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Actualité chypriote du Vendredi 22 Mars 2013: Voici un rappel- une interview de Soros Par Bruno Bertez

Actualité chypriote du Vendredi 22 Mars 2013: Voici un rappel- une interview de Soros Par Bruno Bertez

Le texte que vous trouverez ci-dessous n’a pas été publié dans la presse française. Nous pensons cependant qu’il mérite intérêt car il éclaire de façon lumineuse la situation présente que nous connaissons avec Chypre. Ce qui est scandaleux, ce n’est pas le problème chypriote, ce ne sont pas les réactions russes et encore moins les réactions populaires. Non, car tout cela était prévisible depuis fort longtemps. On savait que Chypre était au bord du gouffre. On savait que l’essentiel des dépôts chypriotes qui posaient problème étaient des dépôts russes. On savait qu’il était profondément injuste de mettre dans le même sac  les déposants citoyens de Chypre et les déposants étrangers. Et pourtant, on a tenté de le faire. Comment peut-on prétendre de gouverner quand on est incapable d’anticiper ? Comment peut-on prétendre savoir mieux que les peuples quand on n’est même pas capable d’écouter les voix autorisées qui lancent des avertissements ?

EN LIEN: A Chaud!!! du Dimanche 17 Mars 2013 : Chypre, le bail-in un nouveau précédent!!!

 

    Voici ce petit texte que nous avons écrit le 7 février.

« Nous adorons les Pays-Bas. C’est un pays propre civilisé. Le niveau et la qualité de la vie sont très nettement supérieurs à ceux de la France et de la Belgique voisines. Le patrimoine est exceptionnellement bien entretenu, signe que les habitants vivent dans une certaine aisance. Le contraste avec l’état de délabrement du patrimoine que l’on constate en France est frappant. Pourtant les Pays-Bas sont extrêmement compétitifs, ce qui semble indiquer que l’on peut à la fois avoir des salaires élevés et, en même temps, être efficace sur le marché international.

Les Pays-Bas sont également un pays de liberté. On y entend à la télévision des interviews que vous n’entendrez nullement pas ailleurs en Europe.

Ainsi, le 6 février, George Soros a donné une interview de près d’une demi-heure sur une chaine nationale. Un de nos correspondants nous en a fait parvenir l’essentiel. Malheureusement malgré notre attirance pour les Pays-Bas, nous ne comprenons pas le néerlandais.

Dans cette interview, Soros lance un avertissement que l’on peut considérer comme solennel et  tragique. Voici l’essentiel :

« J’ai terriblement peur que l’euro puisse potentiellement détruire l’Europe. Il y a un vrai danger pour que les solutions aux problèmes financiers créent un problème politique vraiment très profond.

L’Allemagne doit comprendre que la politique qu’elle impose à la zone européenne –les programmes d’austérité- est contre-productive. Cela ne peut pas marcher. Le sud est plongé dans une dépression qui va durer des années et c’est ce qui attend l’ensemble de l’Europe. Cela peut durer plus d’une décennie en fait, jusqu’à ce que la peine soit trop forte, trop grande et qu’il y ait rébellion. Alors, on rejettera l’Union Européenne et ce sera sa destruction. Ce qui est une tragédie, un prix terrible à payer pour le maintien de l’euro. L’euro a été créé pour servir l’Union et non l’inverse.

L’euro peut encore durer longtemps, comme a duré l’Empire soviétique. Il a duré près de 70 ans. Mais je pense qu’à la fin, l’euro va faire éclater l’Union. Plus cela va durer longtemps et cela peut durer des générations, plus les dégâts seront importants en termes de liberté politique et de prospérité économique. Les gens ne sont pas méchants (vilains). Les Allemands en particulier ne le sont pas plus que d’autres, mais les choses sont tellement complexes que personne ne comprend les problèmes ».

Tout est dit. Soros, comme nous le faisons nous-mêmes depuis des années, trace un cadre. Et c’est dans ce cadre que, jour après jour, mois après mois, se déroule la crise. On s’entête à sacrifier l’Europe au profit de l’euro. On s’entête à sacrifier l’ordre social et les peuples au profit de la monnaie. On multiplie les injustices et les iniquités au nom d’un fétiche absurde qui n’a servi que les ambitions et les illusions d’une poignée. Au lieu de rassembler les peuples, nous ne cessons de le clamer et de le répéter, l’euro les monte les uns contre les autres. Comment même simplement maintenir une Europe a minima, lorsque la quasi-totalité des peuples qui composent cette Europe montre du doigt le peuple allemand et le considère comme responsable de tous ses maux.

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 22 Mars 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON: 

4 replies »

  1. Je crains que la situation de faillite des banques chypriotes ne soit qu’une marche de plus dans la descente aux enfers du système financier mondialisé et de tout le reste avec. Toute l’économie financière n’est qu’un énorme système de vases communicants. A partir du moment où l’ensemble consolidé de toutes les créances qu’il détient dépasse les capacités de remboursement en temps et en heure de toute l’économie réelle (incluant les dettes étatiques), mondialisée elle aussi, il est mathématiquement amené à s’effondrer. D’une certaine manière, tout le monde est coupable (involontaire et inconscient) de la situation, mais personne ne veut payer pour les autres. Or l’addition est très lourde.

