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Bruxelles donne son feu vert au renflouement des banques espagnoles par les contribuables européens

 Bruxelles donne son feu vert au renflouement des banques espagnoles par les contribuables européens

Ebranlé par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, le secteur financier de la quatrième économie de la zone euro ne s’en est jamais vraiment remis, et certaines banques croulent désormais sous les actifs toxiques. Une situation qui s’est traduite, ces derniers mois, par une vague de fusions et de rachats des entités les plus fragiles.

Celles qui n’ont pas trouvé preneur ont été nationalisées d’office et pour quatre d’entre elles (Bankia, Novagalicia, CatalunyaCaixa et Banco de Valencia), la Commission européenne a approuvé mercredi un plan de restructuration. De ce feu vert dépendait l’octroi d’une aide de 37 milliards d’euros de la zone euro, qui pourrait être versée début décembre via le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Sur les quatre banques, Banco de Valencia, jugée non viable, a été attribuée mardi soir, pour un euro symbolique, à CaixaBank, première banque du pays par les actifs. Les trois autres établissements concernés devront, quant à eux, diminuer la taille de leur bilan (60% sur 5 ans) et réduire le nombre de leurs agences (jusqu’à 50%).

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Le cas le plus problématique, et aussi le plus connu, est celui de Bankia: plus grande union de caisses d’épargne et quatrième banque du pays par les actifs, elle est devenue le symbole des excès des années de bulle immobilière où les banques ont prêté à tout-va et fait d’ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire contre ses anciens dirigeants.

Sa demande d’aide historique à l’Etat espagnol de 20 milliards d’euros, en mai, avait précipité l’octroi en juin d’une promesse aide européenne au secteur de jusqu’à 100 milliards d’euros.

La banque, qui compte 7,5 millions de clients, a révélé mercredi les sacrifices qu’exigera sa restructuration: d’ici 2015, elle devra supprimer environ 6000 emplois, soit 28% de ses effectifs, passant de 20.589 employés à quelque 14.500. Pour y parvenir, elle fermera plus d’un tiers (39%) de ses agences. La direction a indiqué qu’elle débuterait dès l’après-midi les discussions avec les syndicats sur ce plan social.

Une annonce qui survient dans une Espagne déjà frappée par un chômage record, avec plus d’un actif sur quatre sans emploi. Et pour le secteur bancaire, jugé surdimensionné par rapport à la taille du pays, la facture a été particulièrement lourde: en 2011, selon la Banque d’Espagne, le secteur employait 243.041 personnes, bien loin des 270.855 salariés de 2008. Le nombre d’agences bancaires est passé de 45.662 à 39.843.

 Bankia, qui recevra au total 17,959 milliards d’euros d’aides publiques, restera dans le rouge en 2012, avec une perte nette de 19 milliards attendue. Après une perte de 2,979 milliards d’euros en 2011.

Au-delà de la question des aides d’Etat accordées aux quatre établissements financiers nationalisés, que la Commission estime compatible avec les règles communautaires, ce feu vert marque surtout un tournant dans l’utilisation des fonds de secours européens. C’est en effet le Fonds européen de stabilité financière (FESF) puis le Mécanisme ­européen de stabilité (MES) qui financeront ce premier volet de recapitalisations à hauteur de 37 milliards d’euros.

Garantie des Etats

La somme, qui sera empruntée sur les marchés avec la garantie des Etats de l’Union, devrait être versée début décembre au FROB, le fonds bancaire mis en place par Madrid. Objectif: ne pas peser sur les finances publiques espagnoles et ne pas alourdir la dette souveraine du pays. La possible intervention des fonds de secours dans la recapitalisation des banques avait été l’une des décisions clés du sommet de juin 2012.

Joaquim Almunia n’a pas redonné de détails sur la surveillance de la mise en œuvre du plan. Une forte implication communautaire est toutefois attendue, conformément au protocole d’accord entre les pays de la zone euro et l’Espagne. Ce dernier, approuvé en juillet 2012, impose aux banques de mettre à l’écart leurs actifs toxiques dans une structure de défaisance, ou «bad bank», ce qui va être fait pour environ 45 milliards d’euros. Des inspections surprises de la Commission dans ces établissements sont aussi prévues. Bruxelles se prononcera le 20 décembre sur un second plan, concernant d’autres banques en difficulté.

 Source Agences Nov12

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