Art de la guerre monétaire et économique

Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 2 Janvier 2014 :  Interrogez vous sur la raison qui pousse les Anglo-Saxons à désigner l’activité financière comme une industrie! Par Bruno Bertez

Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 2 Janvier 2014 :  Interrogez vous sur la raison qui pousse les Anglo-Saxons à désigner l’activité financière comme une industrie! Par Bruno Bertez

En quoi la manipulation de signes serait elle autre chose qu’une activité magique dont le sens et le but final sont la transposition de l’exploitation et de la domination par une classe de grands prêtres. L’industrie dite financière, ce que l’on a usage d’appelez industrie, sert à produire un ordre social et des classes dominantes dont le Projet est de supplanter les anciennes classes dominantes fondées sur:

  • 1 ) la production.
  • 2) l’idée de nation.
  • 3) la mobilité sociale.

L’industrie financière, j’y reviendrai, ne produit qu’une chose: un nouvel ordre du monde.Ce n’est pas un hasard si cela est perçu sous une forme vulgaire -qui ne comporte qu’une part de vérité- comme une industrie productrice d’inégalités: On fait semblant de croire que ce n’est qu’une conséquence annexe, alors qu’en réalité la soi disant industrie financière est fonctionnellement, systémiquement orientée vers cette production organique d’inégalités. La finance, produit de l’ordre social, de l’inégalité sociale, elle accélère ce que j’appelle le développement inégal. Aux uns l’excellence et ils raflent toutes les mises, et aux autres, la relégation et ils sont les laissés pour compte. Le concept d’inégalités doit être élargi et doit englober tout ce qui constitue le développement inégal. Cela inclut l’accès au savoir, au pouvoir, au sens de la vie, aux richesses, au progrès etc. En ce sens cette production d’inégalités est une production de forces destructrices de la démocratie.

En quoi la manipulation de ce qui ne constitue qu’un ensemble de représentations serait elle une industrie? Ce n’est une industrie que dans le cadre d’une religion dont les financiers sont les grands prêtres, dont ils gèrent les mystères et la complexité et à ce titre ils sont comme les magiciens et faux prophètes qui exploitent la crédulité des peuples. La gestion des mystères , de tous temps, a permis à ceux qui s’en prétendaient les oracles, de s’octroyer le surproduit de la société, ce que Bataille appelle la part maudite. Laquelle part maudite sert à financer le luxe, le gaspillage!

L’histoire de la lente expropriation de la classe moyenne

Ernest Hemingway :  «la première solution à un pays mal géré est l’inflation de la masse monétaire, la deuxième, la guerre».

George Bernard Shaw: «Vous devez décider en qui vous devez faire confiance: à la stabilité naturelle de l’or ou à l’honnêteté et l’intelligence du gouvernement. Malgré tout le respect possible pour ces gens, tant que le système capitaliste existe, je vote pour l’or.»

La classe moyenne est victime d’expériences absolument uniques dans l’histoire des politiques monétaires: des taux anormalement bas, des achats illimités de titres d’Etat. A maints égards, il nous semble revenir à la fin de la Deuxième Guerre (endettement souvent de 100%, omniscience de l’Etat). C’est le temps de la «grande manipulation», pour reprendre le terme employé par deux journalistes de la NZZ, Michael Rasch et Michael Ferber, dans leur ouvrage sur «la secrète expropriation»*. Les banquiers centraux, «de sauveurs se sont transformés en un risque pour le monde, en raison de leur gigantesque politique d’injection de liquidités». La manipulation des taux d’intérêt et des monnaies s’est généralisée et accompagne une tendance à l’augmentation des impôts et des restrictions dans nombre de pays

L’impact de cette politique de taux anormalement bas touche les générations futures. Supposons en effet que des parents placent 20 000 francs suisses à trente ans pour leur enfant. Si le taux d’intérêt est de 2%, l’enfant recevra 36 227 francs à 30 ans, s’il est de 4%, son épargne sera de 64 868 francs. Une différence de près de 30 000 francs.

La répression financière est définie par les auteurs comme l’intervention de l’Etat, y compris de la banque centrale, pour que l’argent des créanciers ou des citoyens afflue vers l’Etat à des conditions plus favorables qu’il n’en obtiendrait sur le marché. L’inflation est l’un de ces instruments, mais il en existe une pléthore, notamment les taxes ou les réglementations qui incitent les grands investisseurs (assurances, caisses de pension, banques) à acheter les obligations des Etats. C’est un processus de lente expropriation. L’économiste Carmen Reinhart a détaillé huit mesures de répression financière entre 2008 et 2011, dans The Return of Financial Repression (CEPR). Source Le Temps

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 2 Janvier 2014

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4 replies »

