A Chaud!!!!!

Le patron de la Bundesbank met en garde l’Allemagne sur un sort à l’espagnole (Avec commentaire de Bruno Bertez)

Le patron de la Bundesbank met en garde l’Allemagne sur un sort à l’espagnole (Avec commentaire de Bruno Bertez)

AVANT PROPOS PAR BRUNO BERTEZ

 Lisez et relisez ce texte de Weidmann. Ne l’écartez pas de votre réflexion sous prétexte qu’il serait idéologique puisque par essence les banquiers centraux seraient de "droite». La vérité et les faits ne sont pas affaire d’opinion, ils sont affaire de prise de conscience et de lucidité.

Peu d’observateurs connaissent la situation de l’Allemagne dans le monde global mieux que Weidmann: Peu d’observateurs connaissent la dette réelle du pays et surtout la dette cachée que se dissimule derrière les tours de passe-passe de Target 2. Peu de gens sont en mesure d’apprécier d’une part la situation réelle du secteur bancaire allemand, de la Deutsche Bank, de la Commerz et des Landesbanken. Il connait les hors bilans, il sait ce qu’il y a sous les tapis. Il connait les promesses non financées des systèmes de protection et de retraite.

L’appréciation que l’on porte sur l’Allemagne  tient non pas à une analyse sérieuse de sa situation, mais à des images , à des mythes que l’on a convenance à ne pas remettre en question. Dans la mesure ou ces mythes ne sont pas  corrigés au fil du temps, ils finissent par s’écarter considérablement de la situation réelle. Il y a divergence colossale entre ce que l’on pense de l’Allemagne et ce qu’est le pays en réalité.

Donc il n’y a pas ajustement des perceptions linéairement , progressivement , il y déphasage. Si un jour , et cela se produira, la croissance  vient à ralentir durablement soit par regain de crise financière , soit par baisse de la demande mondiale due aux déséquilibres des émergents, alors la bicyclette Allemande cessera de rouler et on verra , le cycliste  perdre l’équilibre.

L’équilibre vertueux de l’Allemagne dépend de la vitesse de la bicyclette, d’un maintien d’une marche ordonnée. Le modèle ne souffre pas d’imperfection durable, il est suspendu dans les airs, voilà notre conviction et celle de Weidmann. Comme l’avis de Weidmann vaut plus que le notre, nous vous invitons à le méditer.

Inutile malheureusement de donner le même conseil  au membres du gouvernement , ils sont déjà incapables de comprendre le présent , et de le lire avec les yeux de demain , alors il ne faut pas leur parler d’anticipation:

Le jour ou la bicyclette Allemande ralentira , la rupture se fera brutalement , sous forme de crise   et de choc : Pourquoi? Parce que les ajustements spontanés, progressifs n’ayant pas été faits au fil du termps, alors , on rompra, d’un seul coup, on tombera de haut.

Les perceptions de la situation  Allemande sont à ranger dans la catégorie de ce que nous appelons les invariants, la catégorie des choses que l’on ne remet pas en cause car on croit qu’elles sont éternelles .

Parmi les invariants qui ont varié , nous rappelons , celui de la hausse perpétuelle des prix du logement, de l’immobilier, des actions , de la croissance , de la possibilité de taxer toujours plus, de la paix assurée, de  la possibilité de toujours s’endetter plus , de la faculté de créer toujours plus de monnaie, du pouvoir des banques centrales de toujours maintenir les taux à zéro.

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Jens Weidmann, président de la banque centrale allemande, redoute une perte de compétitivité dramatique de l’Allemagne.

Trois jours après les élections fédérales et alors que les discussions autour d’une future coalition s’annoncent difficiles, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, met les pieds dans le plat.

L’Allemagne comme l’Irlande ou l’Espagne ?

Mercredi soir, lors d’une cérémonie à Düsseldorf, il a prononcé un discours plutôt inquiétant pour l’économie allemande.

«  Lorsque l’on pense aujourd’hui à l’Allemagne, personne ne l’identifie plus avec l’homme malade de l’Europe. Mais les avances économiques se perdent rapidement. C’est la leçon de l’expérience de la crise de certains pays de la zone euro comme l’Irlande ou l’Espagne qui, jadis, ont pu aussi apparaître comme des modèles économiques. »

Une phrase choc qui va à contre-courant de la doxa dominante en Allemagne et en Europe. Mais Jens Weidmann a de bons arguments à faire valoir. Selon lui, la première économie européenne doit faire face à quatre défis d’importance.

Les quatre défis de l’Allemagne

Le premier, c’est la poursuite de la mondialisation, avec le développement de l’innovation dans les pays émergents qui, à terme, menace l’avance compétitive des produits allemands.

Second défi : la politique énergétique. L’abandon du nucléaire et le développement des nouvelles technologies sont un choix va coûter cher non seulement au budget, mais également à l’ensemble de l’économie.

