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Politique Friction du Vendredi 22 novembre 2013: Hé Hop ! Quand le lapin sort du chapeau, la carotte fiscale entre les dents Par Bruno Bertez

Politique Friction du Vendredi 22 novembre 2013: Hé Hop ! Quand le lapin sort du chapeau, la carotte fiscale entre les dents Par Bruno Bertez

Nous avons très souvent développé l’idée que le monde socialiste est un monde pour enfants. Le monde de Peter Pan, le monde des dessins animés. Irrésistiblement, le spectacle que donne le gouvernement nous plonge dans ce monde infantile. Hollande et Ayrault étaient encerclés. Le ras le bol fiscal, la grogne dans les chaumières, la chienlit dans la rue, comme dirait Gattaz, les tracteurs des paysans sur les routes, un homme à la carabine qui attaque les médias, tout cela crée un climat ; les socialistes se croient assiégés.

Ayrault Mise à Plat DéLiRiUs

Dans le meilleur des cas, la popularité de Hollande et de Ayrault se réduit maintenant au noyau dur de leur électorat. Cela se situe autour des 20%. Conclusion, pour eux, ils sont encerclés par les 80% restants. Évidemment, il n’y a aucune analyse dans tout cela. Nos deux compères ne se rendent pas compte que tout cela est de la comédie et qu’il n’y a rien à craindre. De la même manière que le Président et son équipe, jouent la comédie du pouvoir, les Français, eux, jouent la comédie du contre-pouvoir. Ils se donnent en spectacle pour la télévision, pour leurs copains, pour leurs collègues, pour leurs femmes et pour leurs mamans. Il ‘y a rien de sérieux dans tout cela, c’est une évidence, pas plus d’un côté que de l’autre, on estime que l’on a un pouvoir sur le réel.

 Le réel, vous le savez, est une affaire d’hommes, une affaire de pères, une affaire de chefs. Le réel, c’est ce qui s’impose tout seul en ces temps de dérives, ou pas tout à fait, puisque le réel, maintenant, est incarné par une femme, une Allemande en particulier ; c’est elle qui commande et les autres s’agitent dans leur petit bocal.

Pris dans l’illusion qu’ils étaient encerclés, Hollande et Ayrault sont persuadés qu’il leur faut tenter une sortie. Et comme le danger est imaginaire, et qu’ils vivent dans l’imaginaire, leur parade, elle aussi, est imaginaire. Et c’est dans cette logique qu’il faut comprendre que le lapin de la réforme fiscale sorte du chapeau.

Personne ne pense un seul instant qu’il est possible de faire une vraie, une sérieuse réforme fiscale, avec un gouvernement qui n’est soutenu que par une infime minorité et surtout dans une situation de crise et d’incertitude majeure.

Les éléments importants à retenir sont ceux-là:

  • 1) une absence de légitimité
  • 2) une situation de crise
  • 3) une incertitude majeure.

Comment faire une réforme fiscale qui serait adaptée aux défis des prochaines années, alors que nul ne sait de quoi ces années seront faites. Comment opérer des consultations  fiscales utiles avec les  partenaires sociaux alors que les tensions sont exacerbées, alors que les corporatismes et les intérêts particuliers sont à leur comble, et que plus personne n’a en vue l’intérêt général. Existe-t-il seulement, d’ailleurs.

Le grand mot que l’on met généralement pour couvrir toutes les ignorances et toutes les imbécilités, c’est généralement le mot « justice ». Ah la justice sociale ! L’ennui, c’est que la justice, il n’y a personne qui sache véritablement ce que c’est. La justice n’est définie nulle part. Pas plus dans le ciel de gauche que dans le ciel de droite. On ne connaît de la justice qu’une sorte de sentiment vague qu’éprouve le peuple. La justice, c’est cela. C’est un sentiment qui se manifeste par son contraire, le sentiment d’injustice. Nous avons tous, parce que nous le ressentons, à un certain moment, un sentiment de grande injustice. Aller mettre des mots dessus, aller mettre des lois, aller mettre des raisonnements rigoureux, personne n’en est capable.