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  2. Bank of Cyprus : pour les comptes bancaires supérieurs à 100 000 euros, les déposants subiront une perte de 40 %.

    Lundi 25 mars 2013 :

    Accord sur un plan de sauvetage pour Chypre.

    Un accord a été trouvé, dans la nuit de dimanche à lundi 25 mars, entre le président chypriote, Nicos Anastasiades, et ses bailleurs de fonds internationaux pour parvenir à un plan de sauvetage de Chypre.

    L’accord prévoit que le premier établissement du pays, Bank of Cyprus, soit conservé, mais que les déposants de cette banque, au-dessus de 100 000 euros, subissent des pertes pouvant aller jusqu’à 40 %.

    L’accord prévoit en outre la disparition de la banque Laïki, la deuxième du pays, selon une source européenne.

    Les petits déposants seront épargnés, mais ceux avec des dépôts au-dessus de 100 000 euros subiront des pertes.

    "Les dépôts sécurisés seront mis dans une ‘good bank’ les autres dans une ‘bad bank’. Les dépôts non-sécurisés de plus de 100 000 euros seront gelés et participeront à la recapitalisation nécessaire", a précisé lors d’un point de presse le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble.

    Interrogé sur la réaction des Russes à cet accord qui les affectera via la restructuration du secteur bancaire, le ministre des Finances de Chypre a reconnu que "nombre de nos partenaires internationaux loyaux sont très déçus".

    Les banques chypriotes ont prévenu dimanche qu’elles limitaient encore un peu plus les retraits d’espèces aux guichets, à 120 euros pour les clients de la Bank of Cyprus et 100 euros pour ceux de la Popular Bank.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/24/reunion-au-sommet-a-bruxelles-pour-sauver-chypre-de-la-faillite_1853427_3234.html

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    • A Chaud!!! Du Mardi 26 Mars 2013: Chypre, le danger se précise…. pour les autres Européens par Bruno Bertez

      Nous avons expliqué que l’affaire chypriote pouvait être interprétée comme une répétition, un test, un rodage. Les responsables européens ont fait, en maquette ou modèle réduit une sorte d’exercice de pompier -pyromane. Fermeture des banques, le fameux bank holiday, blocage des comptes et transferts, limitation des retraits, contrôle des mouvements d’argent, usage de la force et des polices-anti-émeutes… Chypre est une ile, elle se prêtait bien à cet exercice, lequel est planifié de puis la restructuration de la dette grecque.

      Ceci a été confirmé ce jour par le président de l’Eurogroupe Jeroen Djisselbloem.
      Il a déclaré : « Le plan de sauvetage élaboré pour Chypre représente un nouveau cadre de résolution des difficultés bancaires de la zone euro et d’autres pays pourraient devoir restructurer leur secteur bancaire » Voila ce qu’il a dit et qui a fait passer les marchés européens de +1,2% à -1,1% en quelques minutes. Le démenti est baliverne.

      La place financière est aussi idiote que l’ami Jeroen, elle n’aurait jamais du monter sur le plan Chypriote qui est la plus belle tentative que l’on pouvait imaginer pour relancer le tail risk en Europe. Hélas les journaux sont nuls et les commentateurs boursiers professionnels le sont encore plus: Il faut des bévues énormes pour leur faire comprendre le sens d’une décision Européenne.

      Nous avons expliqué ce week- end que l’Europe changeait de doctrine, elle essayait de limiter les bail out par les contribuables, en contrepartie elle cherchait le bail-in.

      Qu’est ce que le bail-in?
      C’est le fait de faire payer le sauvetage des banques par tous ceux qui contribuent à son passif. En clair : les actionnaires, les obligataires, les déposants non garantis.

      Ceci peut être fait , on vient de la voir avec la supercherie vicieuse Chypriote sans vote démocratique , alors que la taxe initiale, elle nécessitait un vote. On a trouvé la parade.

      Nous sommes pour le bail-in, ceux qui ont pris des risques, actionnaires, obligataires juniors et seniors doivent payer. Nous sommes formellement contre le bail in par les dépôts qu’ils soient garantis ou non .

      Pourquoi? Parce que les comptes des banques sont faux. Les comptes des banques sont faux, archi faux, on comptabilise les dettes souveraines comme si elles valaient le pair, comme si elles étaient sans risque : Mieux même certaines banques les revalorisent.

      Ceci empêche les déposants de choisir leur banque en toute connaissance de cause. Les pouvoirs, la Banque Centrale, le gouvernement dissimulant les risques, ils n’ont pas le droit de dire : Vous saviez !!!

      Tous les dépôts sont sacrés dès lors que les comptes des banques sont frauduleux et que les institutions de supervision et le pouvoir politique sont complices ET couvrent.

      En 1932 la Commission Pecora a ouvert une enquête sur les responsabilités et les causes de la crise. Il faut d’ores et déjà prendre date et constituer les dossiers, il y aura des commissions Pecora à la fin de la crise, tous comme il y a eu l’épuration à la fin de la guerre. Les ministres des finances, les banquiers centraux ont du souci à se faire.

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      • Note : le terme de bankster que certains s’approprient sans vergogne a été précisément construit par Ferdinand Pecora. Rendons à Cesar ….

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