Ricardo Caballero : La prochaine bulle? Les titres sans risque
Ricardo Caballero : La prochaine bulle? Les titres sans risque
Professeur au MIT, Ricardo Caballero dépeint un avenir sombre

les CDS, RMBS, ABS et autres «Frankenstitres» de la crise financière de 2008. La prochaine bulle ne nécessitera pas un doctorat en mathématique financière. «Il reste encore un déséquilibre mondial sur le marché des actifs financiers», a prévenu Ricardo Caballero, professeur au Massachusetts Institute of Technology, lors de son passage à la conférence de l’IHEID. «Et ce déséquilibre concerne les actifs les plus sûrs, comme les emprunts obligataires «AAA», a-t-il poursuivi.
La frénésie actuelle pour les placements ultra-sûrs ne ferait ainsi que répliquer celle ayant fait gonfler les différentes bulles financières depuis la crise ayant mis le Japon à genoux il y a vingt ans: immobilier ou sociétés technologiques du Nasdaq. «Le manque d’actifs sans risque par rapport à la demande qu’ils suscitent pourrait s’avérer plus problématique… car ces titres sont beaucoup plus difficiles à créer», avertit Ricardo Caballero. En clair, très peu de pays continuent d’émettre des emprunts bénéficiant du sceau «AAA». La Suisse et treize autres pays, pas plus. Que faire? «Il faudra transformer des actifs risqués en titres sans risque, ce qui demandera de l’ingénierie et une grosse implication du secteur financier», poursuit celui qui présida entre 2008 et 2011 le prestigieux Département d’économie du MIT. La crise des «subprime» a montré les limites de ces exercices d’apprenti sorcier. Et celles de titres «AAA» concoctés à partir de prêts immobiliers américains. «Le problème reste surtout que les titres ainsi créés ne sont pas sans risque d’un point de vue systémique», résume le professeur d’origine chilienne.

Autre menace
Ce dernier ajoutera en aparté craindre une autre menace. Celle liée à des taux d’intérêt qui resteront à des niveaux planchers «pendant très longtemps». Pas en raison de la volonté des banquiers centraux. Mais à cause de la demande des investisseurs. «Des pans entiers du système financier – pensez aux compagnies d’assurance – fonctionnent mal avec des taux proches de zéro», ajoute Roberto Caballero. Autant d’institutions qui vont «devoir se lancer dans des placements plus risqués» pour survivre. Ce qui pourrait ouvrir la voie à la prochaine crise.
source Pierre-Alexandre Sallier / Le temps Nov12
Retraite et Démographie : L’augmentation de la longévité devient un problème financier
Retraite et Démographie : L’augmentation de la longévité devient un problème financier
L’OCDE recommande une prévoyance privée obligatoire pour combler les lacunes des revenus sous forme de pensions.
L’augmentation de l’espérance de vie implique une nouvelle attitude face au travail et à l’épargne pour les vieux jours. Dans sa dernière étude sur la question, l’OCDE recommande une prévoyance privée obligatoire pour combler les lacunes que les revenus sous forme de pensions risquent fort de faire apparaître.

La crise qui persiste sur les marchés financiers et le difficile assainissement des comptes publics compliquent aussi la sécurisation financière des générations plus anciennes. L’OCDE estime pour sa part qu’en raison de l’allongement constant de l’espérance de vie, il faut que les autorités et les assurés repensent leurs plans s’ils veulent être capables de garantir des revenus adéquats aux futures générations de retraités.
Après analyse, les experts du Château de la Muette à Paris estiment que les conditions pour réussir cette nouvelle équation ne sont de loin pas réunies dans tous les pays. Ils sont persuadés au demeurant que les pays développés ne pourront pas faire l’économie d’un relèvement de l’âge de la retraite. Au lieu de le baisser comme le fait actuellement le gouvernement français, il faudrait à plus long terme le fixer à au moins 67 ans. Car croire que pour éviter le chômage des jeunes des travailleurs plus âgés devraient être remplacés par des plus jeunes conduit tout droit à une impasse.
