Douce France

Politique Friction du Samedi 27 octobre 2012 : Attention, porter attention à l’extrême droite par Bruno Bertez

Politique Friction du Samedi 27 octobre 2012 : Attention, porter attention à l’extrême droite par Bruno Bertez

Je soutiens que l’on a le droit d’être d’extrême droite. Je soutiens sur la base des enquêtes les plus sérieuses, près de 40% des Français, 38% précisément des Français, sont proches de ses idées. Sondage réalisé avant les présidentielles, en mars dernier si mes souvenirs sont bons. Les sondeurs pensent en outre que ce chiffre constitue une sous déclaration, il serait minoré.

Par ailleurs, une forte proportion des gens qui ont voté Front de Gauche ont des idées proches de celles du Front National. J’ai écrit un papier humoristique sur cette question et suggéré une réunification de ces deux apparents ennemis, ennemis parce que tout les rapproche.

   Les faux démocrates ne gagnent les élections que par la mise de côté de ces Français qui se sentent proches des idées des extrêmes. Elle permet la perpétuation des mystifications, grâce à l’imposition de fausses alternatives manipulatrices et, en réalité, confiscatoires des volontés nationales.

Je soutiens que la situation politique de la France est ce qu’elle est parce que l’on ne fait pas attention à ce qui crève les yeux ; l’extrême droite est le premier parti de France en termes d’adhésion à des idées. Les socio-démos, les fausses droites, la pseudo-gauche kleptos et élites auto proclamées ne tiennent le haut du pavé que parce qu’elles ont le champ libre en raison de la démonisation de l’extrême droite, en raison de la mise hors-jeu de 40% des Français.

Je soutiens que les leaders de l’extrême droite eux-mêmes fourvoient leurs troupes et leurs sympathisants, qu’ils empêchent la transition vers quelque chose de plus satisfaisant de se faire. En conduisant une large fraction de ceux qui n’ont pas grand-chose à perdre dans une impasse,  ils renforcent objectivement l’ordre en place, ils sont alliés objectifs des kleptos, ils permettent que cela dure.

Même analyse pour Mélenchon qui vend les voix de ses supporteurs contre le plat de lentilles de l’exercice d’un leadership qui ne conduit nulle part.

Ce n’est pas un hasard si, à chaque opportunité, ces zozos d’extrême droite et gauche s’efforcent de se tromper de combat et d’emmener leurs troupes là où elles ne servent à rien qu’à se ridiculiser.

Je soutiens que ce sont les 40% de Français qui votent ou ne votent pas, mais qui se reconnaissent dans la position de rejet (verbal) du ou des Fronts qui constituent le socle du vrai changement à partir duquel on pourra secouer la domination de la coalition klepto/socio-démo/constructiviste.

L’impossibilité de gouverner, de peser, de faire les bons choix, vient de là, la stérilisation de 2/5 de la population, la mise hors-jeu politique de 2 Français sur 5.

Ce sont ces Français qui portent en eux le mécontentement, la colère, les motivations pour dire non.

Quel est l’obstacle? Voilà la question clef?

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

L’obstacle ce sont :

- Les origines de l’extrême droite

- Les chefs historiques de l’extrême droite

- Les cadres de l’extrême droite

- Les absences de stratégie de l’extrême droite

- Le flou des principes fondateurs

- L’absence de vivier de pensée et de réflexion

L’extrême droite se complait dans les positions et prises de positions reptiliennes, primaires. Elle n’a pas accédé au progrès, à la raison, au savoir. Elle vit et joue sur les pulsions, les réflexes, elle capitalise sur ce qui est noir en l’homme, au lieu de permettre à ce noir de s’exprimer et venir au jour pour devenir blanc, dicible, négociable.

L’extrême droite, en se nourrissant de pulsions primaires, barre son propre accès à la politique.

Elle empêche l’accès au politique de près de la moitié de la population, elle permet que, dans le système pervers actuel, on puisse ne pas faire attention à ce que veut, pense, croit, près d’un Français sur deux.

L’extrême droite est à la fois la force de contestation radicale et, en même temps, l’instrument de la neutralisation de cette contestation.

La politique, cela consiste à porter au grand jour, à clarifier, à mettre en mots, en objets d’échange, ce qui est en l’individu.

