Another BRIC in the Wall

L’Edito du Dimanche 30 Décembre 2012: Nos prévisions scandaleuses pour 2013 et même 2014/ Equivalence, convergence et financiarisation par Bruno Bertez

L’Edito du Dimanche 30 Décembre 2012: Nos prévisions scandaleuses pour 2013 et même 2014/ Equivalence, convergence et financiarisation par Bruno Bertez

 

 EQUIVALENCE

Quand la Chine s’eveillera, elle aura la gueule de bois 

   Les prévisions économiques des professionnels de la banque et des gouvernements réunis sont décevantes; rien de bon là dedans. Alors, la presse et les institutions les plus futées ont trouvé le moyen de publier des prévisions que l’on peut qualifier de délirantes; des prévisions qui, dès le départ, sont censées être improbables ou farfelues. Cela marche, il y a des reprises, cela fait parler, citer, et donc cela produit ce qui est le véritable objectif, des relations publiques. 

L’avantage avec cette formule est que l’on peut se tromper en toute impunité et bonne conscience puisque, par construction, ces textes bizzares n’engagent à rien. Ils sont conçus comme cela, étonnants, mais sans garantie.

Nous sommes frappés par la situation des émérgents, singulierement celle de la Chine. Et personne n’en parle, sauf pour dire des âneries du genre « la Chine repart », çà y est.

Heureusement, il y a quand même des gens qui travaillent, qui connaissent le métier de l’économie, qui lisent le Chinois et en tirent de bons travaux. 

Ces gens disent quoi? 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Ils disent que :

- Le modèle de croissance chinois des annnées passées est dans l’impasse

- Les autorités, le parti, les élites le savent

- Que la mutation vers un autre modèle sera risquée, douloureuse

- Qu’il faut donc donner la priorité à la prudence dans les réformes

- Que le probleme chinois se manifeste symptomatiquement par la situation de son secteur financier, bancaire et shadow bancaire avec bilans pourris, escroqueries, faillites silencieuses, de proportions gigantesques mais inconnues

- La Chine est une catastrophe financière en attente d’arriver, laquelle est encore masquée par la politique monetaire et le regain de soutien artificiel à l’économie

- Que les élites chinoises fuient le pays par l’émigration accélérée des compétences et des fortunes; la Chine perd 450 milliards de dollars, sorties, évasion de capital par an en ce moment. Plus de 150.000 diplomés chinois de haut niveau partent à l’étranger chaque année, le mouvement, au lieu de ralentir, accélère.

Nous ajoutons un fait nouveau, récent. Les obsédés du deficit spending et de la printing press ont repris le contrôle du Japon.

C’est une catastrophe. Pour les Chinois, cela signifie une gestion du change de plus en plus délicate et périlleuse. Le systeme asiatique devient de plus en plus instable et fragile. Le rouge est mis. 

En un mot comme en cent, ces bons analystes, ceux qui travaillent, nous disent que le mouvement de convergence du système chinois vers un modèle global est interrompu. Il a touché ses limites. Le grand arbitrage de la finance et des kleptos en faveur de la Chine et au détriment des vieux pays est terminé. 

Nous pensons que cela doit faire tilt dans votre tête. Est-ce que cela ne vous rappelle rien? Dans le cadre d’une analyse en terme de globalisation, centrée, hiérarchisée, comme la nôtre, cela fait tinter les cloches d’alarme.

Au niveau européen, quand la convergence s’est arrétée, en 2010, les pestiférés ont commencé à perdre des capitaux; ils ont eu du mal à se refinancer, les taux ont explosé, ils ont été barrés d’accès aux marchés. La suite, on la connait, pour arrêter la déconvergence, la BCE, avec l’aide des swaps de la Fed, a inondé de liquidités, lesquelles, lorsqu’elles sont devenues certitude grâce au coup de force de Draghi, ont mis le couvercle sur les problèmes. On a fait taire la spéculation, maintenant au lieu d’anticiper les problèmes, on les dissimule; mais ils creusent souterrainement bien sûr. 

Le schéma chinois ne peut ètre la réplique des processus de détérioration globaux ou européens car, en Chine, tout est controlé, faux, bidonné. Le réel ne sort pas, il faut le reconstruire derrière les trompe l’oeil. Mais le réel gagne toujours, surtout lorsque les soi-disant remèdes, la création monétaire, ajoute au mal par la mauvaise allocation des ressources, la spéculation, les faux bilans,  la corruption, etc. Un souverain, fut-il gigantesque, n’échappe pas aux lois fondamentales de l’économie. Il fait simplement des faillites plus grandes, plus tard, plus coûteuses.

