Brèves de Trottoirs

Brève de Trottoir : Un nouveau mouton à cinq pattes en gestation par Bruno Bertez

Brève de Trottoir :  Un nouveau mouton à cinq pattes en gestation par Bruno Bertez

Il faut suivre avec attention ce qui se passe et ce qui se dit en Grande Bretagne. Nous avons expliqué que l’Angleterre était, restait, le véritable leader du monde kleptocratique.

Ce n’est pas un hasard si la philosophie politique sous-jacente à la financiarisation vient d’Angleterre et de la London School of Economics.

Ce n’est pas un hasard si le Blairisme se retrouve à diverses doses dans les idées directrices des socio-démocrates dits modernes, ce n’est pas un hasard si le Français Hollande est proche de son ami Tony.

Même la banque américaine puise aux sources de la réflexion britannique et, comme nous l’avons déjà dit, les maitres en la matière ne sont pas ceux que l’on croit.

Nous avons à plusieurs reprises signalé des changements de cap dans les analyses britanniques; changements que l’on a retrouvés, peu de temps après, chez les Américains.

Voici une intervention de Mervyn King, Gouverneur de la Banque d’Angleterre; elle est rapportée par le FT :

« Les actions non conventionnelles de la Banque Centrale pour arrêter la dégradation de l’économie atteignent les limites de leur efficacité ».

« Elles sont incapables de générer une économie forte… les ajustements seront longs… il faudra être patient, ce qui risque de forcer les jeunes générations à vivre dans l’ombre de cet ajustement pendant de longues années ».

« Il faut demander aux banques de reconnaitre que beaucoup de prêts d’avant la crise ont mal tourné et qu’elles reconnaissent leurs pertes ».

« Je ne suis pas sûr, dit-il, que les économies avancées puissent réussir à sortir de leurs difficultés sans que les créanciers n’acceptent de reconnaitre leurs pertes, de déprécier leurs comptes et de se recapitaliser ».

« Le printing n’est pas la recette pour le paradis… il n’y a aucun moyen de faire l’économie d’un ajustement des économies ».

« Quand les causes qui ont conduit aux difficultés sont durables, seules des injections continues de stimulus permettent de soutenir l’activité, mais à l’évidence, cela ne peut durer toujours »

Remercions Mervyn King, pour son parler clair, il parle pour être entendu et compris.

EN LIEN : http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/9628997/Sir-Mervyn-King-no-recovery-until-banks-recapitalise.html

En ce moment, une idée nouvelle dans les milieux kleptos, c’est l’idée d’un jubilé des dettes… pour les gouvernements, un gigantesque abandon de créances par les Banques Centrales. Nous sommes sûrs que cette idée d’un grand coup laxiste, spoliateur, véritable hold-up, va suivre son chemin chez les socialo/kleptos de tous bords.

Mervyn King n’y est pas encore rallié, il pense qu’une telle opération serait incontrôlable, elle pourrait déclencher des réactions inflationnistes et pertes de confiance non voulues.

A notre avis, certains y réfléchissent déjà.

 

6 replies »

  1. Un abandon de créances est à mon avis peu probable; même la Grèce ne l’a pas vraiment fait…. La sortie par l’inflation est beaucoup plus soft, quitte à lui donner un coup de pouce le moment venu.

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  2. Ultimement, on n’y échappera pas d’une manière où d’une autre. Soit par "défauts de paiements", soit par implosion du système.

    Et les chinois vont pas aimer ça. Les fonds de pensions non plus, et donc les retraités de tous bords, tout côtés. Les banques, n’en parlons pas.

    L’alternative : une inflation à tout crin qui "effacerait" le montant, ou la mise en tutelle, en servage de toute la classe moyenne de l’occident, ce qui semble bien être la voie suivie actuellement. Mais comme même ça ne suffit pas…

    Allez, à terme, un défaut généralisé, une confiscation de l’or, ouverture des coffres par le fisc, des "suspensions de démocratie" / état de siège / lois des mesures de guerres, pour lutter contre les protestations monstres des citoyens. On leur donne quoi, 5 ans? 10 ans? Dieu que j’espère me tromper! Dites-moi que je me trompe, s’il vous plait!

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  3. Des dissensions parmi les klepto ? ça s’appelle du ping-pong. Les banques ont refilé aux Etats le bébé de la crise et l’Etat veut le leur refiler pour ensuite devoir venir les aider… On voit bien que tout ceci ne constitue en rien une solution.

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  4. Ne soyons pas parano, le pire n’est jamais certain, quoique…… Une seule chose est sûre, n’avoir confiance en personne, et en tirer les conséquences (ex: de l’or pourquoi pas mais pas dans un coffre de bankster….).