La politique, c’est la transmutation de l’individuel en social par un processus de prise conscience, d’échange et d’arbitrage. C’est le contraire de la régression et de l’obscurantisme.

Il faut porter attention à l’extrême droite. Au peuple d’extrême droite, c’est une erreur historique de le rejeter.

L’extrême droite est-elle capable de se comporter de façon telle qu’elle mérite attention? Y a-t-il au sein de l’extrême droite des gens qui puissent émerger, participer au combat politique, tout en ne perdant pas l’empathie qu’ils ressentent pour ces 40 % de Français?

Voilà une question fondamentale.

Y a-t-il des penseurs, des tribuns, des organisateurs capables de renoncer à l’obscurité des instincts et de supporter la lumière du progrès et de la civilisation ?

BRUNO BERTEZ Le Samedi 27 Octobre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :

EN COMPLEMENT : Exégèse par Bruno Bertez

  Je pars d’un constat simple que tout le monde peut faire et a certainement fait ces dernières semaines. Le soutien à la politique du gouvernement, à Hollande et à Ayrault, s’est effondré en quelques semaines.

Certains fournissent des alibis, ils sont, soit de mauvaise foi, soit peu convaincants.

La réalité est incontournable: le Président et son gouvernement paient le prix de promesses intenables. Ils ont trompé les électeurs en minimisant la portée de la crise, en promettant des remèdes inconsistants, incompatibles avec la participation de la France à l’euro. Pire, les volontés de nivellement social, la priorité donnée aux marginaux sur la masse de la population, se traduit par une inquiétude, une déstabilisation, une démoralisation de la société française qui débouchent sur la frilosité et l’accroissement du chômage. Il s’y ajoute des décisions concrètes manifestement contreproductives simplement justifiées par un agenda socialiste sur lequel aucune majorité ne s’est exprimée.

La non-légitimité démocratique d’élections trompeuses, dolosives, doit être admise, tout comme elle doit être admise pour Sarkozy, tout comme elle devait être admise pour Mitterrand qui a trahi le peuple de gauche allégrement.

La complicité des élites, des médias et des corps intermédiaires ne fait aucun doute.

On entend sans cesse justifier cette situation scandaleuse par des arguments de real politik, par la fin justifie les moyens, par, en fait, le déni de la démocratie conçue comme système dans lequel le peuple est souverain.

L’analyse de l’action réelle, celle qui va à l’essentiel et ne retient que la Big Picture montre que sur cet essentiel, il y a peu d’écart entre les positions de la sociale démocratie et celles de la fausse droite.

Tous deux veulent que cela dure, que le système se reproduise à l’identique. Ils veulent que le système du « deficit spending » continue, donc ils veulent que leurs banquiers soient sauvés et puissent continuer à faire leurs fins de mois dispendieuses. En conséquence, ils essaient de faire payer l’excès de dettes, de recapitaliser les banquiers par les citoyens et leur imposent l’austérité.

Ceci dans les deux cas, que l’on soit social démo ou de fausse droite, signifie augmenter les impôts, retirer des bénéfices sociaux, rogner les retraites, reprendre les quelques miettes que le peuple a tiré du gigantesque progrès des 30 dernières années. En un mot, les deux cotés mettent en place des politiques de régression et j’allais oublier de répression et de contrôle.

Du côté gauche avec un peu plus d’accent sur la réduction des inégalités conçue comme tonte des classes moyennes au profit des marginaux. Et des avancées sociétales pour se concilier les bobos.

Du côté droit, avec une fausse attention aux retours des grands équilibres économiques et aux entreprises, mais avec une pointe de nationalisme va-t’en guerre qui remplace les avancées sociétales de gauche dans le dispositif.

Personne ne conteste la monnaie unique, laquelle pourrait être commune sans être unique.

Personne ne conteste le laminage des spécificités nationales, historiques et le rouleau compresseur de la standardisation, mondialisation, européisation.

Personne ne relève la contradiction entre la tonte des citoyens pour cause de nationalité et donc de dette à la patrie et l’accueil à bras ouverts d’étrangers qui n’ont participé en rien à la construction de cette nation. La glorification ridicule des anciens combattants d’outre-mer servant aux yeux des plus débiles à escamoter cette contradiction majeure.

