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Paul Craig Roberts : La guerre américaine contre la Russie est déjà en cours

Paul Craig Roberts : La guerre américaine contre la Russie est déjà en cours!

La Voix de la Russie, 27 Juin 2014 – Combien est-elle vraie la croyance diffuse selon laquelle le président Obama a ruiné la politique étrangère américaine, et comment ça fonctionne? La Voix de la Russie discute avec Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor américain, actuellement président de l’Institut d’économie politique.

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La Voix de la Russie : Les médias américains se braquent sur un mécontentement croissant de la politique étrangère du président Obama, à la fois entre les républicains et les démocrates. S’exprimant lors de la conférence de la Faith and Freedom Coalition à Washington le sénateur Ted Cruz a dit « à l’étranger, nous voyons notre politique étrangère s’effondrer et chaque région du monde est de plus en plus dangereuse ». Le dernier sondage New York Times / CBS infos a enregistré un manque croissant de confiance dans le président et son leadership, avec 58 pour cent des Américains désapprouvant la manière dont Obama gère la politique étrangère. Qu’est-ce qui rend les Américains mécontents ?

Paul Craig Roberts: Eh bien, je pense que, peut-être, les Américains sont en train de s’apercevoir de tous les mensonges. Il existe maintenant des sources d’information autres que les médias occidentaux anglophones. Et le compte-rendu que les États-Unis donnent, par exemple, de l’Ukraine est clairement un mensonge. Et il faut un certain temps avant que les gens comprennent le sens des mensonges. Je ne pense pas que la majorité saura jamais les comprendre, mais suffisamment de monde le fera.

Et puis beaucoup d’Américains qui ne sont pas satisfaits auront été insatisfaits pour des raisons économiques internes. Ils auraient voulu que les ressources gaspillées dans des guerres fussent allouées aux besoins nationaux et ne servant pas à payer plus de guerres. Par exemple, la crise irakienne est revenue et on parle trop de l’envoi de troupes aux Pays Baltes, en Europe de l’Est afin de se prémunir contre la « menace russe. »

Donc, ceci alarme les gens qui n’ont pas eu de croissance des revenus, qui ne peuvent pas trouver un emploi, qui souffrent de lourdes dettes pour aller à l’université, de la coupe des indemnisations du chômage, des menaces qui pèsent sur le système de sécurité sociale, des menaces de couper le système médical public (qui n’est pas vraiment un système, mais certaines personnes comptent sur lui). Ainsi, la plupart des Américains, quand ils voient plus de difficultés à l’étranger impliquant plus de guerres, comprennent que les guerres signifient plus de difficultés économiques pour eux. Les États-Unis ont été en guerre pendant 13 ans. Ils ont gaspillé des milliards de dollars et n’ont atteint aucun résultat. Et oui, c’est probablement la raison principale pour laquelle les gens ne sont pas satisfaits, parce qu’ils souffrent ici pour des (raisons liées à des) guerres dans lesquelles ils ne croient plus.

VdR : Mais quelle est exactement la raison derrière les guerres sans fin?

PCR : Il y a plusieurs raisons qui se renforcent mutuellement. La première est que l’idéologie néo-conservatrice a pleinement accédé au pouvoir avec l’effondrement de l’Union soviétique. Et cette idéologie dit que l’histoire a choisi les Etats-Unis pour prévaloir partout dans le monde, qu’il n’y a pas d’alternative au système politique et économique de l’Amérique, et que ce choix par l’histoire donne aux États-Unis la responsabilité d’exercer une hégémonie sur le monde entier.

Donc, c’est une idéologie très puissante, l’idéologie la plus puissante que les États-Unis ait jamais eue. Et elle arrive au moment où d’autres idéologies ont disparu. L’idéologie communiste a disparu, les mouvements révolutionnaires marxistes ont disparu. Et donc, ça laisse dominer les États-Unis sur le plan idéologique.

Une autre raison est le complexe militaro-sécuritaire. C’est un puissant groupe d’intérêts privés étonnamment grand avec des éléments du gouvernement, comme tous les organismes de sécurité – la CIA, la sécurité intérieure, le FBI, le Pentagone. Et il absorbe des centaines de milliards de dollars, probablement près d’un billion de dollars par an.

Et cet argent est très important pour ce groupe d’intérêts. Une partie de l’argent des contribuables est recyclé, il revient au Congrès, il revient aux candidats présidentiels, en tant que contributions de campagne politique, assurant ainsi leurs élections et réélections. Donc, c’est une seconde très grande force – un intérêt important qui profite des guerres et d’une menace de guerres.

Et le troisième groupe d’intérêts très puissant est le lobby israélien. La plupart des néo-conservateurs sont d’ethnie Juive. Beaucoup d’entre eux sont des citoyens israélo-américaines. Presque tous sont étroitement liés à Israël. Et donc, l’idéologie néo-conservatrice de l’hégémonie américaine s’adapte très bien avec les 13 ans de guerres dans le MO, parce que ces guerres servent aussi un intérêt subsidiaire de disposer des Etats arabes qui ne sont pas alignés avec les Etats-Unis et Israël, et qui pourraient servir de contrôle sur la politique israélienne ou l’expansion israélienne dans le MO.

Ainsi, ces trois groupes se rencontrent, ils sont tous solidaires et à bien des égards ce sont les mêmes personnes. Les néoconservateurs sont les mêmes que le lobby israélien. Les fonctionnaires du Pentagone, du département d’État, ce sont aussi les néoconservateurs. Ainsi, c’est une base très solide en trois parties qui tiennent ensemble.

