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Trois banques européennes sous la loupe d’ Egan-Jones: L’agence de notation se montre très sévère avec Barclays, BNP Paribas et Crédit Agricole.

Trois banques européennes sous la loupe d’ Egan-Jones: L’agence de notation se montre très sévère avec Barclays, BNP Paribas et Crédit Agricole..

L’agence de notation Egan-Jones consacre une partie de son dernier rapport à trois banques européennes simultanément. Une occurrence suffisamment rare pour attirer l’attention car l’agence cible plus généralement les sociétés américaines. 

Les perspectives de Barclays lui paraissent inquiétantes et elle augmente la probabilité de défaut à 3%. Les pertes du groupe au second semestre 2012 (plus d’un milliards de livres sterling) et son exposition à la Grèce, à l’Espagne, au Portugal, à l’Italie et à l’Irlande – respectivement de 1,1 milliards, 33 milliards, 8,3 milliards, 32,5 milliards et 11,3 milliards – lui paraissent excessives. Sa couverture en capitaux propre semble insuffisante en comparaison avec ses pairs. Son ratio de Tier 1 est de 13,3%, en ligne avec celui de BNP Paribas, de JP Morgan ou de Société Générale mais très inférieur à celui d’UBS (21,3%) et sa couverture des prêts non-performants est faible, soit 10% seulement alors que BNP Paribas affiche 62,5%, Société Générale 66,9% et JP Morgan 187%. Le chiffre d’affaires a décliné au rythme de 6% par an au cours des cinq dernières années, partiellement en raison de la diminution de la taille du bilan, un repli voulu par les autorités. Sa marge opérationnelle s’est accrue de 0,8% l’année dernière. L’agence estime toutefois que l’exposition reste préoccupante et dégrade la note de la banque de BB+ à BB. Ce qui en fait un titre spéculatif, sensible aux incertitudes. Son rating S&P est de A (perspective négative), Moody’s de A3 (perspective négative) et Fitch de A (perspective stable). La note d’Egan-Jones est donc significativement inférieure à celles des autres agences.

Entre scandale du Libor, plaintes de la clientèle (la banque a été élue «pire banque de détail» au Royaume-Uni en janvier) et niveau d’information inadéquat aux actionnaires (dans l’affaire du financement par le gouvernement d’Abu Dhabi), Barclays a encore fort à faire pour redresser la situation. 

Rien d’aussi dramatique pour BNP Paribas dont l’agence confirme la notation BBB- mais met la banque sous surveillance négative en raison de sa trop grande dépendance au marché interbancaire du dollar et à l’insuffisance de ses réserves pour créances douteuses.

L’agence cite plus particulièrement une exposition de 43,8 milliards d’euros aux entreprises italiennes et de 37,1 milliards aux particuliers italiens. Egan-Jones a abaissé la note de la banque trois fois depuis 2010 et une fois encore, son appréciation est beaucoup plus dure que celle de S&P ou de Moody. 

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“Lionel Crassier a été brusquement rappelé de New York à Paris en mars l’an dernier et a par la suite quitté la banque, selon trois personnes proches du dossier”, écrit le Financial Times sur son site Internet. La banque concernée, c’est BNP Paribas. Lionel Crassier était à l’époque un trader expérimenté. Et son tort, c’est d’avoir été responsable d’une perte de trading évaluée entre 10 et 25 millions de dollars (entre 7,8 et 19,4 millions d’euros) 

BNP Paribas, interrogée par le Financial Times, a seulement confirmé avoir transféré de New York à Paris un collaborateur en raison d’un mauvais jugement de "trading". “Il n’y a eu aucune perte de trading matérialisée pour BNP Paribas ou pour le département impliqué”, a ajouté la banque au quotidien financier britannique

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Credit Agricole voit sa notation confirmée à BB – un titre spéculatif, sensible aux incertitudes – et est, elle-aussi, placée sous surveillance négative. Un jugement que nous estimons trop sévère au lendemain de la vente de la banque grecque Emporiki et d’un doublement des provisions pour créances douteuses. La forte exposition au Portugal, à l’Italie, à l’Irlande et à l’Espagne reste prépondérante dans le jugement de l’agence. 

Dans une étude académique de novembre 2011*, les auteurs constatent que les informations contenues dans les ratings d’Egan-Jones sont plus réactifs et plus symétriques (ils s’adaptent de manière homogène aux bonnes et aux mauvaises nouvelles) que ceux de Moody. Ils attribuent ces résultats non à la certification NRSRO qui aurait contraint Moody à des évaluations plus conservatrices (une hypothèse soulevée auparavant) mais au mécanisme de rémunération des agences car Egan-Jones est resté rapide et cohérent après avoir obtenu la certification NSRO.

 Nicolette de joncaire/Agefi Suisse 17/5/13

* The Information Content of Credit Ratings: Compensation Structure Does Matter. Valentina Bruno, Jess Cornaggia, Kimberly J. Cornaggia.

http://agefi.com/europe-monde/detail/artikel/egan-jones-lagence-de-notation-se-montre-tres-severe-avec-barclays-bnp-paribas-et-credit-agricole.html?catUID=16&issueUID=328&pageUID=9803&cHash=57d10cd022ad33fb89a0313d39ae954d

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