L’Edito du Jeudi 3 Janvier 2012: La monnaie, chaine invisible de votre servitude Par Bruno Bertez

L’Edito du Jeudi 3 Janvier 2012: La monnaie, chaine invisible de votre servitude Par Bruno Bertez 

 L’année 2012 restera dans l’histoire comme l’année de la monnaie. Nous avions dit l’an dernier, l’année des banques centrales, mais nous préférons maintenant, même si cela recouvre la même chose, dire l’année de la monnaie.

 On dira, plus tard, dans les livres, c’est cette année là que Draghi a décidé de tout faire coute que coute pour préserver l’échafaudage européen et qu’il a promis de créer autant de monnaie que nécessaire pour parvenir à son objectif. On dira, c’est cette année là que Bernanke , alors qu’il n’ y avait aucune situation de crise, c’est cette année là que Bernanke a décidé l’argent gratuit, illimité, à l’infini. L’année 2012 rentrera dans l’histoire comme l’année du FREE MONEY. Vous comprenez que notre premier texte de 2013 soit consacré à la monnaie. La dialectique de la monnaie se déroule, sous nos yeux: Ce qui a pris naissance au sein de la société  des hommes comme un formidable outil de liberté s’est retourné en un terrifiant instrument d’asservissement. L’argent est libre; le prix à payer est terrible, les hommes ne le sont plus! L’argent bien commun, né de la coopération et de la volonté de vivre ensemble des hommes s’est retourné en un tyran, récupéré qu’il est par les puissants. L’avilissement de la monnaie ce n’est pas l’inflation, c’est sa confiscation par une classe pour vous asservir.  Nous annonçons d’ores et déjà 2013, ce sera l’année de la taxation.

 La monnaie est un formidable outil de liberté; Elle facilite les déplacements, elle permet la multiplication des transactions, elle autorise le report dans le temps de la consommation, elle facilite l’investissement et beaucoup d’autres choses encore. En un mot, elle a été  source de progrès et de prospérité.

 Peut être devrions nous parler au passé.

 Les hommes, les citoyens en ont été dépossédés au profit du Pouvoir et maintenant d’une coalition de classes sociales liées à ce Pouvoir.

 Ceci est  vrai à la fois au niveau national, au niveau international ou global.

 Comme toute chose, la monnaie contenait en germe, comme on le dit s’agissant du blé, toutes ses contradictions. Par un retournement dialectique qui constitue un cas d’école pour les apprentis philosophes, elle est devenue une arme des pouvoirs contre les citoyens.

 Nous soutenons que la monnaie est devenue la chaine invisible de la mise en coupe des hommes, la chaine de leur servitude. Et la nous ne visons pas le superficiel, c’est à dire la dépendance de certains vis à vis de l’argent, non  nous visons quelque chose de plus subtil que nous allons tenter sinon d’expliciter, du moins de faire entrevoir.

 Faisons rapidement justice à ce que chacun peut constater; Le Pouvoir contrôle les circuits de la monnaie, il voit dans son Panopticon tout ce que vous touchez comme revenus, tout ce que vous possédez, épargnez, transférez, donnez ou léguez.

  La monnaie et le contrôle de ses circuits sont le moyen de traquer la matière taxable et de la confisquer; à point tel que la monnaie est une prison et que ceux qui veulent en sortir sont qualifiés d’exilés, vilipendés. Ne parle t on pas, d’ailleurs d’évasion lorsque les gens veulent disposer librement de leur bien à l’étranger. Votre monnaie, vos sous, sont sous surveillance perpétuelle et vous avez à peine encore le droit d’utiliser l’argent dit liquide. Nous n’insistons pas car vous avez compris.

 Il en va de la monnaie comme de l’internet, des messageries, de Facebook , tout ce qui au départ décuplait vos libertés a été annexé mis en coupe par les grands yeux, les grandes oreilles, les intrusions informatiques du Pouvoir.

 

 

 La crise de terrorisme a fait beaucoup pour tuer la liberté d’internet ; la crise financière est en train de faire énormément pour tuer ce qui restait de liberté monétaire.

 Dans les démocraties- sociales- kleptocratique , la  liberté est une plante qui ne fleurit qu’en pot, derrière les barreaux de la prison d’état et sous les caméras.

 Le présent texte veut aller plus loin.

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EN LIEN: Les Clefs pour Comprendre du Dimanche 23 Décembre 2012: L’or est toujours, toujours manipulé, pas plus en ce moment! par Bruno Bertez

  PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

 La capacité de nos systèmes à persévérer dans l’erreur est proprement étonnante. Nous n’avons pas choisi de traiter de ce sujet ce jour ; mais nous sommes obligés, comme malgré nous, de faire un  détour,  d’y revenir. Il fait irruption dans notre analyse. Il s’impose de lui-même. Pas moyen d’y échapper.

 Les hommes seraient-ils méchants volontairement ? Nous ne le pensons pas. Bien peu ont la force, la capacité, pour être cyniques. Il faut une puissance peu commune pour faire le mal sciemment. Tout est permis à condition de pouvoir le supporter ! Bien peu ont cette capacité à le supporter.

 C’est pour cela que nous ne partageons pas la thèse conspirationniste : aucun groupe d’hommes ne se réunit pour plonger le monde dans le malheur et l’obscurantisme.

