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Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)

Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)

Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le phrasé politiquement correct: on ne sait pas du tout où l’on va. 

Pour le public, la réunion de printemps du FMI est une réunion comme les autres. De la routine, on se congratule et on se pousse du col. Ainsi, Christine Lagarde est apparue sur les écrans de télévision pour proclamer, avec son culot habituel: «Je suis délibérément, désespérément, et de façon décisive, optimiste». 

On sait depuis longtemps que, chez Lagarde, l’espoir et l’optimisme tiennent lieu de stratégie, mais quand même!

Au même moment, le FMI abaissait, pour la énième fois depuis 2008, ses prévisions de croissance globale.

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Nul besoin de s’attarder sur les prévisions conjoncturelles ou les recommandations du FMI. D’autant plus que ses erreurs sont éclatantes. Le FMI a annoncé en 2009 que l’Allemagne était celle qui allait le plus souffrir parmi les pays considérés, elle a pourtant dépassé son niveau d’avant la crise à peine un an plus tard. A l’inverse, le FMI ne cesse d’annoncer une reprise de la Grèce l’année suivante. En 2008, elle prévoyait que son PIB 2013 dépasserait de 22% celui de 2007. Il est aujourd’hui un quart inférieur!

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   Au même moment, dans les couloirs du même FMI, loin des micros et des caméras, on s’interrogeait: «Est-ce que nous comprenons vraiment ce qui se passe dans les économies avancées?», ainsi s’exprimait l’Italien, ex-BCE, Lorenzo Bini Smaghi. Mervyn King, futur ex de la Bank of England exposait ses doutes: «N’y a-t-il pas un risque à promettre trop ou à laisser espérer plus que nous ne pouvons tenir?». James Bullard, patron de la Fed de Saint-Louis, l’un des meilleurs, le 21 février exprimait les mêmes doutes sur un mode plus académique: «L’instabilité financière, la formation de bulles, est un problème. La Fed en parle souvent, donc c’est important. Mais ce n’est pas nouveau, cela dure depuis 20 ans. Et franchement, il n’y a pas de bonne réponse parce que nous n’avons pas de modèle pour traiter de l’instabilité financière». 

Laissons de côté la propagande, les mensonges et les dénégations de Lagarde, et attardons-nous sur l’essentiel. Cinq ans après la catastrophe, nous en sommes au même point, rien n’a changé. La crise financière et bancaire est toujours enfouie dans les comptes truqués du Système. Les économies ne repartent pas. Le chômage continue d’enfler. Les niveaux de vie régressent. Les patrimoines sont érodés, sinon confisqués, par la répression financière et la fiscalité. Les consensus sociaux s’effondrent.

 

L’incendie a été noyé sous des déluges de liquidités monétaires, les économies ont été tenues à bout de bras par les déficits et l’argent gratuit, les agents privés sont sommés, sans succès, de dépenser, les marchés sont manipulés à l’extrême pour éviter les accès de panique; rien n’y fait, la machine refuse de repartir. 

Au contraire, le système est encore plus lourd, plus déséquilibré par le poids croissant des dettes. Ses marges de manœuvre ont disparu, ses amortisseurs sont usés. Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le parler politiquement correct: on ne sait pas où l’on va, personne chez les dirigeants n’en a la moindre idée. Voilà la vérité, voilà la réalité.

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En 2008, on a choisi une voie fondée sur l’analyse simpliste de la crise précédente, celle de 1929. On a suivi les enseignements monétaristes, on a ouvert les vannes monétaires, partant de l’idée que c’est parce que la monnaie était rare que la crise des années 30 s’est muée en dépression. On a creusé les déficits souverains, augmenté le stock de dettes contenues dans le système, on a cherché à faire boire les ânes qui n’avaient plus soif. On a refusé l’assainissement, les restructurations, les réformes. On a voulu repartir à l’identique et faire l’économie d’un deuil du passé. Cinq après, alors que les résultats se dérobent, on surenchérit; coûte que coûte, on tente de forcer la machine au mépris des conséquences négatives et non voulues, au mépris de dégâts collatéraux. 

