Analyse d'un secteur économique particulier

Politique Friction du Mercredi 28 Novembre 2012 : Le délire constructiviste de l’UFC par Bruno Bertez

Politique Friction du Mercredi 28 Novembre 2012 : Le délire constructiviste de l’UFC par Bruno Bertez

Le constructivisme pollue tout, toute notre société et surtout toute notre vie. Comme si cela ne suffisait pas d’avoir un gouvernement socialiste, dirigiste, constructiviste, voilà que les pseudo-associations de consommateurs s’en mêlent. Il est vrai que l’UFC-Que choisir est vraiment bien peu une association de consommateurs. C’est une institution top-down qui pratique la parole du maître, qui sait tout sur tous les sujets, avec un biais que l’on peut sans exagérer considéré comme crypto-communiste. L’UFC-Que choisir fait tout, sauf faire remonter les expériences des consommateurs. Elle impose les siennes, plus ou moins valables, et surtout elle impose son idéologie. Une idéologie pas très favorable au business, vous vous en doutez.

   Ainsi, nos constructivistes de la consommation se mêlent maintenant d’intervenir dans ce que l’on appelle le bien commun. Ils se mêlent d’analyser les pics de consommation d’électricité et, à partir de leurs analyses, de faire des propositions, des recommandations, qui touchent tous les secteurs de l’économie : l’énergie, l’équipement, la conception des habitations, et même le budget et le financement  des ménages.

L’UFC-Que choisir, vous lirez le texte ci-dessous, a l’incroyable prétention de savoir ce qui est bon, meilleur, pour le bien commun et l’intérêt général.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0202413583793-chauffage-electrique-ufc-que-choisir-tres-critique-514795.php

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

La théorie du bien commun et de l’intérêt général a été proposée en son temps sous une façon apparemment élaborée et profonde par l’économiste anglais Arthur Cecil Pigou. Il continue de faire  référence. Peu importe que Pigou soit un âne, et que ses travaux aient été remarquablement critiqués par le centenaire Prix Nobel Ronald Coase.

Les réputations surtout usurpées ont la vie dure dès lors, comme celle de Keynes, qu’elles justifient l’interventionnisme des gouvernements. Dès lors qu’elles alimentent la panoplie des mesures qui permettent de taxer les citoyens, de leur retirer le pouvoir de choisir et de le transférer à la classe politique. Pigou ne connaissait rien au réel. Il n’a fait que « repomper » les travaux d’autres économistes, y inclus les fautes de raisonnement. Il a eu quand même une lueur lorsqu’il s’est aperçu, d’une part que la classe politique n’était pas omnisciente, quand même, et, que d’autre part, elle était rarement désintéressée.  Cette découverte lui a permis de compléter ses travaux en ajoutant un complément à la classe politique : les Commissions.  Vous savez les Commissions, ce sont ces groupes de personnes qui se réunissent pour enterrer un sujet, pour jouer les pompes funèbres, et en rémunération de cette activité peu glorieuse, toucher honoraires et défraiements. Tout près de nous, il y a eu la Commission Jospin dont nous avons parlé récemment.

Pigou partait de l’idée qu’une Commission était plus neutre et plus compétente que le pouvoir politique. Hélas, comme il ne connaissait rien à la réalité,  il ne lui est pas venu à l’idée que les Commissions étaient nommées par le pouvoir politique et que, par conséquent, dès le départ leurs travaux étaient entachés d’un biais.

Tous les travaux sérieux postérieurs à Pigou indiquent que le libre jeu des forces du marché et le bon fonctionnement des systèmes de prix permettent d’arriver à des optimums nettement supérieurs à ceux auxquels on parvient par le jeu de l’intervention gouvernementale et politique.

Hélas, on continue d’enseigner les travaux de Pigou,  mais en revanche, on ignore ceux de Ronald Coase.

