Changes et Devises

Egypte: Quand l’obscurantisme religieux ne nourrit plus son homme!!!

Egypte: Quand l’obscurantisme religieux ne nourrit plus son homme!!!

Dans l’attente de prêts, l’Egypte est en crise. La livre égyptienne s’affaiblit. Les prix augmentent et les touristes sont absents

Infographie. La monnaie locale décroche

Mohamed Morsi parlerait-il d’un «autre pays que l’Egypte»? En soulevant cette question dans sa dernière édition de l’année 2012, le quotidien égyptien indépendant Al-Masry al-Youm oppose aux discours rassurants du président égyptien la réalité des chiffres de l’économie. Car si le chef de l’exécutif se dit «non préoccupé» par la chute de la livre égyptienne, elle a pourtant atteint cette semaine un plancher record depuis 2004 en s’échangeant à 6,52 contre 1 dollar.

A l’origine de cette dégringolade: l’annonce, la semaine dernière, de mesures pour freiner les sorties de capitaux, une taxe sur l’acquisition de devises étrangères par les particuliers et un plafonnement à 30 000 dollars par jour des retraits par les entreprises dans les banques. Des initiatives qui visent à protéger les réserves du pays, en forte baisse depuis des mois, mais qui rendent inéluctable le libre flottement de la livre.

Hôtels remplis à 25%

C’est que l’économie égyptienne va mal. Près de deux ans après la chute de Moubarak, et alors que la transition postrévolutionnaire déchire islamistes et libéraux, la croissance économique est en berne et les investissements étrangers au point mort. Les recettes touristiques, elles, ont chuté de plus de 30% de 2011 à 2012. A Louxor, repaire des vacanciers européens en période de Noël, les taux de remplissage des hôtels tournent actuellement autour des 25% – un chiffre inquiétant pour cette période de l’année considérée comme habituellement la plus faste. Dans ce contexte, la banque centrale a annoncé samedi dernier que ses réserves de change avaient atteint un «minimum critique»: soit 15 milliards de dollars contre 35 milliards en février 2011 – ce qui équivaudrait à trois mois d’importations. A ce jour, ces réserves ont servi à soutenir la livre et à assurer les importations vitales comme le blé et l’essence. Tentant de relativiser la situation, le ministre égyptien des Finances préfère au mot «banqueroute» celui de «grave crise économique». Mais il reconnaît que l’Egypte a besoin de 14,5 milliards de dollars dans les 20 prochains mois pour surmonter la récession.

C’est dans ce contexte tendu que Le Caire a annoncé dimanche vouloir reprendre ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un prêt de 4,8 milliards de dollars. Initiés en août dernier, les pourparlers – qui incluent une série de réformes comme la réduction des subventions sur le carburant – avaient été suspendus le 11 décembre après que Mohamed Morsi eut annulé, en pleine crise politique autour du référendum sur la Constitution, des hausses d’impôts exigées par le FMI. Pour le premier ministre, Hicham Qandil, ce crédit donnerait un «signal de confiance» envers l’économie égyptienne. D’autant plus qu’une cascade d’autres aides – notamment de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de la Banque africaine de développement – sont conditionnées à l’accord final avec le FMI. «La livre pourrait chuter de 10 à 15% de plus face au dollar au cours de l’année à venir. Si le gouvernement parvient à finaliser l’accord avec le FMI, l’ajustement devrait être graduel. Mais sans l’aide du FMI, il y a un risque de plus grande dévaluation», prédit, dans son dernier rapport, le centre international d’analyse et de recherche économique, Capital Economics. En attendant, le gouvernement égyptien a lancé ce week-end une «initiative nationale pour un démarrage économique» dans l’espoir de calmer les esprits.

Mais, dans les allées escarpées des souks de quartier, où les prix des fruits et légumes se mettent déjà à flamber, les Egyptiens commencent à sérieusement s’impatienter. A Zamalek, le kilo de tomates est passé en 24 heures de 1 à 1,5 livre, tandis qu’un kilo de courgettes se vend désormais 3 livres – contre 1,5 livre il y a deux jours. «L’hiver s’annonce rude», souffle Leyla, une mère de famille.