Personne n’ose évoquer la question d’un système monétaire pervers, injuste, dissymétrique au service du laisser-aller américain.

Pour ne citer que quelques sujets sur lesquels il y a consensus entre les socio-démos et la fausse droite.

Dans tous les cas, il s’agit de répartir, partager la pénurie artificielle des peine- à-jouir ; dans tous les cas, il s’agit de régner sur les Français par la culpabilisation, voire la castration. Régner sur les Français par la culpabilisation et bien sûr la peur, l’infantilisation, l’excitation des affects et émotions. La réunion en cours du PS ce week-end donne le triste exemple du refus de s’adresser à l’intelligence, au savoir, à ce qui fait la dignité du citoyen,  sa capacité de réflexion.

Et ce n’est pas le débat scandaleux entre les deux prétendants au leadership de l’UMP qui nous fera changer d’avis.

Nous observons en revanche, que beaucoup de Français disent non, refusent cette situation. Pourquoi ? Parce qu’ils en souffrent, pas seulement matériellement.

Ils votent non, ils votent blanc, ils votent extrêmes pour des partis de protestation, ils refusent de voter, de plus en plus nombreux.

Si la propagande en faveur du vote et de la culpabilisation de ceux qui ne votent pas devait cesser, c’est encore plus de citoyens qui resteraient à l’écart des partis de gouvernement. La légitimité des élus déjà bien faible s’effondrerait littéralement.

L’un des problèmes, et il n’est pas propre, spécifique à la France, est que la collusion des élites renvoie les citoyens vers les extrêmes, vers ce qui se situe à la marge de la politique. Ce faisant, les mécontents, les divergents se trouvent neutralisés, ils n’ont pas de voie et de voix pour s’exprimer. En plus, les bien-pensants/malfaisants s’autorisent à les dénigrer, à les traiter comme des moins que rien et comme des sous-citoyens. Des sous-citoyens archaïques, débiles, que l’on s’autorise ainsi à négliger.

C’est le sens de mon credo, attention, il faut faire attention à l’extrême droite. Il est scandaleux de traiter ceux qui sont porteurs du vrai refus de la collusion actuelle comme des sous-hommes. De traiter ceux qui, intuitivement, savent que cela ne marche pas, que le système est cassé, que l’on va de mal en pire, comme des ilotes. Le fait que ces gens soient en grande majorité des gens du peuple, des gens qui se coltinent le réel alors que les autres ne font que parler, ce fait déjà justifierait qu’on les valorise et qu’on les écoute.

Sont-ce les fonctionnaires, les planqués de la crise, les profiteurs de la répartition et des snobismes qui sont au front, en première ligne? Non. En grande partie, ces gens sont des gens de la production, du vrai travail, de l’effort et de la vie dure.

Voilà pourquoi nous disons qu’il faut revenir sur terre, analyser, critiquer afin que ce réservoir de citoyens ne soit pas fourvoyé, afin qu’il ne soit pas logé dans les poubelles dans lesquelles les apôtres de la bien-pensance voudraient les fourrer.

Voilà pourquoi il faut donner une expression politique digne, claire, même si elle est diversifiée, à tous ceux qui disent non. Il faut que leur expression politique sorte, comme je le dis, du reptilien, du primaire, du noir. Il faut que ceux qui refusent les politiques et les fausses alternatives actuelles puissent accéder à la politique, puissent débattre des grands thèmes, de l’Europe, de la monnaie, des taxes, des libertés, du poids de l’Etat, de la souveraineté, de l’évolution de la société, de la modernité, etc.

Au lieu de maintenir près de la moitié de la population dans le viscéral et le rejet, il convient de faire en sorte de lui fournir les moyens de s’exprimer et d’être représentée.

 BRUNO BERTEZ Le Samedi 28 Octobre

15 replies »

  1. Lorsque je lis votre questionnement final : penseur, TRIBUN, organisateur ….. plusieurs noms du passé viennent comme qui dirait me hanter !

    Certes, votre analyse est juste, indiscutable même. Mais LE PASSÉ, le passé …..

    L’HISTOIRE EST UN ÉTERNEL RECOMMENCEMENT ?

