A PROPOS

Bruno Bertez: L’important n’est pas de chercher, mais de trouver. Et c’est la même chose pour les études. Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on dépense facialement, mais ce que l’on obtient, ce que l’on réussit à obtenir avec s(c)es dépenses….

Bruno Bertez:  L’important n’est pas de chercher, mais de trouver. Et c’est la même chose pour les études. Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on dépense facialement, mais ce que l’on obtient, ce que l’on réussit à obtenir avec s(c)es dépenses….

ENTRETIEN

Selon les calculs de la banque HSBC, l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont les pays où étudier revient le plus cher. L’Australie se retrouve en tête de liste, avec un coût moyen total de 38500 dollars américains par an. Les États-Unis figurent à la deuxième place des pays les plus chers, avec des frais universitaires et quotidiens combinés atteignant presque 36000 dollars par an en moyenne. Aux Etats-Unis les prêts étudiants représente 904 milliards de dollars. Faute de débouchés professionnels, les taux de défaut risquent d’être importants. La dette des étudiants est-elle potentiellement plus explosive que la dette publique ? En quoi ?

Les calculs du type de ceux de HSBC, comme ceux des économistes en général, ne signifient pas grand chose. On mélange tout afin d’aboutir à des tableaux et classements qui recouvrent des réalités disparates.

Je vais prendre un exemple: l’exemple des ressources consacrées à la recherche. Il n’y a aucun rapport entre le coût d’une recherche idiote et le coût d’une recherche qui aboutit. L’une est gaspillage du type Coubertin français, l’essentiel est de participer, l’autre est utilisation efficace des ressources présentes pour préparer le futur. L’important n’est pas de chercher, mais de trouver. Et c’est la même chose pour les études. Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on dépense facialement, mais ce que l’on obtient, ce que l’on réussit à obtenir avec s(c)es dépenses.
Le vrai problème des frais d’études est là: ils sont très élevés et en grande partie inefficaces aussi bien pour la collectivité que pour celui, individu, qui les assume.

Il en va des études comme de tout ce que les Etats touchent, ils les pervertissent, les dénaturent. A force de tripatouiller, on marche sur la tête. On est content quand on dépensé, car on défend l’idée que la dépense est la mesure de l’efficacité…

Autre problème, la formation a été récupérée comme objectif de propagande, et c’est la raison pour laquelle on la vide de tout contenu utile. Faute de faire vraiment progresser les compétences, on inflate les diplômes et le nombre de diplômés.

Aux USA, on assiste à un double phénomène, les maçons se remettent à faire des études, tandis que les diplômés postulent comme maçons et le tout se retrouve livreurs de pizzas, vendeurs de voitures à la commission,…

La publicité scandaleuse des marchands au rabais, de diplômes de second ordre du type Phoenix University, trouve écho car elle est encouragée par les pouvoirs publics, en particulier s’agissant de l’accès au financement, donc à la dette, ce qui nous ramène au problème des dettes des étudiants.

La dette des étudiants peut-elle engendre une bulle financière comparable à celle des Subprimes ? Avec quelles conséquences ?

La dette des étudiants n’est pas explosive au même sens que celle des subprimes liés au logement, car sa structure financière n’est pas comparable, mais elle est explosive socialement.

Les Etats-Unis ont besoin, pour tourner, de créer plus de 2,2 trillions de dettes par an. L’insuffisance des revenus gagnés doit être complétée, pour faire tourner la machine économique, par la création de crédit.

Les mécanismes normaux de production du crédit privé restent grippés, donc il faut utiliser des mécanismes publics, parapublics, le Crédit Fédéral, etc. Après la crise des Telcos en 2000, on a nettoyé la bulle par la création de crédit immobilier et le surendettement des Government Sponsored Enterprise, les GSE, on les a mises en situation de faillite, puis on les a adossées au gouvernement c’est à dire au public. On fait la même chose depuis la nouvelle crise, on utilise tous les moyens pour créer le quota de crédit nécessaire à l’économie, on se moque de la question de l’esclavage dans lequel on plonge, dans lequel on enchaîne ceux qui recourent à ce crédit, puis quand la non-solvabilité sera manifeste, on fera assumer par la collectivité.

