A Chaud!!!!!

Mister market and Doctor Conjoncture du Vendredi 1er Novembre 2013: Conjoncture en Europe- On revient sur terre! Par Bruno Bertez

Mister market and Doctor Conjoncture du Vendredi 1er Novembre 2013: Conjoncture en Europe-  On revient sur terre! Par Bruno Bertez

 Nous avons critiqué la campagne des pestiférés européens cet été. Nous l’avons considérée comme irresponsable. Quelques maigres hirondelles statistiques ont, vous vous en souvenez été montée en baudruche, afin de faire croire à un retournement positif de l’activité économique.

Draghi s’est chargé de remettre les choses à leur place, suivi par les officiels allemands.

«Nous sommes prêts à envisager tous les instruments à
notre disposition», a expliqué Mario Draghi le 2 Octobre , ajoutant que les LTRO faisaient
partie de la «vaste panoplie d’instruments» à disposition. Ces programmes, mis
en place à deux reprises – fin 2011 et début 2012 – pour stimuler la
circulation des liquidités en Europe, avaient permis aux banques d’emprunter à
1% pour une durée de trois ans à la BCE. La banque centrale l’utilise pour
soutenir l’activité de crédit, qui peine à repartir dans la zone euro dans son
ensemble. Elle a ajouté vouloir garder sa politique monétaire accommodante
«aussi longtemps que nécessaire».

Le 7 octobre dernier, trois instituts économiques européens, l’ifo allemand, l’Insee français et l’Istat italien, qui s’auto-définissent comme «association de trois instituts européens majeurs», publient une note de recherche affirmant: «la croissance de la zone euro se rétablit modestement dans une faiblesse persistante».

Le CEPR, le Centre for Economic and Policy Research, domicilié à Londres mais qui se base sur un réseau d’économistes universitaires à travers toute l’Europe, annonce dans une de ses notes: «Bien qu’il soit possible que la récession soit terminée, ni la durée, ni la force de la reprise ne sont suffisantes, en date du 9 octobre 2013, pour déclarer que la zone euro est sortie de la récession.» En fait, nous ne pourrions assister qu’à «une pause dans la récession qui commença au troisième trimestre 2011.»

Ajoutons à cela que Les Pays-Bas connaissent une véritable récession depuis plusieurs trimestres et les chiffres de l’Allemagne semblent finalement moins réjouissants que l’on pensait.

La reprise est marginale, elle est fragile, elle est très inégale selon les pays. Par ailleurs certaines zones bénéficient d’anomalies saisonnières et climatiques. En fait rien dans les données objectives n’allait dans le sens de la confirmation de ces indications positives. La création de crédit privé en particulier reste à la traine et c’est de l’understatement.

Euro zone money supply and private sector loan growth

Les chiffres de l’emploi/chômage viennent d’être publiés, ils sont horribles, L’amélioration du mois d’aout a été révisée en baisse, le chômage est bien de 12,2% et non de 12%. Les records continuent d’être pulvérisés, en particulier du cote des jeunes de moins de 25 ans.

 

Tout cela est normal, même si cela est scandaleux:

  • -Pas de progression du pouvoir d’achat.
  • -Ponctions fiscales et sociales accrues.
  • -Incertitude fiscale et reglementaire.
  • -Chute de la confiance dans les responsables et leur capacité à gérer.
  • -Change de l’euro élevé.
  • -Poursuite de l’atonie du marché global. 

Comme nous le signalons régulièrement, les forces de déflation, la tendance à la déflation au lieu de s’atténuer, reprennent de la vigueur. 

Le niveau des prix en Europe est tombé de 1,1% à 0,7%, son plus faible niveau depuis 4 ans et la crise financière de 2008-2009, et il semble que de plus en plus d’Etats membres criblés de dettes sont menacés par le risque de déflation, alerte Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph.

« Cela ressemble beaucoup à ce qui s’est passé au Japon au début des années 1990 », commente Albert Edwards de la Société Générale. « Il suffirait désormais d’une récession inattendue pour que l’Europe glisse dans la déflation. Le risque serait un choc des termes de l’échange avec l’Asie. C’est là que les marchés commenceront à paniquer », ajoute-t-il. EXPRESS.BE

Et cela est vrai aussi bien aux Etats -Unis, qu’en Europe. Les cataplasmes monétaires n’ont pas une action supérieure à l’aspirine sur le mal déflationniste. 