VdR : Donc, vous dites que la politique est largement définie par un lobby israélien. Mais les politiques américaines dans le MO menacent réellement Israël.

PCR : Oui, c’est une conséquence involontaire de la politique. Certains analystes ont tenté d’avertir les néoconservateurs que les frontières du MO sont artificielles, comme celles de l’Afrique qui ont été élaborées par les colons européens, principalement les Anglais et les Français.

Donc, vous avez des pays dans lesquels vous avez des majorités chiites et sunnites, et puis vous avez des pays dans lesquels c’est l’inverse, les majorités sunnites et les minorités chiites. Et c’est comme les frontières africaines qui ont été tirées en mettant dans le même pays deux tribus en guerre, qui étaient traditionnellement ennemies. Ainsi, les frontières des Etats ne font pas beaucoup de sens. Les limites n’ont pu être dessinées que par des Occidentaux ignorants.

La confrontation islamique entre les différentes sectes a été empêchée par de très forts dirigeants laïques, comme Saddam Hussein, qui avait un gouvernement laïc, et Assad en Syrie. Ce sont les gouvernements laïques, non-islamiques qui ont évité le conflit. Ainsi, lorsque vous renversez les gouvernements, vous relâchez le conflit.

Donc, ce que nous voyons en train de se passer sur la partie de ce qu’ils appellent ISIS ou ISIL est une réforme de frontières. Des parties de la Syrie et de l’Irak sont en train de devenir, si les islamistes réussissent, un nouvel état. Maintenant, nous ne savons pas s’ils vont réussir ou pas, mais vous pouvez voir qu’il y a une impulsion pour créer une vie séparée de celle artificielle créé pour eux par des puissances impérialistes coloniales.

Une des raisons à cause de laquelle l’éclatement de l’Irak et la Syrie n’a pas été considéré comme une menace pour Israël, fut que les Israéliens et les stratèges néoconservateurs, pensaient – oh, c’est bon, si nous brisons ces Etats et ils se battent à l’intérieur, il n’y aura pas de gouvernement organisé pour prendre la voie d’Israël.

En lieu et place de l’Irak, il y aura ces factions belligérantes. En lieu et place de la Syrie – les factions en guerre, tout comme en Libye aujourd’hui. Et un Etat qui n’a pas de gouvernement central n’est pas une menace pour Israël. Et, par conséquent, nous privilégions cette destruction des entités politiques de ces pays, car ça nous libère de toute sorte d’organisation gouvernementale opposée à l’usurpation de la Palestine par Israël. L’Irak n’a plus de gouvernement, il a des belligérants, comme en Libye, comme Washington les met en place en Syrie.

Donc, c’est la façon dont les Israéliens et les néo-conservateurs voient cela. Ils ne voient pas la destruction des Etats musulmans laïques comme une menace, les imbéciles la voient comme une destruction d’un pays unifié, ce qui réduirait la capacité de ce pays à engager toute sorte d’opposition aux objectifs israéliens ou américains.

VdR : Mais dans ce cas, le gouvernement et les institutions gouvernementales ne seraient-ils pas remplacés par quelque chose comme des organisations politiques et paramilitaires, que nous appelons maintenant des groupes extrémistes avec lesquels nous sommes en train de traiter actuellement ? Et ces entités ne constitueraient-elles pas une menace plus grande, que des gouvernements autonomes (individuels)? Ou bien ces gens croient-ils qu’ils seraient en mesure de les contrôler en quelque sorte?

PCR : Non, je ne pense pas qu’ils pensent qu’ils peuvent les contrôler. Et oui, ils font peser une menace, parce qu’ils ne sont pas laïques. C’est ce que j’ai dit. Certains d’entre nous ont averti que celui-ci pourrait être le résultat. Mais on nous a ignorés et principalement ignorés parce que les Israéliens et les néo-onservateurs considéraient l’éclatement de ces pays comme une menace mineure.

VdR : Lorsque vous avez décrit l’idéologie néo-conservatrice par l’idée d’une mission globale, ne paraît-elle pas étonnamment similaire à quelque chose comme l’idéologie marxiste, l’idéologie communiste?

PCR : Oui, c’est exactement ce que c’est. Les États-Unis ont été choisis par l’histoire. Dans le marxisme l’histoire choisit le prolétariat. Dans l’idéologie néoconservatrice l’histoire a choisi Washington.

VdR : Est-ce que cela implique que, peut-être, ces deux idéologies pourraient avoir une racine commune?

PCR : Non, je ne pense pas qu’ils ont une racine commune, mais leur effet sur le monde est le même, car il donne au pays qui exprime cette idéologie une impulsion à dominer les autres pays et à s’y mettre en place lui-même, car il se considère comme le seul système légitime. Et en ce sens, les idéologies marxiste et  néo-conservatrice sont les mêmes, mais les racines sont très différentes.

Et je pense aussi, vous le savez, que la notion de monde unipolaire, le sur-pouvoir unique américain, correspond très bien aux intérêts financiers. Je les ai laissés en dehors de ma sub-division fondamentale en trois parties dont je vous ai parlé, mais dans un sens, c’est un quatrième partie, à cause de l’hégémonie financière américaine qui existe maintenant. Cette hégémonie financière est la raison pour laquelle Washington peut imposer des sanctions sur les pays.

