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Politique Friction du Mercredi 12 Février 2014: Le pouvoir est toujours celui de tracer des équivalences,… plus ou moins fausses Par Bruno Bertez

Politique Friction du Mercredi 12 Février 2014: Le pouvoir est toujours celui de tracer des équivalences,… plus ou moins fausses Par Bruno Bertez

Nous avons, il y a quelques mois, produit un texte qui traitait de façon plutôt économique et monétaire de la question des « équivalences ». Nous soutenions que c’est une caractéristique de la domination des pouvoirs que d’imposer comme équivalentes des choses qui ne le sont pas.

En politique, l’équivalence reine, celle qui est organisatrice de nos sociétés, c’est l’égalité, un homme en vaut un autre. Une voix en vaut une autre, c’est en ce sens que les démocraties sont structurellement, par construction, égalitaristes. La dérive a consisté à faire glisser l’équivalence politique à tous les domaines. On a favorisé, par démagogie, l’envahissement de l’égalitarisme à toutes les sphères de la société.

L’égalitarisme dont il est question en ce moment, celui qui nie les différences entre les êtres humains et veut les réduire à un être abstrait universel, sans détermination aucune, est un pur projet politique d’inspiration fasciste. Il s’agit de réduire l’être humain, l’individu, à une partie de lui-même, la partie citoyenne. On fait éclater l’individu et on n’en retient qu’une partie. Notez bien, dans « leurs » raisonnements, on aboutit toujours au citoyen, c’est leur opérateur, leur unité de raisonnement, leur molécule constitutive du système qu’ils veulent imposer.

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Pourquoi ne vouloir avoir en face de soi que des citoyens réduits à des abstractions? Citoyens pures pages vierges, programmes vides n’attendant que le chargement? Pour des raisons de transmission. Le problème majeur des Maîtres, c’est la transmission, ce concept est au centre de la crise, au centre des actions qu’ « ils » entendent mener. Ils décident et, pour que cela marche, ils ont besoin de courroie de transmission, ils ont besoin de transmettre leurs ordres, leurs impulsions et que « cela » réagisse comme « ils » le souhaitent, comme le modèle qu’ils utilisent le prévoit. Il faut dans ce contexte que vous abandonniez votre épaisseur, qui déforme leurs stimuli, qui les affaiblit, qui s’y oppose par le principe de l’action et de la réaction, il faut que le modèle gagne et que vous soyez vaincus, matés.

La volonté d’extension est fasciste car elle s’exerce par le biais de l’esprit de sacrifice: vous devez abandonner vos déterminations au profit, au nom d’un objectif, d’un idéal,  dont eux, je dis bien eux, sont détenteurs. Du temps de Hitler, c’était le réarmement pour conquérir l’espace de l’Est et parler d’égal à égal avec l’hégémon, les Etats-Unis, maintenant c’est le sacrifice pour construire l’espace vital des pays du Nord de l’Europe dissimulés derrière le faux nez de l’Union Européenne. Car il est maintenant évident que ce que l’on construit, c’est une Europe hiérarchisée, colonisée, domptée, vidée de ses déterminations historiques méditerranéennes entre autres.

La réduction des individus à de purs esprits citoyens est un moyen, bien sûr, pas une fin pour aller dans cette direction. Ce n’est pas un choix, c’est le système aveugle, mais omniscient, de ce qui lui est bon, c’est le système qui y conduit inexorablement.

Le fameux « plus jamais cela », qui est le principe de base de la propagande Hitlero-Pays du nord et des Collaborateurs locaux, a été mis en place pour cela. On a joué sur un ressort, la peur, l’horreur de la guerre, pour dire aux gens implicitement bien sûr: vous devez cesser d’être ce que vous croyez que vous êtes, vous devez abandonner tout désir de spécificité et d’identité, c’est le maintien des identités qui est à l’origine de la guerre. Ce qui est faux, archi-faux. Les guerres mondiales n’ont absolument pas été des chocs de nationalismes, mais des chocs de recherche d’hégémonies dans le cadre d’une globalisation économique et financière voulue par les Maîtres. En particulier la guerre de 1914 s’explique mieux par la rivalité entre l’Allemagne de l’imbécile Guillaume II et la Grande-Bretagne pour l’hégémonie maritime et le contrôle des mers. Les Anglais, acteurs clefs, ont été motivés par le refus de ce défi. Nous vous conseillons de lire de bons ouvrages d’histoire, pas ceux de la République Française, sur la période 1850-1914.