L’histoire depuis 2008 est celle d’un bombardement des économies de plus en plus intensif avec des dégâts civils et citoyens de plus en plus terribles. L’image de la guerre s’impose d’elle-même. Coûte que coûte, surtout aux tiers, plus on on échoue, plus on renforce les dispositifs. La morale, le respect des vies disparaissent, victimes de l’entêtement.

 On navigue maintenant à vue, plus aucune règle, on les transgresse toutes. On charge la barque des endettements. Des impôts et des contrôles. Plus personne ne parle de sortie des politiques exceptionnelles, plus personne ne se hasarde à prédire la sortie de crise, c’est toujours pour demain, pour plus tard. 

En fait, faute de raisonnement, faute de modèle, comme dit Bullard, faute d’imagination, on espère un miracle. Dans son rapport sur la stabilité financière globale, le FMI supplie que l’on «n’arrête pas les politiques monétaires extrêmement accommodantes en cours» et, en même temps, à mots plus couverts, en parler politiquement correct, il suggère que l’on adoucisse les politiques d’austérité. Faire et défaire, c’est toujours travailler pour un fonctionnaire international.

Comment en est-on arrivé là? Voilà la seule question qui importe. Car, pour prétendre traiter un problème, il faut en connaître les causes. Avant d’administrer des remèdes, il faut établir des diagnostics. Voilà la question que les élites refusent d’aborder. Chut. Secret d’états. Silence, on couvre, il ne faut pas que l’on révèle les causes, il ne faut pas éclairer l’histoire, il faut se laisser les mains libres pour continuer à faire comme avant. Il ne faut surtout pas remettre en cause les modèles de développement fondés sur la dette et sur la stabilité sociale financée par les déficits.

 La connaissance historique est essentielle pour pratiquer l’économie et prétendre y interférer. Que dit l’histoire? Elle dit que toujours les expériences monétaires ont mal tourné. Il n’y a aucun exemple de succès d’une grande expérience monétaire réussie. Elle nous dit que les sociétés et les processus sociaux, économiques, financiers et monétaires, sont de plus en plus complexes. Elle nous dit que, plus un système est lourd et complexe, plus il faut dépenser d’énergie et d’intelligence, plus il faut investir pour assurer son maintien et sa reproduction.

 

La complexification, les innovations des 30 dernières années ont été exceptionnelles, tout s’est accéléré. Tout s’est accéléré sans frein, sans limite, sans une pause pour la réflexion et la compréhension. Personne n’a cherché à comprendre, le seul guide a été l’appât du gain facile et rapide.

 Personne n’a remis en cause les analyses idiotes et idéologiques des crises précédentes, personne n’a accepté de réviser les théories économiques fondées sur le présupposé de l’équilibre, personne n’a eu l’audace de remettre en chantier les illusions sur la création monétaire sans douleur, la transmission de l’action des Banques Centrales, l’articulation entre la monnaie et le crédit, le rôle déséquilibrant des marchés suralimentés en liquidités. Tout est resté en l’état. Un état préhistorique de la connaissance économique, financière et monétaire, alors que le réel, lui, de son côté, connaissait une mutation sans précédent.

 

On pense l’économie de façon mécaniste, positive, instantanée, alors qu’elle fonctionne de façon dialectique, non linéaire, relative et cumulative, et qu’elle, en tant que système, elle apprend et se complexifie sans cesse. Les élites gouvernantes, apprentis sorciers, n’ont été capables, ni d’intégrer l’accumulation des dettes, ni l’interconnexion généralisée dans leurs schémas. Elles ont refusé de tirer les enseignements des avertissements japonais de 91, de l’exubérance irrationnelle de 1996, de la folie de l’an 2000, de l’incroyable illusion de l’enrichissement de l’immobilier sans fin de 2006. On persiste à croire que l’on crée de la richesse avec de la monnaie, d’une part, et de l’ingénierie financière, d’autre part. On continue de croire à la création de valeur au mépris de la création de vraies richesses. On veut persévérer dans l’erreur de croire que tant que les prix à la consommation ne montent pas, on peut créer de la monnaie.