Si votre devise n’est pas la devise mondiale et que vous n’opérez pas par le système mondial de paiement, vous ne pouvez pas imposer des sanctions. Et donc, le pouvoir d’imposer des sanctions est aussi un pouvoir de vos institutions financières de l’emporter sur les institutions d’autres pays. Donc, cette idéologie dont je parle fait aussi appel à Wall Street, aux grandes banques, car elle assure tout autant leur hégémonie.

VdR : Mais dans ce cas, je commence à me demander – est-ce une conséquence prévue ou, peut-être, non prévue, encore une fois, que tout ce que les États-Unis ont fait depuis les derniers dix ans ou même plus a renforcé la Chine, que les Etats-Unis semblent avoir identifié comme leur adversaire principal. Maintenant, vous avez mentionné le système financier. Les Chinois commencent à parler de mettre leur propre monnaie dans le marché mondial comme une nouvelle monnaie de réserve. Et cela a été en grande partie grâce à toutes ces crises, qui ont été déclenchées par les Etats-Unis.

PCR : Ce que les États-Unis ont fait qui a donné à la Chine son début économique, a été la délocalisation des emplois manufacturiers américains. L’industrie et la manufacture américaine ont été délocalisées par les capitalistes sous la pression de Wall Street afin de réduire les coûts de main-d’œuvre, afin de parvenir à des revenus plus élevés pour les actionnaires, pour Wall Street et pour les gestionnaires par le biais des primes. Et ainsi, c’était une politique à très courte vue du point de vue des intérêts nationaux, mais c’était dans l’intérêt de Wall Street et dans les intérêts individuels des chefs de la direction des sociétés.

Une fois que la Chine a eu la technologie américaine et le savoir-faire de l’entreprise américaine, elle était libre de la suprématie de l’économie américaine. Et maintenant, en fait, la Chine a une économie beaucoup plus puissante, certainement dans le secteur manufacturier, que celle des États-Unis.

Un autre facteur qui a contribué à affaiblir le système économique américain a été la montée de l’Internet à haut débit, car il est maintenant possible pour les emplois de services professionnels, tels que l’ingénierie, le génie logiciel, les ordinateurs, tout type de génie, tout type de travail qui peut être fait ailleurs que sur place, ce travail peut être fait n’importe où dans le monde et envoyé par l’Internet à haut débit.

Cela a donné aux pays comme l’Inde et la Chine la possibilité de mettre leurs gens dans des emplois qui étaient autrefois occupés par des diplômés d’universités américaines. Encore une fois, il s’agit d’une réduction des coûts pour les entreprises, Wall Street aime ça, ça augmente les profits.

Et oui, c’est de là qu’est venue la montée en puissance de la Chine. C’était une conséquence involontaire de la mondialisation. Encore une fois, certains d’entre nous ont mis en garde, j’ai prévenu, j’ai mis en garde pendant dix ou quinze ans, mais ils n’écoutent pas. Ils disent – oh, c’est juste le libre-échange, nous en bénéficierons. De toute évidence, ils ont eu tort, ce n’est pas le libre-échange et nous n’en avons pas profité.

VdR : Mais dans ce sens, cela n’implique-t-il pas que, peut-être, quand nous parlons des intérêts des grandes sociétés VS les intérêts nationaux, les intérêts nationaux sont de plus en plus en train de perdre face aux entreprises ?

PCR : Dans le vrai sens, il n’y a plus un intérêt national américain. Il y a l’intérêt de ces groupes d’intérêts puissants. Et nous avons eu ces études récentes de chercheurs qui ont trouvé que le public américain n’a pas d’input (ne participe pas) que ce soit dans les décisions du gouvernement ou dans les décisions politiques. La conclusion de l’étude récente, qui portait sur des milliers de décisions du gouvernement, c’est que le peuple américain a zéro inputs dans la formation de la politique.

Ainsi, aux termes de tout ce qui doit être fait au profit des personnes ou des intérêts nationaux en ce sens, rien n’est fait. Ce qui est fait c’est pour le bien de l’ordre de 6 groupes d’intérêts puissants. Et je vous ai parlé à propos des quatre, dont je pense qu’ils sont les plus puissants en termes de politique étrangère – la question que vous avez soulevée.

Donc, dans ce sens, les États-Unis sont en quelque sorte en train de se rendre vulnérables par eux-mêmes à bien des égards. Par exemple, examinez la politique économique. Depuis des années, afin de soutenir une poignée de grandes banques la Réserve fédérale est en train de créer des milliards de dollars, de nouveaux dollars.

Cette création de dollars dévalorise les dollars existants qui sont détenus par des personnes à travers le monde. Ils se regardent et disent – quelle valeur vont avoir mes avoirs en dollars, alors que la Réserve fédérale est en train de créer autant de nouveaux dollars chaque année?

Donc, cela a causé des idées quant à laisser le dollar comme système de réserve mondiale. Lorsque la menace à la valeur réelle des instruments financiers libellés en dollars s’ajoute à la souffrance causée par l’intimidation financière de Washington sur les pays souverains, la dynamique se développe pour trouver un autre mécanisme que le dollar comme moyen de règlement des transactions internationales.

Et bien sûr, les Chinois ont dit qu’il est temps de dés-américaniser le monde. Et les Russes ont récemment déclaré que nous devons dé-dollariser le système de paiement. Et ainsi nous avons cet accord avec la Russie et la Chine sur la grande affaire de l’énergie qui est en train d’être faite en dehors du système de paiement en dollars.

