A Chaud!!!!!

Sans arme, ni haine, ni violence: Main basse sur les comptes chypriotes ou le nouveau casse du siècle

Sans arme, ni haine, ni violence:  Main basse sur les comptes chypriotes ou le nouveau casse du  siècle

Cofondateur et directeur  de Saxo Bank, Lars Seier Christensen juge pour sa part cette décision «choquante et sans précédent.» Selon lui, ce qui a été décidé pour Chypre pourrait préfigurer la fin de la zone euro. « La confiance n’est plus là, de toute façon. »

Le  patron de la banque danoise Saxo,  s’inquète sur son blog.

"Si l’on peut faire cela une fois, on pourra le refaire. La confiscation de 6,75 pour cent de l’argent des petits déposants et 9,9 pour cent des déposants grands «fonds est sans précédent dans ce que  je peux penser ètre  une société soi-disant civilisée et démocratique.

  • Mais peut-être l’Union européenne (UE) n’est plus une démocratie civilisée?

Les conséquences de tout ceci  sont imprévisibles, car  nous sommes clairement confrontés là à un important changement de paradigme.

Il s’agit d’une violation des droits de propriété fondamentaux, dictés à un petit pays par des puissances étrangères et cela doit faire trembler tous les déposants des Banques Européennes.

Il est maintenant difficile de s’attendre à une quelconque limitation des mesures que la Troïka et l’UE pourraient prendre lorsque la crise commencera vraiment à sévir.
Si on peut le faire une fois une fois, on peut  le faire à nouveau.
Si vous pouvez confisquer 10 pour cent de l’argent d’un client d’une banque, vous pouvez confisquer les 25, 50 ou même 100 pour cent de ce même argent.

Je crois maintenant que nous allons connaitre des mouvements de panique et autres bank run allant crescendo, avec des politiciens tentant désespérément de garder l’euro en vie.

Les Déposants des autres pays nécessitant un plan de sauvetage en cours d’exécution doivent avoir peur.

  • Est-il sûr de laisser son argent dans une banque italienne, espagnole, ou grecque?
  • Est-il prudent d’en prendre le risque?

Je crains que cela mènera à des sorties de capitaux massives en provenance de pays faibles de la Zone euro, la dernière chose dont ils ont besoin en ce moment.
Il s’agit là d’un changement majeur  des règles du  jeu et ses retombées seront là pour durer très longtemps.

Je crois que cela pourrait être le début de la fin pour la zone euro, car c’est un coup incroyable portée  à la  confiance déjà mise à mal des investisseurs. C’est en contrepartie une excellente nouvelle pour l’or, et pour les  pays refuges tels la Suisse ou Singapour, et pour des pays économiquement plus sains comme par exemple la Scandinavie. Je n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est réellement passé à Chypre. Soyez prudent là-bas … »

Pour Wolfgang Münchau dans le Financial Times, la zone euro a trahi la promesse de garantie des comptes de dépôts qu’elle avait accordée au épargnants depuis la chute de la banque Lehman Brothers en 2008.

Mais le pire reste à venir, pour Münchau, qui ne doute pas que cette mesure va déclencher un immense mouvement de fuite des capitaux hors de l’Europe du Sud. « La vraie question qui se pose, c’est: pourquoi les gens n’ont pas retiré leur argent avant ? Est-ce qu’ils ne lisent pas les journaux ? », écrit-il. «Peut-être qu’ils ont fait confiance au nouveau président de Chypre, qui leur avait promis qu’il n’accepterait jamais cela ? Et pourquoi y a-t-il eu si peu de fuites de dépôts ailleurs dans l’Europe du Sud ? Eux aussi, ils ont fait confiance à leur gouvernement ? Mais de façon plus importante, est ce qu’ils vont continuer, maintenant ? »

EN COMPLEMENTS: Le plan de sauvetage, un enjeu électoral en Allemagne Wolfgang Schäuble refuse le rôle de mouton noir sur le dossier chypriote

En cas d’une faillite chypriote, les banques allemandes perdraient 7,6 milliards de dollars (7,18 milliards de francs suisses), selon la Banque des règlements internationaux.