L’adolescent qui a sacrifié sa jeunesse et ses nuits pour faire des études et réussir un concours, cet adolescent qui réussit à devenir cadre supérieur et touche une rémunération qui correspond à la rareté de ses compétences, cet adolescent a un sentiment d’injustice lorsqu’on lui confisque le produit de son travail et de ses efforts. Inversement, le jeune, comme on dit, défavorisé, qui n’a eu ni le courage, ni les moyens de préparer son avenir, et qui se retrouve chômeur ou RMIste, est scandalisé par le train de vie du manager. Tous deux ont des sentiments d’injustice, lequel est le plus valable, bien malin celui qui peut trancher. Le premier est certes plus utile à la société, mais est-ce que les inégalités ne sont pas excessives? le second s’enfonce dans l’oisiveté et l’amertume, est-ce qu’il mérite véritablement d’être mis au ban de la société comme il l’est? Est-il vraiment responsable de ce qui lui arrive? Est-il responsable du fait qu’il n’y a plus d’emplois à la campagne, du fait qu’à la ville le SMIC l’empêche de concurrencer les travailleurs existants. Finalement, est-ce de sa faute à celui-là si nos sociétés ne savent plus employer ceux qui n’ont rien d’autres à offrir qu’une potentielle force de travail physique. Tout ceci pour dire que la justice, c’est un bien grand mot. Mais aussi, c’est une réalité, car toute société civile a, au fond d’elle même, un sentiment de ce qui est juste et de ce qui est injuste.

Selon toute probabilité, la question de la réforme fiscale, dès lors qu’elle est lancée par un gouvernement socialiste, va être abordée sous l’angle manifeste de la justice, mais en réalité sous la logique profonde, non dite, de la nécessité d’augmenter les prélèvements. Ce n’est pas quand on est déficitaire et archi-déficitaire, ce n’est pas quand on est réprimandé par Ollie Rohn et Merkel que l’on peut entreprendre une réforme fiscale adaptée au besoin du pays. Aux besoins des citoyens. Aux besoins de la société. Et puis, il y a les braillards de l’extrême gauche, ils ont prévu le 1er décembre de manifester eux aussi. Eux aussi pour une réforme fiscale dont le contenu est facile à deviner, il se résume à ceci: ils veulent que ce soit les autres qui paient.

Tant en raison des circonstances présentes qu’en raison des perspectives de moyen terme, une réforme fiscale digne de ce nom est impossible. Cahuzac, le seul socialiste qui savait à peu près de quoi il parlait, l’avait dit clairement dans le débat qui l’avait opposé à Mélenchon: la réforme fiscale, c’est terminé. Nous avons fait ce qu’il y avait à faire, il n’y aura plus rien d’ici la fin de la législature. Vous savez, ce fameux débat au cours duquel Mélenchon nous avait ressorti la tarte à la crème de la lutte des classe et où Cahuzac s’était emmêlé les pieds entre le libéralisme social et le social-libéralisme. Ah, c’était un morceau de bravoure que ce débat.

Mais Cahuzac était loin d’être stupide, la preuve, c’est qu’il avait compris que les impôts étaient excessifs… Cahuzac avait compris une chose, ce qui est quand même bien pour un chirurgien esthétique, il avait compris une loi économique de base, une loi que tout dirigeant se doit de connaître, la loi de Higgs.

L’économiste Robert Higgs a été l’un des premiers à analyser en économie les effets négatifs de ce que l’on appelle l’incertitude réglementaire. L’incertitude réglementaire, c’est quand les gouvernements ont la bougeotte et qu’ils changent sans arrêt les règlements et les lois fiscales et sociales. L’instabilité réglementaire fiscale et sociale brouille l’horizon économique. Les prévisions deviennent impossibles. La seule façon de faire face à l’incertitude réglementaire, c’est la prudence. Quand on ne sait pas ce qui va se passer, quand l’horizon est bouché, quels que soient les partis pris personnels, on hésite à s’engager, on diffère les décisions. Bref, avec l’incertitude réglementaire et fiscale, on accroît les comportements de rétention et de prudence. 

C’est un comble de voir que les Draghi et autres appuient à fond sur la pédale monétaire pour inciter les gens à prendre des risques et à oser alors qu’un gouvernement particulièrement victime de la frilosité, lui, appuie sur le frein. Monétairement, toute la politique est conçue pour stimuler la prise de risques. Politiquement, budgétairement, fiscalement, Hollande et son gouvernement font tout pour que les agents économiques fassent le gros dos, temporisent, et se disent, finalement, on verra plus tard. Et cela est valable à tous les niveaux, au niveau de la grande entreprise qui va craindre que l’on passe le rateau fiscal sur son bénéficie mondial, que sur la petite et moyenne qui va craindre pour son cash-flow et la rémunération de la son dirigeant, que pour les familles qui vont hésiter à demander un crédit pour acheter une maison ou pour envoyer leurs enfants faire des études longues et coûteuses. Quand on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé, et que déjà tout est sur le fil du rasoir, lorsqu’on est en situation de tout ou rien, les incertitudes ont des effets démultipliés.