 Même les plus dangereux, et là nous pensons, par exemple, à George W. Bush, sont persuadés d’une certaine façon qu’ils font le bien. Ils sont convaincus d’accomplir une mission positive. Et nous sommes sûrs que c’est la même chose pour les mondialistes qui croient que la solution à tous nos problèmes est de détruire les Etats-nations ; et nous sommes sûrs que c’est la même chose pour les inflationnistes et leurs laquais de l’internationale noire kleptocratique. Le patron de Goldman Sachs prétendait, souvenez-vous, accomplir God’s work, l’œuvre de Dieu. Il est névrosé au point d’en être lui-même persuadé. Bernanke est aussi lui-même convaincu d’être le Sauveur qui a manqué au monde dans les années 20. C’est cette certitude qui l’autorise à tout… coûte que coûte, coûte que coûte aux autres, à nos sociétés et à nos enfants.

 

 

 Ces gens ne sont pas méchants en eux-mêmes. Ils sont simplement possédés du mal, comme on le disait au Moyen Age, et ce n’est pas hasard si cela nous vient à l’esprit car ils nous plongent dans le Moyen Age de la théorie économique. Ils sont névrosés, voire fous, capturés qu’ils sont, aveuglés qu’ils sont, par leurs théories fausses. Ces gens-là ont une foi et c’est cette foi qui les dépasse et les guide à faire le mal.

  

 Bien sûr, la fausseté ne s’imposerait pas s’il n’y avait des intérêts en jeu. L’erreur et le vice sont toujours estampillés par l’intérêt. La fausseté n’est pas suspendue dans les airs, elle s’enracine dans la défense d’un système pervers inique, dans la défense d’intérêts particuliers.  De ces intérêts particuliers qui sont à l’œuvre dans la crise et qui ont d’autant plus de détermination qu’ils ont bonne conscience. Pour eux, ils sont dans le Vrai ; ils détiennent la Vérité.

 Cette Vérité est celle des maîtres. C’est celle des gestionnaires d’un monde à deux vitesses dans lequel  la souveraineté du peuple et la recherche du bien commun sont truquées, tronquées, dès leur genèse. Bien peu se rendent compte que les maîtres contrôlent tout. Ils façonnent l’opinion publique. Ils canalisent le Souverain vers les voies qui leur conviennent. Ils définissent le bien commun et l’intérêt général. Ils dictent les réponses que l’on donne dans les votes et dans les sondages. Ils vont même jusqu’à suggérer le peu de questions que le peuple se pose.

 

Comment est-ce possible ? C’est possible à cause de l’éducation, à cause de la transmission du savoir. De ce faux savoir, de ce Triste Savoir, qui est le savoir économique. C’est possible grâce à l’argent qui subvertit les médias et les corps intermédiaires. Et c’est possibles aussi, il faut le dire fortement, grâce à la paresse, grâce au principe du moindre effort qui conduit les hommes à toujours plus de renoncement sur la ligne de plus grande pente de la facilité et du confort.

 La facilité, c’est le recours, la prégnance, la dictature de « l’évidence ». Le discours de « l’évidence » qui est le discours du maître, c’est celui-ci : la preuve que c’est bien ainsi que cela se passe, c’est que vous le voyez. Croyez-en vos yeux, tel est le discours terrible du pouvoir, mis en forme par la communication.

 Il y a du chômage, créons un droit au travail. Il y a des mal-logés, créons un droit au logement. Il y a des gens qui s’aiment, qui voudraient se marier et ne le peuvent pas, créons un droit au mariage.  Le mythe de l’égalité, de l’existence de droits, fait partie de ces évidences.  Tout ceci autorise les pouvoirs à faire ce qu’ils font de mieux : décréter.  Ainsi le 26  Décembre, le Président Français, juste avant la publication de chiffres calamiteux du chômage, rodomonte: 2013  sera l’année de l’emploi!  C’est une forme de pensée et d’action/inaction qui est générale.  De même en économie. Les gens n’achètent pas, ils n’ont pas assez d’argent, ils n’ont pas assez de pouvoir d’achat. Mais, bien sûr, créons du crédit, de la monnaie gratuite.

 Le recours à l’évidence est le mal très profond qui mine nos sociétés. C’est un mal culturel, social et politique. Il est devenu constitutif de l’homme moderne. Peut-être est-il lié en partie à l’existence de la télévision qui donne à voir les images qui se font passer pour vérité ; le règne de l’évidence, c’est le règne d’un monde en deux dimensions tout en surface, en combinatoire de signes, sans profondeur ou sans intériorité. Et bien sur sans histoire. Hélas, c’est un monde acculturé. L’évidence est trompeuse, mais, en plus, elle est biaisée. Elle passe au travers d’un prisme qui est au service des maîtres, des intérêts du système, des intérêts de certains groupes sociaux.

 L’évidence conduisait à saigner les patients dans les temps anciens de la médecine. C’est ainsi aussi que l’on lisait aussi dans les urines. On se demande bien quoi. Il faut des yeux exceptionnels pour voir les microbes dans les urines. Les choses n’ont pas changé, surtout en matières économique, sociale et financière. Pour relancer la croissance, on saigne, on organise l’austérité, c’est-à-dire l’appauvrissement. Pour lutter contre l’excès historique de la production  de dettes, on crée encore plus de crédit, on en empile à tours de bras. C’est l’âne qui n’a pas soif et que l’on traîne devant le puits.

 L’évidence, c’est ce que donnent à voir les maîtres pour conserver leurs pouvoirs de gestionnaires du système.

 Que nous dit la crise ? Elle nous dit non, le système ne fonctionne pas comme ils disent, comme ils le mettent en scène dans leurs télés. Le système fonctionne conformément à la logique, mais à une logique cachée, inconsciente. Cette logique n’est accessible que par le travail, par la recherche, par la science désintéressée. Il faut défricher, labourer, semer pour récolter le savoir.  La flagornerie des économistes de gouvernements et de banques réunis ne suffit pas.

