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Irak: Menacés de mort, les chrétiens fuient Mossoul

Irak: Menacés de mort, les chrétiens fuient Mossoul

Un nettoyage ethnique a commencé

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Une église de 1800 ans brûlée à Mossoul en Irak:  Les islamistes ont incendié l’évêché catholique de MossoulPermalien de l'image intégréePermalien de l'image intégrée Permalien de l'image intégrée

Des centaines de chrétiens ont fui samedi la ville irakienne de Mossoul après un ultimatum des djihadistes de l’Etat islamique (EI), à l’origine d’une offensive fulgurante dans le pays. Des messages relayés via les haut-parleurs des mosquées ont intimé vendredi aux chrétiens de quitter la ville avant samedi midi. La fuite massive des chrétiens de Mossoul, où ils étaient présents depuis des siècles, est le plus récent déplacement de population provoqué par ce groupe ultra-radical connu pour sa brutalité.

Selon le clergé, plusieurs milliers de chrétiens ont fui Mossoul vendredi et samedi après un ultimatum des djihadistes leur intimant de se convertir à l’islam, payer une forte somme ou quitter la ville avant samedi midi sous peine de mort. «Les familles chrétiennes sont parties vers Dohouk et Erbil», dans la région autonome du Kurdistan irakien (nord), a déclaré à l’AFP le patriarche chaldéen Louis Sako, déplorant que «pour la première fois dans l’histoire de l’Irak, Mossoul se vide de ses chrétiens». Jeudi, 25 000 chrétiens étaient encore présents dans la ville. Tous ont fui la ville avant l’expiration de l’ultimatum, selon lui.

«Certaines familles se sont vu voler tout leur argent et leurs bijoux à des points de contrôle d’insurgés alors qu’elles fuyaient la ville», a déclaré un chrétien de Mossoul, Abou Rayan. «Il s’agit d’un nettoyage ethnique mais personne n’en parle», a déploré Yonadam Kanna, le plus connu des politiciens chrétiens.

Le pape François condamne

Des habitants sunnites de Mossoul, bravant leur peur de s’exprimer, ont signifié dimanche leur solidarité avec les chrétiens et affiché leurs distances vis-à-vis de l’EI. «Nous considérons que c’est injuste et contraire aux principes de l’islam», a déclaré l’un d’eux au téléphone à l’AFP. «Des chrétiens ont vécu à Mossoul pendant plus de 1000 ans», a-t-il ajouté. «Leur départ est une grande perte».

A Washington, le Département d’Etat a condamné «la persécution systématique des minorités» par l’EI, et le pape François a dénoncé dimanche les persécutions des chrétiens d’Irak, «chassés» et «dépouillés de tout». Le Conseil de sécurité de l’ONU a dénoncé les persécutions menées par les djihadistes de l’Etat islamique (EI) contre les minorités en Irak, notamment les chrétiens de Mossoul, rappelant que de tels agissements peuvent constituer un crime contre l’humanité

Avant l’invasion américaine de 2003, la population chrétienne de l’Irak était estimée à plus d’un million, dont plus de 600 000 à Bagdad, 60 000 à Mossoul, mais également dans la ville pétrolière de Kirkouk (nord) et à Bassorah (sud).

L’EI a aussi revendiqué dimanche quatre des sept attaques ayant fait samedi 24 morts dans des quartiers chiites de la capitale.

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 Source AFP 21/7/2014

En Irak, une armée fragile et des milices novices face aux djihadistes

PAR LUC MATHIEU BAGDAD/ Le  Temps 22/7/14
La guerre contre les combattants de l’Etat islamique s’enlise. Aucun des deux camps ne semble en mesure de battre l’autre
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Si l’on en croit la télévision nationale irakienne, l’armée et les milices remportent victoire après victoire contre les djihadistes de l’Etat islamique et leurs alliés. Si l’on lit les communiqués de Daech, l’acronyme arabe de l’Etat islamique, ses combattants sont prêts à fondre sur Bagdad. Qui ment ? Sans grande surprise, les deux parties. A Bagdad, militaires irakiens, analystes et diplomates le reconnaissent : la guerre entre les forces irakiennes et l’Etat islamique, qui contrôle une large partie du nord et de l’ouest de l’Irak depuis son offensive éclair de mi-juin, sera longue. «C’est au minimum une question de mois, voire d’années. Nous sommes entrés dans une guerre d’usure. Quand on leur reprend un village un jour, on le reperd le lendemain. Personne n’avance, ni ne recule réellement depuis début juillet», explique un officier de l’armée de l’air irakienne.

Ce quasi-statu quo ne signifie pas qu’il n’y a pas de combats. Ils sont au contraire violents, et disséminés dans plusieurs provinces à proximité de Bagdad. Seul l’est de la capitale est épargné. Ces derniers jours, les affrontements se sont concentrés autour de Tikrit, l’ancien fief de Saddam Hussein, à 160 kilomètres au nord de Bagdad. Le 15 juillet, les forces irakiennes avaient réussi à reprendre une partie de la ville. Mais dès le lendemain, la contre-offensive des djihadistes et de leurs alliés les a forcées à reculer jusqu’à une base située à deux kilomètres de Tikrit. «Les combattants de l’Etat islamique sont féroces, ils n’ont pas peur de la mort. L’armée irakienne n’arrive pas à faire face. Le problème est qu’elle a été rebâtie de zéro à partir de 2003, lors de l’invasion américaine. Mais ceux qui se sont engagés l’ont fait pour le salaire, pas par patriotisme», poursuit l’officier.