Hélas, la logique politique a sa logique que la raison ignore. La logique politique, c’est de durer. De faire diversion. D’enfumer. Et y-a-t-il plus bel enfumage que l’enfumage fiscal. Cela permet de dégager en touche sur toutes les questions pendantes, de tenir en haleine toutes les catégories de population. Un animal blessé est un animal dangereux, il peut faire n’importe quoi. Nous nous souvenons il y a de nombreuses années d’un voyage en Afrique du sud, nous visitions au lever du jour un parc du type Krugger. Un troupeau d’éléphants a barré notre route. Confiant, notre guide nous dit : ce sont des animaux tranquilles, ne bougez pas il n’y a rien à craindre. Hélas, le chef du troupeau avait une large blessure à une patte avant et d’un seul coup, sans raison, il a chargé.

Ne voyez nulle allusion aux éléphants du PS bien évidemment, mais une classe  politique aux abois est une bête dangereuse, elle peut faire n’importe quoi. Y compris fourvoyer le pays comme elle le fait dans des opérations militaires, y compris engager l’avenir par des réformes malencontreuses.

Il ne fait aucun doute que la France a besoin d’une réforme fiscale sérieuse et raisonnable. Cette réforme doit répondre aux besoins fondamentaux aux besoins de long terme du pays. On s’accorde à dire que la lutte contre le  chômage et la création d’emplois sont les priorités des priorités et il faut acquiescer, à condition de bien ajouter : emplois productifs.

On a raison également de mettre l’accent sur la question de la compétitivité. La France depuis l’euro a considérablement perdu en compétitivité. Elle a lâché la proie de l’investissement pour l’ombre de la consommation.

Il n’existe qu’une politique fiscale susceptible de répondre aux besoins à long terme du pays, c’est une politique fiscale orientée vers l’investissement. Pourquoi ? Parce que l’investissement apporte des solutions aux deux problèmes en même temps, celui de la compétitivité et celui de l’emploi. Il n’y a que deux véritables corrélations qui marchent. La première, c’est la corrélation investissement/compétitivité, et la deuxième, c’est la corrélation investissement/création d’emplois. Ce sont les seules qui soient constantes et prouvées. Toutes les autres sont temporaires et circonstancielles.

Mais il existe une autre corrélation importante. Pour un pays qui ne veut pas continuer de céder aux délices empoisonnés de l’endettement, c’est la corrélation épargne/investissement. Pour augmenter le volume d’investissement, il faut augmenter le volume de l’épargne. Il faut cesser de rêver d’importer l’épargne étrangère, cesser de croire que la planche à billets va toujours être possible.

Une fois passé l’épisode de la crise en cours, il est évident qu’il y aura retour à la normale. L’épisode du recours à la dette et à la création monétaire touchera dans quelques années à sa fin. Et le pays qui repartira le mieux, celui qui aura des atouts, sera celui qui aura à sa disposition un vrai fond d’investissement, une véritable épargne disponible pour créer des richesses, prendre des risques, offrir des emplois. Une réforme fiscale qui aurait un sens, une réforme fiscale qui serait digne d’un homme politique et non pas d’un tribun de cour d’école serait une réforme qui se projetterait dans une situation de moyen terme et jetterait les bases d’un véritable renouveau financé sainement et de façon équilibrée.

 L’une des pistes à explorer par exemple dans la perspective du défi qui s’ouvre à la France est celle du généreux et courageux Michel Jobert en son temps. Comme tous les grands, il était raillé, en particulier pour sa petite taille, mais c’était un homme politique d’envergure, soucieux à la fois de la prospérité de la France, soucieux de justice sociale et soucieux de la place de la France dans le monde. Michel Jobert partait de l’idée que l’impôt sur le revenu étai une imbécillité. En effet, quoi de plus stupide que de taxer le travail, l’effort et de désinciter les gens à acquérir des revenus. Michel Jobert partait donc de l’idée qu’il fallait à tout prix préserver l’incitation au travail à l’effort et à l’initiative. Il proposait une réforme fiscale qui supprimait l’impôt sur le revenu et ne comportait que deux branches. Une branche fiscale qui taxe la consommation, une branche fiscale qui taxe l’emploi des revenus autres que la consommation. En termes d’outils de politique économique, l’avantage est considérable. Avec d’un côté des impôts sur la consommation, le régulateur peut appuyer sur le frein ou l’accélérateur selon la conjoncture; avec le volet fiscal sur l’emploi des capitaux et des revenus, il est possible de favoriser, d’orienter l’investissement. Un tableau de bord fiscal de ce type est adapté à la situation présente, il est simple et il s’articule autour de leviers facilement manœuvrables.