Donc, voici notre prévision paradoxale: la Chine est sur la mauvaise pente et c’est là que les choses vont se passer. 

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 CONVERGENCE

La convergence, c’est le mouvement de rapprochement qui conduit à l’équivalence de deux choses ou de deux situations qui, autrement, seraient différentes. Nous considérons maintenant que le concept d’équivalence est fondamental pour comprendre le mouvement historique des 30 dernières années et pour analyser la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons. L’équivalence est à la base des activités économiques puisque celles-ci ne sont possibles que parce qu’il y a échange et que l’échange suppose que l’on admette que deux choses différentes aient la même valeur, que deux choses différentes s’équivalent. Le mouvement historique des 30 dernières années se caractérise par la convergence au sein du monde global entre des systèmes différents et par la tentative de convergence au sein de l’Europe malgré des spécificités irréductibles. 

 

 

Dans les deux cas, c’est l’arrêt de la convergence et le début de la déconvergence qui caractérise le tournant des années 2007/2008 et suivantes. En fait, échange, équivalence, convergence sont trois concepts clés qui se trouvent à la fois au cœur de l’activité économique et, en même temps,  au cœur de la théorie économique. L’extension du capitalisme tout au long de ces dernières années consistait à proclamer comme équivalentes des entités économiques et la financiarisation,  qui en a été le moteur, a cherché à s’approprier l’écart qu’il y avait entre les entités économiques au début du mouvement de convergence et celui qui était sensé subsister une fois toutes alignées, toutes arbitrées. La financiarisation a été cette activité de captation des écarts permise par l’espoir de leur réduction. On voit à quel point cette activité diverge, voire s’oppose, au capitalisme classique fondé sur la captation du profit de production.

Depuis longtemps, nous martelons l’idée que la financiarisation, c’est la création quasi-infinie de papiers, de signes, « money-like ». D’équivalents-monnaie.

« Money-like », cela veut dire que l’on veut faire passer quelque chose pour aussi bon que de la monnaie.

-On fait passer les dépôts bancaires pour « money-like » alors qu’ils ne le sont pas puisque vous n’avez qu’une créance sur la banque et que, si la banque fait faillite, ou subit un run, vous perdez votre argent. La monnaie bancaire n’est équivalente à la monnaie sous votre matelas que par le pouvoir, la promesse de l’Etat et de la Banque Centrale d’empêcher la faillite de votre banque.

-On fait passer les emprunts d’Etats souverains pour « money-like », mais vous savez, pour être porteurs d’emprunts de souverains insolvables européens périphériques, que ce n’est pas vrai. Ils valent moins que la quantité de monnaie pour laquelle ils ont été émis.

-On fait passer le dollar et les bons du Trésor US pour « money-like » mais vous constaterez vous-mêmes dans quelques années qu’ils ne sont « money-like » que si la Fed fait fonctionner la planche à billets, c’est-à-dire les déprécie pour les honorer.

Les valeurs du Trésor US ne sont « money-like » que dans l’hypothèse dialectique de leur destruction et leur remplacement par du nominal. C’est-à-dire par destruction de la valeur réelle de la monnaie.

La crise, c’est cela, la rupture des équivalences. « Money-like » égale monnaie.

Le mode de gestion ou de report de la crise, c’est cela. Créer ou promettre de la monnaie pour maintenir la fiction, l’illusion, l’espoir que les « money-like » valent la monnaie.

D’où, évidemment, la grande revendication des kleptos, détenteurs de « money-like», à savoir que les Banques Centrales créent autant de monnaie qu’il en faut pour stabiliser le marché des « money-like » afin qu’ils fassent leur plein. Cela crève les yeux.

Présentée autrement, la crise est une crise de divergence entre les différents « money-like »  avec la monnaie et entre les différents « money-like » entre eux.

Au cœur du capitalisme financier, se trouve ce que l’on appelle l’arbitrage ; réfléchissez-y et vous serez surpris de la richesse de cette évidence.

La globalisation sous l’angle financier est un gigantesque mouvement de convergence où la finance s’enrichit en empochant l’écart sur la réduction des spreads, c’est-à-dire des divergences.

La crise financière est inséparable de la déconvergence, on le voit nettement avec ce qui se passe en Europe. Les banques ont spéculé sur la convergence entre les pays européens et la crise, c’est le constat de l’absence de convergence et de la reprise de la tendance à la divergence.

