Cycle Economique et Financier

Toutes les bulles finissant un jour nécessairement par éclater, il s’agit maintenant pour les banques centrales occidentales de gérer le moins mal possible l’éclatement de celle qu’elles ont elles-mêmes créée sur les actions ! Par Pierre Leconte

Toutes  les bulles finissant un jour nécessairement par éclater, il s’agit  maintenant pour les banques centrales occidentales de gérer le moins mal possible l’éclatement de celle qu’elles ont

Dans le Systéme monétaire international (SMI) actuel de monnaies flottantes de papier émises ex nihilo (donc gagées sur le néant), les principales banques centrales ont le pouvoir de créer les bulles des prix des principaux actifs financiers pour le plus grand profit de l’économie financière (”Wall Street”), en particulier en faisant baisser les taux de change de leurs monnaies, en fixant leurs taux d’intérêt à court terme les plus bas possibles (et même négatifs par rapport à l’inflation), voire en achetant elles-mêmes les actifs qu’elles veulent faire monter (via le QE) ou bien encore en prêtant aux banques privées de la monnaie qu’elles créent elles-mêmes (via le LTRO).

Mais, étant donné que la quasi totalité de la création monétaire provient dans le SMI actuel des banques privées (via le mécanisme des “réserves fractionnaires” dans lequel ce sont “les crédits qui font les dépôts“), il arrive nécessairement un moment où, lesdites banques privées ne voulant -ou ne pouvant- plus prêter, les agents économiques ne voulant -ou ne pouvant- plus emprunter et les bilans des banques centrales étant devenus hypertrophiés -ce qui les prive de toute marge de manoeuvre supplémentaire-, les bulles finissent par éclater. Surtout lorsque l’on tombe dans la “trappe à liquidités”, situation dans laquelle toute création supplémentaire de monnaie ou de crédit n’entre plus dans l’économie réelle mais se perd dans le “trou noir” des bilans pourris des banques zombies. Puisqu’il n’est alors plus possible de continuer de faire artificiellement monter les prix des actifs, devenus si élevés qu’ils sont totalement coupés de la réalité économique. Ce qui conduit finalement ceux qui les détiennent à les liquider brutalement. Le “château de cartes” s’effondre alors et c’est l’économie réelle (”Main Street”) qui paye les pots cassés. C’est donc avec juste raison que Ludwig von Mises écrivait que “Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales”.

Tant que l’on ne changera pas le SMI actuel, en revenant par exemple à l’étalon-or (Système dans lequel ce sont “les dépôts -en valeur tangible comme l’or- qui font les crédits“, ce qui empêche de créer artificiellement trop de fausse monnaie et de crédit factice, et les taux de change sont fixes mais exceptionnellement ajustables, ce qui empêche leurs manipulations), la même séquence accélérée de bulles puis de krachs se reproduira sans fin. Étalon-or qui ne supprime pas les bulles mais les rend plus rares et moins destructrices parce qu’enlevant aux banques centrales -redevenues de simples entrepôts de stockage du métal- tout pouvoir dirigiste. Puisque la création monétaire est alors décentralisée et limitée en fonction du sous-jacent disponible et des besoins réels des agents économiques, dont la confiance revient dans la stabilité monétaire ce qui les conduit à investir et à dépenser. La tare du SMI actuel, c’est la “planification monétaire centrale” mise en place par les banques elles-aussi centrales permettant, selon les préceptes de Keynes, une création incontrôlée de la monnaie et du crédit. Qui se transforme en “mal-investissement” jusqu’à ce que l’on tombe dans la trappe à liquidités et que le Système s’autodétruise puisque la déflation alors s’étend.