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BRUNO BERTEZ Le Vendredi 22 Novembre 2013

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18 replies »

  1. Bonjour,

    « Nous avons très souvent développé l’idée que le monde socialiste est un monde pour enfants. Le monde de Peter Pan, le monde des dessins animés. Irrésistiblement, le spectacle que donne le gouvernement nous plonge dans ce monde infantile. » La grille de lecture offerte par l’analyse transactionnelle (http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_transactionnelle) s’applique parfaitement à la situation que vous décrivez avec des dirigeants qui ne dépassent pas le stade de l’enfant (au sens transactionnel du terme). Vous auriez également pu ajouter sans crainte de vous tromper que tous ceux ou celles qui sont inféodés à cette idéologie sont atteints, a des degrés divers, du syndrome de Peter Pan qui « désigne l’angoisse liée à l’idée de devenir adulte et le désir associé de rester enfant et plus généralement pour caractériser un adulte immature, en référence au personnage éponyme du garçon qui ne voulait pas grandir créé par J. M. Barrie. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Peter_Pan). Mélenchon en est un triste exemple, lui qui veut, avec ses petits points rageusement serrés, tout changer pour un monde qu’il imagine meilleur (il oublie un peu trop facilement ce qui s’est passé au XXème siècle, un peu comme, quand nous étions enfant, nous avons tous plus ou moins souhaité que tout soit gratuit, ce qui serait tellement plus simple). Le paradoxe est que le Socialisme incarne désormais dans ce pays, et indépendamment de ses prétentions avancées sociétales qui ne sont ni plus ni moins que du nihilisme à l’état pur, le conservatisme dans ce qu’il a de plus risible et dangereux. Il n’y a qu’à voir la cécité de nos gouvernants actuels et leur volonté de plaquer la réalité à la grille de pensée obsolète qu’ils ont en tête. Ils me font penser au film « Apollo XIII » où il est demandé aux ingénieurs de concevoir un truc carré qui doit rentrer dans un truc rond. Si pour Apollo XIII, le bidouillage a heureusement fonctionné, pour un pays, c’est franchement léger et de surcroît, dangereux. Triste époque que de voir un pays entier se déliter au jour le jour par le fait de l’incompétence et de la malhonnêteté intellectuelle de ses politiques.

    Une fois au fond de la piscine, on finit toujours par remonter, soit avec un coup de pied, soit noyé. Quel sera notre sort commun?

    Bonne journée

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  2. Et pan sur le bec dirait Le Canard enchainé.
    Les indices Markit de Novembre pour l’Europe viennent de sortir. Ces indices préfigurent à peu près correctement l’activité dans un perspective de court terme. Nous n’insisterons pas car ce serait de la répétition fastidieuse. Tout le monde sait que les choses ne vont pas bien. Pas vraiment besoin de Markit pour s’en apercevoir… encore que cela peut être utile pour des gens comme Hollande, Moscovici et autres.
    En deux mots
    La petite amélioration constatée cet été en Europe semble perdre son momentum, on est en phase de ralentissement … déjà.

    Si les chiffres restent positifs, on le doit à l’Allemagne qui fait preuve de tonus dans la plupart des secteurs.

    Les services sont particulièrement médiocres et la dégradation se poursuit, le Markit reste légèrement positif cependant

    La France retourne en enfer, on replonge dans les plus bas du mois de juin. Chute des embauches.

    Moscovici ou es-tu ?

    L’économiste de Markit n’exclut pas un retour à une croissance négative pour la France au 4e trimestre. Il la qualifie de « sick man of Europe ». Encore du sexisme! Pourquoi pas «sick woman of Europe»?

    Pour l’ensemble Européen il signale que les chiffres sont compatibles avec une croissance très modeste de 0,2% grâce à l’Allemagne.

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  3. Bonsoir,

    Très instructive la dernière partie sur la fiscalité de M. Jobert. Une petite remarque en passant le lien hypertexte sur la loi de Higgs renvoie sur la vidéo du débat Cahuzac/Mélenchon sur youtube tandis que vous avez incrusté cette vidéo juste au dessus. N »y a-t-il pas une petite erreur?