C’est la création monétaire de la BCE qui, en ce moment, donne l’illusion de la stabilisation du tout, c’est-à-dire de l’arrêt de la divergence.

Convergence égale fabrication d’équivalences.
Divergence égale mouvement de négation de l’équivalence.

Un euro détenu dans une banque grecque ne vaut pas, n’équivaut pas, à un euro détenu dans une banque des Pays-Bas.

Le monde global et l’Europe ont entamé un colossal mouvement de divergence, de rupture des équivalences.

Ce que l’on appelle la fluidité, disparait. On redomestique. On contrôle, on bloque à l’intérieur pour éviter les arbitrages. C’est cela la hausse des impôts, par exemple.
On réintroduit le frottement qui, concrètement, annule les équivalences en s’opposant à leur jeu.

Un euro gagné en Finlande ne vaut plus un euro gagné en Espagne. Le contraire de la globalisation, c’est le rétablissement des barrières aux mouvement des capitaux, des hommes et des marchandises. Par de multiples astuces, on rétablit les octrois, barrières qui empêchent les mouvements, gênent leur fluidité. Qu’est-ce qu’une hausse de la TVA, si ce n’est un octroi, un péage à l’entrée des marchandises qui viennent d’ailleurs?

Qu’est-ce que le sens profond de la taxe sur les opérations financières, si ce n’est la manifestation dialectique de la déconvergence, de la rupture en cours des équivalences et de la tentative de la laisser se manifester?

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 FINANCIARISATION

La convergence globale est un mythe. La politique européenne est idiote. 

Vous savez, pour nous lire régulièrement, que nous plaçons le concept d’équivalences au centre de nos réflexions économiques, politiques et sociales. Nous soutenons, entre autres, qu’il y a similitude entre notre concept de construction d’équivalences et le mouvement dit de convergence qui caractérise la phase historique mondiale que nous venons de connaître, phase nommée globalisation.

 Vous remarquez que nous parlons déjà presque au passé. Pour nous, en effet, la crise a interrompu la globalisation, aussi bien dans sa forme mondiale que dans sa forme plus restreinte européenne, phase européanisation. Les différents ensembles, blocs mondiaux, ne convergent plus. Au sein de  l’Europe, on ne converge plus non plus. Les remèdes nationaux à la crise, en fait, accélèrent la déglobalisation/déconvergence. 

Les tentatives des gouvernements, écartelés entre leurs objectifs nationaux, domestiques, et leur volonté de poursuivre, malgré tout, la globalisation, sont vouées à l’échec. Ainsi, il est clair que les redomestications, les priorités à l’emploi, comme aux Etats-Unis, vont dans le sens de l’arrêt et de l’inversion de la globalisation. Ainsi, la Chine a cessé de recycler ses excédents pour financer les déficits de son client américain.  De même, le débat sur le fait de déclarer ou non la Chine « Currency Manipulator » va dans le sens inverse de la globalisation.  Même chose, le débat français sur les préférences aux produits nationaux, la désinsertion du marché mondial qui sous-tend la pensée, sinon l’action de Montebourg, sont des manifestations de la vigueur des forces de déglobalisation. 

Les discussions sur le fiscal-cliff américain qui ne sont rien d’autre que le revers, l’autre côté de la médaille du  débat sur le  plafond de la dette, illustrent bien ce combat entre les responsabilités mondiales et les responsabilités domestiques. Le choix qui sera fait, qui est, en fait, déjà fait, sera de donner la priorité à la poursuite des stimuli pour soutenir l’activité et l’emploi national, au détriment de la stabilité du système mondial. Ce sera une étape importante dans la déglobalisation, sous couvert, bien sûr, de son contraire: soutenir la demande mondiale, éviter la récéssion. Les déséquilibres américains obligent les autres à prendre des mesures pour s’en protéger. 

La poursuite de l’accroissement des déficits américains a, en effet, des effets dialectiquement opposés. D’un côté, elle  fragilise en profondeur le système et rend toute correction future impossible; de l’autre, elle permet de refaire un tour, de « kick the can » et de faire semblant de continuer comme avant. L’accroissement des déficits américains déséquilibre encore plus le système au point de rendre tout retour en arrière impossible, mais, en même temps, il donne l’illusion qu’on peut le prolonger. 

Creuser le trou de la dette, c’est comme le fait tout bon keynésien, creuser la tombe du système que l’on veut faire durer. 

