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L’Edito du Dimanche 28 Octobre 2012 : Quelques craquements dans l’édifice par Bruno Bertez

L’Edito du Dimanche 28 Octobre 2012 : Quelques craquements dans l’édifice par Bruno Bertez 

Le comportement des marchés financiers depuis les annonces de politique monétaire de la Réserve Fédérale Américaine mérite intérêt. 

Ce comportement excite notre curiosité. On a fait les plus hauts sur le complexe du risque au lendemain de l’annonce de QE Eternity. 

Cela semble paradoxal puisque cette annonce constitue la promesse de surabondance de liquidités gratuites et de PUT destiné à protéger les marchés contre la volatilité. Entendez par volatilité, la baisse bien sur. 

Le pétrole est dans les plus bas, les métaux comme le cuivre pointent dans le sens de la déflation, les actions tentent de se soutenir sur les moyennes mobiles, mais sans conviction ou volume. 

   On peut proposer quelques explications partielles, par exemple : 

-Les prises de bénéfices sur le fait accompli 

-L’usure de l’impact d’annonce 

-La lassitude et l’apprentissage des opérateurs 

On peut critiquer les mesures elles même et leur modalités et conception. Ainsi, est-il habile d’annoncer QE Eternity ? C’est à dire de se priver de l’effet d’annonce et d’anticipation des prochains QE. 

-Le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier, en bourse comme ailleurs. QE Eternity est moins excitant que la perspective de QE renouvelés. 

On peut avancer comme certains le font que la conjoncture boursière n’est plus porteuse comme lors des QE  précédents : 

-Tendance marquée au ralentissement de la croissance des bénéfices des firmes, déception sur les résultats du troisième trimestre et guidance médiocre pour le quatrième. 

-Perspective et risque de fiscal cliff, choc budgétaire qui détériorera le climat, pourrira le sentiment, relancera les doutes sur le rating américain et surtout précipitera la récession. 

-Méfiance sur la situation en Europe, rien n’est résolu, tout a été mis au réfrigérateur pour faire plaisir à Obama et à sa demande/exigence. 

-Inquiétude sur le risque d’implosion en Chine 

-Montée des risques politiques et géopolitiques 

Pour notre part nous ne prenons pas position, il faut être fou pour oser émettre des prévisions en ces temps d’artifices et de manipulation généralisés. Les baissiers et les sceptiques qui vendent la peau de l’ours dès maintenant sont imprudents. Le besoin de ranimer le risk-on est vital et l’ours ne se laissera pas dépouiller sans combattre et faire quelques victimes. 

Simplement nous ferons quelques observations.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

 -La détérioration des bénéfices est un élément nouveau, clef dans le système post- 2008. On était habitué à ce que les revenus, les chiffres d’affaires soient décevants, mais on était rassuré, comblé par les profits. L’amélioration des marges a cessé de compenser et au delà l’atonie des ventes. Aurait-on touché les limites de la compression des couts? 

-Le profit est un indicateur avancé de la conjoncture et de la santé du système. La détérioration des profits, en système capitaliste est centrale; Le capitalisme c’est la production de profit et de capital, pas la production de marchandises et services. L’érosion des profits et le manque de tonus de la Bourse qui produit, fabrique le capital par effet multiplicateur est une pierre dans le jardin de Bernanke. 

-Le dollar n’arrive plus à baisser aussi facilement qu’avant, ce qui retire un élément dans la panoplie de Bernanke. La course mondiale à la politique d’avilissement des monnaies, gène la dévaluation du dollar et contrecarre la stratégie de Bernanke. 

-Les commentateurs commencent sérieusement à évoquer la fin de la pseudo efficacité des politiques monétaires non conventionnelles, les banquiers centraux comme Mervyn King également. 

CS global risk appetite index (source: CS)

Si,  ce qui se passe maintenant, ou plutôt, ce qui ne se passe pas maintenant, à savoir le retour du risk-on , devait durer , une nouvelle phase de la crise devrait être envisagée. Une nouvelle étape pourrait se dessiner. 

Ce pourrait être une étape de témérité et d’imprudence accrue des banquiers centraux. 

Il est peut être prématuré de se poser la question, mais faisons le quand même : Quel est le régime qui succédera au régime du risk-on/risk-off?  

Les valeurs refuges resteront elles les mêmes? Continuera t on de se précipiter sur les fonds d’état? Conserveront-ils leur statut? 