 Le système, ce n’est pas ce que l’on voit avec les marchés bidonnés, les offres et les demandes suspendues dans les airs de la subjectivité, les QE, les LTRO et les OMT. Non, le système, ce sont des hommes, des entreprises, du réel.  Le système, ce n’est pas les statistiques truquées, c’est l’effort, le travail, la domination, la subordination ; bref, ce sont les hommes plongés dans la vie et dans le quotidien.

 Les élites américaines disent que tout va bien et que l’on est sur la bonne voie. S’il n’y avait pas de Fiscal Cliff.

 Le peuple, lui, ne dit pas que tout va bien. Il y a 47,7 millions de food stamps qui sont distribués. 47,7 millions de personnes qui vivent de cette forme de soupe populaire, moderne. Cachés, planqués chez eux, dans la honte. Ces 47,7 millions représentent plus que toutes les populations combinées de l’Alaska, de l’Arkansas, du Connecticut, du Delaware, de Columbia, d’Hawaï, de l’Idaho, de l’Iowa, du Kansas, du Maine, du Mississipi, du Nebraska, du Nevada, du New Hampshire, du Nouveau Mexique, du North Dakota, de l’Oregon, du South Dakota, de l’Utah, de la West Virginia et du Wyoming. C’est vrai, nous sommes un peu lourds dans cette énumération, mais il faut quand même donner un peu de poids aux mots. C’est presque 48 millions de personnes qui vivent dans l’indignité. Plus d’1 Américain sur 2 vit de transferts sociaux ; 1 million d’Américains étudiant dans les Public Schools vivent dans la rue ou dans leur voiture. Dans une enquête publiée la semaine dernière, 76% des personnes interrogées pensent que cela va mal ; 24% trouvent que cela va bien. Et si on leur demande : et, dans 4 ans, est-ce que cela va aller mieux ? Il y en a 52% qui pensent que non et 48% qui pensent que oui.

 

 

 

 Et c’est cela l’important. C’est cela qui détermine l’état de l’économie, l’état de la société.  La déflation qui sert d’alibi à Monsieur Bernanke, cette déflation dont il rêve la nuit pour justifier ses imbécilités, c’est l’humeur sociale désespérée.  Et qui se manifeste à Atlantic City, la capitale des casinos du nord-est par une file d’attente de plusieurs centaines de mètres à l’ouverture de la soupe populaire.

 

 L’humeur, le sentiment dans lequel vit un pays, est bien plus parlante que les statistiques publiées par les maîtres illusionnistes du chômage. Le travail est rare, mal payé, rationné, et, en plus, déqualifié. En 4 ans, le revenu médian des foyers américains a chuté de 4.000$. Si l’on prend la population des Américains en âge de travailler, et non pas les populations qui se prêtent aux triturations mensongères, on trouve que 100 millions d’Américains en âge de travailler n’ont pas d’emplois. Une nouvelle monnaie, aux Etats-Unis, comme en temps de guerre en France,  un marché noir des food stamps s’est instauré. Les food stamps décotent par rapport à leur valeur faciale car on ne peut pas tout acheter avec.

 L’évidence met les gens au chômage, elle les plonge dans le désespoir. L’évidence, cela ne marche pas; pas plus que les saignées, les ventouses, les cataplasmes, les corrélations et toutes les idioties de nos charlatans économistes.

 Ce qui marche, c’est de partir de ce qui existe, puis de le décortiquer, puis de découvrir ce qu’il y a derrière, puis de remonter l’histoire et de comprendre comment on en est arrivé là. Bref, ce qui marche, c’est de retourner sur terre, d’abandonner le monde des chimères, des idées, des tautologies, des « voilà pourquoi votre fille est muette ».

 Un exemple. La cause du chômage, ce n’est pas Peugeot ou Mittal qui licencient. La cause du chômage, c’est Alan Greenspan qui a, de 2003 à 2005, maintenu les taux d’intérêts trop bas trop longtemps, créant ainsi de fausses demandes et des investissements de production inadaptés. La cause du chômage, ce sont les détournements économiques qui ont été opérés pendant cette période et qui ont créé une économie de carton-pâte qui ne peut tenir que par l’addiction monétaire et/ou les subventions.

 

 Au cœur de tout, se trouve la monnaie. La monnaie, c’est comme le mort du bridge, elle semble neutre, ne rien faire, mais en réalité, c’est elle qui détermine tout. La monnaie transfère les richesses vers les uns, organise la pauvreté des autres. C’est un mensonge, une tromperie, que de dire la monnaie est neutre, que de dire que les banquiers centraux sont indépendants. C’est faux. Elle profite aux uns, pendant qu’elle tue les autres.

 On voudrait vous faire croire que l’on peut émettre toute la monnaie que l’on veut tant que les prix ne montent pas.  C’est l’une des plus belles escroqueries intellectuelles des temps modernes. Les prix dans nos systèmes restent bas parce que nos produits subissent la concurrence de l’étranger et parce que nous importons une quantité énorme de biens et services.  Nos indices de prix ne traduisent pas la situation réelle de nos systèmes. Tout  se passe comme si les régulateurs réglaient le chauffage de Miami sur la base des relevés de températures du Pôle Nord.  Avec les importations en provenance des pays à bas salaires, le guide de l’indice de prix ne vaut plus rien pour réguler la chaudière nationale. Pendant ce temps, à la faveur de l’alibi des prix sages, on crée de la monnaie, et cette monnaie, elle va enrichir ceux qui la reçoivent prioritairement, ceux de la sphère financière.