    Sera(it)-ce différent aujourd’hui ?

    Et DEMAIN ???

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  2. Tant que l’extrême droite s’appuiera sur des questions purement identitaires et ethniques elle fera le jeu du système. Une victoire de Marine Le Pen dans un fief ouvrier du nord aurait fait beaucoup plus de mal à l’establishment que les victoires de sa nièce et de l’excité Collard en région sud. C’est le paradoxe, le FN est le premier parti ouvrier de France et ne gagne pas sur ce terrain. Et puis en ne stigmatisant que l’islam, et en se positionnant sur des thèses sionistes, Marine le Pen a fait un mauvais choix, au moins électoralement.

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  3. Vous avez des états d’âmes de vierges effarouchées; l’ennemi est dans la place et ne pas en tirer les conséquences revient à collaborer. En temps de guerre, l’économie doit être à la botte du politique et non l’inverse. Et n’oubliez pas Münich! Il faut être pacifique mais non pacifiste (qui a dit cela?….. )

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    • @zenith

      Comparaison n’est pas raison, les analogies ne remplacent pas les analyses. Nous ne sommes pas en temps de guerre. Sauf en ce qui nous concerne, pour la seule qui nous interesse, à savoir celle contre ceux qui sans cesse réduisent les libertés.

      Au nom d’un état de guerre qui n’existe pas, les gouvernements se donnent une pseudo légitimité pour controler, surveiller, violer, les citoyens. Le tout pour servir uen fraction perverse du capitalisme déviant et maintenant l’ordre qui en découle.
      Il ne s’agit pas de lutter contre une dérive inacceptable pour s’en remettre, pour en accepter une encore plus néfaste.

      Les extrèmes sont porteurs d’un refus qu’ils faut faire advenir à la politique.

      Les extrèmes sont porteurs d’un refus qu’il s’agit d’étudier, de
      respecter, clarifier .

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    • Seb, je respecte votre position mais elle risque de vous disqualifier dans ce qu’elle a d’excessif.
      C’est en partie le sens du billet de Bruno Berthez. Vous parlez de " botte, de Münich, d’ennemi". Si vous voulez que votre point de vue soit pris en considération il faudrait d’une certaine manière le modérer.
      Mais, excusez-moi, vous en avez peut-être rien à faire.

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      • Gabriel, votre avis et celui des hommes de bonne volonté ne m’est pas indifférent! Simplement, cela fait plus de 20 ans que l’on tolère l’intolérable, aujourd’hui "il y a le feu au lac "… et à la France. Si nous ne réagissons pas (ce dont j’ai peur), nous irons droit vers une guerre civile, au mieux! J’ai été prof d’éco prés de 40 ans et l’économie n’est pour moi plus le sujet, "homo festivus " doit disparaître (cf. P. Muray), et, sur ce plan, l’ennemi n’a pas forcément tort.

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  4. Le rire nous guérit de la peur . Heureusement Rabelais s’est trompé , le rire n’est pas propre à l’homme , les rats aussi rient ( qui a aussi de commun avec nous de tuer sa propre éspéce ) , et aussi le gorille (pas seulement celui de Brassens ) , et méme je soupçonne l’ane de rire , en dévoilant ses dents quant il hennit .
    Mélenchon , Le Pen font peur , comme Hobbes ( mais si l’homme est un loup , pour le loup l’homme est pire que lui ) . En fait Mélenchon , Le Pen , ne sont pas des bilieux (de bile noire ) mais des sanguins , c’est un tempérament apte à changer d’humeur , effectivement chacun par exemple est capable de passer de l’extreme à l’autre .Cà n’est pas sérieux . D’autant moins sérieux que quelque chose me dit que non seulement il existe des Kondratievs , mais aussi des cycles double du Kondratiev et qu’un cycle peut en cacher un autre en ce sens que le Kondratiev se double d’un cycle super-long qui expire celui de la monnaie fiduciaire (commencé en 1866 /1870 ) , c’est à dire parallélement : la fin de la prééminence du politique et
    de l’idéologique , sur le social et le vrai économique : la valeur . Donc ses prétentions politiques vont virer à la mélancholia impuissante , et le rire va l’emporter .
    Si donc les animaux peuvent rire , les sous-hommes aussi . Il y a extension du domaine de la lutte …