A ce propos, nous vous conseillons d’aller lire les extraits de Keynes publiés sur le blog d’Acrithene. 

Nous soutenons depuis des années que le système n’est pas ce que l’on croit, c’est le fond même de notre travail que de le montrer jour après jour. Nous avons soutenu que l’émergence des émergents était un mythe, que le système était hiérarchisé et que les Etats-Unis étaient le Centre. Nous avons soutenu que jamais il n’ y aurait rééquilibrage, jamais il n’y aurait désynchronisation. Nous avons sans cesse ridiculisé la thèse dite du découplage. Pourquoi? Parce que notre analyse est que la convergence dont on nous a rabattu les oreilles était un mythe. Il s’agissait d’une fausse convergence,  une convergence financière, monétaire, provoquée par l’argent facile, par l’Easy Money injecté dans le système américain. Retirez l’argent facile et, aussitôt, vous verrez, vous voyez apparaitre les fameux, les célèbres baigneurs nus de Warren Buffett. Les baigneurs nus, ce sont les imprudents baigneurs globaux de la mer des liquidités. 

Il n’y a pas eu d’authentique globalisation, rapprochement des systèmes réels. Ou plutôt le rapprochement des systèmes réels est très, très en retard sur le rapprochement des systèmes financiers. La pseudo globalisation s’est faite sous la conduite du système financier, c’est lui qui a anticipé et tiré les profits de dénivellation, de spread, par avance, et qui, maintenant, se retrouve en porte à faux avec un Réel qui se dérobe, refuse d’aller plus loin, refuse de continuer à se faire laminer, passer sous le rouleau  compresseur. 

Présentée autrement, la crise est une crise du développement inégal de la finance en regard du développement réel. Ils ont marché d’un pas divergent. Au lieu de se rapprocher, ils se sont écartés. Ainsi, la finance suisse a été très vite à se globaliser, mais le pays suisse est resté ce qu’il est et il se trouve maintenant sous pression pour perdre sa spécificité, ses principes suisses, ses normes suisses, ses valeurs suisses, parce que la position de son système bancaire, vulnérable, le lui impose. L’avance de l’un condamne l’autre à se perdre, à se renier. 

Nous sommes heureux de tomber sur une étude de Morgan Stanley, publiée dans Foreign Affairs de Novembre/Décembre. Sous le titre « La Convergence est un mythe », l’auteur Ruchir Sharma développe exactement les thèses que nous développons depuis des années. Il démonte le mythe des BRICS, chiffres à l’appui, ce que nous ne faisons pas. Il démontre que tout ceci est mythe, fondé sur l’extrapolation hasardeuse des taux de croissance des émergents et l’extrapolation des taux de ralentissement des USA et du Japon. 

  • Il démontre que cette erreur a déjà été faite dans les années 80 pour le Japon. 
  • Il démontre que ces erreurs sont constantes et que la vraie cause de ces erreurs est l’extrapolation de la poursuite de l’Easy Money. Stoppez l’Easy Money et tout cela s’arrête. Et comme l’Easy Money ne peut durer toujours… 
  • Il démontre que la négation du risque provoquée par l’aisance monétaire a créé toutes les illusions, cela vous rappelle quelque chose, fidèles lecteurs! 
  • Il souligne comme nous, que, maintenant, l’argent ne coule plus vers les émergents -l’argent quitte la Chine-, les capitaux fuient les périphériques, les émergents, lesquels émergents, parie-t-il comme nous, vont rester émergents.  Nous, nous ajoutons, il faut donc cesser de les aider, la tache est impossible, cesser de se saigner pour maintenir le mythe de la convergence. 

Les seules exceptions, selon l’étude, sont les pays du Golfe et les tigres asiatiques, Malaisie, Taïwan,Corée du Sud, Singapour, qui eux ont des atouts propres en dehors de l’Easy Money. 

 Le Brésil est un mythe, la Russie encore plus. Et si vous regardez la courbe de l’indice chinois des actions, vous voyez, au-delà de la propagande officielle et des imbécilités des étrangers,  quelles sont les perspectives de la Chine. 

Le ralentissement des occidentaux va continuer car la mécanique à produire du crédit est définitivement grippée, l’effet de stock du crédit paralyse les nouveaux flux.  La croissance globale va chuter, de même la progression des échanges internationaux va ralentir. 