Nous sommes dans le cadre d’un mécanisme cynique de gestion.

Les Etats garantissent une partie des prêts étudiants. Le risque pèse-t-il autant sur les finances publiques que sur les banques ?

Ce qui ne peut être remboursé n’est pas remboursé, même si la dette étudiante a un statut spécial qui fait de celui qui la contracte un esclave à vie. In fine, ce ne seront pas les banques qui porteront le coût de la nécessaire défaillance, ce sera le gouvernement fédéral. Des mécanismes de socialisation sont déjà à l’œuvre et d’autres sont testés, on ira plus loin. Le système américain ne produit pas assez d’emplois à bons salaires pour solvabiliser la dette étudiante.

Les banques ont été échaudées avec la dette subprime de l’immobilier, dette politique également, on ne les y reprendra pas; toucher des commissions oui, prendre des pertes, non.

La France ne figure pas dans le classement établi par HSBC des pays où étudier revient le plus cher. Est-elle pour autant à l’abri des répercussions qu’entraînerait une crise américaine de la dette des étudiants ?

La France ne figure pas dans le classement parce que la question ne se pose pas, en France, dans les mêmes termes.

Le financement privé, individuel ou familial, des études peut être lourd, important, mais il reste globalement à l’échelle du système, marginal. On s’endette encore peu pour financer ses études, la pratique n’est pas encore très répandue.

Les études en France ne sont pas à leur prix, et comme tout ce qui n’est pas à son prix, comme les soins de santé par exemple, on limite l’accès par le rationnement. La socialisation du coût des études se fera in fine aux Etats Unis car la dette ainsi constituée n’est pas remboursable; en France, on a socialisé d’emblée, on a raccourci le processus! En contrepartie, l’accès aux études, comme dans tout pays socialiste, est rationné. En contrepartie également, les études au lieu de préparer à l’emploi et à la création de richesses dans le monde global de concurrence sont récupérées comme endoctrinement. Rationnement et inadéquation sont les deux conséquences d’un système étatisé d’emblée. Avec, bien sûr, sa soupape, la production d’inégalités par le développement d’un secteur « libre ».

Quelles pourraient être les conséquences d’une telle crise sur l’économie française ?

Les conséquences des mauvaises réponses données à la question des études, de l’éducation et des financements nécessaires, sont à la fois financières, économiques, sociales et sociétales.

Financières parce que l’inefficacité conduit à des gaspillages de ressources qui pèsent sur les collectivités nationales, surtout en ces temps de disette de crédit et d’excès de déficits. Les choix prioritaires ne sont pas assumés.

Economiques parce que les ressources affectées à la préparation de l’avenir sont très insuffisantes en ces temps d’accélération des techniques et de péremption rapide des savoirs.

Sociales parce que des générations entières sont laissées sur le bord de la route, victimes du poids du vieillissement des populations, de la frilosité, de la priorité à la politique, de l’idéologie égalitaire.

Sociétales, parce que face au gâchis, à l’échec et à l’inefficacité, on fait diversion, on fourvoie la société, surtout les jeunes, vers des impasses de facilité, de négativisme, qui mèneront à la déstructuration du tissu social, disons social pour ne pas utiliser le mot national.

5 replies »

  1. C’est tellement vrai!!!!! Mais est ce que nos dirigeants en ont conscience? Que faudrait il faire pour leur faire entendre raison? J’ai peur de donner la réponse, sous peine de passer pour un « fasciste ». Les urnes, du moins je le pense, prouverons que vous avez raison, (malheureusement), mais il faudra en passer par là

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    • Il me semble que se soit la volonté inconsciente ou consciente inavoué de l’UMPS face a leur incompétences. Il pourront ainsi se positionner comme des sauveurs aprés avoir tout fait pour nous trahir et nous menner a devoir prendre de telles solutions extrémes. Je me demande parfois si le but recherché n’est pas de créer un chao européen tout en claironnant que l’obkectif est contraire. Le probléme reste que les faits sont les faits est que les mots sont juste des mots.

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  2. Il faudrait faire comme à Singapour:on épargne pour ses études et sa santé!!!Si un complément est nécéssaire dans de rares cas l’état peut alors octoyer des subvrntions au cas par cas..;Mais la je reves…

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