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  5. Re-commentaire , c’est par erreur (par rapport à moi-méme ) que j’ai écrit cycle super long double du Kondratiev , en fait c’est quadruple , en gros ) . Feigenbaum a montré suite aux expériences de Robert May
    un dédoublement de période , correspôndant à un quadruplement de la population animale . On nourrit abondamment des mouches drosophiles et par là elle ‘quadruplent en 2 fois moins de temps .
    Comme nous ne sommes pas des mouches drosophiles , mais quelque chose de meilleur , la preuve c’est que c’est nous qui doublons notre nourriture , le social l’émporte chez nous sur le biologique , et la relation mathématique s’inverse , nous doublons en ‘4’ fois moins de temps . ( En fait 4.64….qui pourrait étre un nombre trenscandant s’ajoutant à e , pi , etc ) . Donc le rire est justifié la preuve en ait que malgré les péripéties , la population mondiale suit en gros une exponentielle , sa libido est débridée , ce qui peut faire peur j’en conviens .
    Donc contrairement au principe des sciences physiques , en particulier du 3e principe , la société négentropise . J’aimerai que vous précisiez votre idée B.Berthez sur le risk on / risk off . Je vous trouve pessimiste sur le coup . Il me semble qu’au contraire l’or va s’envoler ., malgré le fait qu’ils en rajoutent en embrouilles .

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    • @timeismoney

      Vous aimeriez que je précise

      Je vous répondrais avec humour : nul ne peut conduire plus loin qu’il n’est lui mème allé!

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  6. Mr Bertez Bonjour

    Je vous suis toujours avec grand intéret mais compte tenu de la teneur et le fond de ce papier ici présent je voudrais ètre sur de vous avoir compris et ne pas partir à contre sens comme il peut m’arriver de le faire….
    Vous semblez suggérez que pour éviter que les extrèmes ne s’emparent, à des fins purement électoralistes et aussi peu recommandables que les visées kleptocratiques, des préoccupations légitimes de 40 % des français, vous suggérez donc que ces débats puissent avoir lieu au sein de partis disons authentiquement soucieux du jeu politique et démocratique et ceci afin de désamorcer la bombe que représenterait une opa sur les libertés individuelles et une prise en otage des citoyens par ces mèmes extrèmes…

    Vous remerciant par avance pour votre réponse et éclaircissement et encore bravo pour l’exceptionnelle qualité de ce blog et le travail accompli au fil des jours…

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    • @lantithese

      Je vous remercie à la fois de votre intérêt et de votre question. Il est évident que mon propos mérite d’être éclairci et que compte tenu de l’importance du sujet et de sa gravité, je me dois de le faire.

      Je pars d’un constat simple que tout le monde peut faire et a certainement fait ces dernières semaines. Le soutien à la politique du gouvernement, à Hollande et à Ayrault s’est effondré en quelques semaines.

      Certains fournissent des alibis, ils sont soit de mauvaise foi, soit peu convaincants.
      La réalité est incontournable : le président et son gouvernement paient le prix de promesses intenables. Ils ont trompé les électeurs en minimisant la portée de la crise, en promettant des remèdes inconsistants, incompatibles avec la participation de la France à l’euro. Pire les volontés de nivellement social, la priorité donnée aux marginaux sur la masse de la population se traduit par une inquiétude, une déstabilisation, une démoralisation de la société française qui débouchent sur la frilosité et l’accroissement du chômage. Il s’y ajoute des décisions concrètes manifestement contreproductives simplement justifiées par un agenda socialiste sur lequel aucune majorité ne s’est exprimée.

      La Non-légitimité démocratique d’élections trompeuses, dolosives doit être admise, tout comme elle doit être admise pour Sarkozy, tout comme elle devait être admise pour Mitterrand qui a trahi le peuple de gauche allégrement.

      La complicité des élites, des médias et des corps intermédiaires ne fait aucun doute.
      On entend sans cesse justifier cette situation scandaleuse par des arguments de real politik, par la fin justifie les moyens, par , en fait le déni de la démocratie conçue comme système dans lequel le peuple est souverain.

