interview, on se rend compte que Hollande, outre qu’il est une brêle en économie, n’a aucun scrupule démocratique:
    « Nous avons tous notre opinion publique, nos débats démocratiques. Mais notre responsabilité commune, c’est de faire prévaloir l’intérêt de l’Europe.
    […] Les Britanniques sont liés par des accords auxquels ils ont souscrit. Ils ne peuvent s’en détacher.
    […] C’est le contenu qui doit l’emporter sur le cadre. [..] L’union politique, c’est après, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale. Elle viendra donner un cadre démocratique à ce que nous aurons réussi de l’intégration solidaire. »

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  4. Vendredi 19 octobre 2012 :

    Un message pour tous les petits bisounours qui disent, qui répètent, qui répètent encore : « L’Allemagne paiera ! L’Allemagne paiera ! L’Allemagne paiera ! »

    Merkel : pas de recapitalisation directe rétroactive des banques espagnoles.

    « La recapitalisation directe des banques espagnoles ne sera pas possible à titre rétroactif », a affirmé vendredi la chancelière allemande Angela Merkel, douchant les espoirs des Espagnols mais aussi des Français qui avaient plaidé pour un tel dispositif.

    « Les banques espagnoles ont un programme selon lequel elles peuvent être recapitalisées et il n’y aura pas non plus de recapitalisation directe à titre rétroactif », a affirmé Mme Merkel dans une conférence de presse à l’issue du sommet européen de Bruxelles.

    « Quand la recapitalisation sera possible, elle sera seulement possible pour l’avenir », a-t-elle ajouté.

    La France souhaite que la recapitalisation directe des banques soit rétroactive et bénéficie, dans certains cas, aux établissements espagnols, afin que leur sauvetage ne pèse pas sur la dette de ce pays. « Nous avons plaidé pour la rétroactivité », avait affirmé en juillet le ministre français des Finances, Pierre Moscovici.

    Mais depuis jeudi, Madrid voit s’éloigner la possibilité de bénéficier très rapidement d’une recapitalisation directe de ses banques par le pare-feu de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

    « La recapitalisation directe des banques aura lieu en 2013, mais quand, on ne le sait pas encore », a affirmé le chef du gouvernement italien, Mario Monti.

    Moins optimiste, un diplomate européen a estimé que les banques espagnoles ne seront pas recapitalisées avant fin 2013, probablement 2014.

    (©AFP / 19 octobre 2012 14h36)

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    • Charges et impôts élevés
      ==> marge faibles
      ==> investissement faibles
      ==> R&D faible
      ==> peu d’innovation et de conquête de marché
      ==> faiblesse de l’économie
      ==> diminution des rentrées d’ragent de l’Etat
      ==> retour au début !

      Comme nos dirigeants veulent augmenter les impôts et les charges ad vitam eternam, ils font semblant de ne pas voir le début de cette cascade de conséquence qui reboucle sur elle-même …

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  5. L’analyse des problèmes franco-français serait plus utile :

    “La désindustrialisation de la France est à relier au faible niveau de gamme de sa production, aux obstacles à la croissance de la taille des entreprises, à la perte de profitabilité, vue plus haut, de l’industrie.”

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=66506

    Après quelques années de R&D industrielle en France, j’ai fui en Allemagne et ne le regrette pas, pouvoir d’achat doublé, meilleures conditions et ambiance de travail…en France les gens se tirent dans les pattes en permanence dans les entreprises, une mentalité de guerre des clans.