Comme la population active n’augmente que lentement et même diminue, on pourrait s’attendre à d’importantes impulsions de l’allongement de la durée de travail. Idéalement, les réformes des retraites devraient s’articuler avec l’accroissement de l’espérance de vie. En effet, si l’on extrapole les tendances démographiques jusqu’en 2050, les personnes âgées de 65 ans bénéficieront alors encore d’une espérance de vie restante d’au moins vingt ans.
Pour l’OCDE, il est clair que les bénéficiaires d’une pension de base accordée par un régime «obligatoire» devront augmenter celle-ci, soit grâce à une élévation du taux de cotisation auprès de l’institution de retraite «obligatoire» de base d’une caisse de retraite, soit grâce au bénéfice d’un contrat de retraite complémentaire auprès d’une compagnie d’assurance. L’OCDE se prononce clairement en faveur d’un système obligatoire tel que le deuxième pilier suisse. Là où le complément n’existe pas encore, les politiques se voient confrontés à une sérieuse difficulté: empêcher que les populations ne considèrent pas que les décisions allant dans ce sens se traduisent par des impôts supplémentaires.
On a calculé qu’en moyenne, dans les 34 pays membres de l’OCDE, ceux qui accèdent au marché du travail peuvent s’attendre à des pensions nettes d’environ la moitié de leurs revenus en tant qu’actifs. Dans de nombreux pays, cette proportion est loin d’être atteinte. Pour bien faire, il faudrait d’ailleurs viser 60%. Les pays qui seraient en mesure de garantir ce niveau d’obligation auraient tous fait un grand pas vers une prévoyance-vieillesse complémentaire privée.
L’OCDE en a profité pour préciser aussi son point de vue en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté des personnes âgées. Celle-ci se situe aujourd’hui, il est vrai, à un niveau inférieur à ce qu’il était pendant les années septante et quatre-vingt. C’est du reste la raison pour laquelle on parle tant actuellement de l’âge d’or des retraités. Mais, en l’absence de mesures appropriées, on risque de voir s’aggraver à nouveau la pauvreté des personnes âgées. Pour combattre cette tendance, l’OCDE recommande le recours à des incitations fiscales comme le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Australie en ont pris l’initiative. Souvent de telles incitations bénéficieraient toutefois davantage à ceux dont les revenus sont plus confortables. Vues sous l’angle de la lutte contre la pauvreté, les mesures encourageant une épargne privée plus importante devraient par conséquent se concentrer sur des personnes aux revenus plus modestes.
Henri schwamm /Université de Genève/ agefi juil12
Assurance-maladie: un problème universel Par Jean-Pierre Béguelin
Assurance-maladie: un problème universel Par Jean-Pierre Béguelin
Dans nos démocraties – et pas seulement aux États-Unis – le régime d’assurance-maladie pose un problème politique majeur et permanent. Malheureusement et même si l’on en garde à l’esprit les tenants et aboutissants, aucune solution miracle et préfabriquée n’existe vraiment

Le principe de l’assurance est connu, mais on l’oublie trop souvent dans le feu d’une discussion. Un groupe de personnes s’assure lorsque chacun paye une prime dont le montant total récolté servira à couvrir les coûts qu’un événement défini fera subir à l’un ou à une partie d’entre eux. Normalement, l’événement couvert ne dépend pas directement du comportement de la victime: un bateau coulé par une tempête ou un incendie dû à la foudre par exemple. Il doit de plus être rare, c’est-à-dire ne frapper qu’une minorité si bien que les dépenses qu’il entraîne peuvent être réparties sur de nombreux assurés, ce qui permet à la cotisation de demeurer modeste face aux dommages possibles. Si personne ne voit bien, une assurance pour payer des lunettes n’a pas grand sens car la prime que chacun payera sera alors égale au coût d’une paire de lunettes.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi existe-t-il des assurances couvrant la maladie, chose à laquelle personne n’échappe? C’est qu’heureusement et sauf épidémie de peste noire, seuls relativement peu de gens sont malades à un moment donné si bien qu’une cotisation raisonnable des bien portants sera suffisante pour couvrir à tout moment l’essentiel des dépenses de santé d’un pays, à condition cependant que les cotisants soient suffisamment nombreux, la maladie étant tout de même plus fréquente dans une population que, mettons, l’incendie qui frappe l’habitat. Comme chacun ou presque est malade à tour de rôle, la prime d’assurance maladie doit être toutefois levée continuellement. Très rapidement, une tendance politique se dégage alors pour, à l’instar de l’impôt, rendre cette assurance obligatoire pour tous, même si c’est poser là une limite à la liberté de contracter dont on peut discuter longtemps. Aux États-Unis, on le sait, la Cour suprême vient d’accepter ce principe sauvant ainsi, temporairement peut-être, l’avenir de l’Obamacare qui vise à assurer tous les Américains. Encore que cette réforme n’a pas remédié à un défaut essentiel du régime d’assurance-maladie outre-Atlantique, à savoir que les cotisations sont payées directement par l’employeur, ce qui pénalise particulièrement les sans-emplois. Ailleurs dans le monde, le principe d’universalité est accepté par une large fraction de la population, par exemple 64% des Suisses selon un sondage récent.