  1. lisez « les essais » de michel drac.beaucoup de ses thèses rejoignent celles de bruno bertez,notamment la nécéssité de rétablir la vérité (des chiffres ,des faits,du langage).il explique que le système capitaliste occidental est mort en 2008,mais qu’il s’effondre lentement car le système est suffisamment souple pour plonger lentement, contrairement au système communiste plus rigide.et c’est la que je veux en venir:les ressemblances intellectuelles et physiques entre le couple Hollande Ayrault et les derniers dirigeants de l’allemagne de l’est sont criantes:memes visages figés ,meme langage,meme lenteur,meme méconnaissance de la réalité du terrain!
    l’industrie financière ressemble effectivement a une église:la croyance dans les analyses techniques est sidérante,les avis des économistes, des analystes ,sont suivis a la lettre, »les marchés » sont cette expression surnaturelle et divine de l’etre suprème.et par dessus tout les fidèles ont une mémoire de plus en plus courte,ce qui permet de changer de direction a tout moment ou d’oublier les décisions et conseils désastreux des autorités(FMI,BERD etc…)

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  2. En décembre 2011 et février 2012, la Banque Centrale Européenne a prêté 1019 milliards d’euros aux banques privées. Durée du prêt : trois ans. Taux d’intérêt : seulement 1 %.

    Résultat : échec total. Les banques privées prêtent de moins en moins aux entreprises. L’économie réelle n’a pas du tout profité de cet argent.

    Les crédits aux entreprises non-financières se sont dégradés avec un recul de 3,7% sur un an, contre un recul de 3,6% en septembre, a précisé l’institution monétaire de Francfort dans un communiqué, jeudi 28 novembre 2013.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_les_credits_au_secteur_prive_reculent_davantage_en_octobre58281120131116.asp

    Depuis décembre 2011, avec les centaines de milliards d’euros du LTRO, les banques privées prêtent de moins en moins à l’économie réelle, aux particuliers, aux entreprises privées.

    Mais en revanche, chaque banque privée a préféré prêter à son Etat.

    Italie :

    En 2007, les banques privées italiennes détenaient 12 % du PIB en obligations de l’Etat italien.

    Fin 2013, les banques italiennes détiennent 28 % du PIB en obligations de l’Etat italien !

    Espagne :

    En 2007, les banques privées espagnoles détenaient 7 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol.

    Fin 2013, les banques espagnoles détiennent 30 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol !

    Sans le vouloir, la BCE a créé de colossales bulles obligataires en Europe.

    Et ces bulles obligataires deviennent de plus en plus gigantesques.

    Regardez les graphiques 3a et 3b :

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=74349

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    • Nous vous remercions de ce post . Il est passionnant!

      On voit que:

      -L’action de la BCE est un trompe l’œil ; ses prêts ne servent qu’à sauver les banques; leurs actionnaires et obligataires sur le dos des citoyens, contribuables et détenteurs de monnaie ce qu’aucun média ou homme politique ne souligne

      -Les banques sont nationalisées de fait, elles ne doivent leur survie qu’aux injections et aides publiques

      -Les banques jouent la politique du pire, au lieu de réduire leur risque souverain comme elles le feraient si elles étaient encore privées et bien gérées, elles augmentent ce risque considérablement afin de resserrer le lien entre les souverains et le système bancaire. Et ce alors que le Commissaire européen, Barnier soutient que l’objectif est de couper le lien entre les banques et les souverains. la politique du pire consiste à dire, si nous coulons, vous coulez avec nous et réciproquement

      -On rend inéluctable les futurs prélèvements sur les épargnants e t déposants, cyniquement , sans scrupule aucun puisque l’on augmente les risques tout en se coupant toute autre alternative. La soi-disante Union Bancaire est une escroquerie qui masque un échec criminel dont les Allemands sont responsables.

      -On augmente le risque financier global en favorisant la constitution de bulles d’assets financiers, lesquelles bulles ne peuvent résister soit à une hausse des taux, soit à une rechute déflationniste; On charge la barque du risque spéculatif mondial de façon , là encore cynique et irresponsable: après moi, le déluge.

      -On rend encore plus problématique le maintien et le sauvetage de l’euro car l’écart entre le Nord et le Sud ne se réduit pas , mais s’accroit en particulier sous deux aspects :

      1) Les ratios de dettes

      2) Les créations d’emplois et l’investissement.

      Le Nord baigne dans l’argent facile et le Sud est évincé du crédit privé.

      Honte à ceux qui soutiennent, même par leur seul silence, ces politiques!

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    • En même temps, faire l’intermédiaire entre la BCE et l’Etat , en touchant 4% au passage, puis en refilant le risque de défaut à … la BCE , moi aussi je veux bien servir de prête nom.

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