Nous voyons le BRICS, les cinq pays – l’Inde, la Chine, la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud – qui parlent de régler leurs déséquilibres commerciaux dans leurs propres monnaies. Et ils parlent même de créer une banque entre eux, comme un FMI ou la Banque mondiale.

Donc, ce sont ceux-là les développements qui viennent de l’utilisation abusive du dollar de la part de l’Amérique, en tant que monnaie de réserve mondiale. Washington utilise le dollar pour intimider, il l’utilise pour sanctionner, il l’utilise pour donner à ses institutions financières une hégémonie sur les autres. Et au fil du temps, tout cela crée de l’animosité, des soucis. Et puis, lorsque vous ajoutez, en plus de cela, tous les nouveaux dollars que la Réserve fédérale a créé depuis 2008, il crée un réel souci financier. Et donc, je pense, en ce sens, que les États-Unis ont affaibli leur position.

VdR : Mais jusqu’où pensez-vous que les États-Unis seraient prêts à aller pour protéger le dollar? Ou, peut-être, que les groupes d’intérêts ne sont plus intéressés à protéger la devise en question. Peut-être, ils ont déjà pris certaines précautions.

PCR : Du point de vue de la puissance de Washington, perdre le rôle de monnaie mondiale serait catastrophique, parce que c’est la principale base de la puissance de Washington. C’est pourquoi Washington a l’hégémonie financière, c’est pourquoi Washington peut imposer des sanctions à des pays souverains. Donc, si Washington perd ce rôle, si le dollar cesse d’être la monnaie de réserve mondiale, nous verrons une réduction dramatique de la puissance de Washington.

Tous les groupes d’intérêts qui bénéficient de la puissance de Washington pourraient trouver cela comme un désavantage. Bien sûr, la plupart de ces sociétés sont désormais mondiales ou transnationales. Et elle peuvent avoir des soldes bancaires dans de nombreux pays.

VdR : Mais encore, dans quelle mesure Washington est-il prêt à aller? Pourrait-il se permettre une autre guerre? Lorsque Saddam Hussein a tenté de contester le dollar américain en 2000, il a dû payer un prix. Et nous savons tous quel genre de prix il a payé. Maintenant, quand la Chine et la Russie, et d’autres pays commencent à réfléchir à l’idée, quel genre de risque courent-ils?

PCR : Ils courent un risque. Nous savons déjà que les États-Unis ont  annoncé un pivot vers l’Asie, la réaffectation de 60% de la Marine américaine dans la mer au sud de la Chine pour contrôler le flux de ressources dont dépend la Chine. Les États-Unis sont en train de contracter pour construire une série de nouvelles bases aériennes et navales depuis les Philippines jusqu’au Vietnam afin de bloquer la Chine.

Nous avons été témoins de ce siècle au retrait des États-Unis du traité ABM avec la Russie. Nous avons vu les États-Unis  construire un système ABM et commencer à le déployer sur les frontières de la Russie. Le but d’un ABM est de neutraliser la force de dissuasion stratégique de l’autre pays.

Nous avons vu les États-Unis changer leur doctrine de la guerre, les armes nucléaires ne doivent être utilisées qu’en cas de représailles à une attaque. Ils sont maintenant une force de première frappe préventive. Ceci est clairement dirigé contre la Russie. L’Ukraine est dirigée contre la Russie. Ainsi, la guerre a déjà commencé, elle est en cours. C’est ce qu’est l’Ukraine. C’est la guerre contre la Russie.

Et la guerre contre la Chine est en préparation. Les États-Unis se rangent du côté de tous les pays qui entrent dans un conflit avec la Chine, même sur de petites choses qui n’ont rien à voir avec les États-Unis.

Les États-Unis entourent les deux pays avec des bases militaires. Les États-Unis veulent mettre la Géorgie, le lieu de naissance de Joseph Staline qui faisait partie de la Russie pour deux ou trois cents ans, ils veulent le mettre dans l’OTAN. Ils vont mettre l’Ukraine dans l’OTAN.

Washington a cassé tous les accords pris par Reagan et Gorbatchev concernant le fait de ne pas prendre l’OTAN à l’intérieur de l’Europe de l’Est. L’OTAN est maintenant dans les Pays Baltes. C’est toute l’Europe de l’Est. Les anciens membres du Pacte de Varsovie sont maintenant membres de l’OTAN.

Ainsi, la guerre est déjà en cours, c’est clair. Les États-Unis se préparent depuis des années. Et les Russes, ils doivent être conscients de cela. Si ils ne le sont pas, ils sont en très grande difficulté.

VdR : les États-Unis peuvent-ils se le permettre?

PCR : Bien sûr! Bien sûr! La monnaie de réserve peut payer ses factures en imprimant de l’argent. Et c’est ce que fait Washington. Washington imprime de l’argent.

VdR : Mais comme vous l’avez dit, cela crée beaucoup de risques.