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  6. Une fois de plus , j’estime votre commentaire trés pertinent . Vous avez raison de souligner que la Suisse est trés compétitive , ce qui peut paraitre surprenant avec la force de sa monnaie par ailleurs trés maltraitée par les autorités monétaires elles mémes . Le comparatif avec la Chine me rend cependant perplexe . Avez vous compris , savez-vous ? , qu’aussi bien en Chine qu’en Suisse se joue parallélement la question propriété privée / propriété ‘communale’ de la terre . Cette question n’est pas fortuite parce que la propriété ‘communale’ a pour conséquence que le travail peut négocier son prix . D’autre part avez vous conscience que dans le match Usa/Chine se joue cette méme question , au travers de la forte implication de la Chine pour des raisons évidentes dans les fameuses Fannie et Freddie , grande pourvoyeuses en mortgages qui
    favorisent la propension à consommer , américaine et alimentent par ailleurs les partis politiques en fonds .
    Etrangement on a d’un coté un pays : la Chine caractéristique par le pouvoir ancestral de ces paysans ( pas agriculteurs c’est à dire travaillant principalement pour le marché alors que le paysan le fait pour lui et sa famille) et actuellement les pérsecutants à une échelle jamais vue (voir Avatar son succés en Chine) et de l’autre coté un champion (us) de la propriété privée de la terre ( voir le massacre des Indiens) qui actuellement ‘socialise’ à tour de bras (la FED directement ou indirectement , par son bilan et ses interventions controlant le marché immobilier ).
    Enfin qu’au travers de l’opposition Allemagne/France ( créatrice de la propriété privée de la terre , fin du moyen-age ) se joue aussi cette différence avec les ‘barbares’ germaniques .
    Je sais que pour la quasi totalité des économistes cette question est jugée tout à fait négligeable …pourtant ? N’est ce pas ce qui a fait naguére des US une grande puissance ?
    Etes vous conscient de cette problématique ? Ou la négligez vous vous aussi au moment crucial ou les matiéres premiéres vont s’envoler ?

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  7. @Timeismoney

    Merci de votre intérêt.

    Votre remarque est intéressante et mérite analyse et discussion documentée.

    Dans le cadre de cet article je n’utilise le rappel chinois que pour illustrer une idée et une seule : c’est l’activité concrète des hommes, le travail productif qui produit les richesses.

    Ce travail utilisé à la fois pour l’investissement productif et la consommation produit les richesses concrètes, lesquelles se symbolisent par l’argent. Croire que le signe, le symbole (truqué, fake) produit les richesses est une imbécillité de fonctionnaire, de politicien et de banquier central névrosé.

    Le monde réel ne marche pas sur la tète, mais sur les pieds, les vessies ne sont pas des lanternes et c’est parce que les dirigeants ont perdu tout contact avec la réalité qu’ils disent et pensent des âneries.

    Ils tombent dans le piège de l’argent fétiche.

    Ceux qui croient que l’argent produit les richesses sont en réalité des exploiteurs qui n’arrivent pas a comprendre que l’argent ne produit des richesses que dans un monde de confiscation ou ceux qui ne produisent rien comme les hommes politiques , les fonctionnaires et les kleptos arrivent à attirer à eux les richesses réelles que d’autres produisent.

    Nous vivons dans un monde d’illusion monétaire, un monde ou la névrose sociale est telle qu’elle fait prendre le signe, le bout de papier ou le chiffre de l’ordinateur pour la richesse. A force de tricher et de disjoindre le symbole de la réalité qu’il est censé représenter, les irresponsables de la conduite des affaires se comportent comme les psychiatres dans l’asile d’aliénés qui seraient psychotiques au point de croire aux délires de leurs patients.

    La monnaie est un medium d’équivalence qui dit ceci équivaut à cela.

    L’équivalence est fixée par le marché, c’est lui qui avalise la valeur qui découle de l’équivalence.

    C’est le marché qui en quelque sorte constate le consensus, par le biais de la confrontation des désirs, souhaits et besoins des gens.

    A partir du moment ou l’équivalence ne découle pas du marché, mais est imposée par les pouvoirs, la monnaie cesse d’être transparente, les valeurs et les prix cessent de refléter des équivalences, la monnaie devient un voile.

    Un voile qui masque des transferts illégitimes, prédateurs, spoliateurs. La monnaie ne crée pas de richesse, elle permet, par son opacité, son détournement, sa récupération par les politiques, les banquiers et les kleptos, d’opérer des déplacements de richesses et de revenus.

    En particulier dans l’inter temporel, c’est à dire par le biais de l’inflation qui avilit le cash et les créances que les gens détiennent.