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La «répression financière» est l’impôt qui effacera les dettes
La «répression financière» est l’impôt qui effacera les dettes
«Répression financière», tel est le nouveau mot à la mode parmi les économistes. Il a été inventé en 1973 par Edward S. Shaw et Ronald Mc Kinnon, mais il a été remis à la mode l’an dernier par Carmen Reinhart

«Répression financière», tel est le nouveau terme à la mode parmi les économistes. Inventé en 1973 par Edward S. Shaw et Ronald Mc Kinnon, il a été remis au goût du jour et approfondi l’an dernier par Carmen Reinhart et Belen Sbrancia, dans un travail de référence *. «La répression financière menace les citoyens des Etats-Unis et d’Europe», écrit Michael Rasch, éditorialiste de la NZZ. La National Review annonce aussi «le retour de la répression financière». Mais de quoi s’agit-il?
http://www.bis.org/publ/work363.pdf
Le terme regroupe les mesures prises par l’Etat pour s’attirer, généralement auprès d’une clientèle captive, les capitaux qui autrement prendraient d’autres directions. Les politiciens y obtiennent un avantage considérable. Les coupes dans les dépenses budgétaires sont visibles et mal vécues par les électeurs. Dans ce contexte, la répression financière, surtout si elle est associée à l’inflation, est une alternative efficace. Un somnifère indolore et difficile à chiffrer. Un impôt qui ne dit pas son nom. En effet, elle permet un transfert de dettes sans effet d’annonce.
La répression financière est une pratique ancienne. Elle a déjà été employée au sortir de la Deuxième Guerre lorsque la dette publique atteignait, comme aujourd’hui, environ 100% du PIB dans les principaux pays (116% aux Etats-Unis). Elle se prolongea jusqu’aux années 1970, même si la dette américaine n’a pris que dix ans pour baisser de 40%.
L’instrument privilégié d’une telle politique, c’est le taux d’intérêt. La répression financière se traduit en effet par une intervention massive dans le système financier. L’interdiction de rémunérer les avoirs bancaires («Regulation Q» pratiquée de 1933 à 1986 aux Etats-Unis), ou de détenir de l’or («Confiscation Act» qui se prolongea jusqu’en 1974), les contrôles de capitaux, les lois poussant à l’achat d’obligations souveraines, font partie de cet arsenal. Comme l’indique Michael Rasch, la répression financière mène à une «alliance contre-nature» entre l’Etat, la banque centrale et les banques commerciales.
Pour Carmen Reinhart, la banque centrale joue un rôle clé dans la répression financière. L’idée consiste en effet à maintenir les taux d’intérêt nominaux en dessous du taux qui résulterait du jeu de l’offre et de la demande. Des taux d’intérêt artificiellement trop bas permettent de réduire la charge financière des gouvernements et contribuent à la réduction du déficit budgétaire.
