Behaviorisme et Finance Comportementale

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 5 Décembre 2013: Le débat sur les bulles fait à nouveau rage! Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 5 Décembre 2013: Le débat sur les bulles fait à nouveau rage! Par Bruno Bertez

Le débat sur les bulles fait à nouveau rage. C’est la raison pour laquelle nous avons produit il y a peu cet Edito (Lisez-le très attentivement, car une lecture rapide en diagonale est trompeuse.):

L’Edito du Mardi 3 Décembre 2013:  Marchés financiers, S&P500-  Cette fois, c’est différent! Non il n’y pas de bulle! Par Bruno Bertez

Shiller vient à moins de 3 semaines d’intervalle de tenir des propos contradictoires. A la mi-octobre, il affirmait qu’il n’y avait pas de bulles. Maintenant dans le Spiegel il défend l’idée contraire, on commence à faire des bulles.

Le récent Prix Nobel d’Economie, Robert Shiller, s’inquiète, dans une interview accordée au quotidien allemand Der Spiegel, de l’apparition d’une nouvelle bulle financière aux Etats-Unis, conséquence des fortes hausses des valeurs immobilières et financières.

« Je ne tire pas encore la sonnette d’alarme mais dans de nombreux pays, les places boursières sont à un niveau élevé et les prix ont augmenté sensiblement sur les marchés immobilier et financier américains », a souligné Robert Shiller, selon qui « ça pourrait mal se terminer ».

Selon Robert Shiller, les actions technologiques et financières sont particulièrement surévaluées.

« Je suis également extrêmement préoccupé par la hausse du marché boursier américain alors que notre économie est encore faible et vulnérable », a-t-il ajouté. Selon l’économiste de 67 ans, les actions technologiques et financières sont particulièrement surévaluées.

Ces volte-face prouvent que ceux qui parlent de bulles manquent l’essentiel et c’est cet essentiel que nous tentons, dans cet article de faire toucher du doigt.

Tant que la Great Experiment se poursuit, tant qu’elle est possible, tant qu’elle est crédible, on peut maintenir deux univers parallèles, à savoir l’univers financier et l’univers réel. Tant que le Système tient, on ne peut affirmer qu’il y a bulle, puisque c’est le côté droit de l’équivalence prix des actions= prix en dollars qui se déprécie.

Mais si  la Great Experiment doit, pour une raison ou une autre se trouver stoppée, alors le caractère bullaire se révèlera!

Shiller insiste sur les comportements « emotionnally driven », c’est ce que nous appelons les « humeurs ».

Il croit qu’il y a des références absolues et donc que l’on peut oser un diagnostic. Nous, nous pensons que les humeurs sont relatives et qu’elle s’auto justifient par le momnentum, les phénomènes de foule et l’anchoring. Donc pour nous les humeurs ne peuvent constituer des guides objectifs.

Le concept de Shiller « emotionnally driven » rejoint en revanche notre analyse technique sur le papier mal classé et les mains faibles.

Les marchés sont rationnels comme le dit Fama, dans la mesure où tant qu’il y a de l’argent à gagner, ils sont acheteurs!  Fama est un imbécile producteur de tautologies. Une semaine avant le top  un marché est encore rationnel en restant acheteur!

La hausse du prix des assets, papiers, housing, immobilier, œuvres d’art est un cadeau tombé du ciel de la Fed avec la bénédiction du gouvernement à ceux qui sont riches et ont le pouvoir de s’endetter pour leverager. 

Celui qui donne tout, peut aussi tout reprendre, ne l’oubliez jamais!

Jouer contre la Fed et le gouvernement est impossible, même pour la Chine, le Brésil et la Russie qui désapprouvent pourtant  la politique suivie.

Les cadeaux cesseront soit quand les Maitres jugeront qu’ils ne peuvent pas aller plus loin, soit quand le réel s’opposera à eux. Ce n’est pas à l’intérieur des marchés que cela se passera, non, ce sera par quelque chose d’exogène qui réintroduira la gravitation dans l’univers parallèle dont nous parlons ci-dessus.

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 5 Décembre 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON

11 replies »

  1. Etats-Unis :

    La banque centrale des Etats-Unis achète chaque mois 85 milliards de dollars d’obligations :

    – 45 milliards de dollars d’obligations de l’Etat US

    – 40 milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires immobiliers.

    En 2006, le total des actifs de la Fed était d’environ 800 milliards de dollars.

    En 2013, le total des actifs de la Fed est d’environ 3750 milliards de dollars !

    Japon :

    La banque centrale du Japon (BoJ) achète chaque mois 7000 milliards de yens d’obligations de l’Etat japonais.