Prendra-t-on conscience du fait que ce sont des papiers et qu’ils ne valent que dans un certain cadre, celui de l’illusion et de la foi dans les pouvoirs des apprentis sorciers ? 

En d’autres termes, quels seront les prochains refuges ? Le mouvement de capitaux d’investissement vers l’immobilier américain n’est il pas annonciateur de la recherche de valeurs réelles qui, en plus rapportent?

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 28 Octobre 2012

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EDITO PRECEDENT : L’Edito du Dimanche 21 Octobre 2012: Aux voleurs! Aux voleurs! Hold-up généralisé Par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

En complément : Nième avertissement, nous sommes à un point critique sur les marchés.

Nous sommes intervenus à plusieurs reprises ces derniers temps pour vous transmettre notre conviction :

-Méfiez vous de l’eau qui dort, du calme avant la tempête. Les marchés sont à un point critique.

Vous êtes peut être déçus que nous n’allions pas plus loin et que nous disions simplement que des mouvements violents peuvent se produire sans en indiquer le sens, nous vous comprenons. Mais vous devez comprendre que dans un monde fait à la main, non spontané, la baisse, la chute peuvent produire … leur contraire par intervention des démiurges.

Spontanément, nous parions sur la chute, à la réflexion cependant nous pensons que chute et hausse sont équiprobables et même que l’on assistera à des bull ou bear traps, des pièges.

Nous voulons attirer votre attention sur un indicateur peu connu qui mesure les corrélations implicites au sein des marchés. Cet indicateur mesure l’influence de la tendance de l’indice sur les actions individuelles, la corrélation entre l’ensemble et les parties qui composent le marché. En quelque sorte il nous dit si le marché dans son ensemble entraine à l’unisson toutes les valeurs, explique leur performance.

Quand toutes les valeurs se meuvent comme l’indice, le marché est peu sélectif, c’est un marché que nous appelons de tendance.

Quand les valeurs se comportent de façon plus autonome, en fonction de leurs mérites propres et non en fonction de la dictature de la tendance, nous disons que c’est un marché de mise en ordre.

Ceci mérite quelques explications :

-Le désordre c’est quand tout est indifférencié, tout se vaut.

-L’ordre c’est quand chaque élément est à sa place en fonction de ses qualités intrinsèques. L’ordre c’est quand tout est rangé, à sa place.

Certains trouveront cela contre intuitif mais ils y retrouveront s’ils sont intéressés les concepts des théories de l’entropie.

Pour donner un exemple et toucher du doigt le concept, il suffit de se référer au désordre actuel que constitue l’alternative  dite du  risk-on/risk-off.

 Selon les titres des journaux on passe avec un bel ensemble sur toutes les classes d’assets concernées de la hausse à la baisse. Il y a des jours on et des jours off. 

La crise et l’intervention des démiurges ont produit une mise en forme des marchés qui se caractérise par un grand, un très grand désordre, puisque la sélectivité a disparu.

Dans le désordre, il y a une énergie, en quelque sorte, qui peut produire un mouvement par le processus de mise en ordre, de passage à un ordre. 

On ne connait pas le sens du mouvement qui va se produire, mais on sait qu’il est potentiellement important quand le désordre est maximum. 

Or les ICJ, les implied corrélations au sein du S&P 500  viennent de faire un grand bond, on est dans des zones qui, historiquement, se sont avérées être des indicateurs avancés de volatilité forte pour ne pas dire peu fréquentes. 

Par ailleurs, les bonds de l’ICJ sont fiables à moyen terme, délai de 3 à 4 trimestres; les indications que la forte hausse des ICJ fournit sont valables pour plusieurs mois.

  

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 28 Octobre 2012

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EN BANDE SON :

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EN COMPLEMENT : A Chaud!!!! du Lundi 29  Octobre 2012  : Le grand écart, cela peut faire mal! par Bruno Bertez

 Nous avons dans l’éditorial boursier livré ci dessus attiré l’attention sur le comportement décevant des marchés de risk-on, post-QE. 

Nous aurions du ajouter également post-OMT. Post OMT car c’est l’annonce par Draghi de l’utilisation de son gros bazooka qui a, comme celle de QE, favorisé le rally précédent.

 

   Nous avons donc deux raisons d’être étonné et déçu. 

L’examen des marchés de la dette souveraine en Europe en fin de semaine dernière laisse une impression de malaise. Les bonds souverains espagnols ont enregistré leurs plus mauvaise semaine depuis Aout , le 10  ans a été particulièrement étrillé , avec des rendements en hausse de 22 points de base à 5,59%. Le spread a fait un bond de 28 pts de base à 405. Le rendement du Bund allemand pour sa part a chuté de 6 pts de base à 1,51%, signe d’un retour des achats de protection.