Situation dans laquelle se trouvent actuellement les USA et la zone euro, dont ils ne peuvent sortir que:

-En laissant les ajustements naturels se produire c’est-à-dire UNE FORTE BAISSE DES ACTIONS, PUISQUE CE SONT LES ACTIFS LES PLUS SURÉVALUÉS QUE LES POUVOIRS PUBLICS IRRESPONSABLES (en l’occurrence Obama-Merkel-Cameron et Bernanke-Draghi-King/Carney) N’AURAIENT JAMAIS DU LAISSER MONTER A LEURS NIVEAUX STRATOSPHÉRIQUES ACTUELS;

-Ou bien en entreprenant la destruction de leur monnaie (c’est-à-dire en la faisant baisser le plus bas possible) pour essayer de produire de l’inflation, ainsi que le Japon l’a récemment décidé en choisissant de détruire purement et simplement sa monnaie, ce qui est une solution évidemment loin d’être idéale (ainsi que nous le verrons dans un prochain commentaire).

Comme ni les USA ni les Etats de la zone euro ne peuvent ou ne veulent détruire le dollar US ou l’euro, ce qui leur poserait des problèmes politico-économiques et géopolitiques incalculables, ce sera tôt ou tard le krach (l’ “effondrement keynésien” comme disait Mises). Quoique pour la plupart des Etats de la zone euro, il y a une autre issue possible permettant d’échapper à la déflation qui consisterait à sortir de l’euro et à revenir aux monnaies nationales… Étant donné que chaque État-nation, s’il veut être en mesure d’agir sur sa situation économico-financière, doit retrouver sa pleine SOUVERAINETÉ monétaire et budgétaire.

Le QE a crée la super bulle des actions US mais a fait baisser les obligations d’Etat US. La réduction progressive du QE jusqu’à sa fin programmée pour octobre 2014 cassera la super bulle des actions US mais fera monter les obligations d’Etat US. Logique ! Rester short actions US et long US Treasury Bonds (via le TLT).

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Par analogie avec le graphique ci-dessous: en fin d’année 2013, avant que les actions US commencent à baisser pendant tout le mois de janvier 2014, elles reflétaient selon la plupart des analystes financiers le “nouveau paradigme” ! Nous sommes actuellement proche du “piège haussier”, c’est-à-dire d’une phase temporaire de retournement modéré à la hausse prenant place début février qui sera interprétée comme un “retour à la normale”, mais qui devrait ensuite être suivie par un effondrement mi ou fin février jusqu’en octobre au minimum… L’alternative étant que la phase temporaire précitée ne se produise même pas et que l’on plonge tout de suite…

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Techniquement, le DJIA a touché un premier support vers 15.700. Il y a maintenant deux possibilités: 1/remontée vers 16.150 au maximum puis rechute en droite ligne vers 14.750, 2/chute directe après (ou sans) quelques jours de consolidation vers 14.750. De toutes façons le sommet vers 16.600 atteint fin 2013 ne devrait plus être franchi avant très longtemps et le renversement de tendance à la baisse est majeur. Une cassure ultérieure du support vers 14.750 signifierait un risque de chute supplémentaire vers 12.750 (en dessous de son niveau de début 2013) et ensuite peut être beaucoup plus bas.

Depuis 1987 (arrivée d’Alan Greenspan à la tête de la Fed), mais surtout depuis l’éruption de la crise de 2007 qui a été traitée par le laxisme monétaire généralisé, les banques centrales (la Federal Reserve US en particulier) ont fait de la production de bulles leur méthode de gestion du Système monétaire et de l’économie. Jusqu’à ce qu’ayant tellement gonflé, plus personne n’a pu les contrôler. La première a avoir éclaté depuis 2007 c’est celle des subprimes liée à l’effondrement des prix immobiliers US. Puis ce fut, successivement, l’éclatement des bulles des dettes publiques des Etats périphériques dans la zone euro, de l’argent-métal, des actions des sociétés minières, de l’or, des obligations d’Etat US, du yen et, actuellement, des monnaies de certains pays émergents en raison de leurs déficits de comptes courants qui s’aggravent (Turquie, Argentine, Russie, Inde, Indonésie, Brésil, Afrique du Sud, etc.).