 Le stock de monnaie doit être relié aux grandeurs économiques réelles, à la production, à la circulation des biens et services, pas à des indices de prix synthétiques, abstraits, manipulés, reflet de ce qui se passe dans un autre monde.

 On voudrait vous faire croire que quand la monnaie est surabondante, fabriquée électroniquement à coût zéro, le taux d’intérêt naturel devrait être nul. On voudrait vous faire croire que lorsque le boutiquier Bernanke rajoute quelques zéros aux chiffres qui figurent dans son grand livre de comptes, le pays est plus riche. Que vous êtes plus riches. Hélas, non, ce n’est pas vous qui êtes plus riches, mais les autres, ceux qui reçoivent cet argent. Ceux qui sont plus riches, c’est ceux qui bénéficient de la manne et qui sont tout près des vannes, les Goldman Sachs, les Citi, les Deutsche Bank, les Paribas. Et de cet argent électronique, ils s’en servent pour spéculer, pour monter le prix des assets. Pour monter le prix des maisons, comme ils le font maintenant aux Etats-Unis afin de les louer plus cher aux citoyens en faillite. Aux Etats Unis le système bancaire a deux trillions de dépôts de plus que de prêts en cours; situation unique dans l’histoire. On veut vous faire croire que ces politiques monétaires non-conventionnelles sont dans votre intérêt alors qu’elles ne servent qu’à enrichir les uns, dans l’absolu,  et à vous appauvrir, vous, dans le relatif.

 

 La politique monétaire ne se transmet pas, Monsieur Bernanke et Monsieur Draghi ? Chiche ! Faites des QE en faveur du peuple au lieu de passer par les banques et vous verrez si la politique monétaire ne se transmet pas.

 Tout est là. Tous ces discours d’évidence, nous les épinglons régulièrement. Nous avons choisi une image que nous trouvons particulièrement adaptée : on vous fait prendre des vessies pour des lanternes.

 Au centre de tout, se trouve la monnaie. Tous nos maux viennent directement ou indirectement de la monnaie. Déjà, dire comme nous le faisons, la monnaie, c’est tomber dans le piège de l’évidence, dans ce piège qui, en se refermant, fait que l’on en comprend plus rien. On se trouve enfermé dans la caverne avec les ombres qui s’agitent, animées, projetées par les démiurges. Il n’y a que des ombres de monnaie.

 Car, une monnaie, on ne sait même plus ce que c’est. A force d’intox, on l’a oublié. Une monnaie, c’est quelque chose d’enraciné. C’est quelque chose qui a à voir avec la production, la circulation des marchandises, avec le règlement des dettes. Une monnaie, c’est ancré. Si ce n’est pas ancré, alors c’est suspendu dans les airs, cela flotte au gré de la pression atmosphérique. Cela vaut une rencontre de l’offre et de la demande, summum de la tautologie. Et si on vous demande, mais qu’est-ce qui la détermine, cette fameuse demande ? Ben… on bégaie lamentablement. Car cette fameuse demande, elle est subjective. Il suffit de manipuler la subjectivité et on a le pouvoir de forcer la demande de monnaie. On établit l’intersection de l’offre et de la demande là où on veut.  On est dans le relativisme complet.  La monnaie devient pure idée. Pure manifestation du vide. Pure manifestation du pouvoir du maître.

 Les monnaies de papier ne sont pas des monnaies, ce sont des signes de valeur. Ce sont des signes  dégradés par l’usure, par l’imposture, par l’inflation, par la politique. La monnaie, c’est la chaîne invisible de votre servitude.

 « Perception is all », disent les gourous de la politique économique américaine, les inénarrables Rubin et Summers.  « Perception is all », c’est la doctrine américaine. Cela veut dire que la monnaie est dans les esprits. Pensez-y. Il faut être fou pour oser l’affirmer. C’est une conception idéaliste de la monnaie que n’aurait pas renié le fameux évêque Berkeley. Vous savez, Berkeley, c’est le maître de l’idéalisme pratiqué par nos banquiers centraux ; c’est lui qui prétendait que le monde n’existait pas quand il ne le regardait pas. L’idéalisme monétaire pratiqué par les démiurges, c’est cela, la négation du monde.

 

 Rompez la chaîne de la crédulité, comme cela s’est fait en 2008, et tout s’effondre. Rompez la chaîne de la croyance, comme cela s’est fait en 2010 en Europe, et tout explose. Toujours, dans le monde des évidences, dans le monde de l’économie positive, idiote et idéaliste, toujours à un moment donné, la chaîne se rompt. C’est une vérité historique. Un constat sans exception. Toujours à un moment donné, le réel revient en force. L’économie idéaliste, fondée sur l’étude et la manipulation des signes détachés du réel, n’est ni une science, ni un savoir ; au mieux, c’est une incantation, au pire, c’est une escroquerie.

 Cette escroquerie est produite par les maîtres gestionnaires du système pour maintenir leur statut privilégié. L’économie idéaliste, cela consiste à considérer que les prix de marchés (manipulés), leurs fluctuations, leurs rapports, leurs corrélations, tout cela peut être accompli sans référer à quoi que ce soit de matériel, de concret. On peut évacuer l’effort, le sang et les larmes allègrement. Les signes sont là qui les remplacent et les occultent. Et c’est là le lien, l’articulation, avec le système de l’évidence : l’économie monétaire idéaliste évacue tout, refoule tout, au profit de signes qu’elle donne à voir et qu’elle manipule.

