A Chaud!!!!!

Les Clés Pour Comprendre du Mercredi 30 Octobre 2013: Banques, finance, un nouveau mouton à cinq pattes va naître. Attention, il mord! Par Bruno Bertez

Les Clés Pour Comprendre du Mercredi 30 Octobre 2013:  Banques, finance, un nouveau mouton à cinq pattes va naître. Attention, il mord! Par Bruno Bertez

En Allemagne, les négociations entre  la CSU et le SPD continuent. Il y a un point sur lequel ils sont tombés d’accord. Ce point est constitué par la taxe sur les transactions financières. Les détails de cette taxe, qui a fait l’objet d’un accord, ne sont pas connus, mais la presse suggère que le compromis pourrait être basé sur une taxe à taux faible, mais à assiette large. Nous vous rappelons qu’il y a quelques jours le gouverneur de la Banque de France, Noyer, lequel devait être au courant des  négociations, a tiré la sonnette d’alarme. Il a expliqué qu’avec cette taxe, on ouvrait une boite de Pandore et que les conséquences pouvaient être imprévisibles. Pour lui, cette taxe est aventureuse, elle va pénaliser le secteur bancaire et ceci va se transférer sur les conditions de financement des Etats.

La critique de Noyer est tout à fait fondée, même pour des gens comme nous qui luttons contre la financiarisation. Il faut en effet choisir et être cohérent. Ou bien on reste dans le cadre de la financiarisation et on fait en sorte de maintenir la fluidité des mécanismes, cela est cohérent ; ou bien on sort du système de la financiarisation et,  à ce moment-là, la question des taxes ne se pose plus. Vouloir pénaliser la finance par des taxes est une imbécilité. Cela va introduire un « frottement », une absence de fluidité dans les transactions financières et, in fine, qui paiera les taxes, ce ne seront bien sûr pas les banques, mais les utilisateurs et les clients finaux.  Par ailleurs, les taxes produiront des délocalisations, des détournements de flux et des déséquilibres de compétition.

Hélas, lorsque la politique se mêle de toucher à des choses qu’elle ne comprend pas, les compromis aboutissent à des moutons à cinq pattes dangereux. Les moutons à cinq pattes qui se comportent comme des lions, Merkel connait bien. Malgré sa réputation de bonne gestionnaire de la crise, elle accumule  les bévues. Ainsi, c’est elle qui est responsable de l’aggravation de la crise européenne lorsqu’elle a exigé,  là aussi pour des raisons politiques, une participation aux pertes du secteur privé.  Cette décision a été l’une des plus coûteuses que l’on n’ait jamais prise.

Le secteur bancaire européen est dans une situation critique. La hausse des marchés et la baisse des taux n’ont aucun rapport avec une quelconque amélioration de la situation des créanciers et de celle des débiteurs. La baisse des taux et l’illusion d’amélioration n’ont pour origine que le « coûte de coûte » de Draghi. L’illusion d’amélioration ne vient que de là : Draghi a promis de tout payer et en toute quantité, quel qu’en soit le coût. Le jour où Draghi a promis cela, les banques ont cessé leur chantage, elles ont levé le pied et cessé de faire pression sur les marchés. Au passage, notons que les hedge funds ont gagné des fortunes sur le dos des citoyens européens.

EU Banking Union Merkel and Draghi

from Goldman’s Jernej Omahen

Les problèmes bancaires sont entiers. Le mécanisme de résolution des crises bancaires est ridicule. Les montants sont beaucoup trop petits et encore le fonds de secours ne sera-t-il constitué qu’au fil des années. La taille du fonds de secours et la mise en pratique de ce fonds sont telles qu’il ne confère aucune sécurité au système.

Nous vous signalons, pour vous donner le moral, qu’un rapport qui vient de sortir évalue les prêts non performants, les NPL, des banques européennes à plus de 1,2 trillion. Ce rapport a été fait par PWC, il est commenté dans le FT.

Le montant des prêts à risque des banques européennes a doublé entre 2008 et 2012, indique un rapport de PwC

Selon Richard Thompson de PwC, le rééquilibrage des bilans du secteur bancaire européen, qui doit passer par l’épuration de ces prêts défaillants, devrait encore prendre quelques années. Il estime que le portefeuille de créances douteuses que les banques devraient chercher à revendre ou à passer en pertes se monte à 2.400 milliards d’euros.