 WEZW_Spread_Week

Le coup de force de Draghi a obligé les vendeurs short à se racheter tout en suscitant des achats spéculatifs de prédateurs type Pimco ou Blackrock sur la dette des pestiférés. Ceci a permis aux dernières levées de fond de bien se passer. 

Il semblerait que le mouvement ait fait long feu, et que déjà les plus prudents reprennent leur bénéfice ou réduisent leur exposition. 

En Espagne les statistiques des derniers jours sont mauvaises avec nouvelle hausse du chômage et poursuite de la descente aux enfers de l’immobilier. Par ailleurs Rajoy continue de jouer au plus fin et retarde sa demande d’aide auprès des institutions européennes. Il joue au chat et à la souris sur la question des conditionnalités.

 

  Spanish government spending vs. unemployment rate 

Ce qui semble aussi inquiétant,  c’est le comportement des assets français.  Le spread sur les Bunds allemands s’est élargi de 10 pts de base.

  

Les nouvelles françaises sont mauvaises; le PMI manufacturier d’Octobre confirme la chute du mois précédent à 43,5 et surtout les chiffres de la BCE  montrent que le crédit est en fort ralentissement aussi bien aux sociétés qu’aux particuliers. L’agression en règle sur l’immobilier n’arrange pas les choses et on commence à craindre un problème plus profond de ce coté.

 

 

La dégradation des banques françaises n’est pas passé inaperçue, d’autant que S&P insiste sur le fait que les banques pourraient bien souffrir de la correction en cours sur l’immobilier et le logement, ce qui viendrait ajouter à leurs autres problèmes.

 WEZW_Bank_Week

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«Au détour du communiqué, on peut lire cette phrase lourde de sous-entendus», s’inquiète Le Figaro, en référence à ce commentaire: «L’économie reste globalement stable mais sa résistance aux chocs extérieurs s’est réduite.» L’agence rappelle ainsi que le pays doit supporter «le fardeau d’une dette publique élevée». Elle voit le chômage s’aggraver, la compétitivité se réduire et la phase d’expansion économique se terminer. S&P souligne aussi que le marché immobilier est entré en phase de correction mais que celle-ci ne devrait pas provoquer trop de dégâts. «La sonnette d’alarme n’est pas encore tirée mais S&P met la France en garde», juge le site Atlantico.fr.

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Les banques françaises sont surexposées à tous les risques que l’on peut trouver sur la planète: risques sur les pestiférés, sur les entreprises, confère PSA, risques sur les émergents, risques sur les marchés de capitaux et bien sur comme nous l’avons signalé plus haut, risque sur le logement. 

La situation ne peut que s’aggraver avec une croissance défaillante, un chômage au plus haut de 13 ans et une dette souveraine de maintenant près de 90%  du GDP. La détérioration des perspectives sur les marchés étrangers va encore renforcer les fragilités du système français.

   France trade balance since 1970 

Le climat intérieur français ne va , par ailleurs, pas dans le sens de la confiance comme en témoignent , entre autres la grogne publique des chefs d’entreprise et la chute de la confiance des consommateurs. Les tentatives de mobilisation sociales en cours ne vont rien arranger.

 France business climate and GDP 

A y regarder de plus prés, on s’aperçoit que tout ne tient qu’à un fil ou plutôt à une promesse, celle du gros bazooka. 

Si la crédibilité de Draghi venait à s’effriter, si les Allemands continuaient à en limiter la portée, si la contestation juridique s’amplifiait , si … si… 

Nous ne cessons de le répéter, tout est fragile, tout est déséquilibré, tout ne tient que par le miracle des promesses. L’écart entre la relative tenue des marchés et la situation fondamentale continue de se creuser. Mais il arrive un point ou le grand écart, cela fait mal. 

La dégradation de la semaine dernière est de mauvaise augure…..

BRUNO BERTEZ Le Lundi 29 Octobre 2012

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EN LIEN : L’Edito du Dimanche 28 Octobre 2012 : Quelques craquements dans l’édifice par Bruno Bertez

EN BANDE SON : [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=fLi851UPTsc

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A Chaud!!!!  du Mardi 30 octobre 2012 : Craquements dans l’édifice, compléments par Bruno Bertez

 Nous avons expliqué que l’existence d’un écart considérable entre la situation fondamentale des économies réelles et le comportement des marchés pouvait finir par faire mal, très mal. 