    « La BoJ alimente un spectaculaire programme d’assouplissement quantitatif. Chaque mois, elle achète sur le marché pour 7.000 milliards de yens d’obligations d’Etat nippones. »

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203157810431-le-japon-emporte-sa-premiere-bataille-contre-la-deflation-633478.php

    Europe :

    La banque centrale européenne a agi directement, et aussi indirectement.

    – Directement : la BCE a racheté 241 milliards d’euros d’obligations des Etats européens périphériques.

    – Indirectement : la BCE a prêté aux banques privées européennes 1019 milliards d’euros. Durée du prêt : 3 ans. Taux d’intérêt : 1 %.

    Avec cet argent, les banques privées européennes n’ont pas prêté au secteur privé, mais en revanche elles ont acheté des centaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat.
    Les banques privées espagnoles ont acheté des centaines de milliards d’obligations de l’Etat espagnol.
    Les banques privées italiennes ont acheté des centaines de milliards d’obligations de l’Etat italien.
    Etc.

    « Les banques bénéficiaires de cette manne l’ont toutefois utilisée principalement pour acheter des obligations d’Etat, a expliqué M. Draghi, et les fonds n’ont pas nécessairement alimenté l’économie. »

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/05/comme-prevu-la-bce-laisse-ses-taux-inchanges_3526260_3234.html

    Conclusion :

    La banque centrale des Etats-Unis, la banque centrale du Japon, la banque centrale européenne sont devenues folles.

    Elles ont créé des gigantesques bulles obligataires.

    Quand ces gigantesques bulles obligataires éclateront, tous ces pays connaîtront un effondrement économique et financier.

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    • Le facteur temps est absolument déterminant. On sait que tout cela sera détruit, c’est la loi de la pesanteur appliquée à la finance et ce n’est pas qu’une analogie, mais il ne suffit pas de savoir qu’in fine nous serons tous morts, ce qui nous importe c’est de savoir quand. Et en finance c’est la même chose.

      Pour l’instant on défie les lois de la gravitation parce que les banques centrales grossissent leurs bilans; on croyait que cela allait ralentir en Mai et en fait la Fed n’a pas osé procéder au taper. On dit même que la BCE pourrait commencer des QE à l’Américaine.

      Conclusion tout continue comme avant et les deux sphères, la financière et la réelle restent parallèles sans converger.

      Et personne ne peut prédire jusque quand cela va durer. On peut fournir un schéma théorique, mais guère plus. On a autant de chances d’être à la veille d’un boom haussier qu’à la veille d’un krach. Seul le hasard départagera les gagnants. Et ces gagnants se croiront intelligents et ils reperdront tout derrière.

      Mon pari personnel est que même si on tente de ralentir le printing, on le reprendra de plus belle derrière car les forces déflationnistes sont considérables. Les prix US continuent de ralentir malgré QE ». C’est un signe qui ne trompe pas.

      Et tant que l’on printera, les deux sphères resteront parallèles et en vertu de mon analyse, on ne pourra pas dire, au sens propre qu’il y a bulle confère l’édito sur ce sujet.

      Ce n’est pas un hasard si de très grands baissiers se sont retournés et sont redevenus haussiers; ils font le même pari que moi semble-t-il.

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  2. Bonsoir,

    Assez régulier lecteur, je me permets un commentaire d’amateur.

    La plus grande difficulté dans l’analyse de la présente crise c’est le point de vue.

    Nous sommes des occidentaux et la crise touche l’ensemble des pays occidentaux + Japon.

    Ce monde occidental est notre référentiel et notre réflexion s’articule autour de concepts occidentaux.

    Nous assistons à un puissant développement du monde oriental qui va écarter le monde occidental et le reléguer à la qualité de réserve d’indiens

    En ce sens la FeD est plus une idole locale que Dieu Tout-Puissant.

    Bien à Vous et pour le futur … 天下中國
    :-)

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    • Non vous vous trompez, le monde est global et actuellement le risque de crise est dans le monde oriental, en Asie; en cinq ans l’Asie a triplé ses dettes, la masse de dettes en Asie est de 66 trillions.

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      • Cher Lupus,

        J’apprécie que vous preniez le temps de commenter chaque remarques.

        D’autre part vous avez vu mon ignorance c’est pourquoi je me permets la question suivante :

        Si un État crée de la dette pour disons 3% de son PIB sur une années comment est-il possible que son PIB n’augmente pas de 3% au moins, où se volatilise donc cette création de valeur ?

        Très bonne journée,

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        • Une dette est une origine des fonds. Retenez bien cela, c’est un passif et un passif indique d’où vient l’argent qui sert à financer les transactions qui constituent le PIB…

          A partir de la vous pouvez vous débrouiller.