Les données sur lesquelles PwC s’est basé pour son rapport proviennent des banques elles-mêmes. C’est l’Allemagne qui est la plus en risque, avec un portefeuille de créances douteuses estimé à 179 milliards d’euros, mais qui est resté inchangé par rapport à l’année dernière. En revanche, l’Espagne est passée d’un montant de 136 milliards d’euros en 2011 à 167 milliards d’euros en 2012. Source EXPRESS.BE

EU: Bank Union?

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 31 Octobre 2013

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11 replies »

  1. Qu’il soit français ou allemands, ces politiques sont à pleurer quant à leur capacité de discernement. Moscovici supprime la taxation sur le Trading à Haute Fréquence, pratique notoirement nocive qui apporte une liquidité de piètre qualité sur le marché et donne en revanche lieu à toutes sortes de manipulation et là on nous ressort une taxe qui va frapper indistinctement toutes les transactions financières. Que faire face à autant de bêtise ?

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  2. C’est à vomir. En somme, on ne peut toucher à rien.
    Si on taxe, c’est une entrave, ça va créer des frottements qui mèneront à des délocalisations. Mais attendez une minute, ce n’est pas justement la trop grande liberté des capitaux – pour ne pas dire absence totale de règles – qui a créé les déséquilibres que nous connaissons actuellement ?
    Avec son lot de boites, d’investissements, de richesses qui ce sont barrés, comme vers la Chine, un lieu qui est réputé pour être une zone de libre échange…

    Moralité, le politique ne doit pas toucher à ce qu’on a trop complexifié exprès pour se mettre à l’abri. Comme on dit, pas de solution simple pour un probleme compliqué.

    Ce qui transparait dans cette article, c’est que nous sommes condamnés à subir la phynance. Bravo.

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    • je persiste et je signe!!!

      Comme dit dans l’article nous sommes contre la financiarisation mondialisée de l’économie ! Sachant de plus que pour nous ce système implosera tôt ou tard car on ne construit rien de solide sur de la dette !
      Maintenant force est de constater que pour l’heure la mondialisation est là et la financiarisation aussi ! il s’agit donc si l’on veut être les meilleurs dans un tel système d’en accepter et d’en connaitre les règles surtout si l’on veut avoir quelque chose à manger dans l’assiette….Des règles que l’on a pas choisi et qui ont été fixées par d’autres : les US…C’est pourquoi nous disons qu’appliquer une taxe Tobin sur le seul système européen est ridicule car les autres ne le feront pas et cela ne fera qu’handicaper davantage le système financier européen par rapport à la concurrence ! De plus faut arrêter de penser que l’on peut réformer le système actuel, on doit en changer point barre…..Comment voulez que les politiciens qui ont promu la financiarisation depuis 30 ans et qui en profite largement veuille modifier ces règles du jeu… C’est de l’enfumage que de le faire croire et plus encore de le penser!

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  3. Chômage en septembre 2013 :

    Grèce : 27,6 % de chômage.
    57,3 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

    Espagne : 26,6 % de chômage.
    56,5 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

    Croatie : 17,2 % de chômage.
    52,8 % chez les jeunes.

    Chypre : 17,1 % de chômage.
    43,9 % chez les jeunes.

    Portugal : 16,3 % de chômage.
    36,9 % chez les jeunes.

    Slovaquie : 14 % de chômage.
    31,1 % chez les jeunes.

    Irlande : 13,6 % de chômage.
    28 % chez les jeunes.

    Italie : 12,5 % de chômage.
    40,4 % chez les jeunes.