Nous avons expliqué que la conjoncture continuait de se détériorer, que l’accalmie en Europe n’était que temporaire et que, finalement, tout reposait sur la croyance en le gros bazooka de Draghi. 

Nous avons noté que les effets dopant de ce gros bazooka sur les marchés des bonds des pestiférés s’estompaient et que les achats de protection sur le Bund allemand avaient repris. 

Les déclarations du week-end nous intriguent.

 Schauble, le ministre des Finances allemand est venu, dans une interview, demander que les gouvernements européens abandonnent de façon permanente leur souveraineté sur leurs propres budgets nationaux. C’est choquant, mais pas anormal, on connait les positions allemandes, même si, de temps à autres, on a l’impression qu’elles deviennent plus souples. 

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La proposition du ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble est de créer un poste de "commissaire aux Affaires monétaires" pour la zone euro, doté de larges prérogatives.

Wolfgang Schäuble s’est prononcé au milieu du mois pour que ce commissaire ait le pouvoir de rejeter les budgets nationaux qui ne sont pas conformes aux critères de l’union monétaire. Le modèle pour ce nouveau poste serait le commissaire européen à la Concurrence, qui est "craint dans le monde entier", selon le ministre.

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Plus étonnant est que Draghi, ce week-end également, a donné une interview au Spiegel dans laquelle il déclare, je cite: « je soutiens explicitement cette proposition ». Il a ajouté: « si nous voulons rétablir la confiance dans la zone euro, les pays doivent accepter de transférer une partie de leur souveraineté au niveau européen». 

L’Allemagne semble revenir à son exigence de « fiscal union » avant d’accepter d’aller plus loin dans l’aide à ses voisins, avant de s’engager plus qu’elle ne l’a déjà fait. 

Déjà, l’Allemagne a durci sa position vis à vis de l’Espagne et refuse d’absorber le coût d’un bail-out des banques, elle insiste sur le fait que les fonds devront être remboursés et que les fonds attribués par l’ESM devront venir s’ajouter à la masse de dettes du gouvernement espagnol. Ceci fait suite au fiasco des discussions sur l’union bancaire lors du dernier sommet. 

Ce n’est pas ce que les Espagnols espéraient, ce n’est pas ce que les marchés jouaient. 

Non seulement, il est improbable que les gouvernements de la zone euro abandonnent ne fut-ce qu’une partie de leur souveraineté fiscale, mais il est encore plus improbable que l’Allemagne cède sur ce point alors qu’il vient d’être réaffirmé. 

Le fait que Draghi soutienne explicitement la demande allemande et la pose comme quelque chose qui s’impose objectivement, en soi, est perturbant. 

On a comme l’impression qu’il y a une sorte de machine arrière et que le gros bazooka n’est plus aussi gros que cela, et même qu’il n’est pas encore bien assuré. 

La situation des banques espagnoles est de plus en plus critique malgré les subterfuges, les ratios de « bad loans » viennent de bondir à plus de 10,5% des actifs, ce qui est considérable. On est déjà dans la situation la pire prévue par les stress-tests bidons.

 

BRUNO BERTEZ Le Mardi 30 Octobre 2012

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11 replies »

  1. On assiste aussi à un phénomène nouveau depuis quelques semaines. Une surperformance relative des indices euro contre US. Ceci peut nous signifier une moindre aversion pour le risque et donc de la hausse à CT. Selon moi le risque d’une élection serrée aux US nécessitant des recomptages et clivant encore un peu plus le pays est le risque majeur à très court terme. Souvenons nous de la panique qui avait duré 15 jours lors de l’élection indécise entre Al Gore et Bush en 2000. Si cela se reproduit, cela sera plus grave, surtout si c’est Obama qui l’emporte in fine car sa légitimité sera sérieusement contestée par ses ennemis intérieurs.

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  2. Nouveau phénoméne aussi dans le domaine des craquement d’édifices , le séisme au Moyen – Orient , qui a causé des centaines de morts et de bléssés dans la région de Tabriz en Iran , mais O en Israel où quand méme çà a atteint 5.5 à l’échelle de Richter . >D’où ? cette manoeuvre conjointe des US et d’Israel , conjointe elle aussi contre les missiles et les séismes , à la veille du show Romney/Obama . C’est bien tombé sur la politique étrangére . Finalement comme le souligne la presse Israelienne , il suffirait d’un séisme bien placé , pour s’annuler la peine d’une attaque de l’Iran . Mais qui pourrait avoir des répliques en Israel .
    Un hasard de forces Titanesques en quelque sorte pourrait changer le deal . A quoi çà tient !