En décembre dernier, l’historienne anglaise Margaret MacMillan a ouvert les feux de la commémoration 14-18 avec un article dans le New York Times qui pose parfaitement la trame dramatique de la discussion probable. Spécialiste de la Première Guerre mondiale, elle compare le début du XXe siècle et le début du XXIe. La globalisation qu’on connaît aujourd’hui? Elle était déjà un mouvement majeur d’alors, dit-elle. Les lieux les plus reculés du monde étaient reliés par les nouveaux moyens de transport et de communication, train, navigation à vapeur, téléphone, télégraphe électrique. L’industrie et le commerce étendaient partout leur champ d’activité. Loin de rapprocher les peuples, cette expansion économique suscitait des réactions de rejet, de repli identitaire qui attisait les tensions et augmentait les rivalités. «On se rassure faussement en croyant que des pays qui ont des McDonald’s ne se battront plus les uns contre les autres», dit l’historienne.

L’extraordinaire croissance des relations économiques entre la Chine et les Etats-Unis, qu’elle compare avec celles de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne au début du XXe siècle, n’a pas levé les soupçons réciproques. Dans la compétition pour les marchés, la Chine est plus décidée que jamais à traduire sa force économique en puissance militaire. Cent ans plus tôt, c’est l’Allemagne impériale qui construisait une flotte sous-marine pour rattraper la puissance maritime britannique. Effrayée, la Grande-Bretagne la dénonçait. «Avant 1914, les grandes puissances parlaient de leur honneur. Aujourd’hui, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, parle de la crédibilité et du prestige des Etats-Unis. Est-ce que ce n’est pas du même ordre?» Source: Le Temps  

Les Maîtres essaient de nous vendre une « ragougnasse » philosophique sur l’universel avec la complicité de grands théoriciens marxistes comme Alain Badiou. Selon ces gens, le Projet de l’Humain, ce serait l’Universel. Et cela explique, bien sûr, les fins de déterminations nationales, raciales, culturelles, individuelles, sexuelles, etc. Allez voir le débat organisé par le Nouvel Obs, si mes souvenirs sont bons, débat entre Finkielkraut et Badiou.

Les marxistes en chambre comme Badiou ne se rendent pas compte qu’ils collaborent en fait au projet inverse, celui du maintien en place des Maîtres, kleptos et ploutos, mystifiés qu’ils sont par l’utilisation de l’abstrait et de l’universel comme bouclier, comme faux nez du maintien du désordre établi. Car l’égalité, l’universel, ce sont eux, les Maîtres, qui le gèrent, messieurs les soi-disant révolutionnaires. Ils le gèrent à leur profit et s’en servent pour faire suer le burnous, extraire la plus fameuse plus-value grâce à l’arbitrage entre le singulier et le mondial, le local et le global, le concret et l’universel.

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BRUNO BERTEZ Le Mercredi 12 Février 2014

illustrations et mise en page by THE WOLF

EN LIEN: Politique Friction du Mardi 11 Février 2014: L’homme universel Par Bruno Bertez

EN BANDE SON:

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SUR LE FRONT: REVUE DE PRESSE ( Source et Remerciements à Maître Confucius)

COLLAPSE UPDATE:

1…bug et crash interrompu du Bitcoin?

http://www.businessinsider.com/mtgox-statement-on-withdrawals-2014-2

http://www.finextra.com/news/fullstory.aspx?newsitemid=25707&topic=retail

http://www.20minutes.fr/economie/1295230-20140210-bug-securite-fait-plonger-cours-bitcoin

2…retour du plafond de la dette us

http://rt.com/usa/us-debt-lew-treasury-173/

http://www.bloomberg.com/news/2014-02-07/lew-says-u-s-borrowing-power-may-not-last-past-feb-27.html

