A Chaud!!!!!

Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 17 Juillet 2013 : Actions, résister au chant des sirènes! Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 17 Juillet 2013 :  Actions, résister au chant des sirènes! Par Bruno Bertez

La presse américaine fait une véritable campagne de propagande pour attirer les particuliers vers la Bourse. Ce jour encore,  16 Juillet, c’est le tour de USA TODAY. Le quotidien s’interroge en Une sur la question de savoir si les actions sont trop chères. Bien entendu il répond : Non! Le prétexte en est le nouveau plus haut-marginal- inscrit la veille sur le S&P 500.

La démarche des médias, calquée sur celle de brokers et des banques qui font le marketing des actions, mérite que l’on s’y attarde.

 

   Quels que soient les arguments, sophistiqués ou non sophistiqués,  la ligne directrice de ces gens est simple, unique, claire. Vous pouvez acheter car, certes, on est cher, mais dans le passé, on a déjà fait plus cher. 

Ainsi USA TODAY  souligne que le multiple cours bénéfice actuel de 15,6 fois les résultats à venir a déjà été dépassé à plusieurs reprises dans le passé.  En 2007 rappelle le journal on a fait près de 30 fois les bénéfices.

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Ainsi USA TODAY fait valoir qu’il y a déjà eu des rallyes boursiers qui ont déjà duré plus longtemps que le présent rally. Le rally en cours dure depuis 162 jours,  en 2006 on a fait jusque 224 jours  et en 1953, on a fait un rally de 627 Jours.  

Chart of the Day

Nous définissons le rally, comme USA  TODAY, par la position de l’indice en regard de sa moyenne mobile des 200 jours. Si on est au-dessus, on est en mode rally. 

Donc l’argument est historique. On a déjà  payé plus cher dans le passé et on a déjà connu des séquences de hausse plus longues. 

Cet argument est : 

  • 1 De mauvaise foi. 
  • 2 Inadapté

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

Argument de mauvaise foi car la question n’est pas de savoir si, dans le passé on a déjà valu plus cher, mais de savoir si, en investissant à ces niveaux surévalués, on obtient ou non une rentabilité satisfaisante.  Quand vous achetez un bien d’investissement, votre rendement n’est pas le même selon que vous le payez 1000 dollars ou 2000 dollars.

Quand vous achetez des titres aujourd’hui, ce qui vous intéresse c’est de connaitre la rentabilité que va vous procurer votre investissement sur la durée de votre placement.  

L’investisseur qui a acheté des titres en 2007 sur la base du price-earnings ratio  de 30 a été ruiné par la chute des années suivantes. Il a pris en plein la dégringolade de la crise et il est probable que comme tout particulier, il n’a pas racheté dans la baisse, au contraire, il s’est tenu à l’écart du marché. Il a été laminé par la volatilité. Volatilité dont les GOLDMAN SACHS, BNP PARIBAS et autres se sont enrichis. 

Vous n’êtes pas trader, vous n’en avez pas les cartes en mains comme les hedge-funds et les banques. Les allers retours, la volatilité ne sont pas votre spécialité.  Vous n’avez ni les moyens, algorithmes et autres, ni les ressources. 

Votre situation est celle du vrai investisseur qui achète  un bien à un prix donné, pour obtenir, sur une durée de 5 ans, 10 ans, une rentabilité. Cette rentabilité se décomposant entre un rendement distribué, dividende  et une appréciation du cours de bourse. 

Au niveau actuel des actions,  les modèles théoriques et les  études historiques montrent que la rentabilité de votre investissement ne sera pas supérieure, sur une période de 10 ans, adaptée à une retraite par exemple, elle ne sera pas supérieure à 2,9 % en nominal, et tout compris. 

En clair si vous achetez  maintenant du S&P 500 , vous allez toucher le rendement distribué  soit 2% et au bout du compte votre investissement se sera valorisé en nominal de 0,9% l’an. Ceci veut dire que dans 10 ans les cours seront à peu près au niveau actuel et que vous vous serez contenté d’un rendement de 2%. 

Nous précisons, tout est en nominal, et ensuite il faudrait tenir compte de l’inflation, des frais, des droits de garde, des impôts et taxes. Et en plus il faut être prêt, entre temps, à subir des vagues de volatilité, autrement dit des baisses importantes et avoir la détermination de ne pas tout brader. Il faudra aussi savoir résister, quand les taux sans risque vont remonter,  à la tentation de tout vendre pour avoir un rendement obligataire de 6%! 

Le seul critère pour investir est celui de la rentabilité prévisible à long terme. Les études historiques de long terme montrent que le seul critère qui détermine la rentabilité d’un placement est celui du prix. Si vous achetez bien, c’est à dire en bas de cycle boursier, vous avez la quasi-certitude de réaliser un placement honorable quelles que soient les circonstances. 