 Les gouvernements et banquiers centraux pilotent -si l’on peut dire- sans boussole, sans guide, au jugé des apparences. C’est un phénomène de civilisation et de société. Les processus humains, les «patterns» se développent sur des générations, des siècles, tout vient de loin, de très loin. Et pour agir, il faut étudier, comprendre, critiquer, sans cesse remettre en chantier. Il faut échapper à la tyrannie de l’immédiat, remonter le temps. Comprendre les genèses. L’approche moderne, fondée sur l’illusion du changement, conduit à penser que l’histoire s’arrête, que dorénavant plus rien ne peut être comme avant. 

La grande illusion, c’est de croire que les crises modernes sont différentes des précédentes, de croire que l’on peut échapper à la remise en ordre, faire l’économie des souffrances. La grande illusion, c’est de penser qu’en matière de crise, il y avait un «avant Bernanke» et un «après Bernanke». Seul dans son bureau avec ses livres, il aurait découvert le remède miracle, le Graal.

 

La vérité d’un moment réside dans le moment suivant. Le sens d’un événement historique procède toujours de la fin vers le commencement. L’histoire nous dira bientôt que l’aveuglement des responsables aura été la cause des dislocations qui nous attendent. Les responsables n’ont rien vu avant la crise, ils naviguent à l’aveugle, ils ne voient pas le gouffre qui se creuse.

BRUNO BERTEZ Agefi Suisse mardi, 23.04.2013

http://agefi.com/marches-produits/detail/artikel/le-constat-qui-vient-detre-fait-dans-les-couloirs-du-fmi-est-clair-malgre-le-phrase-politiquement-correct-on-ne-sait-pas-du-tout-ou-lon-va.html?catUID=19&issueUID=310&pageUID=9255&cHash=7f2110d92340301ddd7dc89d55dc0fa7

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON: 

 

11 replies »

  1. La solution est pourtant simple et facile à implementer: redonner l’individu la possibilité, l’envie de créer, de developper et d’investir, tout en lui laissant le droit de profiter de son succes sans le victimiser. Empecher les formations de conglomerats, empecher la canibalisation, empecher l’exploitation sordide, et la concentration ultime.

    La société evoluera vers une super specialisation des aptitudes individuelles, qu’on le veuille ou non. Internet nous montre le chemin (pas les atrocités comme Facebook, gaspilleur de temps). Les puissant ne veulent pas de ce modèle. Internet leur fait peur. C’est pour cela qu’il faut vous abrutir, et briser le lien travail / argent. Travailler pour gagner de l’argent, quelle stupidité… C’est pour cela qu’on essaye de canaliser le traffic d’Internet. Depuis Facebook et consorts.

    Il faut aussi bien evidemment, que les gens le veuille (travailler, créer, se dépasser). On en est loin.

    La nature gagnera.

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      • Ah oui, encore une chose. La dette, lorsqu’un vrai système economique est etablit, ne doit que servir qu’au developpement économique et pour la recherche, et encore avec certaines limites non abrogables. La dette pour la consommation est une heresie, elle s’est rendue obligatoire car c’est le système qui l’impose (les gens pensent à tord qu’ils ne peuvent s’en sortir sans elle, alors qu’en fait c’est à cause du système qu’ils y ont recours).