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  3. Octobre : Le grand écart, cela peut faire mal.

    Nous avons dans l’éditorial boursier livré ci dessus attiré l’attention sur le comportement décevant des marchés de risk-on, post-QE.

    Nous aurions du ajouter également post-OMT. Post OMT car c’est l’annonce par Draghi de l’utilisation de son gros bazooka qui a, comme celle de QE, favorisé le rally précédent.

    Nous avons donc deux raisons d’être étonné et déçu.

    L’examen des marchés de la dette souveraine en Europe en fin de semaine dernière laisse une impression de malaise. Les bonds souverains espagnols ont enregistré leurs plus mauvaise semaine depuis Aout , le 10 ans a été particulièrement étrillé , avec des rendements en hausse de 22 points de base à 5,59%. Le spread a fait un bond de 28 pts de base à 405. Le rendement du Bund allemand pour sa part a chuté de 6 pts de base à 1,51%, signe d’un retour des achats de protection.

    Le coup de force de Draghi a obligé les vendeurs short à se racheter tout en suscitant des achats spéculatifs de prédateurs type Pimco ou Blackrock sur la dette des pestiférés. Ceci a permis aux dernières levées de fond de bien se passer.

    Il semblerait que le mouvement ait fait long feu, et que déjà les plus prudents reprennent leur bénéfice ou réduisent leur exposition.

    En Espagne les statistiques des derniers jours sont mauvaises avec nouvelle hausse du chômage et poursuite de la descente aux enfers de l’immobilier. Par ailleurs Rajoy continue de jouer au plus fin et retarde sa demande d’aide auprès des institutions européennes. Il joue au chat et à la souris sur la question des conditionnalités.

    Ce qui semble aussi inquiétant, c’est le comportement des assets français. Le spread sur les Bunds allemands s’est élargi de 10 pts de base.

    Les nouvelles françaises sont mauvaises; le PMI manufacturier d’Octobre confirme la chute du mois précédent à 43,5 et surtout les chiffres de la BCE montrent que le crédit est en fort ralentissement aussi bien aux sociétés qu’aux particuliers. L’agression en règle sur l’immobilier n’arrange pas les choses et on commence à craindre un problème plus profond de ce coté.

    La dégradation des banques françaises n’est pas passé inaperçue, d’autant que S&P insiste sur le fait que les banques pourraient bien souffrir de la correction en cours sur l’immobilier et le logement, ce qui viendrait ajouter à leurs autres problèmes.

    Les banques françaises sont surexposées à tous les risques que l’on peut trouver sur la planète: risques sur les pestiférés, sur les entreprises, confère PSA, risques sur les émergents, risques sur les marchés de capitaux et bien sur comme nous l’avons signalé plus haut, risque sur le logement.

    La situation ne peut que s’aggraver avec une croissance défaillante, un chômage au plus haut de 13 ans et une dette souveraine de maintenant près de 90% du GDP. La détérioration des perspectives sur les marchés étrangers va encore renforcer les fragilités du système français.

    Le climat intérieur français ne va , par ailleurs, pas dans le sens de la confiance comme en témoignent , entre autres la grogne publique des chefs d’entreprise et la chute de la confiance des consommateurs. Les tentatives de mobilisation sociales en cours ne vont rien arranger.

    A y regarder de plus prés, on s’aperçoit que tout ne tient qu’à un fil ou plutôt à une promesse, celle du gros bazooka.

    Si la crédibilité de Draghi venait à s’effriter, si les Allemands continuaient à en limiter la portée, si la contestation juridique s’amplifiait , si … si…

    Nous ne cessons de le répéter, tout est fragile, tout est déséquilibré, tout ne tient que par le miracle des promesses. L’écart entre la relative tenue des marchés et la situation fondamentale continue de se creuser. Mais il arrive un point ou le grand écart, cela fait mal.