    Il y a bien un sujet à creuser entre politique de l’offre et de la demande comme on dit pour restaurer la compétitivité, Hollande et Sarkozy ont eu ce mot à la bouche si souvent sans faire la moindre réforme…Autre débat récurrent, la taxation du capital alignée sur celle du travail. M. Jobert semblait avoir une vision claire de la situation. Mais à trop dépenser, l’état devait tout taxer sans discernement.

    Ces débats sont essentiels mais impliquent une réduction massive de la dépense publique pour restaurer des marges de manoeuvre afin d’être capable d’arbitrer entre ce qui peut être fiscalisé et ce qui devrait être le moins possible. Fin 2013, un pareil débat reste malheureusement un mirage.

    Cdlt

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  4. Bonjour Mr Bertez,
    Taxer la consommation, c’est la TVA, non ?
    Mais que voulez vous dire par taxer l’emploi des revenus autre que la consommation ?

    Merci

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    • @ursus35

      Si je parle de Jobert, c’est pour vous donner envie de le lire…

      Je vous conseille

      -Mémoires d’avenir
      -Parler aux Français

      Tout est expliqué.

      Jobert part des 2 catégories économiques de base, consommation et investissement
      et son idée est que l’impôt ne doit pas dés-inciter à acquérir des revenus.
      On ne doit taxer que les emplois des revenus et ce, de façon à avoir des instruments de politique économiques efficaces et adaptés; donc l’impôt doit avoir deux volets

      -Volet consommation
      -Volet emploi des revenus en épargne/ investissement

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  5. Imaginez l’imaginaire, puisque le monde pour enfants devienne réel, les oints transforme le modèle. Cela commence par une crise, excuse valable pour une intervention légitime appuyé par les médias à grand renfort de communication sur la nécessité de réguler le système pour en faire un partenaire efficace au service de la collectivité. Donc interviens les banques centrales et leur quantitative easing par l’injection de suffisamment de liquidité vers les banques big too fail pour leur permettre de prendre le contrôle des ETATS. Pays qui avec la complicité des banques mettent en place le modèle sociocratique qui offre l’avantage que tout les acteurs soit impliqués dans le fonctionnement de la société en généralement. Que vienne faire les banques la dessus puisque ce modèle apparait comme la solution au résolution des disparités qui pourrissent le fonctionnement démocratique de nos sociétés. Eh bien de le financer par la main mise de l’ensemble de la chaine de décision régis par l’argent, une façon d’impliquer les individus vers le systémique sans l’analogique (réservé demain c’est à dire pour bientôt à la robotique) ce qui se traduit par l’absence de responsabilité puisque celle-ci deviens collective. Un monde pour une oligarchie sous le pilotage de l’argent qui remanie profondément l’entreprise, l’action entrepreneuriale (ce pourquoi d’ailleurs, le gouvernement ne souhaite pas d’électron libre toujours difficile à prévoir le comportement, les réactions en chaine sont difficile à contenir), un monde qui prépare la société du futur de façon anticiper. Pourquoi une telle accélération alors que l’individu n’y ai pas prêt ? une marche forcée qui amène sont lot de problème que seul les initiés peuvent comprendre, voila ceci est une hypothèse qui se vérifie pour l’instant de façon discrétionnaire mais qui semble en être au stade expérimentale par l’analyse empirique d’une élite mondiale.

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  6. Personnellement je ne pense pas que l’exécutif au pouvoir qui se proclame socialiste soit dans le monde des « play mobil ».

    Ce sont des gens sans aucun scrupule encore moins de moralité avec un égoïsme qui dépasse l’entendement (perso je pense que leurs prédécesseurs n’étaient pas mieux).

    Depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir ils ne fonctionnent que par catégorie électoraliste pour faire simple :
    Ils prennent fiscalement aux catégories sociaux professionnelles qui ne votent pas pour eux et redistribuent aux catégories sociaux professionnelles qui votent pour eux, même si pour cela au bout du compte la France sera ruiné (de mon point de vue).

    Car dans leurs logiciels intellectuels ils sont les vecteurs idéologiques de la mondialisation « porteur de lumière » ils ne peuvent échouer, ils représentent le bien.

    Comme ils ont un prisme réducteur sur l’histoire des hommes l’ espèce humaine doit s’adapter, avec un bon formatage idéologique tout va s’arranger où rentrer dans l’ordre dans « le meilleur des mondes ».