PCR : Jusqu’à ce que le rôle de monnaie de réserve n’est pas perdu, il n’y a aucune limite. Récemment, j’ai lu qu’un des conseillers de M. Poutine a déclaré que la Russie a besoin de former une sorte d’alliance avec d’autres pays et de faire baisser le dollar comme monnaie de réserve mondiale, que c’est la seule façon d’arrêter l’agression militaire de Washington. Bien sûr, il a tout à fait raison. Mais la question est – peuvent-ils organiser quelque chose qui réussit assez vite – parce que l’Europe est un état fantoche américain. Les gouvernements européens ne sont pas indépendants. Ils ne sont pas plus indépendants que la Hongrie et la Tchécoslovaquie et la Pologne ne l’étaient du Parti communiste soviétique. Et le Japon est un Etat fantoche, ce n’est pas un pays indépendant.

Donc, si vous avez l’euro soutenant le dollar et vous avez le yen soutenant le dollar, c’est une position assez forte pour être dedans. Et ainsi, ça va être difficile pour la Russie et la Chine ou quiconque est intéressé à prendre de l’avance dans toute sorte de manière rapide.

Et pourtant, nous pouvons voir … regardons ce qui s’est passé en Ukraine. La Russie était focalisée sur les Jeux olympiques et les États-Unis ont ravi l’Ukraine. La Russie ne faisait pas attention, d’une certaine manière les Jeux olympiques de Sotchi étaient plus importants. Donc, ce qui s’est passé – Washington a atteint et ravi l’Ukraine. Maintenant, c’est un énorme problème pour le gouvernement russe, pour Poutine, pour son leadership.

Poutine a demandé à la Douma russe d’annuler l’autorisation d’utiliser les troupes russes en Ukraine. Donc, clairement, il agit de manière très sobre. Il essaie d’éviter les conflits. Il réalise probablement que le conflit sera beaucoup plus dangereux pour tout le monde que ce qu’en pensent les néo-conservateurs à Washington.

Mais la question est – Poutine sera-t-il en mesure d’éviter les conflits? Qu’est-ce que Washington pense? Vont-ils penser – oh, c’est un homme très raisonnable, nous pouvons faire un accord. Ou vont-ils penser – regardez, il a peur, la Russie est faible, poussons en avant.

VdR : C’est intéressant! Je me souviens que George W. Bush dans une interview au Wall Street Journal, vers la fin de son second mandat a dit quelque chose à propos de Poutine, qui était assez surprenant à entendre par lui. Il a dit que Poutine n’a jamais échoué sur aucune de ses promesses. Ainsi, l’évaluation a été plutôt positive que négative.

PCR : Je pense que c’est vrai. Mais voyez-vous, la propagande de Washington n’a rien à voir avec les faits. Il n’y a pas de propagande comme la propagande de Washington. Washington peut contrôler l’explication de tout. Poutine ne le peut pas. Les Américains croient que tous les problèmes en Ukraine ont été causés par Poutine, qu’il a envahi, qu’il a annexé, qu’il est derrière tout les troubles dans l’Ukraine sud-orientale aujourd’hui et que c’est tout de la faute de la Russie, et que la Russie est une menace, et que nous devons nous armer contre « la menace russe. » Washington est en train de recréer la guerre froide qu’il a eu avec l’Union soviétique.

C’est un moyen très rentable d’approvisionner le complexe militaro-sécuritaire US avec l’argent des contribuables. Et à certains égards, il est plus sûr qu’une guerre, parce que la guerre en Afghanistan ne va pas bien, la guerre en Irak ne va pas bien. Mais si vous pouvez avoir une guerre froide et que vous ne vous battez pas  effectivement, vous pouvez la faire durer pendant des années, tout comme la guerre froide avec l’Union soviétique. Et la guerre froide a construit le complexe militaro-sécuritaire aux États-Unis.

Donc, c’est au moins la ligne de secours pour Washington. Je ne suis pas sûr que nous pouvons compter sur Washington pour le jugement de ne pas pousser la prise de contrôle de Washington sur l’Ukraine dans une guerre chaude. Il semble absurde de penser que Washington serait en guerre chaude avec la Chine et la Russie. Ce sont deux grands pays puissants. Ils ont des armes nucléaires.

Mais beaucoup de choses absurdes sont arrivées. Et les gouvernements sont souvent sous l’emprise de leur propre propagande. Et de toute évidence, quelqu’un à Washington pense qu’une guerre nucléaire peut être gagnée, parce que sinon, pourquoi auraient-ils changé la doctrine de la guerre pour que les armes nucléaires cessent d’être une force de représailles et deviennent une arme de première frappe? Pourquoi auraient-ils construit des missiles antimissiles et les mettraient-ils sur la frontière de la Russie et sur les navires dans la mer Noire et la mer dans le sud de la Chine.

Il est clair que certaines personnes à Washington croient que les États-Unis peuvent gagner une guerre nucléaire. En fait, il y avait un article publié il y a plusieurs années dans Foreign Affairs, qui est le journal principal du Council on Foreign Relations – un groupe influent d’analystes stratégiques et d’anciens responsables gouvernementaux. Et ils disaient que les États-Unis sont si loin de la Russie en matière d’armement nucléaire, que nous pouvons très facilement attaquer la Russie et ne pas subir de représailles. Donc, vous avez des gens qui pensent de cette façon.

VdR : Mais cette expérience pourrait nous coûter une planète.

PCR : C’est exactement ça! Mais regardez la Première Guerre Mondiale. Regardez combien d’empires ça a coûté. Elle a coûté le tsar – la Russie et son empire. Elle a coûté les Autrichien-Hongrois, il les a détruits. Elle a détruit la famille dirigeante allemande. La guerre a laissé la Grande-Bretagne dépendante du soutien financier des États-Unis.