3…The Big Reset : nouveau livre us sur la remise à zéro monétaire qui vient

http://www.ingoldwetrust.ch/the-big-reset-part-1

FRANCE:…intensification de la lutte contre la fraude aux allocations chômage (= plus de radiations etc…= inversion de la courbe)

http://www.capital.fr/carriere-management/actualites/fraude-aux-allocations-chomage-pole-emploi-appele-a-intensifier-la-lutte-909910

FRANCE:…stress test…marché transaltantique…baisse du déficit bidon..défaillance de la caisse de retraite des professions libérales…SG & BNP vont supprimer des postes

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203306381578-les-stress-tests-de-la-bce-feront-des-victimes-649269.php

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/02/10/commerce-le-match-europe-etats-unis-s-engage_4363369_3234.html

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-cour-des-comptes-juge-l-objectif-de-baisse-du-deficit-fragile-11-02-2014-1790479_240.php

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/02/11/hopitaux-prisons-retraites-la-cour-des-comptes-fustige-les-derives-budgetaires_4364029_823448.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/02/11/le-service-deplorable-de-la-caisse-de-retraites-des-professions-liberales_4363756_823448.html

http://www.capital.fr/bourse/actualites/societe-generale-et-bnp-vont-supprimer-des-postes-en-france-909896

FRANCE:…réforme de la taxe d’habitation, jusqu’à 4 fois plus?…difficultés financières des locataires

http://www.challenges.fr/patrimoine/20140210.CHA0271/taxe-d-habitation-le-pire-est-a-venir.html#xtor=EPR-14-[Quot10h30]-20140211

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0203304575818-des-loyers-en-faible-hausse-et-des-locataires-a-la-peine-649396.php

GRECE:…trucage de chiffres?

http://www.bfmtv.com/economie/grece-a-t-elle-enjolive-chiffres-706890.html

INDE:…un million d’employés de banque en grève

http://www.lameuse.be/931551/article/actualite/monde/2014-02-10/inde-un-million-d-employes-de-banques-en-greve

UK:…Barclays supprime 10 000 à 12 000 emplois

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/02/10/le-difficile-nettoyage-de-barclays_4363587_3234.html

CHINE:…bond de 41% de la conso d’or 2013

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/industrie-lourde/actu/afp-00582877-bond-de-41-de-la-consommation-d-or-en-chine-en-2013-649509.php?xtor=RSS-2008

USA:. Hawaï inhabitable?…neige & panne électrique

http://www.wikibusterz.com/usa-hawai-desormais-inhabitable-a-cause-de-fukushima-video/

http://edition.cnn.com/2014/02/11/us/winter-weather/

USA:..Soros empoche 5,5 milliards

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203304623557-george-soros-empoche-5-5-milliards-de-dollars-en-2013-son-plus-gros-pactole-depuis-2009-649207.php

ARABIE-SAOUDITE:..services gouvernementaux par drones?

http://rt.com/news/uae-delivery-drone-program-359/

9 replies »

  1. Les drones US localisent les cartes SIM des terroristes pour les tuer (lien ci après)

    https://firstlook.org/theintercept/article/2014/02/10/the-nsas-secret-role/

    Bientôt, toute personne qui ne pensera pas « citoyen » du monde et surtout, tout agitateur d’idées contraires à la doctrine universelle, en train de se mettre en place insidieusement, pourra être neutralisée pareillement, lorsque les robots « titan » et autres joyeusetés volantes seront déployées dans nos villes et cieux occidentaux.

    A votre place, Mr Bertez, je me méfierais… Et ne misez pas sur la conscience des pilotes de drones au moment de presser sur la détente. « ILS » songent déjà à remplacer cette décision par celle d’une IA, qui elle, n’aura pas d’état d’âme.

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  2. Mercredi 12 février 2014 :

    Portugal : le FMI approuve un nouveau prêt de 910 millions d’euros.

    Le Fonds monétaire international a annoncé mercredi avoir approuvé le versement de 910 millions d’euros en faveur du Portugal dans le cadre du plan de sauvetage international du pays, selon un communiqué du FMI.

