Another BRIC in the Wall

Les marchés émergents en difficulté

Les marchés émergents en difficulté

Suivez le guide: En période de disette tout fout le camp la hot money la première! un seul refuge: les casinos de Las Végas

Le sport à la mode : Le carry trade….n’est plus à la mode! et les devises émergentes s’affolent….Sacré Dollar!

turkish lira to US dollar

Les prix des matières premières s’effondrent et les capitalisations boursières fondent comme neige au soleil! 

Le crédit devient rare et cher et les surconsommateurs brésiliens ne sont pas contents! Les sud africains non plus…

Un indice composite des devises émergentes a perdu plus de 5% depuis le début du mois de mai. Dont 13% pour le Rand sud africain.

L’histoire d’amour des investisseurs pour les marchés émergents est en train de tourner à l’orage. Après une décennie exceptionnelle, les investisseurs opèrent une sortie plus ou moins ordonnée de l’univers émergent. Comme toujours, c’est le change qui cristallise le risque. Ainsi, un indice composite des devises émergentes a perdu plus de 5% depuis le début du mois de mai, dont 13% pour le Rand sud africain, 8% pour le perso mexicain, 7% pour la roupie indienne, le real brésilien et le peso chilien. Ce mouvement de dépréciation s’accompagne en toute logique d’une remontée de la volatilité, d’un écartement des primes de risque (crédit souverain) et de sorties massives de capitaux. Si les investisseurs sont focalisés sur les solutions dans les pays développés (Etats-Unis, zone euro, Japon), ils ne voient que les problèmes s’agissant des pays émergents. «Le verre est à moitié vide et le verre est plus petit». Les perspectives de croissance ont été revues à la baisse, tout comme les perspectives bénéficiaires des sociétés. Les pressions cycliques sur les marges sont de plus en plus perçues comme structurelles en raison de la hausse des coûts salariaux. En termes de grands équilibres, la correction du prix des matières premières a considérablement fragilisé les pays producteurs. Quant aux pays non producteurs, le profil déficitaire de leurs soldes courants a accru leur vulnérabilité financière, dans un contexte de liquidité moins abondante.

Le débat sur la réduction éventuelle du Quantitative easing (Fed tapering) a eu pour victime collatérale les marchés émergents, a fortiori les pays qui présentent des déficits extérieurs et qui ont été les premiers bénéficiaires en matière de performances boursières de la politique de la Fed, plus par opportunisme que par nécessité (Indonésie, Thaïlande, Turquie, Afrique du Sud, Inde). Ces passagers clandestins du QE sont les plus vulnérables à ce mouvement de sortie des marchés émergents, combinant prises de bénéfices, débouclage de stratégies de portage sur le change (carry trade), réduction du risque et fuite vers la qualité/liquidité. Enfin, le mouvement de dépréciation accélérée du yen a pesé directement (choc négatif de compétitivité pour la Corée) et indirectement, en contribuant à renforcer le dollar et donc à affaiblir les monnaies émergentes. Rappelons que toutes les crises émergentes ont eu pour corolaire une tendance haussière sur le dollar. Quant au risque politique (Turquie), c’est une réminiscence du risque-pays. La suraccumulation récente de flux de portefeuilles que l’on peut qualifier de hot money accentue la vulnérabilité à court terme. Depuis 2009, les fonds émergents (Actions et surtout dette locale) ont enregistré des souscriptions nettes de 500 milliards de dollars. A titre d’exemple, la Malaisie a enregistré des souscriptions totalisant près de 20% du PIB entre 2009 et 2012. Cet excès de demande a créé un effet d’aubaine pour les émetteurs de mauvaise qualité (cf. sursouscription du papier émis par la Zambie, le Rwanda ou le Honduras cette année), conduisant à une surévaluation de la classe d’actifs dette émergente.

En réalité, le derating des marchés émergents a commencé en octobre 2010. Cette date correspond au début de la sous-performance du marché actions, reflétant une dégradation du mix croissance / inflation, la fin du super-cycle émergent / matières premières et la difficile transition du modèle «émergent».

Depuis, les marchés ont déjà retracé à la baisse 25% de la surperformance réalisée entre 2003 et 2010. Les valorisations absolues sont désormais attractives (price to book value: 1,5x, P/E fwd 10,3x), mais les opportunités restent dans l’attente de catalyseurs pour se matérialiser. En fait, c’est la dette qui est plus vulnérable et le processus de déclassement ne fait que commencer. Les marchés émergents rentrent dans une période de remise en question, douze ans après le début d’un super-cycle. On ne peut plus dire comme le général de Gaulle «Le Brésil est le pays de l’avenir et il le restera». La classe d’actifs est incontournable mais le cas d’investissement basé sur le triptyque préconçu «croissance, démographie, BRIC» n’est plus suffisant. Cette période de consolidation devrait renforcer la nécessité d’avoir un processus plus sélectif et plus dynamique dans l’univers émergent.

Emmanuel ferry Banque Pâris Bertrand Sturdza SA jeudi, AGEFI SUISSE -13.06.2013

http://agefi.com/marches-produits/detail/artikel/un-indice-composite-des-devises-emergentes-a-perdu-plus-de-5%25-depuis-le-debut-du-mois-de-mai-dont-13%25-pour-le-rand-sud-africain.html?catUID=19&issueUID=347&pageUID=10365&cHash=bc6d9805e6b7c0347326845b8ec9480d

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