    La dégradation de la semaine dernière est de mauvaise augure

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  4. Lundi 29 octobre 2012 :

    Henri Regnault écrit ces phrases très importantes :

    "Dans la période actuelle ou faillites bancaires et défauts des Etats rodent dans les bilans des banques centrales, c’est la crédibilité de ces banques centrales qui est en cause : elles sont devenues les bad banks par excellence, et leurs bilans… les poubelles de la crise. Si des créances sont irrécouvrables et reconnues comme telles, le capital de la banque centrale peut devenir négatif : elle doit dès lors être recapitalisée par les Etats et donc par les contribuables. Si la banque centrale est le prêteur en dernier ressort, le contribuable est bien le payeur en dernier ressort !"

    http://www.les-crises.fr/documents/2012/la-crise-henri-regnault-n-21.pdf

    Concernant la Banque Centrale Européenne, Henri Regnault aurait pu rappeler que c’est déjà arrivé. En décembre 2010, le capital de la BCE était de seulement 5,76 milliards d’euros. En décembre 2010, la BCE avait racheté 72 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries.

    Conséquence : pour se couvrir contre des pertes causées par ces créances irrécouvrables, la BCE a été obligée de demander à ses actionnaires de recapitaliser la BCE.

    Concrètement : la BCE a demandé aux 16 banques centrales nationales de recapitaliser la BCE. Autrement dit : en décembre 2010, les contribuables de la zone euro ont été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE.

    Conclusion : le capital de la BCE est aujourd’hui de 10,76 milliards d’euros … mais la BCE a dans ses livres 210 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries !

    Contribuables, préparez-vous à payer.

    Contribuables, préparez-vous à payer pour recapitaliser la BCE.

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    • Oui, mais pas tout de suite. D’abord… les Eurobonds! Comment les faire passer? Donner le "choix" aux Français et (surtout) aux Allemands de remettre 50 milliards chacun dans le nourrain ou alors émettre nos amies les zeurobonds…

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  5. Lundi 29 octobre 2012 :

    La troïka aux créanciers publics de la Grèce : «prenez vos pertes !»

    Selon l’édition de ce lundi de Der Spiegel, la troïka, composée de représentants de la Commission européenne, de la BCE et du FMI, serait parvenue à la conclusion qu’on ne pourra pas éviter une nouvelle coupe dans les créances helléniques. Et cette fois, la troïka demande de ne pas se contenter, comme en mars dernier, de mettre les créanciers privés à la peine, mais exige une contribution des créanciers publics.

    Selon le Spiegel, les représentants de la troïka ont présenté leurs conclusions jeudi dernier aux collaborateurs des ministres des Finances de la zone euro. Ce serait la première fois que la crise grecque coûterait effectivement de l’argent aux contribuables européens. En mai 2010, les pays de la zone euro avaient accordé 53 milliards d’euros à la Grèce sous la forme de crédits bilatéraux. Par la suite, 74 milliards d’euros ont été versés par le FESF (avec la garantie des Etats de la zone euro) à Athènes. Le FMI, lui, a déboursé 22 milliards d’euros pour Athènes. De son côté, selon le Spiegel, la BCE détiendrait par ailleurs 40 milliards d’euros de dette hellénique rachetée sur les marchés. En tout, 136 milliards d’euros de dettes grecques seraient entre des mains publiques.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121029trib000727686/la-troika-aux-creanciers-publics-de-la-grece-prenez-vos-pertes-.html

    Lors du premier défaut de paiement de la Grèce, 107 milliards d’euros avaient été effacés : ces pertes avaient concerné les créanciers privés.

    Lors du deuxième défaut de paiement de la Grèce, les pertes vont maintenant concerner les créanciers publics. « En tout, 136 milliards d’euros de dettes grecques seraient entre des mains publiques. »

    Contribuables, préparez-vous à payer.

    Contribuables, préparez-vous à payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce.

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  6. les gouvernements n’ont ils pas une double comptabilité?l’exemple du MES:les engagements ne seront pas comptabilisés dans les dettes publiques.s’il y avait une double comptabilité,transférer la souveraineté des comptes "officiels"ne serait pas genante

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  7. LE JOUR OÙ FRANÇOIS BAROIN A ENVISAGÉ LA SORTIE DE LA FRANCE DE LA ZONE EURO.

    En novembre 2011, la crise de la zone euro est à son paroxysme.

    "L’Union européenne est dans le cyclone", écrit dans son livre Journal de crise, François Baroin, qui raconte comment il a organisé une réunion de travail pour envisager les pires scénarios. Une réunion qu’il a baptisé "Black Swan" :

    "C’est le nom que j’ai choisi de donner à une réunion dont il n’y a aucune trace.(…) Il s’agissait d’imaginer l’hypothèse la plus sombre de notre histoire économique moderne. A savoir un éclatement de la zone euro." Pour cette réunion secrète, François Baroin convie trois personnes "de confiance" dans son bureau "au sixième étage à Bercy". Une réunion "sans document".