Après la guerre, la liquidation des dettes publiques américaine et britannique par des taux réels négatifs correspondait à 3-4% du PIB par année (en Italie 5%), selon Reinhart et Sbrancia. Ainsi, par le jeu des intérêts composés, la répression financière a représenté la moitié de l’ajustement fiscal effectué aux Etats-Unis. Selon les deux économistes, durant la répression financière de 1945 à 1980, le rendement annuel réel des obligations souveraines américaines n’a pas été une seule année supérieure à 3%. Et dans deux tiers des années, il a été inférieur à 1%…
Les effets secondaires d’un tel remède sont particulièrement lourds: Avec des taux d’intérêt réels négatifs, on assiste à un transfert d’argent du créancier vers le débiteur, en l’occurrence l’Etat. Le grand perdant, c’est le créancier, donc l’épargnant privé ou institutionnel (caisse de pension). Keynes qualifiait ce processus d’«euthanasie du rentier».
Mais l’effet secondaire ne se limite pas à ce gigantesque transfert. La répression financière produit des distorsions dans l’allocation du capital. Si les taux sont trop bas, l’investisseur modifie son comportement. Il est incité notamment à s’endetter et, par exemple à acheter de l’immobilier. La politique de désendettement de l’Etat incite donc le privé à acheter un actif potentiellement surévalué. L’absurde de la situation ne s’arrête pas là. L’achat excessif d’immeubles incite à son tour les politiques, ou les banques centrales, à prendre des initiatives pour décourager l’accès à la propriété. Cette série d’interventions et de manipulations supprime le principe de vérité des prix. A l’évidence, on sort alors d’un système libéral.
La répression financière compte aussi ses partisans. Matt Stoller, chercheur au Roosevelt Institute, estime qu’elle n’a pas empêché des années de forte croissance au sortir de la guerre et une augmentation annuelle de 9% des investissements entre 1947 et 1980. Si elle n’a pas empêché des dizaines d’années d’expansion, pourquoi s’en priver aujourd’hui?
La situation n’est en rien comparable. A l’époque, les Etats étaient endettés à cause de l’effort de guerre et non d’un excès de consommation et de promesses sociales. L’inflation était également très élevée après la guerre. Aujourd’hui, le chômage est important en Europe et aux Etats-Unis, mais l’inflation très basse. De plus, non seulement les Etats mais également les banques et les ménages sont très endettés. Enfin, l’actuelle phase de répression financière ne s’accompagne nullement d’une augmentation du PIB et des investissements.
Pourtant, la répression financière va s’accélérer. Les réglementations obligeant les acteurs économiques à acheter les emprunts d’Etat se multiplient. C’est le cas des règles de solvabilité pour les assurances (Swiss Solvency Test en Suisse et bientôt en Europe avec solvabilité II) et de Bâle III pour les banques. Les assurances n’ont alors pas besoin de mettre du capital de côté si elles achètent des obligations d’Etat, alors que le coût de l’investissement est prohibitif pour l’achat d’actions, d’immeubles ou de placements alternatifs. Pourquoi s’étonner si les assureurs vie étaient les premiers acheteurs d’obligations de l’Etat français (les OAT).
Cela ne devrait pourtant n’être qu’un début, estime la NZZ. En effet, le taux d’endettement est bien plus élevé qu’on ne le dit. En France, il est officiellement de 86%, mais avec les garanties à l’UE, le taux grimpe à 146% du PIB. Il est encore plus indécent avec les engagements pour les systèmes de retraite et de santé.
* «The liquidation of government debt», Carmen Reinhart and Belen Sbrancia, NBER, 2011.
http://www.bis.org/publ/work363.pdf
Par Emmanuel Garessus/Le Temps juin12
Les CDS ou swaps sur défaillance de crédit , fragilisés….par l’Etat de non droit généralisé et institutionnalisé
Les CDS ou swaps sur défaillance de crédit , fragilisés….par l’Etat de non droit généralisé et institutionnalisé
La section la plus instable de l’édifice des dérivés financiers reste celle des CDS ou swaps sur défaillance, ces contrats d’assurance qui sont maintenant fragilisés par les problèmes de dette souveraine en Europe. Alors qu’en 2008, le système financier était mis en danger par des dérivés liés au marché immobilier, il l’est maintenant par les dérivés liés aux prêts souverains, déclarait récemment au Ellis Martin Report Jim Sinclair, un courtier en produits de base très célèbre aux États-Unis.