L’appel de Nikos Anastasiades a surpris Angela Merkel à Rome, peu avant la cérémonie d’intronisation du pape François. L’occasion pour la chancelière de rappeler sèchement au premier ministre chypriote que son interlocuteur pour négocier la sortie de crise n’est pas Berlin mais la troïka (FMI, BCE, Commission européenne).

PLUS DE HOLD UP EN SUIVANT:

Le gouvernement allemand, déjà conspué en Espagne, au Portugal et en Grèce, n’a cette fois pas l’intention de jouer le rôle du coupable idéal. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, considéré comme un des principaux architectes du plan de sauvetage chypriote et cible de nombreuses attaques depuis le week-end dernier, s’est défendu mardi matin à la radio: «Quiconque place son argent dans des pays où il paye moins d’impôts», doit en assumer le risque, a-t-il dit. Le message est autant destiné aux Russes fortunés, qui vont devoir contribuer au sauvetage de Chypre, qu’aux contribuables allemands, qui n’ont eux pas l’intention de passer à la caisse pour sauver un modèle économique «en faillite» selon Berlin, et considéré comme moralement douteux par l’opinion.

Berlin se défend

Wolfgang Schäuble n’entend pas assumer seul la responsabilité de la taxe des dépôts chypriotes. Selon la presse allemande, il est exact que Berlin a fait pression pour que le secteur bancaire chypriote contribue au plan de sauvetage du pays, à hauteur de 5,8 milliards d’euros. Mais comme le FMI, le gouvernement allemand aurait privilégié une solution qui ne prétériterait pas les petits épargnants. «Ce sont les dirigeants chypriotes qui ont choisi que la taxe touche tous les déposants, sans exception, et ils doivent maintenant s’en expliquer auprès du peuple», insiste le ministre allemand. «Ni l’Allemagne ni aucun autre pays européen» n’a la responsabilité du modèle retenu, insiste-t-on à Berlin.

Selon l’agence de presse allemande DPA citant un document du Ministère des finances, Berlin est favorable, à quelques mois des prochaines élections, à un repli du secteur bancaire chypriote surdimensionné. Le plan de sauvetage de Chypre doit encore être approuvé par le Bundestag, et le gouvernement y aura besoin du soutien des sociaux-démocrates et des Verts, à cause de la défection prévisible d’une partie du camp conservateur. Le SPD et les Verts ont tous deux fait d’une participation du secteur bancaire au plan de sauvetage l’une des conditions de leur soutien.

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Chypre refuse le plan d’aide européen Le parlement de l’île a rejeté la taxe sur les dépôts des banques. La confusion a régné au cours de la journée

Mardi soir, le parlement chypriote a fini par dire non. Non au plan d’aide négocié dans la nuit de vendredi à samedi entre le gouvernement de l’île, l’Europe et le Fonds monétaire international (FMI).

En échange de 10 milliards d’euros d’aide, le gouvernement devait rassembler 7 milliards par des privatisations et, surtout, grâce à une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires. Une décision qui a provoqué un tollé dans l’île. A l’origine, l’impôt était de 6,5% pour les comptes de moins de 100 000 euros et de 9,9% au dessus. Des comptes dont les taux d’intérêt auraient été particulièrement attractifs ces dernières années: entre 4 et 10% selon les sources. Hier, dans le flot d’annonces, se profilait une proposition pour exonérer les petits épargnants dont les comptes sont inférieurs à 20 000 euros. Aucune décision n’a été prise à ce sujet.