VdR : Oui, c’est vrai. Mais il n’y avait pas d’armes nucléaires à l’époque.

PCR : Il y a une grande propagande que vous pouvez réellement utiliser des armes nucléaires. Je suis en train de lutter contre cela. J’ai récemment eu sur mon site des articles par divers scientifiques qui soulignent le fait que personne ne gagne.

VdR : Je suis absolument étonné de voir comment le Département d’État gère sa propre propagande, il n’y a aucune véritable argumentation. Pourquoi? Est-ce parce qu’ils ne se soucient pas de paraître crédibles?

PCR : C’est juste la puissance. La politique étrangère américaine, comment ça marche? C’est toujours basé sur la contrainte ou des menaces, des dessous de table. Si un dessous de table ne fonctionne pas, vous utilisez une menace. Je veux dire, l’un des principaux objectifs de l’espionnage de la NSA sur le monde est d’être capable de faire chanter tous les chefs de gouvernement. Et ils le font de manière très efficace. Tout le monde a quelque chose qu’il ne veut pas que ça soit connu. Ainsi, ils utilisent des pots de vin, des sacs pleins d’argent. Tout d’abord, Washington achète les dirigeants étrangers. S’il y a une résistance, ils les font tomber, comme Saddam Hussein, Kadhafi. Il y a en eu plusieurs en Amérique du Sud qu’ils ont tout simplement assassinés, parce qu’ils ne voudraient pas obéir. Ainsi, la politique étrangère des États-Unis est une politique fondée sur la force. Elle n’est pas fondée sur la diplomatie ou la persuasion. Elle est basé sur la force brutale.

Qu’est-ce que le Département d’Etat dit aux gens – faites ce que nous disons ou nous vous renvoyons à l’âge de pierre. Vous rappelez-vous? Ils l’ont dit au dirigeant pakistanais. Faites ce que nous disons. Maintenant!

Donc, si vous avez ce genre d’attitude, ça n’a pas d’importance si vous dites la vérité ou vous mentez, parce que vous êtes le chef, vous êtes le seul, vous êtes le César. Et ce que vous dites ça va, vrai ou faux. Et donc, il n’est pas important pour vous que ce soit vrai, parce que vous ne travaillez pas sur un plan diplomatique.

C’est quelque chose que Poutine et Lavrov – le ministre des Affaires étrangères – ne semblent pas comprendre. Ils continuent de penser qu’ils peuvent travailler sur quelque chose avec Washington, si le gouvernement russe est juste assez raisonnable et montre assez de bonne volonté.

C’est une illusion russe. Washington n’a pas de bonne volonté.

VdR : Y a-t-il des conséquences inattendues à cette stratégie, la façon dont vous voyez les choses?

PCR : Seulement si les gens comprennent le sens et voient à un moment donné la réalité – et c’est ce sur quoi compte Poutine. À un certain moment, qu’est-ce qui se passe en Allemagne et en France? Vont-ils se rendre compte et dire – hé, regardez, les Américains nous conduisent dans la pagaille. Que gagnons-nous à partir de l’hégémonie américaine sur le monde? Comment allons nous gagner d’un conflit avec la Russie ou de la Chine? Arrêtons cela. Tirons-nous de là.

Si quelques pays se retiraient de l’OTAN ou sortaient de l’Union européenne, alors la couverture des crimes de guerre de Washington par «la coalition des volontaires » auraient des  dissidents. Washington a effectivement dit au Congrès que si la Maison Blanche a le soutien de l’OTAN, le président n’a pas besoin de la permission du Congrès pour aller à la guerre. La vieille citation - «le pouvoir absolu corrompt absolument» est attribuée à Lord Acton. Il est prudent de conclure que Washington a été corrompu par le pouvoir.

Je pense qu’une conséquence involontaire de l’utilisation brutale du pouvoir par Washington, c’est qu’il provoque les pays de l’OTAN à se rendre compte qu’ils sont conduits vers un conflit par un gouvernement qui est essentiellement fou et prenant un risque fantastique avec la vie de chacun et avec la planète.

Alors, peut-être, la réalisation par d’autres du danger de Washington pour la vie est ce que Poutine espère. Il espère que plus la Russie est raisonnable et non provocante, et n’entreprend pas des actions de provocation, plus il y a des chances que le gouvernement allemand ou le gouvernement français se rendront compte que l’ordre du jour de Washington ne sert pas l’humanité, et que l’Europe prendra des mesures pour s’extraire elle-même et ses pays, et son peuple du contrôle de Washington, dans lequel cas l’empire américain s’écroule.

Donc, je pense que c’est ce sur quoi parie Poutine. Il n’est pas un imbécile, certainement pas, et il se rend compte de la menace d’une guerre, il peut le voir. Et donc, c’est probablement pourquoi il a demandé à la Douma russe d’annuler l’autorisation d’utiliser les forces russes en Ukraine. Il essaie de montrer aux Allemands, les Français – regardez, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous.

J’espère qu’il réussisse. L’avenir du monde dépend vraiment de la question : l’utilisation de la diplomatie par Poutine peut-elle l’emporter sur l’utilisation de la force par Washington.

source : « US war against Russia is already underway » – PCR Interviewed by the Voice of Russia, June 27, 2014 

http://www.paulcraigroberts.org/2014/07/01/us-war-russia-already-underway-pcr-interviewed-voice-russia/

Paul Craig Roberts  fut Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il a été chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard Nouvelles Service, et Creators Syndicate. Il a eu de nombreux postes universitaires. Ses articles sur Internet sont suivis mondialement. Ses derniers ouvrages : The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West et How America Was Lost.