Vient ensuite le défi de la dette. Malgré le retour à l’équilibre des finances publiques allemandes, le niveau de la dette allemande, plus de 80 % du PIB reste, au goût de Jens Weidmann, trop élevé, « en particulier lorsque l’on prend en compte les suites du vieillissement de la population sur l’économie et les finances publiques. »

L’énorme dette cachée de l’Allemagne

"La vérité", titre le Handelsblatt qui coupe court à la présumée parcimonie de l’Etat allemand, des chiffres faramineux à l’appui. Officiellement, la dette allemande en 2011 est de 2 000 milliards d’euros. Mais ce n’est qu’une demi-vérité, car la majeur partie des dépenses prévues pour les retraités, les malades et les personnes dépendantes ne sont pas inclues dans le calcul. D’après des nouveaux chiffres, la véritable dette se chiffre en 5 000 milliards d’euros supplémentaires. L’Allemagne serait donc endettée à hauteur de 185 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé. Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186% du PIB en 2012, et la dette italienne est actuellement de 120%. Le seuil critique au-delà duquel la dette écrase la croissance est de 90%. Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel, "a créé autant de nouvelles dettes que tous les chanceliers des quatre dernières décennies réunis", remarque l’économiste en chef du quotidien économique. "Ces 7 000 milliards d’euros sont un chèque sans provision que nous avons signé et que nos enfants et petits enfant devront payer."

L’Allemagne toujours a pour l’heure contribué avec 119 milliards d’euros en garanties aux fonds de secours européens (EFSF et ESM), soit 27% de leur capacité d’emprunt. S’y ajoutent 15,2 milliards d’euros de prêts directs à la Grèce.

Ce vieillissement de la population qui est le dernier défi de l’Allemagne. Selon le patron de la Buba, l’effet démographique devrait réduire de 0,3 point de pourcentage la croissance annuelle du pays. Citant une étude de l’Ocde, Jens Weidmann,rappelle qu’en 2060, la République fédérale devrait avoir le plus faible taux de croissance potentielle des 42 pays suivis.

Jens Weidmann relève qu’il manquera 1,5 million de personnes sur le marché du travail allemand en 2020, si l’on ne tient pas compte de l’immigration. "C’est un recul de 2,5%, qui coûtera quelque 0,3 point de pourcentage de potentiel de croissance annuelle", a-t-il déclaré.

"En 2020, l’activité économique pèsera 70 milliards d’euros de moins qu’elle ne pèserait sans cet effet démographique", a insisté M. Weidmann

Pour contrer cette évolution, deux possibilités s’offrent aux dirigeants allemands: aller puiser dans les "réserves" de main d’oeuvre du pays, à savoir les femmes et les personnes âgées, et augmenter la productivité.

Pour attirer les femmes sur le marché du travail, il faut augmenter les offres de prise en charge des enfants au lieu de leur offrir par exemple une indemnité pour rester à la maison s’occuper de leur progéniture, a-t-il déclaré, visant une mesure récemment adoptée par le gouvernement.

Pour répondre à ce défi démographique , Jens Weidmann réclame donc des actions fortes : plus de places en crèches pour favoriser l’emploi des femmes, plus d’emplois pour les séniors et une politique d’immigration plus agressive.

Inquiétudes sur le programme des partis politiques

Plus généralement, il s’inquiète aussi de plusieurs promesses répétées durant la campagne par les deux grands partis allemands qui seront sans doute amenés à gouverner ensemble dans une « grande coalition » : les avantages fiscaux aux familles proposés par la CDU, la hausse des salaires, le salaire minimum et la remise en cause partielle de la retraite à 67 ans proposée par la SPD l’inquiètent particulièrement.

Enfin, Jens Weidmann réclame plus d’investissement dans l’éducation et les infrastructures.

Ce discours a pour vocation de rappeler aux politiques combien la compétitivité allemande est en réalité fragile. Il semble pourtant que Jens Weidmann soit aujourd’hui plutôt isolé. La tendance outre-Rhin est en réalité à une remise en cause des réformes du début des années 2000.

Les discussions autour de la formation de la future coalition le prouvent puisque les questions du salaire minimum et même des hausses d’impôts y sont évoquées. C’est précisément ce qui inquiète le patron de la Buba.

Le Parti social-démocrate (SPD),  pour participer au gouvernement, devrait faire de l’instauration d’un salaire minimum au niveau national une condition pour travailler avec les chrétiens-démocrates qui, eux, ne soutiennent le principe d’un salaire minimum qu’au niveau régional ou sectoriel.

"Cela affaiblit les chances de trouver un emploi pour les chômeurs de longue durée et faiblement qualifiés et complique l’accès au marché du travail pour ceux qui n’ont pas encore de compétences professionnelles spécifiques", a declaré Jens Weidmann

"Même si un salaire minimum n’influence pas directement le niveau de chômage, il peut avoir des effets négatifs sur la dynamique de l’emploi. Car il y a risque que les entreprises embauchent moins dans des phases de reprise économique", en particulier dans les secteurs à bas salaires, a-t-il jugé. "Il pèserait sur les chances d’emploi des travailleurs peu qualifiés et des chômeurs de longue durée", selon lui.

Selon Hans-Werner Sinn, président de l’institut Ifo à Munich, dans une interview à Die Zeit, il explique que «le salaire minimum détruit les places de travail, ainsi que les modèles d’affaires créateurs d’emplois». Hans-Werner Sinn explique d’ailleurs le taux record de chômage des jeunes en France par le salaire minimum.