Nous publierons sous peu un article qui explique pourquoi. Il faut en plus tenir compte du fait que les plans d’austérité ont été reportés en Europe, que serait-ce si ils avaient été maintenus! Nous espérons, nous souhaitons que ces évolutions économiques conduisent à une remise en question des politiques suivies. On ne peut continuer à prendre des risques monétaires non testés, mais colossaux, sans résultat. Les Diafoirus de l’économie vont finir par tuer le patient. 

Les chiffres de l’inflation eux aussi sont horribles. Horribles si on prend l’inflation dans le sens dominant bien sûr, pas celui des ménages et de ses victimes.

  La hausse des prix est l’objectif poursuivie par Draghi et les régulateurs, ils appellent cela lutter contre les tendances déflationnistes. Et bien la hausse des prix a encore ralenti en Europe. On est à +0,7% année sur année, au plus bas depuis 2009 ! On vient de 1,1% année sur année.

 C’est le même phénomène que celui que l’on constate aux USA, la politique monétaire qui vise l’inflation est un échec.

  A ce propos, il convient de faire une digression sur le caractère paradoxal de l’inflation.

Vous sentez, nous sentons tous, que les prix, nos prix montent et que notre pouvoir d’achat se réduit. En conséquence, nous nous étonnons que l’on puisse dire que la déflation est forte, voire se renforce. Cela parait en contradiction avec les indices. 

Il y a certainement plusieurs explications : 

  • -Indices plus ou moins bidons c’est à dire pas vraiment représentatifs de vos dépenses.
  • -Jeu des prix relatifs, qui nous fait confondre les mouvements relatifs avec la hausse générale.
  • -Dérive des prix des services, protégés de la concurrence, que nous utilisons tous.

 Nous pensons qu’il faudrait introduire, comme en météo la notion d’inflation ressentie pour compléter la notion de hausse des prix mesurée par les indices officiels. En domaine de météo, on a introduit cette notion qui complète celle de température objective. La hausse des prix officielle est un opérateur, un concept qui,  en fait sert à alimenter les raisonnements et les modèles économétriques, elle ne correspond pas à un usage que nous qualifierions de "social". 

Il n’y a pas à notre connaissance de mesure alternative de la hausse des prix dans nos systèmes européens. Aux Etats-Unis, il y a Shadow-Stat  qui fournit des séries représentatives de hausse des prix -et de beaucoup d’autres grandeurs.- fort utiles. 

Pour terminer,  signalons que la consommation en France a baissé de 0,1% au troisième trimestre.

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 1er Novembre 2013

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3 replies »

  1. PricewaterhouseCoopers (exerçant sous la raison sociale de PwC) développe des missions d’audit, d’expertise comptable et de conseil. Dans un nouveau rapport alarmant, PwC étudie les actifs pourris que les banques européennes ont dans leurs livres.

    Selon lui, les banques européennes avaient dans leurs livres 514 milliards d’euros d’actifs pourris en 2008.

    Fin 2012, elles avaient dans leurs livres 1187 milliards d’euros d’actifs pourris, et ce chiffre va continuer à augmenter dans les années qui viennent !

    Selon PwC, le portefeuille de créances douteuses que les banques européennes devraient chercher à revendre ou à passer en pertes se monte à 2400 milliards d’euros !

    En clair :

    Les banques européennes sont en faillite.

    Les banques européennes sont des banques-zombies.

    Mardi 29 octobre 2013 :

    La valeur des prêts à risque des banques européennes a doublé en 4 ans pour atteindre 1.187 milliards d’euros.

    http://www.express.be/business/fr/economy/la-valeur-des-prets-a-risque-des-banques-europeennes-a-double-en-4-ans-pour-atteindre-1187-milliards-deuros/197795.htm

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  2. 2 ponçifs qui laissent penseurs …. (pantois ?)

    Si tu continues à faire ce que tu as toujours fait,
    tu continueras à être ce que tu as toujours été.

    Corollaire :

    Rien ne change tant qu’on n’y change rien.

    C’est con hein ?

    Ouais, je trouve aussi !

    Mais manifestement "en haut lieu" ILS NE PARTAGENT PAS CET AVIS ?

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  3. […] Ce qui frappe, c’est, comme toujours, l’absence de sanctions. Moscovici, Hollande ont claironné victoire, la reprise est là quand il y a eu quelques hirondelles qui volaient bien bas, ils se sont trompés … rien, ils ne baissent même pas la tête. Tous les observateurs sérieux, dont nous étions ont fait valoir que l’embellie du 2e trimest… […]

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