    Le crédit quand il est géré de façon orthodoxe facilite les échanges et permet d’anticiper sur le cycle de production et sur la création de richesse. La conception actuelle du crédit n’est pas orthodoxe, elle est détournée. Le crédit ne sert pas à anticiper, il n’est pas auto liquidé, auto remboursé, il s’accumule jusqu’a l’insolvabilité car il sert à masquer des insuffisances de revenus, de rentabilité d’impôts etc durables.

    La création de ce crédit constitue une mauvaise allocation de ressources qui par exemple débouche sur la crise hypothécaire américaine, la surcapacité mondiale de l’industrie automobile, ou le gaspillage des états providence européens:

    Le crédit, les socialistes et les fausses droites, adorent car cela leur permet de dépenser au delà de ce que les citoyens pris dans leur ensemble souhaitent, de reporter la charge sur les générations futures, de dévaloriser leurs dettes par l’inflation.

    Le crédit non orthodoxe pénalise l’investissement productif au lieu de le stimuler car il dirige les ressources vers les usages de gaspillages.

    L’un des vices de la pensée des politiciens et banquiers est de ne connaitre que les agrégats, la macro économie, les abstractions. Pour eux ce qui compte c’est l’agrégat, le gaspillage, les dysfonctionnements, tout cela compte dans le PIB et ils sont contents avec cela si cela donne les apparences de la croissance.
    Comme l’on dit pour tous ces gens, faire et défaire c’est toujours travailler, normal ce ne sont pas eux qui paient, ce ne sont pas eux qui travaillent.

    La présente remarque n’est ni théorie générale de la monnaie, ni théorie générale du crédit, elle ne vise qu’à éclairer ce que nous voulons dire lorsque nous affirmons que la monnaie ne crée pas de richesse au delà d’une euphorie passagère qui coute très cher ensuite , tout en détruisant les fondements des économies..

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  8. octobre 2012: Petits rapprochements stupides

    Nous lisons deux nouvelles qui se suivent sur Boursier.com.

    La première: la Société Générale cède sa filiale grecque à Piraes bank. En plus de ses pertes accumulées sur cet investissement, la Société Générale va devoir rajouter au pot 444 millions d’euros de recapitalisation.

    La seconde, il s’agit d’une étude l’UNEDIC dont il ressort que la France serait trop généreuse avec ses chômeurs.

    Attardez vous, faites comme nous.

    Vous avez compris que les impôts que l’on augmente au profit du couple maudit banques/souverains insolvable servent à boucher ce genre de trous.

    Vous comprenez la manœuvre des études comparatives de ce genre, elle sert à suggérer que les chômeurs français sont des privilégies et que l’on peut durcir les conditions, réduire les allocations et les durées.

    Si vous nous suivez depuis longtemps vous savez que rien n’est innocent, celui qui fait une étude, publie, informe, a toujours une idée derrière la tète.

    Nous nous contentons de mettre en regard les deux nouvelles, vous en tirez les conclusions que vous voulez.

    Nous, nous disons que ce qui est en cause c’est la légitimité d’un système dans lequel les kleptos gaspillent, volent, confisquent et mettent les gens au chômage.

    Le faux capitalisme des kleptos met les gens au chômage, détruit les emplois, donc il est socialement illégitime.

    Nous, nous disons le fait d’indemniser généreusement le non travail produit un système désincitatif dans lequel il vaut mieux ne rien faire que de gagner peu et évidemment dans ce cadre, il faut voter socialiste, puisque ce sont eux qui distribuent les mannes.

    Indemniser le non travail, c’est dire prendre à ceux qui produisent pour donner à ceux qui ne produisent rien, est inefficace économiquement et moralement injuste. Cela décourage les travailleurs, et encourage à la paresse.

    Mais dans un système non légitime, illégitime scandaleusement, qui met les gens au chômage, qui gaspille les ressources, qui se comporte comme si l’argent tombait du ciel, n’est-il pas normal que les chômeurs soient indemnisés? Le mot est bien choisi, indemnisés pour le tort que ce système inique leur fait?