Les modèles classiques avaient montré que le salaire minimum réduisait la demande d’emploi en augmentant l’écart entre le rendement attendu d’un emploi et celui du chômage. Le salaire minimum renchérit et rallonge la recherche d’un nouvel emploi. Il détériore la position du chômeur par rapport au salarié.

Pour permettre à chacun d’obtenir une rémunération suffisante, Hans-Werner Sinn estime crucial que l’Etat verse à la personne elle-même la différence éventuelle entre le salaire et le niveau défini comme «suffisant», mais il est vital que l’on renonce à un salaire minimum. A son avis, «l’Etat ne doit pas manipuler le signal des prix et des salaires».

Source La Tribune  + Les Echos+ Le Point+ Agences 26/09/2013

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130926trib000787317/le-patron-de-la-bundesbank-met-en-garde-l-allemagne-sur-un-sort-a-l-espagnole.html

4 replies »

  1. Lisez et relisez ce texte de Weidmann. Ne l’écartez pas de votre réflexion sous prétexte qu’il serait idéologique puisque par essence les banquiers centraux seraient de "droite». La vérité et les faits ne sont pas affaire d’opinion, ils sont affaire de prise de conscience et de lucidité.

    Peu d’observateurs connaissent la situation de l’Allemagne dans le monde global mieux que Weidmann: Peu d’observateurs connaissent la dette réelle du pays et surtout la dette cachée que se dissimule derrière les tours de passe-passe de Target 2. Peu de gens sont en mesure d’apprécier d’une part la situation réelle du secteur bancaire allemand, de la Deutsche Bank, de la Commerz et des Landesbanken. Il connait les hors bilans, il sait ce qu’il y a sous les tapis. Il connait les promesses non financées des systèmes de protection et de retraite.

    L’appréciation que l’on porte sur l’Allemagne tient non pas à une analyse sérieuse de sa situation, mais à des images , à des mythes que l’on a convenance à ne pas remettre en question. Dans la mesure ou ces mythes ne sont pas corrigés au fil du temps, ils finissent par s’écarter considérablement de la situation réelle. Il y a divergence colossale entre ce que l’on pense de l’Allemagne et ce qu’est le pays en réalité.

    Donc il n’y a pas ajustement des perceptions linéairement , progressivement , il y déphasage.
    Si un jour , et cela se produira, la croissance vient à ralentir durablement soit par regain de crise financière , soit par baisse de la demande mondiale due aux déséquilibres des émergents, alors la bicyclette Allemande cessera de rouler et on verra , le cycliste perdre l’équilibre.

    L’équilibre vertueux de l’Allemagne dépend de la vitesse de la bicyclette, d’un maintien d’une marche ordonnée. Le modèle ne souffre pas d’imperfection durable, il est suspendu dans les airs, voilà notre conviction et celle de Weidmann. Comme l’avis de Weidmann vaut plus que le notre, nous vous invitons à le méditer.

    Inutile malheureusement de donner le même conseil au membres du gouvernement , ils sont déjà incapables de comprendre le présent , et de le lire avec les yeux de demain , alors il ne faut pas leur parler d’anticipation:

    Le jour ou la bicyclette Allemande ralentira , la rupture se fera brutalement , sous forme de crise et de choc : Pourquoi? Parce que les ajustements spontanés, progressifs n’ayant pas été faits au fil du termps, alors , on rompra, d’un seul coup, on tombera de haut.

    Les perceptions de la situation Allemande sont à ranger dans la catégorie de ce que nous appelons les invariants, la catégorie des choses que l’on ne remet pas en cause car on croit qu’elles sont éternelles .

    Parmi les invariants qui ont varié , nous rappelons , celui de la hausse perpétuelle des prix du logement, de l’immobilier, des actions , de la croissance , de la possibilité de taxer toujours plus, de la paix assurée, de la possibilité de toujours s’endetter plus , de la faculté de créer toujours plus de monnaie, du pouvoir des banques centrales de toujours maintenir les taux à zéro.

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  2. Bonjour,

    Que dire alors de la situation de notre pays: population vieillissante (quoiqu’on dise), endettement pharaonique (la dette ne peut que croître et encore, il n’y est pas comptabilisé les régimes spéciaux et autres joyeusetés comme l’endettement de certaines sociétés publiques style SNCF ou le coût du démantèlement du parc nucléaire existant et la construction des nouvelles centrales, etc…). Et comme le Mensonge devient une vérité d’état (cf les dernières "statistiques sur le chômage), je suis très pessimiste.
    L’institut Montaigne met en ligne un simulateur du budget français: http://www.financespubliques.fr/. Pour casser la spirale infernale dans laquelle l’incompétence de nos dirigeants a placé ce pays, la purge est tellement sévère que je doute fort qu’elle soit mise en œuvre. En attendant, les citoyens de ce pays vont connaître le prix du sang et des larmes, une pause, même fiscale, n’étant qu’un arrêt momentané avant la reprise de la progression.

    Bonne journée

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