Another BRIC in the Wall

Les BRICS dotent leur banque de développement de 50 milliards de capital

Les BRICS dotent leur banque de développement de 50 milliards de capital

Son siège sera à Shanghai et elle a pour mission d’accompagner les BRICS dans leur développement. Cette nuit, dans la station balnéaire de Fortaleza (Brésil), les dirigeants du Brésil, de Russie, d’Inde, de Chine et d’Afrique du Sud qui représentent 46% de la population mondiale et 19,8% du PIB ont trouvé un accord pour créer leur propre établissement financier commun, à l’image de la Banque mondiale

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Les chefs d’Etat et de gouvernement des cinq pays émergents des BRICS ont signé mardi au Brésil un accord créant une nouvelle banque de développement dotée d’un fonds de réserve. Cette décision pose la première pierre d’une nouvelle architecture financière face à l’hégémonie occidentale.

«Nous avons pris la décision historique de créer la banque des BRICS et un accord de réserves, c’est une contribution importante pour la reconfiguration de la gouvernance économique mondiale», s’est félicitée la présidente brésilienne, Dilma Rousseff.

Réunis dans la station balnéaire de Fortaleza, les dirigeants du Brésil, de Russie, d’Inde, de Chine et d’Afrique du Sud (BRICS) ont surmonté leurs divergences pour s’accorder sur les modalités de ces institutions, qui constituaient un serpent de mer depuis plusieurs années.

Nommée New Development Bank (NDB) cette nouvelle banque, dont le siège sera à Shanghai aura pour but de «mobiliser les ressources pour les infrastructures et projets de développement durable dans les BRICS et autres économies émergentes». Une mission qui autorise la NDB à soutenir les projets, publics ou privés, par des prêts, garanties, injections de capital et autres instruments financiers. Le capital initial, de 50 milliards de dollars, réparti en parts égales entre les BRICS, pourra au besoin être porté à 100 milliards. Un droit de vote égal au montant des parts souscrites est prévu, comme il ressort du document scellant leur accord.

40% du PIB mondial

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Mardi soir, les membres des BRICS se sont encore accordés pour constituer un fonds de réserve de 100 milliards de dollars, auquel la Chine contribuera à hauteur de 41 milliards. Le Brésil, la Russie et l’Inde engageront chacun 18 milliards de dollars, alors que l’Afrique du Sud y contribuera pour 5 milliards. Ce fonds est destiné à protéger les devises des BRICS des fluctuations du marché des capitaux.

L’accord sur les réserves permettra d’éviter «les pressions à court terme sur les liquidités», de «promouvoir une plus grande coopération» au sein des BRICS et de «renforcer la sécurité financière globale», précise la déclaration finale du sommet.

Les BRICS, qui représentent 40% de la population et un cinquième du PIB de la planète, n’avaient jusqu’ici pas réussi à s’entendre sur ce double projet visant à faire contrepoids à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI), où ils s’estiment mal représentés.

La question du siège avait notamment compliqué les négociations, le président sud-africain Jacob Zuma ayant insisté jusqu’au bout pour Johannesburg, alors que la Russie penchait pour Shanghai. Pour ménager New Delhi, il a été annoncé que le premier président de la banque serait indien.

Des économies essoufflées

Cette annonce d’un nouveau système financier survient au moment où certains pays émergents donnent des signes d’essoufflement, avec une prévision de croissance de seulement 1% au Brésil ou en Russie.

Le président russe Vladimir Poutine, qui accueillera en juillet 2015 le prochain sommet des BRICS, a salué l’accord de Fortaleza. Il y voit un «outil très puissant pour prévenir de nouvelles difficultés économiques».

Son homologue chinois Xi Jinping a évoqué une «association solide», réaffirmant la nécessité d’«augmenter la représentativité et la voix des pays en développement», alors que les BRICS dénoncent régulièrement la lenteur de la réforme du FMI, censée leur apporter davantage de droits de vote.

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Appelant la banque à «combattre la pauvreté», le premier ministre indien, le nationaliste hindou Narendra Modi, très attendu pour sa première grande sortie internationale, a pour sa part exhorté ses partenaires à parler d’une «voix unie et claire pour un monde pacifique, stable et équilibré».