Par Delphine Minoui le caire /Le Temps Janv13

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/496920ce-55de-11e2-9c3a-7df33238db37/Dans_lattente_de_prêts_lEgypte_est_en_crise

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  1. [...] Mohamed Morsi parlerait-il d’un «autre pays que l’Egypte»? En soulevant cette question dans sa dernière édition de l’année 2012, le quotidien égyptien indépendant Al-Masry al-Youm oppose aux discours rassurants du président égyptien la réalité des chiffres de l’économie. Car si le chef de l’exécutif se dit «non préoccupé» par la chute de la livre égyptienne, elle a pourtant atteint cette semaine un plancher record depuis 2004 en s’échangeant à 6,52 contre 1 dollar.A l’origine de cette dégringolade: l’annonce, la semaine dernière, de mesures pour freiner les sorties de capitaux, une taxe sur l’acquisition de devises étrangères par les particuliers et un plafonnement à 30 000 dollars par jour des retraits par les entreprises dans les banques. Des initiatives qui visent à protéger les réserves du pays, en forte baisse depuis des mois, mais qui rendent inéluctable le libre flottement de la livre.Hôtels remplis à 25%C’est que l’économie égyptienne va mal. Près de deux ans après la chute de Moubarak, et alors que la transition postrévolutionnaire déchire islamistes et libéraux, la croissance économique est en berne et les investissements étrangers au point mort. Les recettes touristiques, elles, ont chuté de plus de 30% de 2011 à 2012. A Louxor, repaire des vacanciers européens en période de Noël, les taux de remplissage des hôtels tournent actuellement autour des 25% – un chiffre inquiétant pour cette période de l’année considérée comme habituellement la plus faste. Dans ce contexte, la banque centrale a annoncé samedi dernier que ses réserves de change avaient atteint un «minimum critique»: soit 15 milliards de dollars contre 35 milliards en février 2011 – ce qui équivaudrait à trois mois d’importations. A ce jour, ces réserves ont servi à soutenir la livre et à assurer les importations vitales comme le blé et l’essence. Tentant de relativiser la situation, le ministre égyptien des Finances préfère au mot «banqueroute» celui de «grave crise économique». Mais il reconnaît que l’Egypte a besoin de 14,5 milliards de dollars dans les 20 prochains mois pour surmonter la récession.C’est dans ce contexte tendu que Le Caire a annoncé dimanche vouloir reprendre ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un prêt de 4,8 milliards de dollars. Initiés en août dernier, les pourparlers – qui incluent une série de réformes comme la réduction des subventions sur le carburant – avaient été suspendus le 11 décembre après que Mohamed Morsi eut annulé, en pleine crise politique autour du référendum sur la Constitution, des hausses d’impôts exigées par le FMI. Pour le premier ministre, Hicham Qandil, ce crédit donnerait un «signal de confiance» envers l’économie égyptienne. D’autant plus qu’une cascade d’autres aides – notamment de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de la Banque africaine de développement – sont conditionnées à l’accord final avec le FMI. «La livre pourrait chuter de 10 à 15% de plus face au dollar au cours de l’année à venir. Si le gouvernement parvient à finaliser l’accord avec le FMI, l’ajustement devrait être graduel. Mais sans l’aide du FMI, il y a un risque de plus grande dévaluation», prédit, dans son dernier rapport, le centre international d’analyse et de recherche économique, Capital Economics. En attendant, le gouvernement égyptien a lancé ce week-end une «initiative nationale pour un démarrage économique» dans l’espoir de calmer les esprits.Mais, dans les allées escarpées des souks de quartier, où les prix des fruits et légumes se mettent déjà à flamber, les Egyptiens commencent à sérieusement s’impatienter. A Zamalek, le kilo de tomates est passé en 24 heures de 1 à 1,5 livre, tandis qu’un kilo de courgettes se vend désormais 3 livres – contre 1,5 livre il y a deux jours. «L’hiver s’annonce rude», souffle Leyla, une mère de famille.  [...]

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