    Ils ne peuvent envisager que l’homme n’a jamais changé depuis qu’il s’est hissé à la première place de la chaîne alimentaire, que la femme et l’homme sont aussi différents qu’indissociables dans la survie de l’espèce sans oublier leurs fameuses mondialisations : une conception intellectuelle de salon qui tient plus de la psychanalyse pour âme tourmentée que du monde réel….Avec tout ça bon courage pour ceux qui vont prendre la suite.

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    • @Lephil

      Je suis désolé, mais je crois que vous n’avez pas compris en quoi le monde socialiste est un monde d’enfant et plus précisément d’enfant-roi.

      Je reviens souvent sur cette question et quelque fois j’explicite.

      La référence au monde enfantin est plutôt psychanalytique :

      Refus des limites!

      Refus du choix, refus de la castration symbolique !

      On peut tout avoir sans rien sacrifier !

      Il y a des free-lunchs !

      Refus de la loi du Père !

      Statut d’enfant-roi !

      On agit non pour se coltiner le réel, mais pour lire l’admiration dans les yeux de sa mère !

      Refus de la différence des sexes, l’un incarnant la Loi, l’autre l’Amour !

      Tout est relatif !

      La vérité n’existe pas !

      Prédominance de l’imaginaire !

      Délire de toute-puissance, constructivisme !

      Le tout symbolisé admirablement, mais symbolisé et non imagé pat Playmobil

      Résumé maladroit que l’on peut critiquer, mais ceci pour vous donner une piste pour comprendre ce que je veux dire.

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      • Mr Bertez, je trouve votre résumé tout à fait juste qui définit par ailleurs le coté négatif du modèle que l’on nous prépare celui de la sociocratie (que je décris plus haut) car il déresponsalise l’individu de tout sentiment de responsabilité (c’est pas moi c’est la faute des autres) avec ca comme justification ca promet des lendemain difficile. Entreprendre en auto financement sera considéré comme un délit, seul les banques décideront de la nature de votre investissement, de vos actions et de vos choix.
        Actuellement, les artistes (press, média, philosophes, comédiens) et leur lots de maux sont à la gouvernance comme consultant à la modélisation de leur conception d’un monde utopique.

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  7. Le débat Mélenchon Cahuzac. Un morceau de bravoure dont il ya des choses à tirer mais aussi et surtout une intox a grande échelle. Un débat entre « frères », en apparence rugueux et houleux mais organisé dans les loges et dont le véritable objet était alors de réhabiliter Cahuzac.

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  8. L’imaginaire au service des Maîtres

    Nous avons beaucoup de sympathie pour les poneys, les chevaux et les gens qui s’en occupent. Surtout ne prenez pas nos quelques lignes pour une critique de leur action, dimanche à paris. Rien de plus sympathique que ces jeunes, ces gens sains, pleins d’allant. Même la télé du pouvoir, TF1, Antenne 2 et FR3 n’ont pas réussi à les rendre antipathiques. Les reportages étaient scandaleux, les commentaires nuls, aussi nuls que l’interview de Marine Le Pen sur BFM par trois excitées incapables, persuadées que parler vite et couper l’interlocuteur était un signe de compétence.
    Nous sommes vraiment dans un système de propagande façon soviétique. Tellement caricatural qu’il se retourne contre les passe-plats qui se croient journalistes et qui, malgré eux, ne sont que faire-valoir et sparring partner.

    Pour revenir à nos amis manifestants, ils illustrent parfaitement ce que nous dénonçons dans notre article ci dessus; les uns jouent la comédie d’un pouvoir qu’ils sont incapables d’exercer, les autres la comédie d’un contre-pouvoir qui se joue façon Disney.

    Dans les deux cas, nous sommes dans le spectacle, dans l’imaginaire impuissant. Finalement les Situationnistes n’avaient pas tort sur tout.

    Il est évident que la politique n’est pas là ou on croit qu’elle est, dans la rue ou dans les étranges lucarnes.

    Les slogans des manifestants font sourire, d’un sourire attendri mais qui au fond, mériterait d’être grinçant:

    « Hollande t’es foutu, les poneys sont dans la rue! »; c’est mignon, mais est-ce que cela sert à quelque chose?

