Behaviorisme et Finance Comportementale

Humeur de Loup du Vendredi 6 Décembre 2013: Les banques trichent, elles volent, voici comment les punir ! Par Bruno Bertez

 Humeur de Loup du Vendredi 6 Décembre 2013: Les banques trichent, elles volent, voici comment les punir ! Par Bruno Bertez 

Les régulateurs européens viennent d’annoncer des sanctions contre les très grandes banques qui se sont rendues coupables de tricherie, c’est à dire de manipulation de taux clefs, de « benchmark rates ». 

Le Libor et l’Euribor et beaucoup d’autres taux ont été frauduleusement manipulés par des banques, réunies en un cartel de malfaiteurs. Non seulement, elles se sont enrichies sur le dos de leurs clients, ce qui, après tout, est assez banal, mais elles l’ont fait de concert alors qu’elles sont censées se faire concurrence. 

Almunia, qui s’occupe de concurrence au sein de l’Union, a déclaré qu’il était choqué et que les banques allaient recevoir des « sanctions adéquates ». Là, Almunia nous étonne. Pour qu’une sanction soit adéquate, il faut qu’elle répare le préjudice subi. Nous n’avons entendu parler, ni du montant du préjudice, ni des classes gens qui pourraient être indemnisées. 

Comment apprécier le préjudice, comment mettre en place des sanctions adéquates? La base du droit, c’est l’équivalence: on dit cette faute équivaut à ceci comme sanction. C’est le principe de la proportion entre la sanction et  la faute, d’une part, et le préjudice, d’autre part. Ce crime équivaut à 30 ans de prison par exemple. Ici on semble considérer que le seul crime -du moins pour Almunia- a été de constituer un cartel. Ou alors notre Almunia s’explique mal. Notre idée est qu’une fois de plus, on ne tient surtout pas à faire la lumière totale sur cette affaire. 

A tout seigneur, tout honneur, la Deutsche Bank écope de 725 millions d’euros d’amende.La Société Générale en est pour  446 millions. Bizarre, la Société Générale a aussitôt publié un communiqué disant que "cette amende ne modifiait en rien ses prévisions de performances financières ". Diantre, comment, par quel tour de passe-passe, mystère. Le communiqué n’explique pas comment on peut avoir une charge exceptionnelle de 446 millions et, en même temps, ne pas en être affecté. 

Au total, les amendes représentent, mais ce n’est pas fini, 1,7 milliards d’euros. Voilà qui va faire du bien à nos chers banquiers en mal de fonds propres ! 

D’où notre suggestion, émise dans l’intérêt général, celui du public, pas celui des gouvernements bien sûr. Nous trouvons scandaleux que qui que ce soit perçoive ces amendes,  personne n’y a moralement droit, en fait c’est le racket du vice, comme les amendes aux prostituées chères au cœur du gouvernement.

Il n’y aucune raison que qui que ce soit bénéficie de cet argent, cela ne répare rien, surtout pas ceux qui ont été lésés. Le rackett du vice ne doit pas profiter à ceux qui, c’est évident, ont fermé les yeux pendant longtemps sur ces pratique et ferment encore les yeux sur d’autres. 

Par ailleurs, prélever 1,7sur les résultats des banques est criminel puisque cela va obérer leur capacité de prêt dans la proportion minimum de 9 pour 1. On prive l’économie de 9 fois 1,7 milliards de capacité de prêts, soit au moins 15 milliards. Nous proposons que cet argent soit laissé aux banques, transformé en fonds propres, et que  les actions correspondantes émises en contrepartie de la créance de 15 milliards soient attribuées à un fonds spécial , intitulé « fonds du vice des banques ». C’est ce fonds qui sera alimenté dorénavant à chaque fois que les banques seront prises les mains dans le sac et qu’elles seront sanctionnées. 

Cet argent aura un pouvoir multiplicateur terrible puisque qu’avec ces  fonds convertis en fonds propres elles peuvent prêter au moins, chiffre très prudent, neuf fois ! Sans compter les effets induits, il y en a. 

Le  fonds va grossir très vite car on attend d’autres sanctions, comme celle sur le Crédit Agricole, par exemple. 

Le fonds va vite devenir le premier actionnaire des banques car il y a des « sanctions adéquates » qui vont venir augmenter la cagnotte: 

-Sanction pour manipulation des cours de changes, enquête en cours! 

-Sanction pour manipulation de cours boursiers pour émettre du capital  plus cher, enquête non en cours, mais suggérée! 

-Sanction pour manipulation des cours des métaux précieux, enquête non en cours mais suggérée! 

-Sanction pour tromperie à la clientèle sur l’or-papier, enquête non en cours, mais suggérée! 

-Sanction pour entente occulte sur les conditions faites à la clientèle, enquête non en cours, mais que nous suggérons! 

-Sanction pour publicité commerciale mensongère et défaut d’information, enquête non en cours, mais suggérée! 

Nous verrons plus tard, en fonction des cagnottes collectées, l’utilisation que nous pouvons faire des actifs et des produits des actifs de la société « du fonds du vice des banques ».