Complémentaire au FMI et à la BM

«L’établissement d’une nouvelle banque de développement est un pas important pour donner aux BRICS une colonne vertébrale», estime l’analyste brésilien Marcos Troyjo, directeur du «BRICLab», un centre de recherche de l’université américaine de Columbia.

Ce nouveau système n’est «pas dessiné pour concurrencer les institutions traditionnelles», mais «a pour but de jouer un rôle complémentaire aux institutions basées à Washington», précise l’expert.

Parallèlement à cette volonté d’autonomie financière, le rendez-vous des BRICS leur a aussi donné l’occasion de faire entendre leur voix sur le plan diplomatique, en pleine explosion de la crise ukrainienne.

Dans la déclaration finale, les pays émergents ont exprimé leur «vive préoccupation» et lancé un appel pour un «dialogue mutuel» et la «désescalade du conflit», un message apprécié par M. Poutine, confronté aux sanctions occidentales pour son soutien aux séparatistes pro-russes.

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Les tâches de cette nouvelle banque s’annoncent multiples, tant le besoin de financement d’infrastructures est grand. Les opportunités d’affaires ne manqueront pas pour la banque nouvellement créée.

Invitée au 6e sommet des BRICS, l’Argentine pourrait en être la ­première bénéficiaire, avec la construction de sa quatrième centrale nucléaire, dont le réacteur Atucha III représente, à lui seul, un investissement de plus de 2 milliards d’euros. Le gigantesque gisement de gaz et pétrole de schiste de Vaca Muerta reste par ailleurs l’un des plus prometteurs au monde. Or, l’Argentine, à court de liquidités, est à la recherche d’investisseurs pour le développer.

Autre recourant possible aux services de la nouvelle entité, le Brésil, lancé dans la construction des infrastructures prévues pour les Jeux olympiques d’été 2016 à Rio et l’amélioration de sa mobilité urbaine.

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 Source ATS +Le Temps 16/7/2014

5 replies »

  1. […] Alors que les BRICS sont en train de créer entre eux une nouvelle architecture géopolitique et mon…pour échapper aux contraintes insupportables que l’actuelle organisation dominée par les Occidentaux leur imposent depuis trop longtemps, la seule réponse desdits Occidentaux -affolés par la perspective de se retrouver de plus en plus isolés et fragilisés dans un nouveau monde dédollarisé et désaméricanisé remettant en cause leur mondialisation monopolistique-  c’est la multiplication des coups tordus et la prise de nouvelles sanctions contre ces BRICS, la déstabilisation de leurs marchés commerciaux et financiers via la manipulation à la baisse des actifs qu’ils détiennent (or par exemple) et leur exclusion progressive des circuits bancaires et économiques US et européens. […]

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  2. lol: cette photo de Poutine ne colle vraiment pas avec les photos de Poutine que l’on à l’habitude voir sur les media us ou européens.

    Il est loin le temps ou les « non alignés » ne pouvaient envisager d’avoir un fmi en plus gros

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  3. […] Une autre conséquence des sanctions qui lui sont imposées est que la Russie finira par se rapproch… Ces pays représentent plus de 40% de la population mondiale, ont une production économique combinée presqu’égale à celle des Etats-Unis et de l’Union européenne, et ont des ressources naturelles à leur disposition. La Russie est l’un des plus gros producteurs de pétrole du monde et fournit à l’Europe un gros pourcentage de son gaz naturel. Le Brésil a le deuxième plus gros secteur industriel du continent américain, et est le plus gros exportateur d’éthanol du monde. La Chine est riche en ressources minérales et est le plus gros producteur alimentaire de la planète. La Chine et la Russie ont déjà signé des accords afin de conduire leurs transactions commerciales grâce à leurs propres devises nationales plutôt qu’avec le dollar, une tendance qui, si elle venait à se répandre, pourrait continuer d’éroder l’importance du dollar dans le commerce international. Plus important encore, la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud produisent ensemble près de 40 pourcent de l’or mondial, ce qui pourrait devenir un facteur de grande importance si les BRICS décidaient d’établir une devise garantie par l’or pour concurrencer le dollar.  […]

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