Tout n’a pas commencé en 1971 ; il y a eu des précédents. Mais 1971, c’est quand  même le grand désarrimage.

  Quelques citations s’imposent :

« Depuis que le Président Nixon a rompu le lien final entre le dollar et l’or, aucune monnaie majeure pour la première fois dans l’histoire n’a de connexion avec une commodity ».  Milton Friedman, 1991.

« Il n’y a pas de moyen plus subtil et plus sûr de détruire les bases de la société que de débaucher la monnaie ». John Maynard Keynes,1920.

« Le papier monnaie sans ancrage s’est régulièrement avéré une malédiction pour le pays qui l’a employé ». Irving Fisher, 1921.

« Il y a de bonnes raisons de croire que la nature de la monnaie n’est pas vraiment comprise ». John Law, 1720.

Et voici le clou, le clou, il est du maestro : « nous pensons que si vous sapez les bases de la monnaie, vous sapez aussi les bases de l’économie. La difficulté est de définir quelle est la part de la structure de liquidités qui correspond à de la vraie monnaie » ; « la monnaie, je ne sais plus très bien ce que c’est ». Alan Greenspan, 2000.

« La liquidité, l’abondance monétaire, c’est quand on croit que l’on va vendre plus cher que l’on a acheté ». D. Kohn, 2003. 

La monnaie, la vraie, c’est déjà ce qu’il y a de plus complexe et de plus mal connu. La fausse monnaie, la fiat money, qui n’est en réalité que dérivé de dette, est encore plus complexe et plus opaque. C’est pour cela que c’est l’outil privilégié  de la classe kleptocratique. Un outil dont les banquiers centraux sont les opérateurs. 

La Grande Expérience monétaire de 1971 va faire sentir ses effets pendant des décennies. Le pire est que les catastrophes se succèdent depuis et que la prise de conscience n’est pas encore effectuée. Toujours les expériences monétaires ont:

1) Perverti les économies

2) Perverti les sociétés

3) Perverti les systèmes politiques

4) Débouché sur des catastrophes. 

Peu à peu, plongé dans une grande expérience monétaire, le système se disloque, il dysfonctionne. Tous les équilibres se rompent, toutes les légitimités s‘évanouissent jusqu’à la rupture finale faite de haine, de violence, et, bien souvent, de guerre. 

Le Fiscal Cliff américain fait partie des évidences, du spectacle qui se donne à voir pour détourner l’attention. Le Fiscal Cliff, c’est pour tromper les gens. C’est la grande illusion à l’échelle américaine c’est-à-dire à la David Copperfield, qui, vous le savez, coïncidence, a fait disparaître la Statue de la Liberté. 

A gauche, chez les Démocrates, on dit le système est trop inégalitaire. Il faut prendre aux riches, et aux moins riches aussi, pour donner aux pauvres. Mais surtout, il faut maintenir le déficit pour soutenir l’économie. 

A droite, chez les Républicains, on dit il faut réduire la taille du gouvernement. Le deficit spending c’est ce qui nous a conduits à la crise. La dette a doublé en quatre ans. Il faut réduire les dépenses. 

Petite digression. C’est exactement la même chose qui se passe en Europe.  Finalement, c’est un jeu de rôles. Vous remplacez Démocrates par pays du sud et vous remplacez Républicains par pays du nord. Vous verrez, l’isomorphisme fonctionne à merveille.

Gigantesque poudre aux yeux que tout cela, bien entendu. Cette poudre aux yeux fait partie du jeu de l’évidence et elle permet de laisser dans l’ombre, dans l’obscurité du système,  le refoulé, l’occulté, le tiers, qui ainsi se situe en-dehors, nous avons nommé : la Banque Centrale. 

La politique, le débat droite-gauche, c’est le symptôme de la névrose, le symptôme de la folie du système qui masque son ressort profond, son refoulé. Ce qu’il faut à tout prix préserver, c’est l’autorité monétaire et elle ne peut être préservée que si elle est souterraine, hors des regards. On dit, pour vivre heureux, vivons cachés ; nous préférons dire: le mal aime l’obscurité. 

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 3 Janvier 2013

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EN LIEN:  Les Clefs pour Comprendre du Dimanche 23 Décembre 2012: L’or est toujours, toujours manipulé, pas plus en ce moment! par Bruno Bertez

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16 réponses

  1. Jeudi 3 janvier 2013 :

    Zone euro : les crédits au secteur privé toujours en recul en novembre pour le septième mois d’affilée.

    Les crédits au secteur privé en zone euro ont continué à reculer en novembre, pour le septième mois d’affilée, avec une baisse de 0,8%, égale à celle enregistrée en octobre, selon des chiffres annoncés jeudi par la Banque centrale européenne (BCE).

    De son côté la masse monétaire M3, indicateur avancé de l’inflation en zone euro, a crû de 3,8% en novembre, soit un peu moins qu’en octobre (+3,9%) mais bien davantage qu’en septembre et en août (respectivement +2,6% et +2,8%).

    http://www.boursorama.com/actualites/zone-euro-les-credits-au-secteur-prive-toujours-en-recul-en-novembre-5c21c825cdb32007522726ea9d644e32

  2. Magistral !

    J’en profite pour vous remercier du travail effectué. Je vous lis depuis 2010 et c’est toujours aussi intéressant de découvrir vos textes. Honnêtes, démontrant un veritable effort de démonstration et respirant le Vrai.
    Merci.
    Et bonne année à tous les lecteurs du blog !