    La politique, elle, elle se joue ailleurs, dans les nominations par exemple subreptices qui sont en train de se préparer au plus haut niveau- à Bercy- nominations qui consistent à mettre le loup bancaire dans la bergerie fiscale pour égorger les moutontribuables. Le cynisme de ce gouvernement allié des kleptos est sans borne et précisément, il s’alimente des actions impuissantes dans lesquelles le peuple se laisse entrainer. Toute action impuissante, action spectacle, est un dérivatif, un détournement, une distraction.

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  9. Lundi 25 Novembre: Carotte fiscale, ont ils au moins fait l’ENA?
    Les premières discussions sur le lapin sorti du chapeau des deux compères -Hollande et Ayrault- qui cherchent à sauver leur peau aux dépens du troisième- Moscovici- sont affligeantes. Point n’est besoin d’avoir une opinion sur la fiscalité, à ce stade pour s’en apercevoir; Point n’est besoin d’avoir une opinion politique, c’est inutile. Non, il suffit d’un peu d’intelligence d’abord et de méthode, ensuite. On aurait pu supposer que ces deux qualités, intelligence et méthode étaient réunies chez nos énanistes; Après tout, ce sont des gens qui pensent faux, qui ne connaissent rien au réel, mais au moins , que ce soit au concours d’entrée , puis à l’Ecole on leur a donné une méthode pour aborder et mettre en forme les problèmes, traiter un dossier.

    Donc notre problème est de modifier la fiscalité française, c’est un choix politique. Acceptons-le.

    La première des choses, si on pense juste est de se demander : Pourquoi faire cette réforme ? Quelle est la cause qui nous détermine à lancer cette idée de réforme ?

    La seconde est de se poser la question: Est-ce bien opportun, est ce que le moment est bien choisi?

    La troisième consiste à s’interroger : Ai-je les moyens de réaliser ce que je veux entreprendre?

    Tout cela est préliminaire, c’est à dire que ce sont des étapes préalables qu’il faut explorer avant même de se poser la question centrale des objectifs que l’on poursuit. Il est en effet évident que selon l’objectif prioritaire qui est fixé, les réflexions et même les travaux préparatoires doivent être différents. Une réforme fiscale fixe en quelque sorte le cadre dans lequel la vie des citoyens, et la vie du pays, et la vie de l’économie vont se dérouler.
    Cela nécessite que la question de l’intérêt général soit posée. La réponse n’est pas évidente, on s’en doute. De même on ne peut échapper à une question centrale à savoir qui représente qui ? Qui est habilité à parler au nom de qui et est ce que cela correspond à une représentativité acceptable?

    Tout cela doit être préalable et exigerait , on s’en doute déjà des mois de travail honnête, de consultations et même de réformes.

    Mais passons car le plus important n’est pas là.

    Le plus important est dans le fait que la fiscalité, les prélèvements constituent une question indissociable de son symétrique comptable :; l’emploi des ressources ainsi dégagées.

    Imagine-t-on que l’on puisse se poser la question de la reforme des ressources sans se poser la question de savoir ce que ‘on en fait. Imagine-t-on une entreprise qui lève des fonds sans avoir, au préalable réfléchi et choisi ce qu’elle allait en faire. Idiot n’est ce pas!

    Les impôts sont le coté droit du compte, l’origine des fonds et ceci est indissociable , même pour un Enaniste de ce qui lui est organiquement indissociable , le coté gauche du même compte, la dépense.

    Une réforme fiscale qui s’exonère de la réflexion sur l’emploi des fonds, le calibrage de ces fonds, est une imbécilité.

    Une réforme fiscale qui ne passe pas par la réflexion, le débat, le vote quasi constitutionnel sur le rôle de l’état est illégitime. Le mot n’est pas trop fort. C’est une violence. Violence qui entrainera la violence de la fraude, de l’émigration, de la généralisation du sentiment antisocial.

    Une reforme fiscale est la mise en musique d’une conception de la démocratie, du rôle de l’état, des rapports entre les producteurs et les takers, les profiteurs comme on dit aux Etats -Unis; c’est une codification des rapports entre les générations.

    Et c’est le plus important : Qui représente la sagesse, le futur , l’avenir dans cet aéropage d’auxiliaires du pouvoir planqués ou stipendiés ? Qui représente la vie , les forces de vie dans ces consultations honteuses que l’on nous annonce ?