Bien acheter c’est acheter en dessous des évaluations moyennes de long terme. Si vous achetez alors que les multiples cours bénéfices historiques sont de 8 à 12,  vous faites un placement raisonnable dans une perspective de long terme. 

Si vous achetez au-dessus de cette zone, vous devrez vous contenter d’une rentabilité médiocre et plus vous paierez cher, plus vous aurez de chances de voir des pertes en capital amputer votre investissement en cours de route. Ceux qui ont acheté en 2000 n’ont toujours pas fait un placement profitable, voilà ce que vos vendeurs d’actions et journaux ne disent pas et occultent. 

En véritable investissement on ne peut juger sérieusement d’une politique que si on prend un cycle complet, un cycle de hausse et de baisse. Ici, on est dans un cycle de hausse très mur, proche des durées moyennes historiques et les chances pour qu’on soit près de la fin de ce cycle sont très élevées. Ce que l’on a obtenu comme rentabilité de long terme -type retraite- c’est ce qui reste après que le portefeuille ait subi un cycle entier de hausse et de baisse. Par ailleurs nous signalons que la performance totale, contrairement aux idées reçues et colportées est constituée essentiellement des dividendes reçus et réinvestis. Quand on part d’un dividende, d’un rendement faible comme c’est le cas actuellement avec moins de 2%, on a déjà un sérieux handicap. 

Argument inadapté  car précisément, la situation présente au plan financier et économique n’est absolument pas comparable au passé, nous ne sommes pas dans une période historique normale.

Nous sommes dans une crise du crédit, crise financière,  crise bancaire qui ont  dégénéré en crise économique puis sont  en train de dégénérer en crise politique et sociale. 

Les enseignements de l’histoire sont valables à condition d’être analysés et décodées.  En cette période de crise, comme  en  période de guerre, tout est dirigé, manipulé, canalisé, les valeurs ne sont pas naturelles. Elles sont construites, produites afin de tenter de limiter le développement de la crise, afin de tenter d’y remédier. La hausse des actions est un sous-produit de la gestion de la crise, elle a été voulue afin de créer un faux effet de richesse et de solvabilité dans le système, afin d’éviter les faillites en chaine. On a créé de la monnaie et mis les taux d’intérêt à zéro afin de gonfler la valeur des titres anciens. Depuis 2009  début officiel de la crise on a créé par le biais de la hausse des actions un effet de richesse fictif de … 13 trillions de dollars. Pendant ce temps les économies se sont appauvries. 

Jusqu’à ces dernières semaines , on avait créé un effet de richesse semblable sur les obligations, par  la baisse des taux et la réduction des primes de risque, quand il a été décidé que trop c’était trop, on a fait monter les taux et cet effet de richesse s’est dégonflé, laissant place pour les particuliers à un effet de pauvreté. Ils viennent de perdre des sommes considérables sur des placements qu’on leur a vendu comme sans risque. 

Le gonflement de la valeur des obligations, puis des actions n’a rien à voir avec l’enrichissement réel, avec la meilleure santé des économies et du système financier, au contraire, il est un produit de la misère de la crise.  

Seules les banques et les gens insiders proches des Pouvoirs ont la possibilité de savoir quand la manne tombée du ciel s’arrête ou se ralentit. Normal puisque c’est pour eux que l’on déverse cette manne, pour qu’ils se refasse des fonds propres, pour qu’ils comblent leurs pertes,  grâce au jeu sur les marchés. 

Donc, nous ne sommes pas dans une situation normale, les comparaisons historiques sont truquées, faussées et rien ne se passera comme avant. Voilà la certitude. 

Dans ces conditions la prudence consiste à douter. Douter de la possibilité des Pouvoirs de maintenir des valeurs fausses et bullaires, douter de la possibilité de maintenir des marchés ordonnés.  Douter du bienfondé de la confiance que les marchés portent aux apprentis sorciers et prendre ses décisions en conséquence. 

  • D’ où notre position qui consiste à dire : il ne faut pas acheter. Il faut résister à la tentation.

Sur les bases actuelles c’est aller à l’abattoir. Il faut absolument se placer dans la perspective historique de long terme, celle qui escamote les artifices présents.  Il ne faut investir, nous disons bien investir, que sur la base de multiples cours bénéfices lissés, moyennés, longs.  Et en attendant,  attendre que cela se dégonfle, que cela passe. 