    Le feu vert a été donné par le conseil d’administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats membres, et porte à 25,1 milliards d’euros le montant des prêts accordés par l’institution de Washington depuis le renflouement du pays en mai 2011.

    Plombé par son endettement et privé d’accès aux marchés financiers, le Portugal avait alors obtenu une ligne de crédit de 78 milliards d’euros, promise par le FMI (26,7 milliards d’euros) et l’Union européenne en échange d’un plan d’économies drastiques.

    Rappel :

    Dette publique du Portugal :

    2007 : dette publique de 115,786 milliards d’euros, soit 68,4 % du PIB.
    2008 : dette publique de 123,302 milliards d’euros, soit 71,7 % du PIB.
    2009 : dette publique de 141,055 milliards d’euros, soit 83,7 % du PIB.
    2010 : dette publique de 162,473 milliards d’euros, soit 94 % du PIB.
    2011 : dette publique de 185,240 milliards d’euros, soit 108,2 % du PIB.
    2012 : dette publique de 204,843 milliards d’euros, soit 124,1 % du PIB.
    Fin septembre 2013 : dette publique de 210,965 milliards d’euros, soit 128,7 % du PIB.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22012014-AP/FR/2-22012014-AP-FR.PDF

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  3. Le démon des idéologies.

    Les fers de lance du Bien, comme Badiou tuent au nom du d’une vérité dont ils sont persuadés être détenteurs. Car Badiou croit à la Vérité, ce n’est pas un relativiste, mais il croit à la Vérité sous une forme révélée, révélée à lui, bien sûr, ce qui le rapproche des copains de Platon et de sa caverne. Nous aussi nous donnons toute sa valeur au concept et à la catégorie de Vérité, mais comme à un processus, comme une recherche, comme à un « tendre vers » dont on ne se rapproche qu’asymptotiquement. C’est la raison pour laquelle certaines idéologies dites de la libération peuvent déboucher sur des goulags, des fascismes, des crimes contre l’humanité, elles prétendent, ceux qui les brandissent prétendent détenir la Vérité et l’imposer par tous moyens, au nom de cette exigence de l’universel.
    Ainsi, Sartre et son clone référence des partisans de la théorie du genre, Simone de Beauvoir, était en réalité un salopard qui a dissimulé les crimes commis en URSS afin de continuer à avoir raison. Non, le fait de nommer ou de regarder ne définit pas l’autre, l’autre est irréductible à ce que pense Badiou, Sartre, Peillon ou Taubira.
    Et pourtant , il n’ y a pas d’essence de l’Homme, il n’ y a même pas des Hommes existants, il n’ y d’abord concrètement, que des hommes et des femmes ; et c’est une opération intellectuelle, de notre intelligence, qui ensuite, nous permet de dire: mais ces gens-là, ils ont quelque chose de commun: l’humanité. Nos soit- disant penseurs confondent encore, à leur âge, les représentations qu’ils se font du réel avec le réel lui-même. L’Homme c’est ce qu’ils pensent, ce qu’ils projettent, le réel , le concret, ce qui vit, c’est l’homme et la femme:
    Tous ceux qui partent du monde des Idées, se copient, se plagient, se commentent, se dépassent ou se contredisent, et tous sont dangereux car peu à peu ils perdent le contact avec le réel, la société civile, l’existant, les déterminations. Ils finissent tous par prendre leurs représentations pour le réel, ils oublient l’épaisseur de la vie, le sang, les larmes, le facteur temps.
    Les politiciens, bien souvent gens de rien sauf quelques exceptions, ont normalement pour fonction de tracer l’articulation entre les remontées de la société civile, sa morale, ses principes, etc et les idéologies, les projets, les aspirations naissantes et émergentes, ils n’ont pas vocation à imposer les idéologies à la société civile , mais à faciliter les arbitrages, les transitions, les mutations vers des états plus adaptés e.t plus satisfaisants. La norme première de l’action du politicien devrait être « no harm », ne pas nuire, ne pas faire de tort.
    Au lieu d’étudier les idéologies, ces zozos feraient bien de devenir respectueux de ce qui existe et étudier la sociologie.
    La dérive des démocraties et surtout de ceux qui se disent Républicains réside dans le fait qu’ils croient que le politique est une catégorie à part, autre, qui donne le droit d’imposer, de substituer des principes d’actions à ceux qui sont produits par et contenus dans la société civile, dans l’économie, dans la morale. Pour eux ce qu’ils appellent le politique est une catégorie supérieure, au dessus des autres et non pas un médiateur.
    On ne maitrise la nature qu’en la respectant, telle devrait être la devise de quelqu’un de bien qui voudrait faire de la politique. Nature étant à prendre au sens d’’Aristote, c’est à dire nature élargie qui comprend le culturel qui s’est développé naturellement. Cette nature dont il dit  » chassez le naturel et il revient au galop ».
    Pour penser, il faut partir de ce qui est, et non pas de ce qui devrait être. La pensée est une production, pas une révélation.