Vous savez pourquoi, tout simplement, parce que les travaux de Pigou s’inscrivent parfaitement dans le cadre des intérêts de la classe politique et de sa volonté de puissance et de ses complices médiatiques. C’est à partir de petites nouvelles quotidiennes « insignifiantes » comme celle que nous prenons la peine d’analyser en provenance de l’UFC-Que choisir que se construit la culture socialiste et que se propage la pollution.

BRUNO BERTEZ Le Mercredi 28 Novembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :

8 replies »

  1. Votre article me fait penser à la loi scélérate en préparation et visant à mettre en place un bonus malus sur le chauffage des habitations principales. Je m’étonne du peu de réactions que cette loi provisoirement retoquée (c’est un comble par les voix communistes du Sénat) a suscité. Il s’agit d’une loi particulièrement liberticide puisque c’est l’Etat qui va décider en fonction du nombre de personnes qui composent votre foyer le niveau de consommation électrique ou de gaz auquel vous avez « droit »… les frileux devront raquer… Pour acheter votre maison vous avez du en laisser une en impôts à l’Etat, vous vous acquittez de taxes foncières et d’habitations substantielles mais ça ne suffit pas, voilà qu’on vient encore vous prendre quasi dans l’intimité de vos choix de vie… On sera bientôt taxé pour s’être servit une portion de viande trop importante au dîner…

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      • Les crypto-communistes ne sont pas toujours si bêtes, ils avaient compris que les Français les plus pauvres vivent dans des épaves thermiques et qu’ils payeront le prix fort ce genre de mesure mal ficelée.
        ___
        Je peux comprendre qu’une des principales priorités des libéraux soit de revendiquer le droit de se chauffer à l’électrique, mais si on veux sortir du tiers payant dans ce domaine, même en appliquant avec bonne volonté les conseils de Mr Coase, on en arrivera toujours au flicage de la consommation énergétique.

        Revenons en au cause
        – Parc nucléaire surdimensionné
        – Idée de génie : chauffage électrique favorisé dans la construction pour rentabiliser le parc
        – Problème : Pas pensé au pic de consommation que génère l’allumage du chauffage électrique à fond par tout le monde en même temps au retour du boulot
        – Résultat : Alors qu’on brade à l’export notre surproduction électrique nucléaire, on importe à des prix fou pour faire face aux pics de consommation, le nucléaire ne pouvant faire face étant très lent à la détente pour augmenter/baisser la production
        – Le surcout de cet aberration est reporté sur l’ensemble des usagers qu’ils se chauffent à l’électricité ou non

        Mr Coase suggérerait un arrangement entre EDF et le client au chauffage électrique. D’où le flicage de la consommation, et la formation d’usine à gaz pour différencier les prix (lié au chauffage électrique, lié au pic). Gros bordel en vu avec effet de bord non anticipé, usagers en colères qui, face à l’augmentation du prix du chauffage électrique, ne voudront pas comprendre que ce qui sort du fil électrique n’a pas toujours la même origine et le même coup suivant l’usage qui en est fait, etc…

        Malheureusement, la meilleur solution semble le dirigisme et l’interdiction du chauffage électrique dans le neuf, et des mesures favorisant la rénovation, en évitant qu’elles sombrent elles aussi dans le tiers payant.

        Étant d’humeur sarcastique, dans le rubrique le saviez vous :
        Les énergéticiens et les entreprises du bâtiment interviennent dans la définition des normes de construction. Les énergéticiens y vont sur le mode « doucement sur l’isolation, j’ai de l’électricité ou du gaz à vendre moi ». En effet, l’action plus d’isolation de la part des entreprises du bâtiment provoque l’externalité moins de chauffage donc moins de revenue pour les énergéticiens. Donc sur les conseils de Mr Coase, ces deux cochons de rentiers du CAC s’entendent comme larrons en foire pour ne pas trop isoler et repousser l’externalité sur le premier pigeon venu, le populo de base ignorant de toutes ces petites combines.
        Je renommerai donc le « Théoreme de Coase » en « La boucle infinie de petits arrangements entre amis jusqu’à la découverte du pigeon utile » qui malheureusement existe toujours et est souvent le même… et pratiquement tout notre petit monde de consommateurs.