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          • Cher Lupus,

            C’est bien agréable que vous preniez le temps de m’informer, car à l’évidence je dois vraiment être bouché à l’émeri.

            Je ne comprends pas pourquoi une dette qui est « une source de fonds qui sert à financer des transactions qui constituent le PIB » ne se retrouve pas intégralement dans le PIB.

            Un État, disons la France, augmente sa dette en un an de 3% du PIB soient 60 Milliards.

            Comment se fait-il que cette somme, les 60 Milliards, ne se retrouve pas intégralement dans le PIB ?

            Si c’était le cas, le PIB augmenterait de 60 Milliards soient 3% du PIB.

            Or la croissance d’un pays comme la France n’est pas de 3%.

            Où une partie de ces 60 Milliards se volatilise-t-elle ?

            Très bon dimanche,

            PS, n’hésitez pas à utiliser quelques concepts, malgré mon ignorance j’ai été formé à la faculté « Engineering and Technology » de l’EPFL

            http://www.topuniversities.com/node/2329/ranking-details/world-university-rankings/2013

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  3. La banque centrale du Japon (BoJ) achète chaque mois 7000 milliards de yens d’obligations de l’Etat japonais.

    « La BoJ alimente un spectaculaire programme d’assouplissement quantitatif. Chaque mois, elle achète sur le marché pour 7.000 milliards de yens d’obligations d’Etat nippones. »

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203157810431-le-japon-emporte-sa-premiere-bataille-contre-la-deflation-633478.php

    Résultat : échec total.

    Evolution du PIB au Japon :

    Premier trimestre 2013 : + 1,1 %.
    Deuxième trimestre 2013 : + 0,9 %.
    Troisième trimestre 2013 : + 0,3 %.

    Ce coup de frein de l’économie nippone soulève de nouvelles questions quant à l’efficacité des « Abenomics », cette politique de relance massive, inaugurée par M. Abe fin 2012, qui vise à sortir l’archipel du marasme déflationniste où il s’enfonce depuis dix ans.

    «Il s’agit d’une politique très ambitieuse, mais ses effets commencent à flancher », commente Philippe Waecther, chef économiste chez Natixis AM.

    Ces « Abenomics » comportent trois « flèches». La première flèche consiste en une politique monétaire très expansionniste, visant à relancer l’inflation et à soutenir les exportations en favorisant la baisse du yen.

    La seconde repose sur des plans de relance budgétaire, et la troisième sur des réformes structurelles censées regonfler la croissance potentielle du pays.

    Selon les experts, les « Abenomics » se révèlent décevantes pour trois raisons. D’abord, malgré les incitations du gouvernement, les salaires stagnent. Résultat : la consommation des ménages stagne.

    De plus, le gouvernement n’a pas encore commencé à s’attaquer à la réduction de sa dette publique, qui frôle désormais les 230 % du PIB.

    Enfin, les réformes structurelles promises, notamment celles censées augmenter la participation des femmes au marché du travail, sont encore très floues.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/09/au-japon-la-croissance-faiblit_3527640_3234.html

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  4. Jeudi 12 décembre 2013 :

    USA : plus de sans-abris et de demande d’aide alimentaire dans 25 villes.

    Vingt-cinq villes américaines, parmi lesquelles de grandes métropoles, ont constaté une progression l’an dernier des demandes d’aide alimentaire et du nombre de sans-abris, selon une étude publiée mercredi.

    « L’économie du pays est certainement sur le chemin de la reprise, mais cette reprise est sans aucun doute lente, et il est donc difficile – et pour beaucoup impossible – de répondre aux besoins grandissants de ceux qui ont faim et sont sans abris », a expliqué dans un communiqué le président de la Conférence des maires américains, Tom Cochran, qui a publié cette étude.

    En moyenne, dans toutes les villes issues de 18 Etats, les demandes d’aide alimentaire d’urgence ont augmenté de 7% l’an dernier par rapport à l’année précédente.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/afp-00570632-usa-plus-de-sans-abris-et-de-demande-d-aide-alimentaire-dans-25-villes-636675.php

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  5. […] Nous avons attiré récemment l’attention sur le regain de débat sur la question des « bulles …Les voix sont de plus en plus nombreuses à souligner les risques constitués par un marché financier dont le niveau est très élevé. Nous avons participé à ce débat, de façon un peu paradoxale, puisque nous avons défendu l’idée qu’il n’y avait actuellement pas de bulle et que les excès d’évaluation dont parlent les observateurs ne se manifesteraient que le jour où les politiques monétaires ultra-accommodantes cesseraient. […]

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