    Chacun sait que l’objet seul de la réunion, s’il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses.

    Et l’ancien protégé de Jacques Chirac d’expliquer sa démarche :

    "Ce rendez-vous non-officiel ne porte pourtant que sur des hypothèses de travail. Ce serait de l’inconscience de ne pas les envisager. Et de la folie d’en parler."

    Imaginant "le pire", à savoir "la sortie de la Grèce de l’euro, un effet de contamination, une théorie des dominos qui entraînerait de facto la sortie de la France", François Baroin et ses équipes se préparent alors à deux hypothèses :

    Le coût de la sortie de la Grèce de la zone euro pour la France.

    Et deux types de pertes : celles du secteur banques-assurances, et celles de l’éclatement de la zone tout entière.

    http://lelab.europe1.fr/t/le-jour-ou-francois-baroin-a-envisage-la-sortie-de-la-france-de-la-zone-euro-5653

    Dettes publiques en zone euro : chiffres du deuxième trimestre 2012 :

    1- Médaille d’or : dette publique de la Grèce : 300,807 milliards d’euros, soit 150,3 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : dette publique de l’Italie : 1982,239 milliards d’euros, soit 126,1 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : dette publique du Portugal : 198,136 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB.

    4- Dette publique de l’Irlande : 179,718 milliards d’euros, soit 111,5 % du PIB.

    5- Dette publique de la Belgique : 382,922 milliards d’euros, soit 102,5 % du PIB.

    6- Dette publique de la France : 1832,599 milliards d’euros, soit 91 % du PIB.

    7- Dette publique de Chypre : 14,939 milliards d’euros, soit 83,3 % du PIB.

    8- Dette publique de l’Allemagne : 2169,354 milliards d’euros, soit 82,8 % du PIB.

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  8. Mercredi 31 octobre 2012 :

    La Grèce enregistrera en 2013 un déficit budgétaire, une récession et une dette plus lourds que ce qui était prévu il y a seulement un mois, illustrant les difficultés de redémarrage du pays contraint à de lourdes économies, selon le projet de budget présenté mercredi au parlement.

    En 2013, la dette du pays devrait exploser, selon le texte, à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d’euros, contre 175,6% attendu en 2012.

    http://www.romandie.com/news/n/_Budget_2013_la_Grece_prevoit_une_reprise_plus_lente_que_prevu88311020121230.asp

    Dette publique de la Grèce :

    2007 : dette publique de 107,4 % du PIB.
    2008 : dette publique de 112,6 % du PIB.
    2009 : dette publique de 129 % du PIB.
    2010 : dette publique de 144,5 % du PIB.
    2011 : dette publique de 170,6 % du PIB.
    2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

    2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    La question n’est plus de savoir si le deuxième défaut de paiement de la Grèce va avoir lieu.

    La question est de savoir quand le deuxième défaut de paiement de la Grèce aura lieu.

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  9. Jeudi 1er novembre 2012 :

    L’or des Allemands.

    Saviez-vous que l’Allemagne ne conservait pas son stock d’or chez elle, auprès de sa banque centrale à Francfort ? Cette information cruciale était connue de très peu de monde … jusque là. Car des rumeurs étranges et des informations inhabituelles circulent tout récemment à propos des réserves allemandes en métal jaune. De fait, nous assistons depuis quelques petites semaines à la montée en puissance progressive d’une campagne visant à rapatrier ces stocks d’or qui se trouvent physiquement hors du pays, soit à New York, à Londres et à Paris. Cette absence d’Allemagne de ses réserves d’or est un phénomène d’autant plus étrange qu’elle jouit d’un stock monumental de 3400 tonnes – le deuxième au monde! -, détenant ainsi bien plus que l’Italie (2450 tonnes) et que la France (2435 tonnes).

    Un peu d’histoire : c’est en effet sous le système « Bretton Woods » que l’Allemagne – traditionnellement pays à forts excédents commerciaux – avait accumulé ces réserves, à une période où l’étalon or avait encore tout son sens. C’est également du fait des aléas de l’Histoire – cette fois avec un « H » – que la République Fédérale d’Allemagne avait stocké ces réserves hors du pays, par crainte d’une invasion Soviétique … C’est ainsi que la Réserve fédérale US détient aujourd’hui 66% des réserves d’or allemandes alors que la Banque d’Angleterre en conserve 21% et la Banque de France 8%.