Le parlement s’est réuni hier en fin de journée sur fond de réactions vives des Chypriotes à cette taxe qualifiée de «spoliation». Alors que le vote du parlement aurait pu être repoussé, selon des rumeurs, les députés de Disy – le parti au pouvoir – ont commencé par annoncer leur intention de ne pas participer au vote. La démarche devait, selon eux, «renforcer la position de la République de Chypre pendant les négociations», a rapporté l’AFP. De son côté, le président du parlement avait eu un message clair avant la réunion: «La réponse ne peut qu’être non au chantage», avait-t-il prévenu. «Cette décision n’est autre qu’une razzia sur les fonds bancaires», avait ajouté le socialiste. Prévoyant sans doute de nouveaux rebondissements, Londres a annoncé mardi après-midi avoir affrété un avion de la Royal Air Force chargé d’un million d’euros en liquide pour venir en aide à ses ressortissants habitant à Chypre. Au cas où les banques de l’île cesseraient de fournir des liquidités à leurs clients. Ces dernières sont restées fermées hier, et le seront encore aujourd’hui. Tout comme la bourse du pays, dont les habitants encaissent encore le choc de l’annonce du plan. Proche de la faillite, le pays représente 0,2% du PIB de la zone euro.

Une impression de confusion régnait en Europe. Après avoir négocié le plan d’aide le week-end, l’Eurogroupe, qui s’était réuni lundi soir par téléconférence, avait recommandé à Chypre d’exonérer les petits épargnants et souligné «l’importance de garantir pleinement les dépôts inférieurs à 100 000 euros». De son côté, le gouvernement chypriote a reproché à ses bailleurs de fonds de lui imposer un chantage. «Ce que nos bailleurs de fonds cherchaient à faire était de fermer les deux principales banques du pays, transférer les dépôts en dessous de 100000 euros dans une banque saine et tirer un trait sur tous les autres dépôts. Cela se serait traduit par une perte de valeur de 40% sur les dépôts, selon le FMI, et les comptes auraient été bloqués pendant 5 à 10 ans», selon un communiqué du gouvernement. Celui-ci aurait alors proposé une taxe sur tous les comptes pour éviter cette issue. Selon d’autres rumeurs, que Nicosie s’est empressé de démentir, le président chypriote aurait voulu limiter la taxe sur les plus grandes fortunes pour éviter que la place financière ne perde de son attrait.

Mardi, le ministre des Finances chypriote devait également rencontrer son homologue russe. Moscou s’est élevé contre le plan européen: ses ressortissants auraient placé 21,5 milliards d’euros dans les banques de l’île, lesquelles gèrent au total environ 70 milliards.

Pour les analystes de EFG Asset Management, la zone euro est retombée dans une période de volatilité sur les marchés. Ils ajoutent qu’«il sera important d’observer le comportement des épargnants dans d’autres pays vulnérables. Maintenant qu’une taxe aussi agressive sur les dépôts a été décidée, elle pourrait aussi être appliquée à d’autres pays qui demanderaient de l’aide.»

Par Nathalie Versieux berlin et Par Mathilde Farine /Le Temps 20/3/2013

4 replies »

  1. Ahh la sapience de nos zélites, hein!

    Comme tout ceci est bien joué!
    Comme ceci donne confiance et crédibilise tout ce beau monde!

    Et maintenant nous allons voir un trou de magie à la base de "tu le vois, hop!, tu le vois plus". Non parce qu’on a beau dire que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, être à la place de déposants là-bas, ça me chaufferait pas mal.

    Avec tout ces numéros de cirque, on se croirait presque au "Plus grand Cabaret du Monde"… Misère!

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  2. "Sans arme, ni haine, ni violence, à la Spaggiari"

    ça me remémore l’interview de Cantona et son invitation au bank run. La Grande Christine Lagarde s’était précipitée pour corriger verbalement ce malotru mal-pensant. Finalement, elle et son FMI, sont bien plus efficaces qu’un Cantona pour provoquer un bank run. "à l’insu de leur plein gré"

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  3. Ce que je ressens, c’est que cette mesure est finalement une étape vers une forme d’industrialisation de l’immoralité, où les hommes ne sont plus traités en tant qu’humains, mais comme du bétail qui sera mené froidement et inéluctablement à l’abattoir. Cela a quelque chose de proche des horreurs nazies, des camps de concentration ou du communisme…

    L’État, ce monstre froid…

    L’Europe en faisant ça n’a fait que démontrer que ce genre de solution est envisagée par les autorités et perd toute sa légitimité.

    Ils ont démontré qu’ils ont fait leur choix entre l’euro et l’état de Droit.

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