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  5. Dimanche 28 Octobre 2012 : Quelques craquements dans l’édifice par Bruno Bertez

    Le comportement des marchés financiers depuis les annonces de politique monétaire de la Réserve Fédérale Américaine mérite intérêt.

    Ce comportement excite notre curiosité. On a fait les plus hauts sur le complexe du risque au lendemain de l’annonce de QE Eternity.

    Cela semble paradoxal puisque cette annonce constitue la promesse de surabondance de liquidités gratuites et de PUT destiné à protéger les marchés contre la volatilité. Entendez par volatilité, la baisse bien sur.

    Le pétrole est dans les plus bas, les métaux comme le cuivre pointent dans le sens de la déflation, les actions tentent de se soutenir sur les moyennes mobiles, mais sans conviction ou volume.

    On peut proposer quelques explications partielles, par exemple :

    -Les prises de bénéfices sur le fait accompli

    -L’usure de l’impact d’annonce

    -La lassitude et l’apprentissage des opérateurs

    On peut critiquer les mesures elles même et leur modalités et conception. Ainsi, est-il habile d’annoncer QE Eternity ? C’est à dire de se priver de l’effet d’annonce et d’anticipation des prochains QE.

    Le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier, en bourse comme ailleurs. QE Eternity est moins excitant que la perspective de QE renouvelés.

    On peut avancer comme certains le font que la conjoncture boursière n’est plus porteuse comme lors des QE précédents :

    -Tendance marquée au ralentissement de la croissance des bénéfices des firmes, déception sur les résultats du troisième trimestre et guidance médiocre pour le quatrième.

    -Perspective et risque de fiscal cliff, choc budgétaire qui détériorera le climat, pourrira le sentiment, relancera les doutes sur le rating américain et surtout précipitera la récession.

    -Méfiance sur la situation en Europe, rien n’est résolu, tout a été mis au réfrigérateur pour faire plaisir à Obama et à sa demande/exigence.

    -Inquiétude sur le risque d’implosion en Chine

    -Montée des risques politiques et géopolitiques

    Pour notre part nous ne prenons pas position, il faut être fou pour oser émettre des prévisions en ces temps d’artifices et de manipulation généralisés. Les baissiers et les sceptiques qui vendent la peau de l’ours dès maintenant sont imprudents. Le besoin de ranimer le risk-on est vital et l’ours ne se laissera pas dépouiller sans combattre et faire quelques victimes.

    Simplement nous ferons quelques observations.

    -La détérioration des bénéfices est un élément nouveau, clef dans le système post- 2008. On était habitué à ce que les revenus, les chiffres d’affaires soient décevants, mais on était rassuré, comblé par les profits. L’amélioration des marges a cessé de compenser et au delà l’atonie des ventes. Aurait-on touché les limites de la compression des couts?

    -Le profit est un indicateur avancé de la conjoncture et de la santé du système. La détérioration des profits, en système capitaliste est centrale; Le capitalisme c’est la production de profit et de capital, pas la production de marchandises et services. L’érosion des profits et le manque de tonus de la Bourse qui produit, fabrique le capital par effet multiplicateur est une pierre dans le jardin de Bernanke.

    -Le dollar n’arrive plus à baisser aussi facilement qu’avant, ce qui retire un élément dans la panoplie de Bernanke. La course mondiale à la politique d’avilissement des monnaies, gène la dévaluation du dollar et contrecarre la stratégie de Bernanke.

    -Les commentateurs commencent sérieusement à évoquer la fin de la pseudo efficacité des politiques monétaires non conventionnelles, les banquiers centraux comme Mervyn King également.

    Si, ce qui se passe maintenant, ou plutôt, ce qui ne se passe pas maintenant, à savoir le retour du risk-on , devait durer , une nouvelle phase de la crise devrait être envisagée. Une nouvelle étape pourrait se dessiner.

    Ce pourrait être une étape de témérité et d’imprudence accrue des banquiers centraux.

    Il est peut être prématuré de se poser la question, mais faisons le quand même : Quel est le régime qui succédera au régime du risk-on/risk-off?

    Les valeurs refuges resteront elles les mêmes? Continuera t on de se précipiter sur les fonds d’état? Conserveront-ils leur statut?

    Prendra-t-on conscience du fait que ce sont des papiers et qu’ils ne valent que dans un certain cadre, celui de l’illusion et de la foi dans les pouvoirs des apprentis sorciers ?

    En d’autres termes, quels seront les prochains refuges ? Le mouvement de capitaux d’investissement vers l’immobilier américain n’est il pas annonciateur de la recherche de valeurs réelles qui, en plus rapportent?

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