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 6 Décembre 2013

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12 replies »

  1. C’est parfois instinctivement qu’on trouve les meilleures idées. Malheureusement elle ne respecte pas le sacro-saint principe du : "on ne peut condamner une banque que si elle a violé une règle qui dans d’autres circonstances ne la gêne pas" (en l’occurrence certaines règles de concurrence). Pour toutes les autres règles qui déplaise dès le départ aux banques voici assez rapidement ce qui se passe :
    – Lobbying en amont pour vider les règles de leurs substance et qui aboutissent à un compromis bancal, en général saupoudré de vides et de failles juridiques aisément exploitables.
    – Lorsque l’application d’une telle "règle" se fait au moment où ça n’arrange pas les banques, et bien quelques groupes de pression avec les meilleurs avocats viennent attaquer la disposition où l’autorité qui fait une action en justice.

    (Jusque là rien de très inconnu…)

    Je pense que de savoir que les trois plus gros groupes de pression de Wall Street (à savoir la Securities Industry and Financial Markets Association, l’International Swaps and Derivatives Association et l’Institute of International Bankers) poursuivent devant la justice américaine la Commodity Futures Trading Commission concernant sa politique relative aux opérations à l’étranger pour des questions de procédures pourrait intéresser : si vous n’aviez pas vu :
    Bloomberg : http://www.bloomberg.com/news/2013-12-04/wall-street-trade-groups-sue-cftc-over-dodd-frank-rules-1-.html
    Mon article sur le sujet : http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2013/12/les-acteurs-de-wall-street-attaque-la-commodity-futures-trading-commission-devant-la-justice.html

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  2. les 1, 7 milliards seront verses a la commission europeenne , pas les victimes des fraudes , donc la CE touche une commission juteuse sur les fraudes et sans sanctions penales , ils recommenceront , et la CE touchera de nouveau la com….

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    • C’est plutot l’inverse : banques macro du CE. Puisque les banques ont gagné bien plus que le CE qui lui a fait tout le travaille de dérégularisation et de renflouement.

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  3. Comment sanctionner les banques sans changer de système ?.. La plus grande banque centrale au monde est détenue par des banques privées et agit pour elles comme l’explique très bien Pierre Leconte.. Elles bénéficient même de d’information d’initiés ostensibles avec des minutes et des décisions qui fuitent … j’arrête le QE, je le continue, je l’arrête, je le continue… traduisez par mes banques actionnaires sont short, mes banques actionnaires sont longues…. où encore par ; je perds ma crédibilité mais tant que mes banques actionnaires gagnent du fric ça va, c’est pour la bonne cause.

    " Le communiqué n’explique pas comment on peut avoir une charge exceptionnelle de 446 millions et, en même temps, ne pas en être affecté."

    J’ai eu la même réaction instantanée que vous à la lecture de ce communiqué. Il n’y a qu’une explication… La Socgen savait et a déjà prévu une reprise sur provision équivalente…

    Cela prouve 2 choses de manière irréfutable :

    1) les politiques et les banques sont en connexion directe même quand il s’agit de "sanctionner". A ce propos souvenez-vous l’affaire Kerviel de janvier 2008 ; avant même que les responsabilités ne soient établies, l’Etat avait avait déjà autorisé la même Socgen a passer la perte sur l’exercice précédent et donc à en prendre sa part par une renonciation fiscale…

    2) les résultats des banques peuvent être construits de manière totalement artificielle par simple modification algébrique et subjective du coût du risque.

    Je m’arrête là. Ces 2 points corroborent a eux-seuls les thèses soutenues sur ce site.

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  4. Il appartient maintenant à la Commission Européenne, comme à toute personne publique ou personne chargée d’une mission publique de dénoncer au procureur les délits dont elle a connaissance aux fins de poursuite.

    En France l’article 40 du Code de procédure pénale rend cette dénonciation quasi obligatoire.

    Donc nous attendons.

    Au moins un relai de la presse aux ordres.

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  5. Et les banques italiennes ?

    Comment elles vont, les banques italiennes ?

    Réponse :

    Les banques italiennes ont dans leurs livres 147 milliards d’euros d’actifs pourris : record historique battu.

    Les banques italiennes prêtent de moins en moins d’argent au secteur privé.

    Les prêts au secteur privé italien sont en baisse de 3,7 %.

    Les prêts aux entreprises sont en baisse de 4,9 % sur un an.

    Mais en revanche, les banques italiennes achètent de plus en plus d’obligations de l’Etat italien : 399,5 milliards d’euros en tout.

    Lundi 9 décembre 2013 :

    Italie : forte baisse des prêts aux entreprises en octobre.

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/italie-forte-baisse-des-prets-aux-entreprises-en-octobre-935346.php

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    • C’est la politique du pire, du tout ou rien et de l’irresponsabilité généralisée.
      Du pire, car on tue l’économie réelle.
      Du tout ou rien car on se dit si l’état tombe, nous tomberons tous ensemble
      De l’irresponsabilité car on ne risque rien à faire comme la foule, les moutons et le Pouvoir.

      Le deleveraging du système bancaire européen est forcené, il est encouragé au plus haut niveau , mais les gouvernements profitent des souscriptions aux emprunts souverains en raison des règles prudentielles infâmes qui les favorisent au détriment du privé.

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  6. Il existe un moyen encore plus simple de les punir : retirer les dépôts des grandes banques. Pour les mettre soit dans des banques privées qui jouent leur rôle dans l’économie locale ( il en existe deux excellentes près de l’ancienne Navarre ) ou bien en debancarisant ( actions au nominatif, or physique… )

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