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        • @Kankan

          Je vous remercie de votre intéret et de votre participation.

          Je vous engage, non pas à survoler, mais à lire les travaux multiples qui démolissent les thèses de Pigou et son approche du bien- être commun. Par ailleurs ce que vous évoquez n’est qu’une incidente, motivée par l’humeur plus que par la réflexion critique.

          La question des externalités est devenue fondamentale, pas seulement en regard de l’écologie et de la préservation mais aussi en regard de la mise au chômage des hommes et des machines provoquée par un modèle de croissance imbécile.

          Personne ne s’est penché sérieusement, sauf le prix Nobel Français Allais, sur les externalités de la globalisation et du libre échangisme. Même pas Strauss Kahn !

          Il serait dommage de réduire ce débat à des affirmations inconsistantes, lesquelles peuvent oblitérer la part de bon sens et de vérité de vos remarques.

          Je ne suis pas, justement, partisan des solutions de Coase, lesquelles justifient par exemple la mise en place d’un marché des droits à polluer. Tout comme je suis contre la privatisation de la mer et la création d’un capital des droits de pèche.

          Tout n’est pas marchandise, tout n’a pas vocation à être capital . Très très loin de moi cette idée et cette dérive.

          Cela me fait pense à l’imbécilité de SARKOZY voulant justifier la taxe sur les opérations financières et se trouvant en réalité en manque d’argument. Il a bafouillé: toutes les transactions sont taxées, pourquoi pas celle là!

          Je me suis dit en moi même si maintenant on raisonne par association de vocabulaire au lieu de raisonner par idées logiques, alors on va bientôt taxer le commerce amoureux. Le glissement vers la marchandise de choses qui n’en sont pas et ne devraient jamais en être n’est pas du tout libéral mais constructiviste. Le constructivisme vit dans une véritable névrose de la recherche de la taxation et de la matière, de l’assiette, à taxer. Et c’est d’ailleurs là ou on voit clairement le lien organique avec la kleptocratie et son idéologie.

          Pour clôturer, tout cela ne m’empêche pas d’apprécier la pensée critique de Coase et sa démolition des travaux de Pigou.
          Ce n’est pas parce que l’on démystifie les charlatans que l’on est ipso facto un bon docteur.

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  2. Le totalitarisme constructiviste n’est qu’une partie du totalitarisme général qu’est la techno-science. Liberté ou esclavage, telle est la question. Maintenant c’est l’esclavage qui se consolide.
    Le règne de la quantité au détriment de la qualité génère la pauvreté spirituelle, morale, scientifique et économique et cerise sur le gâteau le désespoir.

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  3. Je suis d’accord avec Kan kan, article hatif.
    – Oui il y bien un problème avec el chauffage électrique en France
    – et il y a un risque de black out régulièrement dans certaines régions françaises l’hiver. La france est le SEUL pays du monde a avoir fait le choix du chauffage électrique et aujourd’hui avec le niveau de hausse de consommation électrique des denrières années et le parc de centrales qui arrievnet en fin de vie on arrive à un gros problème pour passer la pointe.
    – Le MWH (1000 kwh) a atteint 2000€ sur le marché spot en Février dernier.

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    • Commentaires hatifs dans les 2 cas non seulement approximatifs mais qui passent litteralement à coté du coeur de l’article….Comme quoi quand on veut noyer le poisson….

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  4. Je suis content d’avoir eu une citation de cet auteur dans ce blog.
    Les travaux de Coase sont très intéressants, de même que ceux de Williamson et de Ostrom, méconnus par les adeptes aveugles de l’orthodoxie.
    Pourtant ils influenceront pendant des nombreuses années le débat sur les biens communs.

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