  3. Oui bravo BB et continuez à nous éclairer encore en 2013!

  4. Pour mémoire…

    Extraits du CHAPITRE XV du « Traité sur l’origine, la nature, le droit et les mutations des monnaies » de Nicolas Oresme (1355)

    Le gain que le prince tire de la mutation de la monnaie est injuste

    Il me semble que la cause première et dernière pour laquelle le prince veut s’emparer du pouvoir de muer les monnaies, c’est le gain ou profit qu’il peut en avoir, car autrement, c’est sans raison qu’il ferait des mutations si nombreuses et si considérables.
    Je veux donc encore montrer plus à fond qu’une telle acquisition est injuste.
    En effet, toute mutation de la monnaie, exceptée dans les cas rarissimes déjà dits, implique falsification et tromperie et ne peut convenir à un prince, comme on l’a prouvé.
    Donc, si le prince usurpe injustement cette chose déjà injuste en elle-même, il est impossible qu’il en tire un juste gain.
    D’autre part, tout ce que le prince en retire de gain, c’est nécessairement aux dépens de la communauté.
    Or, tout ce qu’un prince fait aux dépens de la communauté est une injustice et le fait, non d’un roi, mais d’un tyran, comme dit Aristote (49).
    Et s’il disait, selon le mensonge habituel des tyrans, qu’il convertit ce profit en bien public, on ne doit pas le croire parce que, par un raisonnement de la sorte, il pourrait m’enlever ma chemise et dire qu’il en a besoin pour le bien-être commun.
    De plus, selon l’apôtre (50), il ne faut pas faire « de mauvaises choses pour que de bonnes arrivent ».
    On ne doit donc rien extorquer ignominieusement pour feindre ensuite de le dépenser à des usages pieux.
    Au contraire, si le prince peut, à bon droit, faire une mutation simple de la monnaie et en retirer quelque gain, il peut, pour une raison analogue, faire une plus grande mutation et en retirer plus de gain, muer à plusieurs reprises et avoir encore plus de gain, faire une ou plusieurs mutations complexes et toujours amasser son gain des manières déjà expliquées.
    Il est vraisemblable que, si cela était permis, lui ou ses successeurs continueraient ainsi, ou de leur propre mouvement ou poussés par des conseillers, parce que la nature humaine incline et tend à s’enrichir toujours davantage quand elle peut le faire facilement.
    Ainsi, le prince pourrait enfin attirer à lui presque tout l’argent ou les richesses de ses sujets et les réduire à la servitude, ce qui serait faire entièrement preuve de tyrannie et même d’une vraie et parfaite tyrannie, comme il ressort des philosophes et des histoires des anciens.

    (49). Aristote, la Politique, V, 10 (1310b 40-1311a 1).
    (50). Epitre de saint Paul aux Romains, III, 8.

    Extraits de C’ETAIT DE GAULLE d’Alain PEYREFITTE

    Salon doré, 27 février 1963.
    GdG : (…) Les Etats-Unis ne sont pas fichus d’avoir un budget en équilibre. Ils se permettent d’avoir des dettes énormes. Comme le dollar est partout la monnaie de référence, ils peuvent faire supporter par les autres les effets de leur mauvaise gestion. Ils exportent leur inflation dans le monde entier. C’est inacceptable, ça ne doit pas durer.

    Et aussi :
    Salon doré, 30 avril 1963.
    GdG – Les Américains sont engagés dans un processus de mainmise sur l’ensemble des circuits économiques, financiers, militaires, politiques dans le monde. C’est une invasion qui se déroule comme le cours d’un fleuve. Les Américains le voudraient-ils, ils ne pourraient pas s’y opposer. D’ailleurs, ils n’y a pas de risque qu’ils le veuillent. Qui dresse une digue ? Ce n’est pas le fleuve. Ce sont les hommes qui ont intérêt à se mettre à l’abri de l’inondation. Or, personne n’en a le courage.
    (…)

    … Pour mémoire

    (autres époques, autres termes, mais mêmes vérités…)

    • @Kimalu

      Je vous remercie d’avoir cité Nicolas Oresme, incroyable savant, véritable phénomène de son époque.

      Oresme pensait juste.

      Dans un monde dominé par des charlatans qui occultent le réel et ne sont capables que de gloser les uns sur les autres, cela fait du bien de rencontrer un peu d’intelligence.

      Si quelqu’un debarquait de Sirius ce jour et lisait le communiqué de la Fed qui vient d’etre publié, il se demanderait si il n’est pas tombé dans un asile pour fous. En revanche il approuverait et comprendrait Oresme.

      Non, Ils, les maitres, n’inventent rien mais la question se pose de comprendre pourquoi d’aussi grosses ficelles marchent si bien. Betise, inculture, renoncement, veulerie du confort, mass medias ?

      • … Mais qui connaît Nicolas Oresme en France ???

        (à noter cependant que son traité est disponible en PDF sur internet. Il est à lire en entier en pensant au "Privilège exorbitant"…)

        • @Kimalu

          Je vous remercie de me donner le plaisir de cette discussion.

          Qui connait Oresme en France? Très peu de gens, même parmi ceux qui professent l’économie. Mon fils a fait des études en France, il n’en a jamais entendu parler. En revanche Oresme figure en bonne place dans certaines lectures dans les universités américaines! L’appauvrissement intellectuel français est proprement sidérant, surtout depuis 1981, date du dernier sursaut des intellectuels face au délire Mitterrandien. Voyez-vous une tribune libre intelligente dans la grande presse? Rien, c’est le désert.