      L’analyse de l’action réelle, celle qui va a l’essentiel et ne retient que la Big Picture montre que sur cet essentiel, il y a peu d’écart entre les positions de la sociale démocratie et celles de la fausse droite.

      Tous deux veulent que cela dure, que le système se reproduise à l’identique: Ils veulent que le système du deficit spending continue, donc ils veulent que leurs banquiers soient sauvés et puissent continuer à faire leurs fins de mois dispendieuses. En conséquence ils essaient de faire payer l’excès de dettes, de recapitaliser les banquiers, par les citoyens et leur imposent l’austérité.

      Ceci dans les deux cas, que l’on soit social démo ou de fausse droite, signifie augmenter les impôts, retirer des bénéfices sociaux, rogner les retraites, reprendre les quelques miettes que le peuple a tiré du gigantesque progrès des 30 dernières années: En un mot les deux cotés mettent en place des politiques de régression et j’allais oublier de répression et de contrôle.

      Du coté gauche avec un peu plus d’accent sur la réduction des inégalités conçue comme tonte des classes moyennes au profit des marginaux. Et des avancées sociétales pour se concilier les bobos.

      Du coté droit, avec une fausse attention aux retours des grands équilibres économiques et aux entreprises, mais avec une pointe de nationalisme va t en guerre qui remplace les avancées sociétales de gauche dans le dispositif.

      Personne ne conteste la monnaie unique, laquelle pourrait être commune sans être unique.

      Personne ne conteste le laminage des spécificités nationales, historiques et le rouleau compresseur de la standardisation, mondialisation, européisation.

      Personne ne relève la contradiction entre la tonte des citoyens pour cause de nationalité et donc de dette à la patrie et l’accueil à bras ouverts d’étrangers qui n’ont participé en rien à la construction de cette nation. La glorification ridicule des anciens combattants d’outre mer servant aux yeux des plus débiles à escamoter cette contradiction majeure.

      Personne n’ose évoquer la question d’un système monétaire pervers, injuste, dissymétrique au service du laisser aller américain.

      Pour ne citer que quelques sujets sur lesquels il y a consensus entre les socio démo et la fausse droite.

      Dans tous les cas, il s’agit de répartir, partager la pénurie artificielle des peine- a -jouir, dans tous les cas il s’agit de régner sur les français par la culpabilisation voire la castration. Régner sur les français par la culpabilisation et bien sur la peur, l’infantilisation, l’excitation des affects et émotions. La réunion en cours du PS ce week end donne le triste exemple du refus de s’adresser à l’intelligence, au savoir, à ce qui fait la dignité du citoyen , sa capacité de réflexion.

      Et ce n’est pas le débat scandaleux entre les deux prétendants au leadership de l’UMP qui nous fera changer d’avis.

      Nous observons en revanche, que beaucoup de français disent non, refusent cette situation. Pourquoi parce qu’ils en souffrent, pas seulement matériellement.
      Ils votent non, ils votent blanc, ils votent extrêmes pour des partis de protestation, ils refusent de voter, de plus en plus nombreux.

      Si la propagande en faveur du vote et de la culpabilisation de ceux qui ne votent pas devait cesser, c’est encore plus de citoyens qui resteraient à l’écart des partis de gouvernement. La légitimité des élus déjà bien faible s’effondrerait littéralement.

      L’un des problèmes, et il n’est pas propre, spécifique à la France est que la collusion des élites renvoie les citoyens vers les extrêmes, vers ce qui se situe à la marge de la politique. Ce faisant les mécontents, les divergents se trouvent neutralisés, ils n’ont pas de voie et de voix pour s’exprimer. En plus les bien pensants/malfaisants s’autorisent à les dénigrer, à les traiter comme des moins que rien et comme des sous citoyens. Des sous citoyens archaïques, débiles, que l’on s’autorise ainsi à négliger.

      C’est le sens de mon credo, attention, il faut faire attention à l’extrême droite. Il est scandaleux de traiter ceux qui sont porteurs du vrai refus de la collusion actuelle comme des sous hommes. De traiter ceux qui, intuitivement savent que cela ne marche pas, que le système est cassé, que l’on va de mal en pire, comme des ilotes. Le fait que ces gens soient en grande majorité des gens du peuple, des gens qui se coltinent le réel alors que les autres ne font que parler, ce fait déjà justifierait qu’on les valorise et qu’on les écoute.