L’auteur en tire la conclusion que ces phénomènes vont, comparativement, relativement revaloriser les modèles et les pays occidentaux. Nous le pensons aussi, mais  sous une forme limitée, réservée  aux pays anglo-saxons. L’Europe, empêtrée dans la défense de son européanisation, est en train de perdre le peu d’atouts qu’elle a.  Elle se suicide pour satisfaire les agendas politiques et kleptocratiques. Elle lâche la proie pour l’ombre puisqu’au lieu de renforcer les plus forts d’entre elle,  elle les affaiblit pour soutenir les plus faibles. L’Europe refuse la sélection, ce qui garantit sa rétrogradation dans le nouvel ordre qui sera issu de la liquidation des illusions du précédent.

 

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 31 Décembre 2012

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18 replies »

  1. Rude et limpide analyse… Comment y intégrer les très massifs achats d’or chinois et plus généralement la politique chinoise vis-à-vis de l’or ?

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    • @Claire

      Les chinois connaissent la situation de leur pays, les capitaux fuient, les cerveaux s’en vont.
      Ils savent que l’extrapolation du miracle chinois est impossible.
      Les achats d’or aussi bien par les particuliers que par le gouvernement expriment le doute sur la perennité du système actuel en Chine mais aussi du couple Chinamerica.

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      • Merci Bruno. Je comprends les achats « sécurisation » mais pourquoi le gouvernement pousse-t-il ses citoyens à acheter de l’or ? Les Etats-Unis sont encore le premier détenteur d’or ce qui leur donne un sacré avantage, mais ne peut-on penser que la course à l’or chinoise peut peser dans le jeu des équivalences ?

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  2. c’est bien sur, tout ce que je pense!
    avec un bemol : les hommes!!
    vous, moi, les chinois etc
    personne n »en ressortira pareil !
    on va en reparler, le temps de digérer ça et le foie gras qu’on trouve à présent au même prix que les patates!!

    bonne année

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    • Bonjour Sultana.

      La réflexion sur le foie gras me plait bien: Sous son apparente banalité, elle illustre mon analyse de l’équivalence comme phénomène de base à la source des difficultés économiques et sociales présentes.

      Le foie gras est rare et cher. Il est couteux à produire. Pour ceux qui aiment, cela est bon.
      Il est produit par des régions françaises comme le Périgord, l’Alsace dans des conditions spécifiques. etc. C’est pour cela qu’il est cher.

      Les Carrefour, Leclerc et autres ont importé des cochonneries de Hongrie, ce qui n’a évidemment rien à voir avec le foie gras. Mais, avec la complicité des gouvernements et à la faveur de l’absence de contrôle, ils disent que c’est du foie gras et le vendent pour tel.

      Moyennant quoi, et c’est cela l’intéressant, ils tracent une fausse équivalence, ce qui leur permet de créer un écart de prix, un spread dit on en finance, et d’empocher une partie de ce spread. On crée une fausse équivalence, une dénivellation de prix et on encaisse.

      Ils créent une fausse équivalence, font l’arbitrage et empochent une partie du profit d’arbitrage, exactement comme l’on fait les banques lorsqu’elles ont joué ce que l’on appelle la convergence. Jouer le convergence, c’est dire ceci vaut cela et empocher l’écart.

      Nous sommes au cœur du processus de globalisation, création de fausses équivalences, ce qui vous le notez au passage, passe par le vocabulaire, les mots, la désignation.

      La globalisation, n’est pas seulement un phénomène économique, un processus de production et de circulation des marchandises, c’est aussi et surtout une escroquerie symbolique. J’entends par symbolique ici, le processus de symbolisation c’est à dire le fait de nommer.

      On peut appliquer la même analyse, avec les mêmes outils intellectuels, au processus en cours qui consiste à faire passer le mariage homo pour un processus égalitaire, on nomme.
      En fait la destruction des sociétés passe par la perversion des mots, l’attribution de faux et même de contresens. La destruction en dernier ressort est destruction du symbolique.

      L’origine de l’institution du mariage, c’est l’institution et la régulation de ce que l’on appelle la filiation. Ce n’est absolument pas l’institutionnalisation/régulation de l’amour.

      On inverse tout.

      On dit: quand on fait des enfants, on est marié, puis quand on est marié, on s’aime, conclusion, on a le droit de tracer l’équivalence inversée: s’aimer égale se marier égale avoir des enfants. Au passage on escamote le sens, l’origine historique de l’institution du mariage, à savoir la filiation et on l’applique là ou précisément il y a, par définition, absence de filiation radicale, la relation homosexuelle!