          Quand j’étais patron de La Vie Française je croulais sous le poids des tribunes libres, toutes plus intelligentes les une que les autres, tribunes d’économistes, de recteurs d’université, de grands professeurs, d’éditeurs, d’anciens du gouvernement etc…

          Il n’y a plus aucun débat, juste des anathèmes, voire des insultes.
          La pensée a déserté la France. C’est cela le changement, la négation des acquis du passé, de l’expérience, de la culture.

          Car pour fabriquer l’homme nouveau, il faut le couper de ses racines, il faut faire, faire au sens très fort ,tabula rasa. Voila le sens profond du changement : détruire les références, les remplacer par la manipulation des signes des marques et des Nike des banlieues réunies. Remplacer le hot, par le cool, le sens par les signes.

          Il faut oser affirmer que l’individu ne nait pas vierge de tout, qu’il s’inscrit dès sa naissance dans une culture, un héritage. Même ses instincts sont codifiés. Ce n’est pas pour rien que j’emploie le mot héritage car la confiscation symbolique des héritages par la taxation fiscale est la concrétisation de la volonté de jouer les démiurges et de faire un homme nouveau.

          L’individu doit savoir d’ou il vient pour avoir un projet, une identification, pour décider ou il va. Soit dit en passant je me demande bien sur quoi, sur quelle identification va pouvoir se construire l’enfant déjà déraciné par l’abandon parental, objet, échange, dans une relation homosexuelle. On voit déjà ce que cela donne quand la famille est détruite: 72 % des gens qui sont passés par la prison aux Etats Unis sont de famille décomposée. Comment? A qui s’identifier, sur la base de quelles valeurs?

          Ne vous y trompez pas, je n’ai rien comme les pratiques homosexuelles privées, mais je pense comme le MDC que la République n’a pas à légiférer en ces matières. Le faire, ce n’est pas changer, c’est détruire.

          Dès sa naissance l’homme est pris dans le symbolique, le langage, le sens et cela les e….de les socialistes et la fausse droite. Cela les gène dans leur entreprise de décervelage à la UBU, même pas roi ou même normal, juste minables apprentis sorciers qui jouent avec le feu.

          Ils ne sont même pas capables de comprendre leurs soi disant inspirateurs comme Marx, qu’ils n’ont jamais lu, de comprendre les vrais grands de la Révolution Française, assassinés par leurs pareils. De comprendre la déesse Raison, dont ils n’ont retenu que l’envie, le gout du Pouvoir et bien sur l’imbécillité monétaire des assignats.

          La droite est pire que la gauche car elle trompe. Elle mystifie, ainsi elle canalise les refus vers une impasse au lieu de les amplifier, de les guider.

          Avez vous entendu Fillon ou Copé parler de liberté, de prospérité, faire une analyse de l’origine des inégalités, une analyse sérieuse du chômage et de la crise de l’euro?

  5. Il existe une dimension éthique , morale de la création monétaire , c’est indéniable . Mais la monnaie n’est qu’un moyen , quoique son accumulation puisse étre le but . A priori il ne me semble pas qu’un état soit condamnable , de déprécier la monnaie , ni méme un particulier , celà dépend du but poursuivi et pour ce qui concerne l’état ce but pour étre légitime ( ce n’est pas la seule condition) doit étre politique .
    Il y a là une embrouille puisque la monnaie a , en principe , un role économique , celui je pense de permettre
    le meilleur accroissement des richesses , donc un conflit d’intérét possible .
    Cela dit , est loin d’épuiser la question , en surgit alors d’autres corrélatives : quel rapport entre monnaie et richesses ? , accroissement des richesses pour tout le monde ? dans quelle proportion pour chacun ?
    Quelles richesses , plutot que telle autres ? La monnaie doit elle etre à l’initiative ou n’étre qu’une conséquence ?
    Si la monnaie n’est qu’un moyen , il me semble s’imposer que sa quantité , non seulement , doit s’accroitre moins vite que les richesses mais doit s’accroitre , alors en se dépréciant ou non ? Si elle se déprécie un dommage apparait alors pour les créanciers , à moins que ce ne soit compensé d’une maniére ou d’une autre , par l’intéret ou la vitesse de rotation .
    Ce que j’essaie d’exprimer c’est que les aspects économiques sont en eux-mémes suffisamment compliqués ,
    et ne poser la question que sous l’angle moral ( bien que ce soit peut étre l’élément principal , mais économiquement juste un indice ) , risque de masquer l’essentiel .
    Tu ne tueras point , certes , mais si l’on cherche ma mort ?
    Les événements politiques et sociaux actuels que ce soit au Japon ( retour de Shinzo Abe , pas neutre du tout éthiquement ) , aux USA ( les mouvements tea party , occupy WS , la guerre de tranchées budgétaires des républicains ) , en Russie ( le retour de la grande Russie ) , en Europe avec l’affirmation de la rigueur Allemande , en Inde ( voir l’histoire du viol qui prend un sacré relief sachant que le président est un sikh , donc nationaliste et controlant police et armée … mais pas hindouiste .) . Exception à ce retour moral : la Chine , encore que la multiplication des émeutes , surtout dans les régions riches indiquent que çà bout sous la marmite .
    On assiste je pense à une mise sous le boisseau du fond de la question monétaire , quoique la fin du bling bling indique un infléchissement de celle ci .

    • @Dupont Emile

      Si vous pensez que la fin justifie les moyens, que la liberté des hommes puisse être sacrifiée à l’Etat, que bafouer les contrats est normal, alors vous vous trompez de blog.