      Sont- ce les fonctionnaires, les planqués de la crise, les profiteurs de la répartition et des snobismes qui sont au front, en première ligne? Non. En grande partie ces gens sont des gens de la production, du vrai travail, de l’effort et de la vie dure.

      Voila pourquoi nous disons qu’il faut revenir sur terre, analyser, critiquer afin que ce réservoir de citoyens ne soit pas fourvoyé, afin qu’il ne soit pas logé dans les poubelles dans lesquels les apôtres de la bien pensance voudraient les fourrer.

      Voila pourquoi il faut donner une expression politique digne, claire même si elle est diversifiée, à tous ceux qui disent non. Il faut que leur expression politique sorte comme je le dis du reptilien, du primaire, du noir. Il faut que ceux qui refusent les politiques et les fausses alternatives actuelles puissent accéder à la politique, puissent débattre des grands thèmes, de l’Europe, de la monnaie, des taxes, des libertés, du poids de l’état, de la souveraineté, de l’évolution de la société, de la modernité etc

      .Au lieu de maintenir près de la moitié de la population dans le viscéral et le rejet, il convient de faire en sorte de lui fournir les moyens de s’exprimer et d’être représentée.

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      • Bravo…c’est presque agaçant de partager dans, quasi tous les détails, votre analyse.
        Nous sommes en présence d’un foutage de gueule de la part des politiques d’une ampleur inégalée.
        Ah les cons ! Serions- tenté de dire… ils osent et cela marche.
        Pourquoi ce système de gouvernance est si stable ? Pourquoi cela ne bougera pas ?
        Parce que le citoyen est compromis jusqu’à la moelle avec un Etat qui lui assure plus de 50% de ses revenus, sous des formes diverses.
        Le général de Gaulle, qui prenait les Français pour des veaux et qui s’en méfiait (à juste titre ?), a crée avec la sécurité sociale et avec les retraites par répartition les chaînes qui lient le citoyen et assurent la stabilité de la V république.
        Il faudrait évoluer vers un système démocratique comme celui existant en Suisse pour redonner la parole au peuple. Là-bas vous êtes consultés sur toutes les mesures qui touchent au fondamental. Par exemple et sur la question et les limites de la solidarité nationale, s’il existe un déficit du régime de l’assurance sociale, on vous demandera de voter pour une hausse de la cotisation au régime de l’assurance chômage ou d’opter pour une réduction des prestations. Il existe un débat au fond et le peuple vote.
        L’adhésion du citoyen à la règle commune est, en conséquence, infiniment plus forte.
        On vous interrogera de la même façon sur les questions de nationalité et sur toutes les questions qui touchent à l’identité nationale. (les minarets en sont un bon exemple, on ose poser des questions qui ne sont pas politiquement correctes)
        On pourrait multiplier les exemples d’autre système de gouvernance dans le monde, desquels on devrait s’inspirer pour rétablir une véritable démocratie mais le Français, et on l’y encourage, est tellement persuadé d’être le sel de la terre et d’avoir le meilleur système au monde que tout est paralysé par le politiquement correcte.
        C’est exaspérant mais on ne voit pas l’ombre d’une solution pointer son nez.
        Comme vous le dites très justement les réponses apportées pas les extrêmes sont inacceptables.

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      • vous semblez excuser et vouloir comprendre les electeurs qui votent par dépit pour les extremes.qu’est ce qui fait que parmis les gens modestes,beaucoup rejettent quand meme les extrèmes?l’électorat FN n’est pas un électorat d’ouvriers.beaucoup de gens aisés votent FN.il y a les gens qui réfléchissent et qui font l’effort de se souvenir.il y a les autres qui laissent cours a leurs bas instincts et a leur haine.une partie des hommes s’est toujours vautrée dans des solutions apparentes de facilité,quel que soit leur milieu

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        • @grrrrr

          Désolé mais les chiffres sont incontournables, au premier tour c’est le FN qui récolte le plus de suffrages ouvriers dans les CSP des sondeurs. Aucune discussion ou reflexion n’est possible si on nie la réalité. Et les sondages francais sont de très bonne qualité.

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