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  3. Merci de nous faire réfléchir jusqu’à la fin de l’année. La conclusion me semble de bon sens ; en économie, on ne gagne que relativement et la fin des équivalences équivaut à rebattre les cartes ce qui ne peut que bénéficier à certains… La chute du Japon a correspondu avec le début de la renaissance US des années 90… il pourrait en être de même avec celle de la Chine. C’est toujours le centre, bien que loin d’être vertueux, qui bénéficie le plus des déboires périphériques par une sorte de flight to quality moral et psychologique. N’est-ce pas tout simplement la loi du plus fort ?

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  4. bon oui, c’est probable que le monétarisme fait toujours énormément de mal mais quand même il manque un gros morceau à l’analyse : on est dans une mutation énergétique qui ruine les non producteurs d’énergie fossile au profit des producteurs.
    c’est une énorme effort d’investissement à réaliser pour les non producteurs, il n’y a pas éclatement de la bulle énergétique ! C’est une donnée énorme pour l’analyse économique qui est totalement ignorée dans ce raisonnement

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    • Oui l’énergie et cette tendance qui veut que le travail devienne inutile. L’humain salarié est remplacé par des machines qui maintenant deviennent moins chères que le salaire. Les machines consomment-elles ? Les sans emploi et revenu achètent-ils ?. La finance est une chose, le réel de la fabrication des biens et services, une autre et le problème vient de là. Les équivalences/divergences entre les groupes de pays, l’énergie, l’écologie et le travail humain. Finalement toujours le problème de la domination « bonne » ou « mauvaise » des plus forts.
      Le système égoïste global n’est pas viable du tout et on court à l’autodestruction. C’est ça qu’on veut cacher par l’émission de signe monétaire. Cacher l’échec du système occidentaliste technoscientifique qui n’apporte que de la souffrance bien qu’il se pare d’oripeaux chatoyants.

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  5. Excellent . C’est clair globalement le systéme est dans une impasse et nous jette dans l’entonnoir . Les émergents ne prendrons pas le relai , ils font eux aussi partie du systéme quoique opposés .
    Sur le money like et les illusions entretenues par le soft power , c’est ok . C’est donc de la rente tout çà et de la rente absolue qui plus est . A mon avis basée sur le hard . Comme Karl Marx en a eu l’intuition dans des textes qui ne sont pas publiés dans le capital , à mon avis le salut provient , du prolétariat , mais de cette partie du prolétariat qui se réapproprie son temps libre en vue de libérer la société , en méme temps que soi .
    Et voici la bonne nouvelle , Raisonnez Haut-Bois Chantez Musettes !
    Les hackers se penchent sur le hard , l’imprimante 3G , c’est à dire , comment faire des piéces de machines , aussi bien communicantes que productrices . Donc dans 5 ans au plus tard au moment où le systéme aura touché le fond on aura une révolution technique qui sort du soft power , et change le monde réel .
    Références : Hackers batisseurs depuis 1959 , par Sabine Blanc et Ophélia Noor , Owni editions .
    Surtout n’en parlez pas .

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  6. Je ne comprends pas bien l’expression créance sur la banque . Sauf qu’un déposant , d’aujourd’hui est quelqu’un qui croit qu’aprés avoir déposé tant à sa banque , il pourra disposer de la méme somme .
    Qui plus est , il ne sait méme pas qu’il croit , pour lui cela va de soi . Qu’on puisse appeler cela monnaie fiduciaire , doit sembler à la plupart de nos comtemporains incongru , il s’agit de monnaie voilà tout .
    Or c’est une (re) découverte , en fait cela ne va pas de soi , puisque notre ex-président a cru bon de garantir (par la parole) les dépots à je ne sais plus quelle hauteur . Cependant , on mesure là la parole du politique , en faisant un calcul arithmetique simple : garantie de dépot x nombre de déposants il était lumineux que l’état et aucune autre institution au monde n’était capable en cas de défaillance ne serait-ce que d’une seule de nos grandes banques de payer ces dépots …
    On a pas pris çà au sérieux , c’est une chance , car alors on aurait compris ce que monnaie fiduciaire veut dire . Pour résumer , nous faisons crédit à la banque , sans le savoir et sans réaliser qu’elle est notre débiteur , surtout qu’elle nous parle généralement d’un ton autoritaire , quoique feutré .
    Etrange situation . Hallucinante quand on la réalise . Donc si en réalité nous avons une créance sur la banque , tout se passe comme si c’était le contraire . Il existe à mon avis une autre réalité , tacite et tue qui explique cet aveuglement , c’est que jusqu’ici , nous étions gagnant à ce jeu de dupe , grace à une monnaie surévaluée du fait de l’activité de ces banques . Nous profitions d’un transfert de richesses de l’extérieur vers
    nous , ce qui est de moins en moins le cas , et avec le terminus pour la Chine , ce ne sera plus le cas .
    Tout le monde descend . Là commencent les frustrations parce que ce terminus , n’était pas celui prévu pour tout le monde , comme dans le métro où une ligne est interrompue .