Par exemple, les banques américaines sont peu exposées aux dettes des pays européens à risque, comme le note Mark Riesel, directeur de la gestion des portefeuilles d’obligations d’entreprises chez PIMCO, à Newport Beach. Toutefois, elles leur sont fortement exposées par la voie des swaps sur défaillance, puisqu’elles ont soit vendu, soit acheté des contrats d’assurance sur des prêts gouvernementaux.

source New York Times
Un article du magazine Fortune (4 janvier 2012) nous apprend, par exemple, que l’exposition de six banques américaines de premier plan à des swaps sur défaillance sur la dette italienne s’élève à plus de 200 G$ US. «Au total, indique l’article, les banques américaines détiennent probablement les deux tiers des swaps sur défaillance d’euro-dette en circulation.»
Au 24 février, 3,25 milliards de dollars de CDS étaient en cours sur la Grèce, en net, pour 4 292 contrats. Leur débouclage conduirait donc à l’indemnisation des acheteurs de CDS par les vendeurs pour 3,2 milliards de dollars, (contre 4,3 milliards de dollars dans le cas de Lehman Brothers fin 2008). Les banques européennes seront peu concernées.Le montant notionnel net, qui correspond à la somme échangée en cas de débouclage, s’élevait à 545 millions de dollars à fin septembre 2011 pour les 65 banques européennes suivies par l’Autorité bancaire européenne (EBA). UniCredit affiche le plus important montant notionnel net, à la vente, à 299 millions de dollars
Or, la suppression de 70 % négociée avec la Grèce sur la valeur de ses obligations n’a pas été déclarée «événement de crédit» par l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), car cette opération est jugée «volontaire». Cela signifie que les banques américaines qui seraient appelées à dédommager des contreparties à leurs contrats de swaps sur défaillance sont sauves, pour l’instant.
Par contre, les acteurs exposés à la dette grecque sont heurtés de plein fouet. C’était notamment le cas de MF Global, qui a été acculé à la faillite par la dévalorisation de la dette grecque, juge Jim Sinclair.
Cependant, ce n’est pas seulement l’exposition à la dette grecque, italienne ou espagnole qui est en jeu. Il y a aussi l’exposition des banques américaines aux banques européennes fragilisées par l’endettement de la zone euro – sans compter l’exposition d’autres banques européennes ! Car, comme le notait le dernier rapport semestriel de la Banque centrale européenne (BCE), la probabilité qu’une ou plusieurs grandes banques européennes fassent défaut est à un sommet de 25 %.
Solides, vraiment ?
L’ISDA affirme que les swaps sur défaillance américains sont plus solides que jamais. Par exemple, un défaut de paiement de la part de la Grèce ne déclencherait pas une obligation de paiement massive d’assurance de la part des vendeurs de ces assurances. Pourquoi ? Pour trois raisons, explique l’ISDA : l’exposition nette des acteurs qui ont vendu de l’assurance sur la dette grecque n’est que de 3,7 G$ US ; cette exposition est atténuée par la valeur de recouvrement des obligations sous-jacentes ; enfin, de 70 à 90 % de cette exposition est couverte par des biens offerts en garantie.
Bien sûr, la suppression de 70 % de la dette grecque ayant été jugée «volontaire» de la part de ses créditeurs, les vendeurs d’assurance n’ont pas à dédommager leurs assurés. Mais cela n’arrange guère ceux qui ont acheté cette assurance.
D’autant plus que la décision de l’ISDA crée un dangereux précédent. Décider que les vendeurs de swaps sur défaillance n’ont pas à payer «a essentiellement ruiné les swaps sur défaillance à titre d’outils d’assurance et nuit à la capacité qu’ont les investisseurs de se couvrir», disait à Fortune Bob Gelfond, chef de la direction du fonds de couverture MQS Asset Management.
Il y a plus : l’émission de swaps sur défaillance s’avère un geste qui ajoute encore à l’extraordinaire irresponsabilité qui prévaut au sein de ce secteur. «Nous avons atteint un seuil ultime d’irresponsabilité», remarquait Peter Tchir, chef de la direction du fonds de couverture TF Market Advisors dans le même article. «Si un pays fait défaut sur ses dettes, les banques européennes domiciliées dans le même pays vont aussi faire défaut sur leurs dettes et ne paieront pas ; alors, pourquoi ne pas vendre de la protection maintenant et faire bien de l’argent ?» Et l’article de Fortune de demander : advenant un défaut de pays comme le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, «qu’arrive-t-il alors à tous ces papiers que les banques américaines ont acheté de leurs amis européens ?»