04 JUILLET 2014 |  PAR SEGESTA3756

http://blogs.mediapart.fr/blog/segesta3756/040714/paul-craig-roberts-la-guerre-americaine-contre-la-russie-est-deja-en-cours

La “Victoire” Irakienne de Washington, par Paul Craig Roberts

Les citoyens des États-Unis ne savent toujours pas pourquoi leur gouvernement détruit l’Irak. La «Sécurité nationale» les empêchera de savoir de toute manière. La «Sécurité nationale» est le tapis sous lequel se cachent les crimes du gouvernement américain.

George Herbert Walker Bush, ancien directeur de la CIA devenu président grâce au fait d’avoir été choisi comme vice-président de Ronald Reagan, a été le dernier président modéré. Quand Bush père a attaqué l’Irak, il s’agissait d’une opération limitée, dont le but était d’expulser Saddam Hussein de son annexion du Koweït.

Le Koweït était une autrefois une partie de l’Irak, mais une puissance coloniale occidentale a créé de nouvelles frontières politiques, comme le Parti communiste d’Union soviétique l’a fait en Ukraine. Le Koweït s’est émancipé de l’Irak en tant que petit royaume pétrolier indépendant. (Lien internet)

Selon les rapports, le Koweït forait à travers la frontière entre l’Iraq / Koweït dans les champs de pétrole irakiens. Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein, avec les troupes irakiennes massées à la frontière avec le Koweït, demanda à l’ambassadeur du président George HW Bush, Avril Glaspie, si l’administration Bush avait une opinion sur la situation. Voici la réponse de l’ambassadeur Glaspie:

« Nous n’avons pas d’opinion sur vos conflits arabo-arabes, tels que le litige avec le Koweït. Le Secrétaire [d’Etat James] Baker m’a chargé de mettre l’accent sur la consigne, la première donnée à l’Irak dans les années 1960 – que la question Koweïtienne ne concerne pas l’Amérique ».

Selon cette transcription, Saddam Hussein est en outre assuré par de hauts responsables du gouvernement américain que Washington ne s’oppose pas à sa manière d’intervenir pour la réunification de l’Irak et pour mettre un terme au vol du pétrole irakien par une famille de gangsters :

Lors d’une conférence de presse à Washington le lendemain, le porte-parole du département d’Etat Margaret Tutweiler a été questionnée par les journalistes:

« Est-ce que les États-Unis ont envoyé un quelconque type de message diplomatique aux Irakiens à propos du déplacement de 30.000 soldats à la frontière avec le Koweït ? Y a-t-il eu une quelconque opposition communiquée par le gouvernement des États-Unis ? »,

À laquelle elle a répondu:« Je ne suis pas au courant d’une quelconque protestation ».

Le 31 juillet, deux jours avant l’invasion irakienne [du Koweït], John Kelly, secrétaire d’Etat adjointe pour les affaires du Proche-Orient, a témoigné devant le Congrès que les « États-Unis n’ont aucun engagement à défendre le Koweït et les États-Unis n’a pas l’intention de défendre Koweït s’il est attaqué par l’Irak ».

(voir entre autres sources : http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1102395/posts )

Était-ce un coup monté vis-à-vis de Saddam Hussein, ou est-ce que la reprise Irakienne du Koweït n’a pas eu pour effet de produire quelques appels [téléphoniques] frénétiques au Moyen-Orient des associés d’affaires de la famille Bush ?

Quelle que soit l’explication du dramatique, et soudain, revirement complet de position du gouvernement des États-Unis, le résultat produisit une action militaire qui a rapidement tourné à la guerre contre l’Irak lui-même.

De 1990 jusqu’en 2003, la situation Irakienne était acceptable pour le gouvernement américain.

Soudain, en 2003, le régime en Irak n’était plus acceptable. Nous ne savons pas pourquoi. On nous a sorti une ribambelle de mensonges : Saddam Hussein avait des armes de destruction massive qui étaient une menace pour l’Amérique. Le spectre d’un « champignon atomique sur une ville américaine » [1] a été soulevé par le conseiller à la sécurité nationale. Le secrétaire d’État a été envoyé à l’ONU avec une collection de mensonges qui permit de construire l’acceptation de l’agression américaine contre un Irak sans défense. La cerise sur le gâteau a été l’accusation que le gouvernement laïc de Saddam Hussein « avait des connexions avec al-Qaïda », Al-Qaïda portant le blâme pour le 11/9 [2001].

Comme ni le Congrès ni les médias américains n’ont intérêt à connaître les véritables motivations de Washington à propos de l’Irak, la « menace Irakienne » restera un mystère pour les Américains.

Mais les conséquences de la destruction par Washington du gouvernement laïc de Saddam Hussein, un gouvernement qui a réussi à maintenir l’Irak unie sans la violence américaine induite qui a fait du pays une zone de guerre permanente, ont été des années continues de violence à un niveau égal voire supérieur à la violence associée à l’occupation américaine de l’Irak.

Washington est dépourvu de préoccupations humanitaires. L’hégémonie est la seule préoccupation de Washington. Comme en Afghanistan, en Libye, en Somalie, au Pakistan, au Yémen, en Ukraine, en Syrie et en Irak, Washington apporte seulement la mort, et la mort est en cours en Irak.