Consolider le califat

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La faiblesse de l’engagement des soldats irakiens était flagrante lors de l’offensive djihadiste du 10 juin. Mossoul est tombée sans affrontement, les militaires ayant abandonné leurs postes. Un audit de l’armée irakienne réalisé en juin par des conseillers américains a, en outre, pointé le risque d’infiltration par des extrémistes sunnites et des soldats chiites envoyés par l’Iran, selon le New York Times .

Confronté à à la faiblesse de son armée, le premier ministre, Nouri al-Maliki, a renforcé les milices chiites. Ses appels au volontariat, combinés à ceux de l’ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité chiite d’Irak, ont convaincu des dizaines de milliers d’Irakiens de s’enrôler. Beaucoup ont choisi la milice Asaïb Ahl al-Haq, le bras armé d’Al-Maliki. Cauchemar de la population sunnite, victime de ses rafles, elle compte des commandants aguerris, formés en Iran. Plusieurs milliers de ses combattants ont rejoint ces derniers mois la Syrie, aux côtés de l’armée de Bachar el-Assad, avant d’être rappelés lors de l’offensive de l’Etat islamique. Mais les volontaires qui affluent depuis mi-juin n’ont reçu qu’un entraînement de quelques jours. «Le problème des milices est qu’elles n’obéissent pas toujours aux ordres de l’armée, alors qu’elles sont censées l’épauler», explique Hisham al-Hashimi, chercheur irakien.

Les djihadistes, alliés, selon les provinces, à des tribus sunnites, des ex-officiers de l’armée de Saddam Hussein ou des factions extrémistes sunnites, ne semblent pas, pour l’instant, décidés à profiter des faiblesses de leurs ennemis. Ils n’ont lancé aucune offensive majeure depuis la proclamation de leur califat, le 29 juin. «Leur objectif principal est de consolider leurs gains. Ils ouvrent de nouveaux fronts, mais uniquement pour occuper l’armée irakienne et les milices», assure Al-Hashimi. L’Etat islamique, qui compterait environ 7000 combattants en Irak, doit gérer les tensions avec ses alliés dans les villes qu’il contrôle. La création de son califat ne signifie, par exemple, rien pour les ex-officiers baassistes, le parti de Saddam Hussein, qui ont des visées nationalistes. A Mossoul, environ 150 d’entre eux auraient refusé de faire allégeance au nouveau calife, Abou Bakr al-Baghdadi, selon une source diplomatique. L’Etat islamique chercherait à les arrêter. A Fallouja, les heurts sont fréquents entre les djihadistes et d’autres groupes combattants sunnites, telle l’Armée des moudjahidin.

L’assaut contre Bagdad

Dans ces conditions, les djihadistes sont-ils en mesure de lancer un assaut sur Bagdad ? «Prendre la capitale reste leur objectif. Mais cela les obligerait à s’aventurer en territoire chiite [Bagdad compte environ 70% de chiites], explique un diplomate occidental. Ils ont réussi à prendre Mossoul car ils avaient noyauté la ville depuis près d’un an. C’est plus compliqué à Bagdad, où le soutien des sunnites, isolés et regroupés dans les mêmes quartiers, est difficile à gagner.»

Cela n’empêche pas les djihadistes de s’approcher de la capitale via «le triangle de la mort», cette enclave au sud de Bagdad délimitée par les villes de Latifiya, Mahmoudiya et Youssoufiya. S’ils parvenaient à la traverser, ils ne seraient plus qu’à quelques kilomètres de Dora, un quartier sunnite de Bagdad. D’ici là, ils semblent décidés à frapper la capitale avec leurs voitures piégées. Dimanche, ils ont revendiqué quatre des sept attentats commis la veille dans des quartiers chiites. Jeudi, c’était un Australien de 18 ans qui s’est fait exploser dans un marché à ciel ouvert, tuant au moins trois personnes, dont un adolescent.

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7 replies »

  1. Il serait temps que ces organisations qui font des manie pro-Palestine en France appellent à manifester contre l’extrémisme musulman !!

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  2. Le moment il me semble serait venu que nous abandons un peu notre naïveté concernant les dégâts déjà occasionnés par les islamistes (salafites) dont le mot tolérance ne fait pas partie des pensées.
    Amicalement
    Viggo

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    • Le problème est qu’en France, ils ont pour la plus part la double nationalité et ils votent en fonction de leurs intérêts communautaire je vous laisse deviner pour qui !….

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      • Je suppose en oubliant qu’ils sont de nationalité française. :-)
        Or le nationalisme et le hm patriotisme ie. fierté d’être français sont deux choses différentes.
        Amicalement
        Viggo

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