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  7. Un élément qui ne me semble pas négligeable dans la partie de go entre Chine et USA .

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/21/gaz-de-schiste-un-engouement-mondial-mais-beaucoup-de-doutes_1809052_3244.html

    Il me parait assez clair que cet engouement US , fait suite aux échec des Bush au moyen-Orient et en Asie centrale pour le controle des hydrocarbures . Non prévu au programme , à mon avis , a été la main mise Chinoise sur ces ressources alors qu’on aurait pu s’attendre à une opposition plutot Russe . D’où , à mon avis un redéploiement paralléle de la stratégie US sur l’extréme orient .
    La suite interroge , si avec la Chine en plus on s’oriente vers une récession générale , quoique limitée pour celle-ci ; que vont faire les US avec leurs investissements lourds dans le gaz ? Si les gaziers ne sont pas tout à fait nulls en finance , s’imposent à eux la construction d’un marché captif , je veux dire qu’une éventuelle consommation insuffisante , sera compensée par un accroissement du prix du gaz . Un choc gazier , en
    quelque sorte …Ce qui n’arrangera pas les choses , sauf inflation , au sens médiatique du terme , qui elle arrangerai les débiteurs actuels …

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  8. La fete de Noel nous rappelle incidemment , nos racines culturelles judéo-chrétiennes . Or que se passe t il
    : un miracle , plutot que de nativité , pour mettre en évidence le phénoméne il faudrait plutot parler de créativité . La reproduction , n’est pas une simple copie avec ses défauts , comme pour les Dupont et Dupond , elle s’effectue avec une intervention du Saint Esprit qui change tout . Elle s’opére d’abord dans l’obscurité d’une grotte , puis surgit à la lumiére avec la venue des Rois-Mages . Cette notion est étrangére à
    l’extreme-orient , qui a inventé le papier et l’imprimerie pour faire des copies et continue entre autre par le karaoké , dont une vidéo d’un Sud Coréen se vend à plus d’un milliard d’exemplaires ; pourquoi un tel engouement , parce en extréme-orient la ‘création’ n’est pas concue comme quelque chose produit par un génie qui lui donnerai par là des droits d’auteur , mais comme un processus collectif qui insensiblement par jeu de hasard aménerait autre chose .
    Ce mythe de la copie miraculeuse occidentale , on le retouve à chaque pas de la marche occidentale . J’en prends deux exemples qui me paraissent significatifs du poids de la conception chrétienne .
    L’imprimerie de Gutenberg , n’ a pas du son succés principalement à l’ expansion de la culture mais à quelque chose de beaucoup plus prosaique , lié à la monnaie-papier : l’édition des lettres de change qui représentaient les deux tiers de l’activité . Quand à la reproduction intellectuelle ( ou sexuelle ) , ( anecdote
    en Roumain , langue latine restée la plus proche du latin : enfants se dit copii ) , il est toujours trés mal considéré qu’un professeur d’université se marie . Paradoxalement le couple Sartre / Beauvoir le vérifie malgré toute la liberté existensialiste . Le mariage pour tous s’arréte là .
    En un mot , il y a choc culturel qui s’étend bien au-delà , par exemple sur la propriété privée de la terre , ce n’est pas un hasard , à mon avis si de part et d’autre du Pacifique s’opére une lutte inversée entre coté US
    une véritable nationalistion de la terre ( les Chinois sont trés présents dans le financement des Fannies et Freddies ) et de l’autre une privatisation massive des terres paysannes . Quel sera l’aboutissement ?

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  9. Suite au retour au pouvoir du PLD au Japon, le potentiel de conflit avec la Chine lié à la redéfinition de la mission de l’armée japonaise était évident. Les conséquences monétaires l’étaient moins. Merci d’avoir éclairé ce point.