Un tel jour viendra-t-il ? Mo Chaudhury ne le pense pas : «Je crois que la BCE couvrira les dettes gouvernementales pour lesquelles des swaps sur défaillance ont été signés, établissant un plancher à n’importe quelle perte.» C’est une page de l’histoire financière qui reste à écrire…
source F&I mars12
Les catastrophes naturelles record de 2011 épargnent le bilan des réassureurs
Les catastrophes naturelles record de 2011 épargnent le bilan des réassureurs
Les catastrophes naturelles record de 2011 épargnent le bilan des réassureurs Avec un coût des sinistres économiques de 380 milliards de dollars et un montant assuré de 105 milliards de dollars, dont plus de 50% à la charge des réassureurs, l’année 2011 a été la plus coûteuse de l’histoire, selon une étude de Munich Re
Infographie. L’année 2011 des catastrophes naturelles

Avec un coût des sinistres économiques de 380 milliards de dollars et un montant assuré de 105 milliards de dollars, dont plus de 50% à la charge des réassureurs, l’année 2011 a été la plus coûteuse de l’histoire, selon une étude de Munich Re, le leader mondial de la branche. «Une telle série de catastrophes est heureusement très rare. Nous avons affaire à des événements qui dans certains cas ne devraient se produire qu’une fois tous les mille ans», selon Torsten Joworrek, un directeur du réassureur allemand.
En même temps, l’évaluation effectuée par Willis Re, un courtier de réassurance londonien, évoque le montant de «plus de 100 milliards de dollars» et place, dans son étude, l’année 2011 au deuxième rang des plus coûteuses. L’année 2005, l’année de Katrina, Rita et Wilma, avait également connu un grand nombre de catastrophes naturelles, pour un total de sinistres de 101 milliards de dollars à la charge des assureurs.
Le plus inquiétant, selon Willis Re, vient du fait que les pertes accumulées en 2011 proviennent de risques qui n’étaient pas intégrés dans les modèles des experts, ou modélisés de façon inadaptée. C’était par exemple le cas des inondations en Thaïlande. Il reste à l’industrie de la réassurance à accomplir un vaste travail de compréhension des catastrophes naturelles, selon le broker.
Contraste avec l’année 2005
Malgré ces coûts record, les réassureurs n’ont pas dû augmenter leurs fonds propres en 2011. Les sinistres ont pénalisé uniquement les bénéfices, observe Fabrizio Croce, analyste auprès de Kepler. En 2005, il en était allé autrement. Cette meilleure résistance s’explique par une plus grande discipline dans la définition des conditions et des prix, selon l’analyste. Willis Re observe d’ailleurs que le niveau de fonds propres n’a que très légèrement diminué en 2011.
Le cycle de la réassurance a commencé à s’améliorer l’an dernier dans le sens où les tarifs se sont redressés. Mais les progrès sont lents et irréguliers. Le «durcissement» des taux n’est pas encore fermement installé, mais les prix appliqués lors des renouvellements de contrats de janvier sont encourageants, selon Daniel Bischof, analyste financier auprès d’Helvea. La persistance de la tendance dépend notamment de l’évolution économique, selon Willis Re. Si la récession s’aggrave en Europe, les prix pourraient en souffrir.
Les renouvellements de janvier 2012 s’inscrivent dans la ligne de l’amélioration intervenue lors des renouvellements de la mi-2011, selon Willis Re. Le broker constate toutefois une plus grande différenciation par client et par portefeuille, en fonction de l’exposition aux risques et des résultats individuels. Le redressement progressif de l’industrie du risque attire les capitaux. Il s’agit davantage de fonds d’investissement spécialisés que de participants traditionnels. La prudence des réassureurs s’explique en partie par les perspectives modestes des résultats sur leurs placements financiers.