      A moins que conscient de vos errements, vous ayez décidé de changer, de vous initier à la libre pensée et de profiter de notre catéchisme quotidien.

      Auquel cas vous êtes bienvenu, nous ne rejetons pas les pauvres pêcheurs qui cherchent à s’amender: Visiblement, vous avez déjà décidé, par le texte ci dessus, de confesser vos péchés.

      Nous attendrons un peu pour vous donner l’absolution.

  6. J’imaginais que tous les épargnants Suisse retire leurs argents qui ne rapporte désormais plus rien entre 0 et 0,3%net, le système mondial s’écroulerais et nous épargnants ont ramasserais tous à vil prix. Le premier serrais dernier comme les Évangiles l’indique. J’y vais je mets au coffre!

  7. Le lien organique entre l’or et les papiers: Un lien de haine.

    Nous avons rajouté le lien qui conduit à notre article récent sur l’or afin de bien forcer au rapprochement, afin que le lecteur mette le doigt sur le lien organique, systémique qui unit l’or et les papiers , les monnaies et quasi monnaies. Un lien organique non pas positif, mais négatif, non pas d’amour mais de haine. Les papiers émis par les banques centrales, les banques, les Etats, haïssent le métal jaune. L’or est l’anti-papier.

    Les maitres, depuis 2008, n’ont qu’une politique, forcer les gens à faire ce qu’ils ne feraient pas spontanément. Forcer à boire l’âne, forcer à la dépense à crédit, forcer à acheter des papiers gouvernementaux qui ne rapportent rien et qui seront détruits. On appelle cela inciter au risque. Nous nous disons que ce n’est pas inciter au risque, c’est mener à l’abattoir comme on mène à la ruine celui qui achète les billets perdants du loto quand le tirage est passé. C’est la politique de l’entonnoir qui canalise toutes les ressources vers le couple maudit Banque Centrale/Etat et leurs alliés. L’or c’est l’anti risque, le risk off.

    C’est le comble de l’immoralité et du cynisme que de forcer ceux qui n’y ont pas vocation, à prendre des risques pour conserver un maigre rendement, en plus, rendement taxable. Il n’y a aucune chance pour que la prise de risque soit récompensée: C’est mathématique.

    Il y a rien qu’aux Etats Unis une dette négociable des agents économiques réunis de 55 trillions dont 16 officiellement pour le gouvernement. Déjà avec les taux au plancher, la dette est, hors création monétaire, hors monétisation, insupportable. Lorsque les taux d’intérêt monteront de 1%, le renchérissement, au fil des maturités représentera 550 billions. Croyez-moi, cela va tanguer !

    La politique menée n’a pas d’issue, on est allé trop loin et dans la mauvaise direction. Le problème n’est absolument pas comme le disent les Cassandre professionnels, la situation présente! Non, nous sommes dans le meilleur des mondes: l’économie tient, l’argent est surabondant et gratuit et les assets lévitent ce qui donne aux gens l’impression qu’ils ont encore quelque chose. Le problème c’est quand cela va aller mieux, entendez par là quand l’inflation va accélérer, quand les taux vont vouloir monter sur les marchés, rejoindre les normes.

    Le pape klepto , le patron de Goldman Sachs, Lord Blankfein, disait il y a peu à Bloomberg " Le grand risque qui menace c’est que les choses aillent bien (right), c’est de ce risque là que les gens devraient avoir peur".

    Evidemment.

    Chaque fois que les démiurges remettent un plancher sous les papiers, les fonds d’état, les quasi monnaies et les monnaies, ils creusent le gouffre qui se trouve sous le plancher, dissimulé. A la faveur du plancher, du put, il est normal que certains se disent refaisons un tour de manège, nous sauterons en marche avant les autres. C’est quand tout le monde se précipitera vers la sortie, quand le "mieux" prendra corps, que la déstabilisation du système s’enclenchera.

    L’Exit, l’impossible Exit, c’est cela le cauchemar de Bernanke.

    Et là, l’or aura de vraies bonnes raisons de monter….

  8. JE PENSE QUE VOUS ALLEZ AIMER:

    Imaginez que vous puissiez transformer vos plus grandes dettes en vos plus précieux actifs. Un beau rêve, n’est-ce pas ?
    Eh bien sachez que cela ne relève pas de la divagation fantaisiste, mais que telle est la réalité au quotidien, aussi bien d’après les dernières avancées scientifiques que d’après le Judaïsme.
    Le repentir quantique
    Le photon et vous

    par Arnie Gotfryd

    http://www.fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1272790/jewish/Le-repentir-quantique.htm

  9. C’est génial parce que quand on a tout suivi depuis quelques années, ça devient "cristal clear" ;-) … après avoir attaqué les pays du sud sur les taux pour faire bouger la BCE, maintenant, c’est go go go go sur l’euro pour forcer la BCE a baisser ses taux à 0%… Avant d’y procéder, ils vont sous doute nous ressortir un peu de Grèce, Espagne, Italie et le petit nouveau la France… mais vu la détermination d’ABE, Bernanke,… et derrière eux des marchés… ce sera taux 0 bientôt ou l’euro à 1,70 sud.. good luck pour exporter des Airbus et des VW !!! Par rapport aux States, nous avons une énergie plus chère, un marché de l’emplois sclérosé, une Tour de Pise démographique, une devise qui monte, Hollande en france, horreur de l’inflation, "moi je vous dit… en Europe, ça sent le formol"

Rétroliens

  1. La monnaie, chaîne invisible de votre servitude (B. Bertez) | Olivier Demeulenaere – Regards sur l'économie
  2. lupus | Pearltrees

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