http://www.moneynews.com/InvestingAnalysis/Roubini-BRICS-growth-economy/2014/01/28/id/549416

http://pragcap.com/turkey-is-a-distraction-amid-much-bigger-potential-problems

http://www.bloomberg.com/news/2014-01-28/turkey-more-than-doubles-main-interest-rate-to-halt-lira-slump.html

http://www.bloomberg.com/news/2014-01-29/ruble-drops-for-fifth-day-before-fed-decision-as-turkey-tightens.html

http://fr.news.yahoo.com/rouble-%C3%A0-bas-niveau-historique-rapport-%C3%A0-l-152916347.html

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/devaluation-et-speculations-l-economie-argentine-en-danger_425398.html#xtor=AL-241

http://www.zerohedge.com/news/2014-01-30/who-are-biggest-losers-em-crisis

Il reste maintenant trois grosses bulles dont l’éclatement est inéluctable parce que la surévaluation tout à fait “extraordinaire” des actifs concernés n’a plus de correspondance depuis bien longtemps avec l’économie réelle ainsi que nous le répétons depuis des mois: 1/celle de l’immobilier et du crédit (c’est-à-dire du Système bancaire domestique) en Chine, 2/ celle des actions occidentales (USA et Europe) et 3/ celle de l’euro lui-même.

http://www.zerohedge.com/news/2014-01-28/chinas-households-massively-exposed-housing-bubble-has-burst

http://www.zerohedge.com/news/2014-01-29/jpmorgan-warns-avoiding-china-defaults-now-will-amplify-future-problem

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http://www.bloomberg.com/news/2014-01-27/china-default-swap-bets-at-14-month-high-on-trust-flops.html

http://www.project-syndicate.org/commentary/stephen-s–roach-says-that-anyone-trumpeting-a-faster-us-recovery-is-playing-the-wrong-tune#X8mlDsYVpPO8WYI4.99

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IMPORTANT

http://www.gold-eagle.com/article/stocks-plunge-decline-different

IMPORTANT

http://www.businessinsider.com/hedge-fund-short-squeeze-hitting-markets-2014-1

http://fr.finance.yahoo.com/actualites/blackrock-euro-%C3%A0-1-36-dollar-intenable-223831354.html

http://armstrongeconomics.com/2014/01/23/mario-draghi-says-negative-interest-rates-are-possible/

http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/10139939/Italy-could-need-EU-rescue-within-six-months-warns-Mediobanca.html

http://www.reuters.com/article/2014/01/24/us-eurozone-greece-idUSBREA0N18X20140124

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20140127trib000811970/les-banques-europeennes-ont-besoin-de-84-milliards-d-euros-de-fonds-propres.html

L’euro/dollar US est en phase de retournement à la baisse

On notera que l’éclatement des trois grosses bulles restantes produirait nécessairement une forte reprise des obligations d’Etat US (l’actif de dernier ressort dans le SMI actuel) et, à un moindre degré, du dollar US contre la plupart des autres monnaies, ce qui ferait probablement baisser les prix des matières premières et des métaux précieux beaucoup plus bas que leurs niveaux actuels, dans un contexte de récession économique et de déflation prolongées comme de chute de la demande en provenance des BRICS.

http://blog.kimblechartingsolutions.com/2014/01/joe-friday-two-thirds-chance-bonds-rally-and-yields-decline/

http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/10605957/World-risks-deflationary-shock-as-BRICS-puncture-credit-bubbles.html