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  10. Fiscalité : la liberté, ils s’en foutent. La réforme fiscale selon Jobert

    Vous avez été nombreux à nous interroger sur Michel Jobert et ses idées. Cela nous fait plaisir car c’était le but des références insérées dans notre texte. Nous vous conseillons la lecture du recueil de ses interventions, ce recueil est intitulé « Parler aux Français ». Presque tous les sujets importants de la politique sont abordés dans ce recueil. Mais il y a plus que des sujets, plus que des thèmes, dans cet ouvrage, il y a une philosophie. Une idée de l’Homme, une idée de la France, une idée de sa place dans le monde et, également, une idée de l’avenir. Avouez que cela est rare en politique française. On compte sur les doigts d’une main ceux qui ont été capables d’embrasser tout cela et d’être cohérents.

    Dans l’article sur la fiscalité, nous avons repris l’une des idées de Jobert. Il l’a résumée pour nous dans une interview au Nouvel Observateur parue en octobre 1976 :
    « Je préconise la suppression de l’impôt sur le revenu qui n’est parvenu, en trente ans, qu’à paralyser l’initiative individuelle et à augmenter les inégalités » .
    Voici quelques autres citations qui éclairent la pensée de Jobert :
    « Notre fiscalité est archaïque et paralysante », Paris-Match décembre 1976.

    Jobert n’était pas homme à apprécier les inégalités, il était sévère à cet égard :
    « Un pays développé comme le notre qui a un éventail de revenus aussi ouvert que l’éventail français ne peut pas se tarquer d’être un pays développé. Une telle ouverture… traduit la réalité d’un pays sous-développé ».

    « Je ne suis pas contre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur le capital, je suis pour la justice fiscale. Or depuis trente ans qu’il existe, l’impôt sur le revenu a prouvé qu’il n’assurait pas cette justice fiscale ».

    Et voici le nœud de la pensée de Jobert que nous citons intégralement par conséquent :
    « Je souhaite que l’individu retrouve dans cette société une plus grande liberté d’initiative. L’homme doit pouvoir faire ce qu’il veut du produit de son effort.
    Il peut choisir de consommer, de dépenser ou bien de capitaliser et d’investir. C’est à ce moment-là -au moment du choix- qu’il faut taxer. Pas avant. Sous peine d’entraver et de gêner l’initiative individuelle. Cela suppose la suppression de l’impôt sur le revenu ». Le Nouvel Observateur, octobre 1976.

    Et ceci nous renvoie à un article sanglant que nous avons écrit contre Hollande qui transformait son peuple en tricheurs, faussaires et criminels. En montant les impôts de toutes sortes, Hollande produit le besoin de dissimuler, de tricher. Et nous avons écrit : celui qui abaisse son peuple ne mérite pas de le conduire. Voici ce qu’écrivait Jobert :
    « Le principal avantage à mes yeux (avec la suppression de l’impôt sur le revenu) serait la disparition de tous les mensonges, tricheries, jalousies, combines, compromissions, contrôles, poursuites, sanctions, qui sont le cortège inévitable d’impôts sur le revenu, toutes choses qui souillent la dignité humaine ».

    Les chefs qui rendent leur peuple indigne sont méprisables. Le chef est là pour élever le peuple, son intelligence, son conscience, ses qualités morales, et non pour le transformer en criminels.

    Pour terminer, voici, un peu plus élaboré, le plan de Michel Jobert. Souvenez-vous qu’il s’agit de lutter contre les inégalités et de rendre le citoyen moins indigne en supprimant le besoin de frauder. Il s’agit aussi de disposer des outils pour réguler l’économie.

    « D’abord il y a les taxes sur la consommation. Celles-ci, à condition d’être aménagées, peuvent non seulement procurer des ressources nouvelles, mais encore concourir à l’orientation de la consommation ».
    « Ensuite si le revenu se transforme en capital, valeurs mobilières ou biens immobiliers, alors c’est sur ce capital que doit porter l’effort fiscal. Et là encore, selon les orientations et les modulations qui seront données à cet effort, la vie économique trouvera une stimulation puissante ».

    Et il conclut, enthousiaste, « quelle belle révolution, pourtant, dans la liberté, dans une plus grande liberté ! ».

    A l’heure des Cahuzac, mari et femme, j’ai honte pour la France. Non pas parce que ces gens ont fraudé, mais parce qu’un système fiscal et politique les a incités à le faire et le leur a permis.

    Dieu, comme nous sommes loin de la médiocrité des Hollande, Ayrault, Sapin, loin de la médiocrité du Medef et de la CGPME. Quant aux syndicats de salariés, visiblement, si on les écoute et si on les lit, ils n’attendent qu’une chose, c’est que l’on restaure les corporations de Vichy… La liberté, tous ces gens, ils s’en foutent.

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