        En fait, il faut aussi imposer des limites à l’homme dans son contexte sociétal. Separer les pouvoirs, separer l’argent lorsqu’il depasse la taille d’un homme. Cela est malheureusement une condition sine qua none, sinon la concentration et les formations de pouvoirs en pyramide reprendront, et l’exploitation de l’autre qui va avec. Ce n’est pas gommer les differences individuelles, bien au contraire, il faudra qu’elles soient valorisées. C’est en fait adoucir les differences de domination.

        Mais chacun devra se montrer digne et humble. Et oui les notions de relations humaines reelles n’ont pas encore été intégrés en sciences economiques. Il faudra bien un jour prendre en compte que l’economie dans le monde n’est que le reflet complexe de la quete de survie comme le pratiquaient les premiers hommes.

        La notion Patron/Employé est amenée à disparaitre à terme.

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  2. Mercredi 24 avril 2013 :

    A propos de la zone euro, Olivier Berruyer écrit :

    Je rappelle mon analyse : les contraintes nécessaires au maintien d’une monnaie unique sur une large zone sont très lourdes. Aucune zone n’est jamais véritablement optimale, mais une monnaie tient dans un pays car les écarts sont limités, et la volonté populaire de rester ensemble permet des transferts plus ou moins importants de personnes et d’argent.

    La Zone Euro est bien trop hétérogène, et surtout aucune volonté réelle de faire les efforts de transferts financiers entre pays n’existe, raison pour laquelle la quasi-totalité des unions monétaires passées ont échoué.

    L’euro disparaîtra donc probablement ; et comme personne n’a le courage de reconnaître que, bâti avec les meilleures intentions du monde, c’est néanmoins une regrettable erreur technique, péché d’orgueil, sa dissolution sera assez brutale.

    Espérons qu’elle sera assez bien contrôlée, et que d’autres propositions de coopérations européennes se feront alors jour, mais raisonnables, et non bâties sur une lubie « d’États-Unis d’Europe », joli rêve mais bien loin des attentes réelles des peuples.

    Dans ces temps troublés, conserver certains acquis, et construire un tout petit peu plus (en particulier sur le plan social et démocratique) serait déjà un très grand succès… À trop vouloir, à tout jouer à quitte ou double, on finira par tout perdre…

    Olivier Berruyer.

    http://www.les-crises.fr/miscellanees-2013-04-24/

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    • @brunoarf

      Evitez s’il vous plait de recopier des textes de ce genre. Ils constituent des opinions péremptoires, non étayées qui peuvent perturber les lecteurs et leur donner de mauvais conseils. la situation est déjà suffisamment délicate sans encore enfoncer ce genre de portes ouvertes. Quand on s’adresse au public, il faut un certain sens des responsabilités. Le texte ci-dessus ne semble pas en tenir compte. Notre service cherche à faire réfléchir, nous évitons les prophéties. La cassure de l’euro n’est pas d’actualité, on verra quand ce sera le moment de l’évoquer avec fondement.

      Vos apports, lorsqu’ils fournissent des informations sont bienvenus. Nous demandons d’éviter ceux là en revanche.

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  3. Pour moi le problème n’est pas monétaire. Certes les monnaies papiers s’effondrent toujours depuis qu’on a inventé ce système à cause de l’appât du gain. Mais c’est pas nouveau. Non ce qui est nouveau c’est le chômage, les personnes sans emploi sur toute la planète qui ne peuvent survivre par eux-mêmes à cause du monde moderne. Avant il a existé des périodes de chômages dues essentiellement à des incidents démographiques. Le problème était résolu par les guerres de conquête, les famines et la débrouille (chasse, pêche, nature). Maintenant ce n’est plus possible. La techno-science est responsable du problème et là encore c’est pas nouveau puisque le mouvement a commencé à la fin du 18 ième siècle. Mécanisation, fordisme avec travail à la chaîne, révolution électronique puis informatique, robotique, etc. In fine le système tend à cette structure : un financier qui commande quelques technoscientifiques et que des robots et automates qui fabriquent toujours plus de biens de moins en moins durables (hausse géométrique de la productivité) pour des consommateurs sans emploi ou avec un faible revenu soutenu par le crédit-fausse monnaie et tout cela sur un fond de pénurie d’énergie. La recherche fondamentale (scientifique) n’invente (trouve) plus rien de nouveau depuis 50 ans …
    Un problème métaphysique et spirituel essentiel de la civilisation dite occidentale qui a conquis la quasi-totalité de la planète. La techno-science = une accumulation de recettes pour manipuler les énergies naturelles, recettes techniques et recettes conceptuelles. Une croyance (axiomes et postulats) dominante qui serait prouvée par le succès des recettes. Mais cette croyance est non prouvée épistémologiquement.