Bien entendu, nous  laissons de côté , car il est trop tôt , la question de savoir si, à un moment donné , il ne faudra pas changer de raisonnement et inclure dans l’analyse la dévalorisation accélérée de la monnaie.  A partir d’un certain stade, les actions changent de nature et deviennent des véhicules de protection contre l’hyperinflation, mais nous en sommes loin.

 weimar_hyperinflationFrench Movie Theatre Clears!

BRUNO BERTEZ Le Mercredi 17 Juillet 2013

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5 replies »

  1. Nous vous avions annoncé la création d’un groupe d’études secret au sein du G8 chargé de trouver des solutions pour confisquer l’argent des entreprises en général et des multinationales en particulier. Ceci vient d’être annoncé officiellement par l’OCDE. Nous avons expliqué que les réserves que lorgnaient les terroristes fiscaux étaient dans le secteur privé.

    Nous avons ensuite dit qu’il était probable que l’action de confiscation se cantonne aux agents privés individuels et leurs organismes de retraite et protection sociale car prendre de l’argent aux entreprises équivalait à renforcer :
    .
    -La tendance au chômage.
    -La baisse du taux de profit net.
    -L’atonie de l’investissement.
    -La concurrence au profit des pays qui sont moins évolués ne matière de taxation comme les émergents et la Chine.

    Taxer et surtaxer les entreprises est déflationniste. Ce qu’il faut taxer et surtaxer , ce sont les kleptos et les ultrariches, pas les entreprises. Mais ceux-là sont hors d’atteinte d’une part, et protégés d’autre part. Alliance oblige.

    Mais les gouvernements se moquent que cela soit déflationniste, que cela renforce les forces négatives, ce qu’ils veulent c’est garder le pouvoir à tout prix et le (des)ordre social actuel.

    Tout va dans le sens de l’aggravation du chômage:

    -Les ponctions sur le pouvoir d’achat des agents privés.
    -Les ponctions sur les cash flows des entreprises.

    Au lieu de circuler l’argent des entreprises va s’enfouir, sa vitesse de circulation va se réduire, elles vont thésauriser encore plus. Par ailleurs en faisant baisser les bénéfices nets après impôts, on renchérit les actions, donc on les rend plus vulnérables à une baisse, ce qui va à l’encontre de la politique suivie par les banques centrales laquelle vise le wealth effect (effet de richesse).

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  2. Il eut été plus honnête d’illustrer le propos par la couverture d’USA Today mentionnée dans l’article (Juillet 2013) plutôt que par un exemplaire visiblement daté de 2011, si j’en crois les sujets du cartouche central.

    Cela ne changera rien à la valeur des réflexions apportées mais permettra d’éviter toute accusation de détournement, qui ne peut en ce cas, d’être taxée d’involontaire.

    Bonne continuation !

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    • @Extra Ball

      Bien au contraire ne vous y trompez pas le choix de 2011 pour USA TODAY est tout à fait volontaire et assumé, il vise à montrez entre autres choses la résilience et la récurrence de la communication propre aux marchés…cela s’inscrit bien entendu aussi dans le droit fil de la réflexion que nous menons ici depuis plusieurs années sur la mise en place de cycles économiques créés de toutes pièces par la FED … Ainsi Il n’aura pas échappé non plus à votre perspicacité que d’autres illustrations font références à d’autres années de l’histoire boursière récente ….avec toujours un petit gout de revenez y! ou bien encore: l’histoire est un éternel recommencement!!!

      Bonne continuation

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      • @Lupus

        Vous avez compris que mon commentaire n’était pas désobligeant et vous en remercie. J’avais bien saisi l’opportunité de rappeler que cette Une de 2011 était toujours, malheureusement, d’actualité. Et donc prémonitoire. Par conséquent justifiée.

        Vous aurez surement compris que seul le rapprochement entre une couv’ datée de 2011 de USA Today et d’un article de 2013 du même périodique (non publié ici) est assez maladroit, pour le moins. J’ai recherché, sans succès pour le moment, de retrouver les Unes de USA Today pour Juillet 2013. Je suis preneur si vous en êtes possesseur.

        Ceci dit, ne vous méprenez pas : votre combat est digne, vos idées sont nobles et le support que vous ne pouvez soupçonner grandit. Évitez juste certaines facilités, ou, si j’ai mal compris, donnez nous un message complet et à jour dans vos réflexions.

        Bien à vous

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  3. NOTE:
    L’édition de US TO DAY que vous trouvez sur le marché international n’est pas la même que l’édition domestique.
    L’édition domestique, et c’est le cas de beaucoup de publications américaines, est très différente de celle que l’on peut trouver à l’étranger. On a le même problème avec les chaines de télévision, les étrangers croient recevoir le même CNN ou CNBC que les locaux , ils se trompent.

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