    A la place des syndicats, tout de suite je ferais le lien et je dirais, de l’argent il y en a, la preuve, les banques, les gouvernements le gaspillent. Et j’exigerais ma part du gaspillage, de cet argent tombé du ciel ou plutôt de la printing presse de la BCE.

    Le dysfonctionnement scandaleux, du système klepto/financier/gouvernemental justifie et valide cet autre scandale que constitue la dérive de l’Etat Providence.

    Il n’y aucune raison pour que les gens mis au chômage par le système ne tirent pas profit du vice, des vices de ce système. Et c’est comme cela que se nouent les solidarités dans le vice et l’imbécillité. Comme cela va mal, comme cela n’a pas de sens, de proche en proche, tout va mal, tout perd son sens.

    Et pour continuer dans cette direction, on vote socialiste ou fausse droite.

    Elargissons un peu.

    L’association de malfaiteurs entre les gouvernements, les banquiers, la classe klepto a produit un système inique, injuste. Ce système a touché ses limites, il bute sur l’excès de dettes, le surendettement.

    Comme les banquiers et les kleptos ont capturés les gouvernements et que tous ces gens sont objectivement solidaires, pour conserver leur statut privilégié, ils sont prêts à tout pour que cela continue.

    A tout, c’est à dire à augmenter les impôts, à confisquer les salaires différés, sécurité sociale, retraites, et à fabriquer de la fausse monnaie. Bref à confisquer en utilisant des méthodes qui ne se voient pas trop, subreptices et en même temps à distribuer généreusement, visiblement, ostensiblement pour que les gens disent merci, soient dépendants et votent bien.

    L’objectif, le seul, est pourvu que cela dure.

    Mais au passage, ils font une entourloupe, avec la complicité des MEDEF et autres, ils stigmatisent le capitalisme, les capitalistes, les riches: Ils désignent des boucs émissaires, les patrons, les petits patrons, les épargnants même, ces rentiers!

    Ce faisant, ils escamotent le fait que ce n’est pas le capitalisme qui a produit ces dysfonctionnements mais le système socialo/klepto/financier, et surtout ils escamotent le fait que, tout ce qu’ils font, est accompli pour perpétuer ce système pervers.

    Ils font d’une pierre quatre coups:

    Ils discréditent le capitalisme
    Ils désignent les boucs émissaires à spolier
    Ils prolongent la durée de vie de leur ordre social injuste
    Ils récoltent les votes des naïfs à courte vue.

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  9. Octobre: Le délire égalitaire des constructivistes

    Si vous êtes jolie, si vous êtes avenante ou avenant, méfiez vous.

    Dans le cadre de la grande Révolution socialiste du » je ne veux voir qu’une seule tète », on vous demandera peut être de porter une burqa pour cacher votre beauté et des vêtements amples pour dissimuler votre silhouette.

    La beauté, la sveltesse, la séduction sont des atouts dont tous ne disposent pas et …donc elles créent des inégalités inacceptables.

    Les socialistes ne sont pas loin de proposer, comme dans les courses de chevaux, l’imposition de handicaps afin de rétablir ce qu’ils appellent l’égalité des chances.

    Déjà, l’Ecole a été sabotée pour rétablir l’égalité des chances entre les travailleurs, les doués, les ambitieux et les analphabètes fainéants , mais cela ne suffit pas: Il faut aller chasser les inégalités jusqu’à la maison.

    N’est il pas scandaleux que certains aient des parents éduqués, intelligents, travailleurs; des parents qui aiment leurs enfants et leur consacrent du temps, des parents qui ont des principes et les leur inculquent ?

    Dans un discours à la Sorbonne François Hollande vient de franchir une étape que jamais nous n’aurions cru que quelqu’un pouvait franchir.

    Hollande considère que l’éducation est une priorité, jusque là rien d’anormal.

    Mais là ou il commence à délirer c’est quand il ajoute : un programme éducatif est par définition sociétal.

    Diantre ou est il aller chercher cette définition, nous avons beau chercher nous ne la trouvons nulle part.