    Un article à pleurer de rire :

    http://www.liberation.fr/economie/2012/12/10/hollande-la-crise-de-la-zone-euro-est-derriere-nous_866519

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  4. Conjoncture en Europe : On revient sur terre.
    Nous avons critiqué la campagne des pestiférés européens cet été. Nous l’avons considérée comme irresponsable. Quelques maigres hirondelles statistiques ont, vous vous en souvenez été montée en baudruche afin de faire croire à un retournement positif de l’activité économique.
    Draghi s’est chargé de remettre les choses à leur place, suivi par les officiels allemands. La reprise est marginale, elle est fragile, elle est très inégale selon les pays. Par ailleurs certaines zones bénéficient d’anomalies saisonnières et climatiques. En fait rien dans les données objectives n’allait dans le sens de la confirmation de ces indications positives. La création de crédit privé en particulier reste à la traine et c’est de l’understatement.
    Les chiffres de l’emploi/chômage viennent d’être publiés, ils sont horribles, L’amélioration du mois d’aout a été révisée en baisse, le chômage est bien de 12,2% et non de 12%. Les records continuent d’être pulvérisés, en particulier du cote des jeunes de moins de 25 ans.

    Tout cela est normal, même si cela est scandaleux:
    -Pas de progression du pouvoir d’achat
    -Ponctions fiscales et sociales accrues
    -Incertitude fiscale et reglementaire
    -Chute de la confiance dans les responsables et leur capacité à gérer
    -Change de l’euro élevé
    -Poursuite de l’atonie du marché global

    Comme nous le signalons régulièrement, les forces de déflation, la tendance à la déflation au lieu de s’atténuer, reprennent de la vigueur.

    Et cela est vrai aussi bien aux Etats -Unis, qu’en Europe. Les cataplasmes monétaires n’ont pas une action supérieure à l’aspirine sur le mal déflationniste.

    Nous publierons sous peu un article qui explique pourquoi. Il faut en plus tenir compte du fait que les plans d’austérité ont été reportés en Europe, que serait-ce si ils avaient été maintenus! Nous espérons, nous souhaitons que ces évolutions économiques conduisent à une remise en question des politiques suivies. On ne peut continuer à prendre des risques monétaires non testés, mais colossaux, sans résultat. Les Diafoirus de l’économie vont finir par tuer le patient.

    Les chiffres de l’inflation eux aussi sont horribles. Horribles si on prend l’inflation dans le sens dominant bien sûr, pas celui des ménages et de ses victimes.

    La hausse des prix est l’objectif poursuivie par Draghi et les régulateurs, ils appellent cela lutter contre les tendances déflationnistes. Et bien la hausse des prix a encore ralenti en Europe. On est à +0,7% année sur année, au plus bas depuis 2009 ! On vient de 1,1% année sur année.

    C’est le même phénomène que celui que l’on constate aux USA, la politique monétaire qui vise l’inflation est un échec.

    A ce propos, il convient de faire une digression sur le caractère paradoxal de l’inflation.
    Vous sentez, nous sentons tous, que les prix, nos prix montent et que notre pouvoir d’achat se réduit. En conséquence, nous nous étonnons que l’on puisse dire que la déflation est forte, voire se renforce. Cela parait en contradiction avec les indices.

    Il y a certainement plusieurs explications :

    -Indices plus ou moins bidons c’est à dire pas vraiment représentatifs de vos dépenses.
    -Jeu des prix relatifs, qui nous fait confondre les mouvements relatifs avec la hausse générale.
    -Dérive des prix des services, protégés de la concurrence, que nous utilisons tous.

    Nous pensons qu’il faudrait introduire, comme en météo la notion d’inflation ressentie pour compléter la notion de hausse des prix mesurée par les indices officiels. En domaine de météo, on a introduit cette notion qui complète celle de température objective. La hausse des prix officielle est un opérateur, un concept qui, en fait sert à alimenter les raisonnements et les modèles économétriques, elle ne correspond pas à un usage que nous qualifierions de « social ».

    Il n’y a pas à notre connaissance de mesure alternative de la hausse des prix dans nos systèmes européens. Aux Etats-Unis, il y a Shadow-Stat qui fournit des séries représentatives de hausse des prix -et de beaucoup d’autres grandeurs.- fort utiles.

    Pour terminer, signalons que la consommation en France a baissé de 0,1% au troisième trimestre.

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  5. Note concernant le tableau listant les banques et leurs ratios.

    La structure spécifique du Crédit Agricole avec ses caisses régionales solides fait que ses ratios ne peuvent être directement comparés à ceux des autres. Les autorités de surveillance en tiennent compte. Il n’empêche que nous sommes persuadés que le Crédit Agricole, à un moment donné, publiera des bonnes nouvelles afin de tenter une augmentation de ses fonds propres.