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  10. Dans le millénarisme , il y a quelque chose de maudit , de diabolique . Mais aussi peut étre une vérité qu’on ne veut pas connaitre . Or si l’on situe la culture occidentale vers l’an mil , comme le fait ce maudit d’Oswald Spengler , symboliquement apparaissant comme le Christ en Croix de l’église catholique au lieu du Christ en majesté de l’église orthodoxe , ou de du régne des images au lieu de l’iconoclasme , ou autre détail comme la fin du servage en occident et l’apparition du je dans les langues ….Bref , en cette période d’austérité , encore bien anodine ressurgit le spectre de la fin du monde . ( et la naissance d’un monde nouveau ) .
    Notre culture occidentale a maintenant mille ans . çà craint . Comme la terre est ronde et le monde est courbe , selon une autre conception , on revient au point de départ . Or pour nous , globalement le point de départ était la Chine des Sung . On revient donc à la Chine , mais depuis les Sung elle a connu les Mongols et autres péripéties , mais surtout elle s’est construite contre les Mongols et leur monnaie-papier ,
    créée en faveur de l’occident . Nous nous l’ignorons mais pas eux . Pour se protéger des influences délétéres de l’extérieur , ils ont construit une société de mandarins , rétifs au commerce , à la marine , et au commerce et à la finance . Deng siao Ping est il une réelle conversion ou un moyen nouveau de subvertir le dragon ? Je crains que ce ne soit la deuxiéme alternative qui soit la bonne . Le pb est que nous occidentaux imbus de nos succés relativement récents n’ayons pas conscience du probléme .

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  11. Bonne année 2013 !

    Mardi 1er janvier 2013 :

    France : 77 % des ouvriers regrettent le Franc.

    Lisez cet article :

    Selon un sondage de l’Ifop, 62 % des Français regrettent le Franc.

    Les plus nostalgiques sont les femmes qui sont 70 % à regretter l’ancienne monnaie nationale, et les ouvriers avec 77 % des déçus de l’euro.

    Ce taux tombe à 41 % chez les cadres supérieurs et les professions libérales.

    Cette année, la défiance vis-à-vis de l’euro peut s’expliquer par les multiples crises de la monnaie unique notamment à l’occasion du dossier grec. Les sceptiques de l’euro étaient seulement 39 % en 2002, juste après l’entrée en vigueur de la monnaie unique pour grimper par la suite à 48 % en juin de la même année.

    En 2005, les insatisfaits représentaient 61 % des sondés, avant de monter à un pic de 69 % en 2010 en raison de la crise.

    http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/01/1526787-sondage-les-francais-regrettent-le-franc.html

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  12. Mercredi 2 janvier 2013 :

    Un sondage très important concernant la monnaie unique, l’euro, et l’ancienne monnaie de la France, le franc.

    Question : « Regrettez-vous le franc ? »

    Réponse :

    Les Français âgés de 18 à 24 ans répondent « oui » à 60 %.

    Les Français âgés de 25 à 34 ans répondent « oui » à 69 %.

    Les Français âgés de 35 à 49 ans répondent « oui » à 71 %.

    Les Français âgés de 50 à 64 ans répondent « oui » à 68 %.

    Les Français âgés de 65 ans et plus répondent « oui » à seulement 37 %.

    En clair : l’euro, c’est une monnaie de vieux, créée par des vieux, pour des vieux, et qui plaît aux vieux.

    Concernant les professions des personnes interrogées dans ce sondage :

    Les ouvriers répondent « oui » à 80 %.

    Les employés répondent « oui » à 75 %.

    Les artisans et les commerçants répondent « oui » à 72 %.

    Les chômeurs répondent « oui » à 70 %.

    Les retraités répondent « oui » à seulement 46 %.

    Les professions libérales et les cadres supérieurs répondent « oui » à seulement 41 %.

    Concernant les revenus des personnes interrogées dans ce sondage :

    Les Français qui gagnent moins de 1499 euros par mois répondent « oui » à 74 %.

    Les Français qui gagnent de 1500 à 2299 euros par mois répondent « oui » à 70 %.

    Les Français qui gagnent de 2300 à 2999 euros par mois répondent « oui » à 61 %.

    Les Français qui gagnent de 3000 à 4500 euros par mois répondent « oui » à 54 %.

    Les Français qui gagnent plus de 4500 euros par mois répondent « oui » à seulement 35 %.

    En clair : l’euro, c’est une monnaie de vieux riches, créée par des vieux riches, pour des vieux riches, et qui plaît aux vieux riches.

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