    De fait, c’est quasiment l’hystérie collective qui règne aujourd’hui parmi les Allemands de toutes classes confondues – du simple citoyen au responsable politique – qui exigent le rapatriement de ces immenses réserves du métal précieux. L’équivalent de la Cour des comptes allemande elle-même a requis d’inspecter 150 tonnes de cet or afin de vérifier si sa teneur était conforme à ce qui figure aux comptes publics du pays. Y aurait-il comme de la suspicion dans l’air ? Les autorités allemandes accuseraient-elles les Etats-Unis ou l’Angleterre ou la France (ou toutes les trois) de diluer leur or ? Quoiqu’il en soit, l’exigence de cet audit par la Cour des comptes allemande démontre l’intensité de cette psychose saisissant actuellement l’ensemble de la population allemande, ayant même nécessité la publication d’une déclaration solennelle par la vénérable Bundesbank qui a affirmé que ses réserves d’or localisées à l’étranger étaient en sécurité !

    Toujours est-il que cette rébellion allemande est riche de sens. En effet, elle achève tout d’abord de nous démontrer que l’état d’esprit allemand ayant prévalu depuis 1945 et qui soudait le sort de sa nation à l’Occident – en tout cas à l’Europe –, que cet état d’esprit a vécu. Pour laisser aujourd’hui la place à l’Allemand farouche défenseur de ses intérêts nationaux, ce qui est certes un réflexe naturel, mais qui en dit long sur le chemin parcouru par les mentalités allemandes, notamment depuis la crise européenne.

    Pour autant, cette volonté de rapatrier ce trésor à l’intérieur des frontières du pays indique également une perte totale de confiance des Allemands envers l’euro. Leur souci étant effectivement de disposer de ces stocks en cas d’implosion de la monnaie unique, afin d’équilibrer et de conforter le retour éventuel du deutschemark. Il va de soi que, dans de telles conditions extrêmes, la présence de cet or dans les coffres de la Bundesbank et sous son contrôle, serait nettement plus rassurante … Autrement dit, cette campagne allemande visant à ramener leurs réserves d’or dans le giron national est également un acte de défiance incontestable vis-à-vis de l’euro, et en faveur d’un actif – l’or – inspirant aux Allemands bien plus confiance que la monnaie unique. En réalité, l’Allemand de base attend avec impatience cette sortie de l’euro.

    Michel Santi.

    http://www.gestionsuisse.com/2012/lor-des-allemands/

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    • A propos de la question de l’or des Allemands.

      La situation est complexe et l’article ci dessus n’aborde qu’une partie de l’iceberg.
      Ce n’est pas la population qui s’intéresse à la question de l’or et de son rôle dans la crise, ce sont les élites intellectuelles du pays.

      Nous ajouterons trois remarques:

      -Il existe en Allemagne des travaux universitaires qui défendent l’idée d’une sortie des pays triple A de la zone euro, il existe des travaux qui préconisent la création par les pays triple A et excédentaires en commerce extérieur d’une monnaie du nord qui circulerait concurremment à l’euro ; un peu comme cela avait été étudié il y a longtemps par le patron de la Banque d’Angleterre. Voir les travaux de Markus Kerber. Donc cela attire l’attention sur le rôle de l’or et sa sécurisation.

      -Il existe en Allemagne des travaux sur le fonds d’extinction des dettes européennes et ces travaux prévoient que les pestiférés remettent leur or en gage ou en paiement, d’ou nouvel intérêt pour l’or. Les universitaires allemands défendent l’idée d’une récupération par les créanciers de l’or italien par exemple.

      -Il existe des travaux sur l’issue de la crise américaine cette fois, qui font remarquer que les Etats Unis sont cyniques, pragmatiques et qu’ils pratiquent la loi du plus fort derrière des plaidoyers en faveur de la justice. Ces travaux concluent que comme dans le passé les Etats Unis finiront non seulement par confisquer l’or de leurs citoyens, mais aussi celui des pays qui ont eu l’imprudence de le déposer chez eux.

      C’est une idée que nous partageons avec les Chinois, les Russes, l’Equateur, le
      Venezuela etc A un moment donné les Etats Unis décréteront l’état d’urgence, voire de guerre et s’octroieront le droit de confiscation et blocage comme ils le font à l’égard de l’Iran.

      D’après nos informations la question du contrôle du titre de l’or en dépôt est un cache sexe qui va permettre d’aller plus loin et de sécuriser, dans une optique géopolitique extrême les avoirs allemands.

      Etre propriétaire d’or n’a de sens que si on contrôle cet or, si on l’a à disposition concrète.

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