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  6. vu par beaucoup de non professionnels de la finance, le déséquilibre de forces entre les « gros » et les « petits » ( public, PME ,.. ) s’est aggravé avec le trading haute fréquence et la fluidité des transactions ; en effet, les gros ont la bonne info plus les outils rapides ; une petite taxe permettrait de corriger un peu cela.
    Pour que les effets pervers (dont le contournement) ne soient pas trop faciles, il faut le faire sur une zone large : p ex toute la zone euro ; si les allemands le veulent ça peut marcher, non ?

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    • Comme dit dans l’article nous sommes contre la financiarisation mondialisée de l’économie ! Sachant de plus que pour nous ce système implosera tôt ou tard car on ne construit rien de solide sur de la dette !
      Maintenant force est de constater que pour l’heure la mondialisation est là et la financiarisation aussi ! il s’agit donc si l’on veut être les meilleurs dans un tel système d’en accepter et d’en connaitre les règles surtout si l’on veut avoir quelque chose à manger dans l’assiette….Des règles que l’on a pas choisi et qui ont été fixées par d’autres : les US…C’est pourquoi nous disons qu’appliquer une taxe Tobin sur le seul système européen est ridicule car les autres ne le feront pas et cela ne fera qu’handicaper davantage le système financier européen par rapport à la concurrence ! De plus faut arrêter de penser que l’on peut réformer le système actuel, on doit en changer point barre…..Comment voulez que les politiciens qui ont promu la financiarisation depuis 30 ans et qui en profite largement veuille modifier ces règles du jeu… C’est de l’enfumage que de le faire croire et plus encore de le penser!

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  7. Je pense que ceux qui sont favorables à la taxe sur les opérations financières, et visiblement il y en a, devraient lire soigneusement les réponses du Wolf ci-dessus et tenter de les assimiler.

    J’ajoute que les taxes, et pas seulement celle- la ne sont jamais payée par ceux que l’on croit. Bien souvent ceux que l’on prétend taxer ne sont que collecteurs apparents, les taxes sont reportées sur les clients ultimes. C’est une vérité générale.

    D’une façon plus générale je vous invite à réfléchir au constat suivant.

    -la France est immergée dans un système plus vaste, le système européen
    -le système européen est immergé dans un système plus vaste, le système global
    -les capitaux se déplacent librement
    -ils suivent la ligne de plus grande pente du profit
    -une banque a besoin d’attirer les capitaux, c’est son job
    -le monde global est gouverné par la concurrence

    Dans un monde ouvert, ceux qui subsistent sont ceux qui sont les plus compétitifs, c’est une règle incontournable.

    Donc il n’y a que deux solutions et pas trois :

    -ou bien vous vous isolez, vous sortez du monde global, du monde la loi du plus fort internationalement, vous dites: pouce je ne joue plus.
    -ou bien vous essayez de conserver des firmes et entreprises et banques compétitives, vous ne leur mettez pas un boulet aux pieds, vous ne mettez pas sur ring d’un côté un poids lourd bien entrainé et de l’autre un avorton chétif sous-alimenté.

    C’est à cause de ce phénomène que la France crève, on la laisse courir le 100 mètres mondial, mais on la force à courir avec des boulets aux pieds.

    Gouverner c’est choisir, c’est cela le courage. Le non- choix est ce qui tue. On prend la claque sur la joue droite et sur la joue gauche.

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  8. Il faudrait surtout faire la séparation des banques et revenir au standard -or de toute urgence!Plus spécifiquement en France réduire sérieusement la pression fiscale et les dépenses publiques….Mais c’est un autre débat…

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    • Va falloir aussi cesser de croire il me semble qu’à des questions complexes il y aurait des réponses toutes faites et toutes simples qui ont elles aussi montrer leurs limites ! Je pense à l’étalon or par exemple ou bien encore à la séparation des banques dépôt/investissement qui n’ont de pertinence entre autres choses qu’accompagnés d’une réflexion plus complète sur la fabrication de la dette et de son corollaire le système de réserve fractionnaire.

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