Le 12 juin, 500 000 habitants de Mossoul, deuxième plus grande ville de l’Irak, bénéficiaires de « la liberté et la démocratie » apportées par Washington, ont fui la ville alors que l’armée [régulière Irakienne] pourtant entraînée par les Américains s’est effondrée et s’est enfui devant l’attaque d’Al-Qaïda. Le gouvernement installé par Washington, craignant que Bagdad soit la prochaine, a demandé à Washington des frappes aériennes contre les troupes d’Al-Qaïda. Tikrit et Kirkouk sont également tombées. L’Iran a envoyé deux bataillons de gardes révolutionnaires pour protéger le gouvernement de Washington installé à Bagdad.

(Après la publication de cet article, le président de l’Iran, Hassan Rouhani a démenti les articles des médias – Wall Street Journal, World Tribune, The Guardian, Telegraph, CNBC, Daily Mail, Times Of Israël, etc – assurant que l’Iran avait envoyé des troupes pour aider le gouvernement Irakien. Une fois de plus les médias occidentaux ont créé une fausse réalité avec de fausses informations)

Qui se souvient de la propagande que Washington utilisa pour renverser Saddam Hussein afin d’apporter « la liberté, la démocratie et les droits des femmes aux Irakiens » ? Nous devions vaincre Al-Qaïda – qui à l’époque n’était pas présent en Irak – « là-bas avant qu’ils ne viennent ici »

Vous rappelez-vous les promesses des néo-conservateurs à propos d’une guerre que se déroulerait « comme du gâteau » ; qui ne durerait que quelques semaines, qui ne couterait que 70 milliards de $ qui seraient de toutes façons payés sur les revenus pétroliers irakiens, [vous rappelez-vous] du conseiller économique de George W. Bush viré pour avoir dit que la guerre coûterait 200 milliards de $ ? Le vrai coût de la guerre a été calculé par l’économiste Joseph Stiglitz et Linda Bilmes – experte en finances publiques de l’Université de Harvard – qui ont montré que la guerre en Irak a coûté aux contribuables 3 000 milliards de dollars, une dépense qui menace le filet de protection sociale des États-Unis.

Vous souvenez-vous des promesses de Washington que l’Irak serait remise sur pied par l’Amérique en tant que démocratie dans laquelle tout le monde serait en sécurité et que les femmes aurait des droits ?

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Mossoul, la deuxième plus grande ville en Irak, vient d’être envahie par les forces d’Al-Qaïda. Ce sont les forces que Washington a prétendu à plusieurs reprises avoir complètement vaincues.

Ces forces « vaincues » contrôlent désormais la deuxième plus grande ville d’Irak et un certain nombre de provinces. La personne à qui Washington avait confié l’Irak est à genoux priant pour obtenir de l’aide militaire et un appui aérien contre les forces djihadistes que le régime incompétent de Bush a déchaînées dans le monde musulman.

Ce que Washington a fait en Irak et en Libye, essaye de faire en Syrie, est de détruire les gouvernements qui ont gardé les jihadistes sous contrôle. Washington fait face à la perspective d’un gouvernement jihadiste englobant l’Irak et la Syrie. La conquête néo-conservatrice du Moyen-Orient est en train de devenir une conquête d’Al-Qaïda.

Washington a ouvert la boîte de Pandore. C’est l’accomplissement de Washington au Moyen-Orient.

Même si l’Irak tombe sous la coupe d’Al-Qaïda, Washington fournit actuellement les forces d’Al-Qaïda qui attaquent la Syrie avec des armes lourdes. Les USA diabolisent l’Iran qui a envoyé des troupes pour défendre le régime installé par Washington à Bagdad ! Est-il possible pour un pays de passer pour plus idiot ?

Une conclusion que nous pouvons tirer est que l’arrogance et l’orgueil qui définit le gouvernement américain a rendu Washington incapable de prendre une décision logique et rationnelle. C’est la Mégalomanie qui règne à Washington.

[1] intervention de Condoleeza Rice du 8 septembre 2002 sur CNN

 http://www.les-crises.fr/la-victoire-irakienne-de-washington/

Source : PaulCraigRoberts.org (traduit par Surya pour www.les-crises.fr)

5 replies »

  1. « Une autre raison est le complexe militaro-sécuritaire. C’est un puissant groupe d’intérêts privés étonnamment grand avec des éléments du gouvernement, comme tous les organismes de sécurité – la CIA, la sécurité intérieure, le FBI, le Pentagone. Et il absorbe des centaines de milliards de dollars, probablement près d’un billion de dollars par an. »

    http://secretebase.free.fr/complots/organisations/carlyle/carlyle.htm

    http://www.geopolintel.fr/article663.html

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  2. ON DEVIENT CE QUE L’ON COMBAT …. disait saint Augustin en son temps !

    Gouvernement totalitaire, usage inconsidéré (sic) de la force,
    opposer ses vues et autres contraintes à ses « alliés »,
    bureaucratie et contrôle policier en progression constante, vie personnelle
    violée à volonté ? L’ÉTAT TOUT PUISSANT PARTOUT, EN TOUT, SUR TOUT !

    ÇA NE VOUS RAPPELLE RIEN ?

    Et oui, le temps a passé depuis … la chute de l’URSS ?

    Passé ou transféré ?

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