Jusqu’à ce que la hausse du dollar US allège suffisamment le fardeau pesant sur les autres monnaies et que les taux d’intérêt à moyen et long terme US étant revenus à leurs plus bas, le cycle économique reprenne naturellement aux USA d’abord, puisqu’ils restent la plus grande économie du monde déterminant la conjoncture des autres, et atteigne le reste du monde ensuite. Processus qui prendrait des années avant d’aboutir, pendant lesquelles il faudrait que les politiciens entament une réforme sérieuse des Systèmes monétaires et bancaires nationaux puis international et du commerce mondial en mettant en place de nouvelles régulations, les moins dirigistes possibles mais toutefois suffisamment contraignantes (comme le rétablissement du Glass-Steagall Act par exemple) pour rétablir un ordre coopératif durable…

Entretemps, la baisse des prix des matières premières aggravant considérablement la situation des pays émergents n’aura pas seulement des effets économiques et financiers désastreux chez eux mais entrainera des bouleversements géopolitiques majeurs (sans doute agrémentés de révolutions et de guerres). On pourra alors féliciter Bernanke de son “magnifique” travail à la tête de la Fed…

http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100026424/60-oil-will-finish-russias-putin-regime-says-hermitages-browder/

Les actions chinoises ont commencé un décrochement de nature à les faire chuter sur leurs niveaux de 2009, idem pour la plupart des marchés d’actions des pays émergents

Or et argent-métal

Comme on pouvait s’y attendre, la BRI, agissant pour compte de la Fed et d’autres banques centrales occidentales, a stoppé net (d’un simple clic informatique de vente de quelques contrats à terme sur le Comex) la possibilité de cassure à la hausse de l’or et de l’argent-métal qui devraient maintenant retomber sur leurs plus bas de fin décembre 2012 – début janvier 2013… Et à notre avis les casser du fait d’une remontée du dollar US à la suite d’une nouvelle réduction du QE par la Fed.

http://www.zerohedge.com/news/2014-01-27/gold-silver-sold-benoit-gilson-gets-back-work

Le Credit Suisse, soulignant l’avantage irrésistible des obligations d’Etat US dont le rendement réel (sans compter la possibilité de gains en capital) s’accroit en période de déflation par rapport à tous les autres actifs en particulier l’or, estime que le métal jaune devrait chuter vers 1.000 USD l’once en 2014… Même analyse de Goldman Sachs et Morgan Stanley. Ce qui est d’ailleurs conservateur parce que l’objectif final graphique de baisse de l’or se situe plutôt vers 700.

http://www.businessinsider.com/credit-suisse-gold-1000-2014-1

http://www.moneynews.com/Markets/goldman-corn-gold-bear-markets/2014/01/30/id/549862

L’inénarrable mais sympathique Marc Faber reste bien entendu haussier sur l’or, et le serait encore même s’il tombait à zéro, mais, ô miracle, il est dorénavant aussi haussier sur les US Treasury Bonds (alléluia !) et baissier sur les actions US.

http://www.zerohedge.com/news/2014-01-28/marc-faber-warns-insiders-are-selling-crazy-short-us-stocks-buy-treasuries-gold

Il n’y a pas que l’or et l’argent-métal qui soient dans une tendance baissière mais aussi le palladium et le platine

SOURCE ET REMERCIEMENTS : FORUM MONETAIRE DE GENEVE

http://www.forum-monetaire.com/wp-content/uploads/2014/01/plat.png

1 reply »

  1. Ahurissant !

    M. Leconte nous explique :

    – Que le monde trouvera son refuge ultime dans les bons du trésor US, c’est à dire dans un actif insolvable sinon en monnaie de singe …
    – Qu’une fois que tout le monde se sera réfugié dans la dette américaine, les US assainiront tranquillement leur économie et leurs finances publiques, alors qu’ils seront le pays le plus endetté du monde, par définition….
    – Et enfin, que dans le monde déflationniste qu’il décrit, qui, avec son lot de défauts bancaires systémiques, de défauts souverains idoines et autres faillites généralisées ressemble plus à « Mad Max » ou a « the Day After » qu’à autre chose, l’or descendra à 700 $ !?!?!?

    Quelle rigolade ! C’est confondant d’académisme.

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