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  4. je préfère avoir affaire aux colères et éxcés de plus en plus nombreux de dame nature ( qui soit dit entre parenthése est en train de mettre une belle pagaille aux états unis ) parce que là au moins c’est du franc , du direct; ce que nous prépare les tarés d’en haut est tout simplement innacceptable et dangereux ; comment se fait il qu’il y est aussi peu de gens pour s’en rendre compte ?l’inconscience humaine me fait peur ;

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  5. Grèce :

    Chômage : 28 %.
    Chômage des jeunes de moins de 24 ans : 61,4 %.

    Jeudi 13 février 2014 :

    Grèce : le taux de chômage monte encore et atteint 28% en novembre.

    Le taux de chômage en Grèce a atteint 28% en novembre, continuant à progresser sur un an, a annoncé jeudi l’Autorité des statistiques grecques (Elstat).

    En novembre 2012, le taux de chômage était de 26,3%. Sur un mois, le taux de chômage a progressé de 0,3 point, puisqu’il était en octobre de 27,7%, alors qu’il n’avait augmenté que de 0,1 point entre septembre et octobre.

    A 61,4%, le taux de chômage des moins de 24 ans a repassé en novembre le seuil des 60%. Il était de 57,9% en octobre et de 61% il y a un an.

    http://www.romandie.com/news/n/Grece_le_taux_de_chomage_monte_encore_et_atteint_28_en_novembre73130220141342.asp

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  6. Un poème que certains devrait relire :

    Alfred de VIGNY   (1797-1863)

    La mort du loup
    I

    Les nuages couraient sur la lune enflammée
    Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
    Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
    Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,
    Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
    Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
    Nous avons aperçu les grands ongles marqués
    Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
    Nous avons écouté, retenant notre haleine
    Et le pas suspendu. — Ni le bois, ni la plaine
    Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
    La girouette en deuil criait au firmament ;
    Car le vent élevé bien au dessus des terres,
    N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
    Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,
    Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
    Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
    Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
    A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,
    Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
    A déclaré tout bas que ces marques récentes
    Annonçait la démarche et les griffes puissantes
    De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
    Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
    Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
    Nous allions pas à pas en écartant les branches.
    Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
    J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
    Et je vois au delà quatre formes légères
    Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
    Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
    Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
    Leur forme était semblable et semblable la danse ;
    Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
    Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
    Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.
    Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
    Sa louve reposait comme celle de marbre
    Qu’adorait les romains, et dont les flancs velus
    Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
    Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
    Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
    Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
    Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
    Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
    Du chien le plus hardi la gorge pantelante
    Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
    Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
    Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
    Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
    Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
    Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
    Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
    Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
    Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
    Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
    Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
    Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
    Et, sans daigner savoir comment il a péri,
    Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

    II

    J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
    Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
    A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
    Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,
    Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
    Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
    Mais son devoir était de les sauver, afin
    De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
    A ne jamais entrer dans le pacte des villes
    Que l’homme a fait avec les animaux serviles
    Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
    Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

    Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
    Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
    Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
    C’est vous qui le savez, sublimes animaux !
    A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
    Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
    – Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
    Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au coeur !
    Il disait :  » Si tu peux, fais que ton âme arrive,
    A force de rester studieuse et pensive,
    Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
    Gémir, pleurer, prier est également lâche.
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
    Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. « 

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