    Il en tire une conclusion: le travail à la maison doit être banni, le travail doit être fait à l ‘école.

    Pourquoi?

    Pour établir des opportunités égales pour tous et donc réduire les inégalités.

    Le travail à la maison favorise les classes aisées car chez elles l’environnement de travail est meilleur. Sans compter que les parents aisés ont le temps et l’énergie pour aider leurs enfants dans leur travail.

    Sans commentaire autre que celui ci : A quand l’interdiction de réfléchir, de se servir de son cerveau car cela rend intelligent et tout le monde n’a pas la chance d’avoir un cerveau en état de marche! Chevènement avec son » pari de l’intelligence » doit être excommunié.

    On partage le travail, on confisque les revenus, on confisque les héritages, on nivelle l’école dans les plus bas niveaux, on dévalorise les examens , on bannit les concours, on interdit le travail à la maison , on tue les motivations , pourquoi ne pas interdire l’effort tout court?

    L’effort est encore quelque chose qui crée des inégalités, tout le monde n’est pas disposé à en faire! Tout le monde n’a pas la chance d’avoir du courage!

    Nous vous le disons et redisons, ils ne veulent voir qu’une seule tète : ils ne veulent pas que l’ascenseur social fonctionne , ils ne veulent pas que les classes moyennes aient des chances de devenir supérieures, ils veulent un monde a deux vitesses.

    Les ultra riches, les kleptos avec leurs alliés politiques socialistes fabiens d’un coté et de l’autre coté, les autres, tous les autres : les moutons.

    Les moutons qui consomment des Nike, regardent les imbécilités de la télé, prennent leur opium footballistique, regarde les films pornos de l’ami pornocrate de chez Free Xavier Niel , et se la jouent culture bobo avec les Pierre Bergé et autres…

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  10. Samedi 20 Octobre Alerte boursière bis

    Mercredi 10 octobre nous avons mis en ligne un texte intitulé : Alerte Boursière.

    Nous vous incitons à le relire. Nous maintenons notre diagnostic et donc notre mise en garde, les marchés sont des pièges. On ne peut y gagner de l’argent, encore moins défendre son épargne et son patrimoine. L’incitation à la prise de risque est une incitation au suicide. Il n’y a aucun risque à prendre, les jeux sont faits, les paris sont et seront perdants. Seul l’espoir de revendre à un plus fou que soi ou l’espoir, si on ose dire, que la monnaie ne vaudra plus rien, permet d’anticiper des gains boursiers nominaux.

    Les marchés ont été horribles cette semaine, avec de la volatilité retrouvée, de l’escarpolette, bref des occasions de perdre beaucoup d’argent.

    Le comportement post QE est décevant, inquiétant. Les choses ne se passent pas comme prévues ou espérées.

    Les résultats des sociétés américaines ne sont pas conformes aux attentes, ils sont très en dessous.

    Les vedettes du Ponzi comme Apple ou Google décrochent.

    La déconnection entre les opinions sur l’économie réelle et les indices boursiers se creuse.

    Les hedge funds ne réussissent plus à gagner de l’argent.

    Les ventes de maisons neuves sont médiocres, celles des maisons existantes encore pire.

    Les débats présidentiels américains relancent l’incertitude politique; ils sont tellement médiocres qu’ils tuent l’espoir d’un redressement.

    Des gens comme Bill Gross n’hésitent pas à prédire un nouveau trou du style de celui de 87 car le Put de la Fed ne vaut rien comme celui des assureurs privés en 87.

    Pour notre part nous sommes persuadés que les marchés sont en suspension, ils ne traduisent rien, ils tiennent par la foi dans le pouvoir des autorités et la poursuite de politique américaine de kick the can.

    Si cette croyance venait à s’effondrer, il n’y aurait aucun parachute fondamental avant longtemps.

    En sens inverse, la témérité des apprentis sorciers n’a plus de limites et ils peuvent très bien tenter le tout pour le tout pour inverser le sentiment, relancer la machine boursière de la spéculation haussière.

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