Par Emmanuel Garessus Zurich/le temps janv12
Le gouffre que représente le secteur financier américain est-il justifié ? parJ. Bradford DeLong
Le gouffre que représente le secteur financier américain est-il justifié ? parJ. Bradford DeLong
"Pourquoi l’attachement de tant de compétences et d’un si grand nombre d’entreprises à l’égard du secteur de la finance et de l’assurance n’a-t-il pas conduit à un gain économique évident ? Il existe deux méthodes pour faire durablement de l’argent dans le secteur financier : trouver des gens prêts à courir des risques et les associer à ceux qui n’en prennent pas, ou alors trouver des gens prêts à prendre des risques et les associer à des gens qui ne connaissent rien en finance mais qui ont de l’argent. Est-on sûr que la croissance du secteur financier tient essentiellement à des professionnels de la finance qui appliquent la première méthode plutôt que la deuxième ?"
En 1950, d’après le ministère américain du commerce, le secteur de la finance et de l’assurance représentait 2,8% du PIB des USA. Par la suite ce secteur s’est développé pour atteindre 3,8% du PIB en 1960 et 6% du PIB en 1990. Aujourd’hui il en est à 8,4% et la tendance n’est pas sur le point de s’inverser. Selon Justin Lahart du Wall Street Journal, sa part a dépassé en 2010 le pic précédent de 2006. Il estime que la place prise par ce secteur "n’est sûrement pas une mauvaise chose… Le déploiement du capital là où il peut être utilisé au mieux favorise la croissance économique…".
Mais si en prenant comme référence 1950, le supplément de dépense de 5,6% du PIB que les USA consacrent à ce secteur (750 milliards de dollars qui servaient auparavant à payer les gens qui produisent directement des biens ou services utiles) avait une quelconque utilité, cela apparaîtrait dans les statistiques. Avec un taux d’intérêt réel standard de 5% par an pour les flux de trésorerie à risque, détourner une aussi grande part des ressources des biens et services directement utiles n’a de sens que si cela se traduit par une augmentation du taux de croissance de 0,3% par an ou de 6% au bout de 25 ans.


Source Wall Street Journal

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Progressivement les choses sont rentrées dans l’ordre, les vraies tendances ont refait surface , les déceptions se sont multipliées en particulier du côté de l’emploi. La convergence des indicateurs dans la médiocrité a conduit les économistes à revoir en baisse leurs prévisions.






















































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Politique Friction du Samedi 12 Janvier 2013: Acheter de l’or est un acte terroriste par Bruno Bertez.
Politique Friction du Samedi 12 Janvier 2013: Acheter de l’or est un acte terroriste par Bruno Bertez.
Elle est utile , à titre d’argument par l’absurde. En effet cette masse de papier ne peut être "roulée" que dans le cadre d’une reprise économique de grande vigueur. Or cette reprise est exclue … précisément à cause du boulet des dettes .
Nous conseillons la lecture du dernier rapport du BCG , BOSTON CONSULTING GROUP, lequel explique bien ce phénomène et en tire comme nous le faisons depuis 2008 la conclusion que la restructuration des dettes est inévitable. La restructuration c’est : le moratoire partiel, le rééchelonnement, les conversions obligatoires etc Bref l’euthanasie partielle des dettes comme nous l’exprimons.
En fait, il y a une autre solution, la création sous l’égide du FMI d’une vraie banque mondiale préteur et émetteur de dernier ressort, mais cela implique des bouleversements géopolitiques considérables et peut être pas pacifiques.
Un projet en ce sens a circulé récemment assez confidentiellement il faut bien le dire.
Pourquoi la comparaison or / papier et quasi papiers est elle vaine?
PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT : Lire la suite »
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12/01/2013 Publié par The Wolf | Art de la guerre monétaire et économique, Assurances, Behaviorisme et Finance Comportementale, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Droit, propriété, propriété intellectuelle, Etats-Unis, Europe, Gold et Métaux Précieux, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Mondialisation, Politique Friction, Répression Financière, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires | Bruno Bertez | 10 Commentaires