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Etat quasi failli, la Libye est minée par l’anarchie et la violence

Etat quasi failli, la Libye est minée par l’anarchie et la violence

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Dépassées par les événements, les autorités envisagent de faire appel à des forces internationales pour faire cesser les combats entre les forces spéciales de l’armée et les milices islamistes. A Benghazi et à Tripoli, les combats font rage pour le contrôle des aéroports, notamment, syndrome de la lutte d’influence politique et régionale qui se joue dans un pays paralysé pour la prise à terme du pouvoir

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Pendant que les yeux du monde sont tournés vers le carnage du crash ukrainien et les bombardements israélo-palestiniens, les dépêches d’agences de la nuit annoncent que 16 personnes, des soldats pour la plupart, ont été tuées et 81 autres blessées dans des heurts à Benghazi, dans l’Est libyen, selon des sources médicales et militaires. Les combats opposaient l’armée régulière libyenne à des groupes islamistes.

Selon un responsable militaire, les affrontements ont éclaté après une attaque conduite par le «Conseil de Choura des révolutionnaires de Benghazi», une alliance de milices islamistes et djihadistes contre une caserne de l’armée. De violents combats ont suivi entre les forces spéciales de l’armée et les milices islamistes qui font la loi à Benghazi depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La ville est le théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre l’armée et les groupes radicaux.

Contre les «terroristes»

Un général à la retraite, Khalifa Belqasim Haftar, mène par ailleurs depuis le 16 mai une opération contre les groupes «terroristes». Accusé par ses détracteurs de mener un coup d’Etat, le général dissident a bénéficié du soutien de plusieurs unités de l’armée régulière libyenne, dont les forces de l’armée de l’air. D’ailleurs, selon le site Afrique Inside, «il faut bien comprendre que l’instabilité qui touche le pays n’est pas le fait d’un simple affrontement entre milices, il s’agit d’une véritable lutte pour prendre à terme le pouvoir».

Et ce n’est pas tout, car en parallèle, des affrontements violents opposent depuis le 13 juillet des milices rivales pour le contrôle de l’aéroport de Tripoli – transformé en «zone de guerre», selon Europe 1 – dans le cadre de cette lutte d’influence politique et régionale. Partout, on parle de risque de guerre civile. Mais l’impression générale est qu’on se trouve déjà au-delà du risque.

Un nouveau parlement

Selon le Guardian, cité par Le Monde, «une grande partie de l’aéroport se trouve «en ruines» et des centaines de familles ont fui» les régions alentour après que des personnes du quartier de Qasr Ben Ghachir, ont été tuées «dans la chute de roquettes sur leurs maisons», lit-on dans Le Figaro. La tour de contrôle a également été touchée, selon le site web Libya Herald, basé depuis deux ans et demi à Tripoli.

Et puis, comme un fantôme de démocratie dans ce chaos, on annonce que «la Libye va se doter d’un nouveau parlement»: Radio France internationale dit que «les résultats de l’élection législative du 25 juin ont été annoncés ce lundi 21 juillet». Ils indiquent «une défaite des islamistes». Mais il est très difficile «de savoir comment les alliances se formeront au sein» de cette chambre des représentants nommée «Congrès général national libyen». Il devrait désormais siéger à Benghazi, car dans l’«ancienne» capitale, Tripoli, sa sécurité «n’avait pu être assurée».

Appel à l’ONU

Et pendant ce temps, sur les marchés, le brut hésite… Ils scrutent «l’Ukraine et la Libye», selon Romandie.com. 

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De son côté, la RTBF indique que «dépassées par les événements, les autorités libyennes ont indiqué la semaine dernière qu’elles envisageaient de faire appel à des forces internationales pour rétablir la sécurité dans le pays miné par l’anarchie depuis la chute» de Kadhafi. Dans ce cadre, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Abdelaziz, a demandé l’aide de l’ONU.

Il a averti que la Libye pouvait devenir un «Etat failli». «Le ministre, qui s’est adressé au Conseil de sécurité lors de consultations à huis clos», explique Afrik.com, a précisé à la presse qu’il «ne demandait pas une intervention militaire mais l’envoi d’une équipe d’experts en sécurité de l’ONU». Selon lui, «il s’agit de former l’armée et la police libyennes afin que celles-ci puissent protéger les infrastructures essentielles, notamment les aéroports et les installations pétrolières».

Un «contexte désastreux»

Ce qui n’a pas l’heur de plaire à tout le monde, comme on peut le lire sur le blog d’Allain Julles: «Ils nous avaient vendu les bombardements en Libye comme étant la solution à tous les maux du monde, […] jusqu’à mettre à mort le frère Guide Mouammar Kadhafi. […] La Libye disparaît des écrans radars de la presse occidentale. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et les autres, où êtes-vous aujourd’hui? La Libye est étranglée et, surprise du chef et battements de tambour, les nouvelles autorités envisagent de faire appel à une… force internationale pour rétablir la sécurité dans un contexte désastreux.»

Ainsi, la Libye est bien «coupée des affaires et du monde»: Libération écrit que «les liaisons aériennes suspendues isolent le pays et fragilisent son économie». Et le quotidien donne ce chiffre ahurissant: on se trouve ici à «l’épicentre de combats qui ont endommagé 90% des avions des compagnies libyennes». En précisant que les affrontements «opposent une coalition de groupes armés islamistes et de bataillons de la ville révolutionnaire de Misrata (située à 210 km à l’est de Tripoli) contre des brigades de Zintan (à 170 km au sud-ouest de la capitale)».

Pénurie d’essence

Pour tout arranger, le site Maghreb émergent prévient que «la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a mis en garde […] contre la survenue de problèmes humanitaires pour les habitants de Tripoli en cas de persistance de la crise d’approvisionnement d’essence». Car la fermeture de la plupart des stations provoque «une perturbation dans le transport» qui paralyse «différentes institutions publiques et privées». Un véritable cercle vicieux, puisque par voie de conséquence, le personnel médical ne peut se rendre «sur son lieu de travail» pour soigner les nombreux blessés victimes des affrontements.

PAR OLIVIER PERRIN/ Le Temps 22/7/2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c2e93f4c-1171-11e4-befc-d0fb0d39023d/Etat_quasi_failli_la_Libye_est_min%C3%A9e_par_lanarchie_et_la_violence

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