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  4. Mercredi 24 avril 2013 :

    Dette européenne : Pimco réduit ses positions sur l’Italie et l’Espagne.

    Pimco, premier gestionnaire obligataire au monde, réduit ses positions sur les dettes espagnole et italienne, sans préciser le montant de ce changement, a indiqué mercredi au Wall Street Journal son directeur de la gestion des portefeuilles européens Andrew Balls.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00516879-dette-europeenne-pimco-reduit-ses-positions-sur-l-italie-et-l-espagne-561543.php

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  5. Jeudi 25 avril 2013 :

    Le chômage en Espagne a encore progressé au premier trimestre 2013, atteignant le nouveau seuil historique de 27,16%, avec plus de six millions de sans-emploi, alors que le pays reste plongé dans la récession.

    A la fin mars, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro soumise à un effort de rigueur sans précédent, comptait 6 202 700 chômeurs, soit 237 400 personnes de plus qu’au trimestre précédent, selon les chiffres publiés jeudi par l’Institut national de la statistique.

    Parmi les pays de l’Union européenne, le taux de chômage en Espagne se situe juste derrière celui de la Grèce, le plus fort de la région, qui atteignait 27,2% en janvier.

    Dette européenne : Pimco réduit ses positions sur l’Italie et l’Espagne.

    Pimco, premier gestionnaire obligataire au monde, réduit ses positions sur les dettes espagnole et italienne, sans préciser le montant de ce changement, a indiqué mercredi au Wall Street Journal son directeur de la gestion des portefeuilles européens Andrew Balls.

    Cette action intervient alors que les dettes espagnole et italienne bénéficient d’une forte détente de leur taux d’emprunt depuis plusieurs jours. Ces taux, qui évoluent en sens inverse des prix, se situent désormais à leurs niveaux de 2010.

    Cet engouement pour des pays longtemps jugés fragiles résulte de la mise à disposition de liquidités par les grandes banques centrales, occultant pour le moment les problèmes économiques et budgétaires en zone euro, explique M. Balls au Wall Street Journal.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00516879-dette-europeenne-pimco-reduit-ses-positions-sur-l-italie-et-l-espagne-561543.php

    Andrew Balls n’est pas sensible à « la mise à disposition de liquidités » par la Banque Centrale Européenne.

    Pourtant, la BCE fait de l’alchimie.

    Depuis cinq ans, la BCE reçoit dans ses livres des centaines de milliards d’euros d’actifs pourris, en provenance des banques privées françaises, des banques privées espagnoles, des banques privées italiennes, etc.

    En échange, la BCE fournit des centaines de milliards d’euros à toutes ces banques privées, par l’intermédiaire de la Banque de France, de la Banque d’Espagne, de la Banque d’Italie, etc.

    En clair : depuis cinq ans, la BCE reçoit de la merde en provenance d’Europe du sud, et elle transforme la merde en euros.

    Mais ça, Andrew Balls ne peut pas le dire, car c’est un homme poli, courtois.

    A la place, Andrew Balls dit : « Cet engouement pour des pays longtemps jugés fragiles résulte de la mise à disposition de liquidités par les grandes banques centrales, occultant pour le moment les problèmes économiques et budgétaires en zone euro. »

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